13 octobre 2008

Nick Cave & The Bad Seeds - Dig !!! Lazarus Dig !!! (2008)

Dig !!! Lazarus Dig!!!  annonce comme toujours chez Nick Cave la connotation biblique de l'oeuvre, véritable obsession spirituelle et esthétique de l'artiste, ce qui au passage explique en quoi ses textes sont si hautement littéraires et continuent de voler si nettement au-dessus de la mélée, ne s'annonçait pas forcément si enthousiasmant ! La preuve en est cette modeste pochette de néons qui délaisse le traditionnel portait du maître présent sur de nombreuses livraisons.

Et puis, on a quitté l'ex-Birthday Party, sur un projet bluesy quelque peu déconcertant, le bien nommé Grinderman, dont les deux principales nouveautés étaient le retour au son rêche et distordu des débuts, ainsi qu'au port nouveau et désormais tendance de cette fameuse moustache.

Or, disons-le tout net : Ce nouvel effort surpasse non seulement le précédent, mais mérite également de figurer parmi le Top 5 de l'oeuvre de Cave. Ce constat est d'autant plus éloquent que votre serviteur n'aime jamais tant le Nick que quand il se fait crooner et délaisse les aspérités musicales pour des sons plus doux empreints de classicisme feutré.

Le classicisme feutré se pose un peu là en l'occurence, puisque Dig.... est tout simplement ce que les Bad Seeds ont produit de plus garage, de plus destroy dans le son depuis des lustres, sans doute depuis les lointaines époques de The Mercy Seat (1988) ou de Let Love In (1994). Et comme toujours chez Nick Cave, la mélodie, l'harmonie sont néanmoins à l'honneur.

Dès le morceau titre, irrésistible, et scandé par ces vieux grognards que sont Harvey ou Casey, l'on comprend que le propos est au rentre-dedans ; le tout alors que la voix de Cave est d'une clarté et d'une justesse exemplaire, loin des borborygmes d'autrefois ! Guitares un peu crades, batterie souple, orgue aigrelet et limite baveux, tous les ingrédients d'un bon cru rocker sont présents ! Sur "Today's Lesson", ma préférée, Nick Cave et ses hommes font une démonstration d'unité de groupe ; tout est à sa place, les choeurs, les breaks, les glissandos de basse, hourrah.

La première face confine au sans-faute, avec notamment cet excellent et tribal "Night of The Lotus Eaters" à la basse tourbillonnante, à la distorsion menaçante. "Albert Goes West" clôture l'affaire sur un rythme endiablé, avec des "tou-dou, tououou-dou-dou" roboratifs.
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La face B, sans doute plus austère et moins excitante, contient néanmoins son lot de perles, parmi lesquelles "We Call Upon The Author"où Cave se fait à nouveau imprécateur, ou bien le désabusé mais dur au mal "Midnight Man" que parachèvent de belles notes d'Hammond.

En bref : On ne reste que très rarement sur notre faim avec un album de Nick Cave, et ce nouvel opus en est la preuve : voici un groupe plus soudé et inspiré que jamais. Un Bad Seeds qui renoue avec la vieille tradition électrique.



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Mahjongg - Concert au St Ex de Bordeaux le 12/10/08

Il y a des soirs comme ça. Je vous en avais parlé il y a quelques jours dans la chronique de leur premier album Raydoncong, Mahjongg, le collectif ultra underground de Chicago était hier en France (une première ?). Un exploit culturel que l’on doit à l’association bordelaise naissante Let’s Panic Later qu’il faudra certainement surveiller de très près cette année. Comme un secret trop bien gardé, le son Mahjongg est de ceux que l’on aimerait garder pour soi, comme un trésor à l’abri des regards que l’on souhaite cependant partager avec des amis (mais pas trop quand même). Là où inéluctablement des groupes précurseurs comme Liars ou Animal Collective
rentrent petit à petit dans le moule du commercial (le vilain mot est lâché), Mahjongg reste bancale, hybride, expérimental et n’est pas prêt de se retrouver bandé FM. Et c’est un peu pour ça qu’on est là, et que la cinquantaine d’autres personnes aussi (toujours les mêmes!). Dans une ambiance propice à l’échange sans complexe et à la découverte d’autres cultures (c’est loin Chicago !), le show peut commencer.

Et si en plus de ça on m’avait prévenu que les deux premières parties bordelaises allaient une fois de plus se surpasser, je ne l’aurais pas cru. Dr Cosmos dans un premier temps, que j’avais déjà vu auparavant et qui ne m’avait que peu convaincu, débarque sur scène apparemment très stressé (est-ce un jeu ?) et scotche tout d’un coup l’assemblée dans son folk minimaliste fait d’erreurs et de réussites, terriblement humain à l’image d’un Buckley ou d’un Smith, qui gagne de l’assurance sans perdre de crédibilité lorsqu’il est rejoint sur scène par sa bassiste et son batteur (Antoine, excellent !) et que les chansons, minimalistes il y a 10 minutes de ça prennent une toute autre ampleur orchestrées à trois. Impressionnant ! Tout comme Erez Martinic, vu il y a quelques jours également, qui déploie son math rock toujours dos au public mais face à son batteur qui rivalise toujours autant d’ingéniosité. Les Mahjonng présents dans la salle semblent adorer, et nous aussi. Du très bon je vous dis.

Ce n’est qu’un peu plus tard que la secte de Chicago installe tout son attirail fait de bric et de broc (mi machine/mi instrumental) pour célébrer dans une grande messe païenne le dieu Kontpab (alias leur dernier effort). Une équipe de fous furieux qui s’échangent les instruments à tours de bras, qui chantent (psalmodient ?) chacun leur tour, sans véritable logique, à l’avenant dirait-on. Des compositions qui favorisent les polyrythmes grâce à des configurations à trois batteurs (dont un sur un curver en plastique, un autre sur une cymbale défoncée) et des voix bien distinctes. Limités en hauteur par la voûte en pierre du St Ex, les cinq garçons n’en transpirent pas moins pour autant, enchaînant dans un ordre que l’on imagine forcément bordélique les titres popeux des débuts (Machinegong) et les derniers morceaux issus de Kontpab, déjà presque plus accessibles et tubulaires. L’assistance qui a la chance (ou la présence d’esprit) de se trouver là ce soir est aux anges, suspendue entre ciel et terre dans un même mouvement de transe naturelle (grâce aux sonorités afro beat dominantes). Lorsque la lumière se rallume, tout le monde se retrouve dans la sueur et la fumée (dernier refuge des reclus, le St Ex ne bannît pas la cigarette) avec sur les bouches bées la sensation d’avoir assisté à un grand moment de scène underground, un jour en France. Des dimanches comme ça on n’en vit pas beaucoup dans une vie.

Mahjongg c’est ça :


Et Erez Martnic c’est ça:


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11 octobre 2008

Interview - Orouni

Il nous a réjoui il y a quelques jours avec son deuxième album pop folk Jump out the window et il est de retour sur Dodb pour répondre à nos questions sans aucun tabou, mesdames et messieurs je vous demande d'accueillir Orouni._

Relativement peu d'infos ont filtré sur toi, est-ce un choix personnel ou les médias français ont du mal à s'intéresser à un artiste français ?
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Lorsqu'une biographie annonce "Derrière ce projet se cache Machin", ou lorsqu'un groupe précise "Jean-Michel à la basse, Nico à la batterie", honnêtement je préfèrerais ne pas le savoir. Je trouve que ça casse un peu la magie. Si on choisit un nom de groupe, c'est pour mettre une unité dans tout ça et recréer quelque chose qui ne correspond pas à la vie réelle. Je ne vois pas l'intérêt de donner des informations sur moi en tant que personne, en fait. Ce qui compte, c'est la musique. Donc si tu cherches une bio qui ressemble à une fiche d'état civil ou à un casier judiciaire, non, tu n'en trouveras pas ;-)
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Préfères-tu tes chansons mélancoliques, ou plutôt celles enjouées ?
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Je pense qu'il m'est impossible de choisir. Ce sont évidemment des émotions différentes, et je ne pourrais pas me passer d'un type ou d'un autre. En tant qu'auditeur, peut-être que si tu me laissais le choix d'une seule chanson, j'en choisirais une enjouée. Mais en tant que compositeur c'est vital pour moi de trouver un équilibre entre les deux. Le problème, c'est que ces sortes de chansons peuvent toutes les deux être superficielles comme très riches, forcées comme subtiles, et par exemple une chanson mélancolique de Leonard Cohen m'inspire autant le respect qu'une pop song joyeuse des New Pornographers.
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Parles nous un peu de tes chanteuses. Penses-tu garder ce schéma (voix masculine/féminine) toute ta carrière ?
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Je pense que Mlie et Mina Tindle ont beaucoup apporté à l'album Jump Out The Window, d'autant plus que chacune des chanteuses a ses qualités propres.
Mlie n'avait jamais tellement chanté avant ces chansons (pour un enregistrement ou sur scène), et je dois dire que je suis très content du résultat, tout spécialement sur "Stomach Attack." Sur "A Greased & Golden Palm", c'est grâce à elle si nous avons un pont en canon. Et sur "Panic At The Beehive" et Open It In May", je trouve que sa voix adoucit la mienne et "poppise" la chanson, ce qui n'est pas pour me déplaire. Je pense que nos timbres vont particulièrement bien ensemble. Et au delà de ça, pour revenir à "Stomach Attack", les moments où elle chante seule donnent très bien, et c'est peut-être quelque chose qu'on n'a pas assez exploité sur l'album.
Mina Tindle, qui a un projet solo et participe aussi à The Limes (dont je suis également membre), a trouvé sous la pression de la scène une nouvelle ligne de voix pour "The Perfume Conspiracy". C'est une personne qui a une oreille de malade pour ce qui est de la voix, elle peut trouver environ 17 harmonies sur chaque mélodie. Et en plus des qualités de sa voix, c'est aussi une compositrice de talent.
En ce qui concerne ce schéma voix masculine/féminine à garder ou non, puisque tu parles dans ta chronique de Jump Out The Window d'une "gênante sensation de répétition", je pense qu'il est nécessaire de continuer à trouver des éléments qui permettent de diversifier un minimum les ambiances. Alors peut-être que je ferai chanter des éléphanteaux ou des cuillers à soupe, mais l'idée d'un album comportant uniquement ma voix ne me semble plus vraiment réjouissante.
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Et Orouni à l'international ça se passe comment ?
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Orouni à l'International ça se passe le 22 octobre pour une soirée MonsterK7 avec aussi notamment Michael Wookey. Et pour aller plus loin que cette perche que tu m'as tendue, il y a quelques retours sur des blogs américains ou anglais, et également sur MySpace, des gens de diverses origines, couleurs et religions semblent apprécier ma musique, donc ça fait chaud au coeur. A ceux qui disent qu'un groupe français doit chanter en français, je réponds "Vous ne savez pas l'émotion que c'est de recevoir un mail enthousiaste d'un fan cambodgien".
Pour ce qui est de la scène, mon premier concert a eu lieu au Danemark donc on peut dire que ça, c'est fait. Concernant l'étranger plus proche, nous jouons à Nantes, Toulouse et Lille cet automne avec Kawaii. Et s'il y a des personnes internationales qui souhaitent que l'on joue chez eux (et qui ont des plans), qu'elles n'hésitent pas à nous contacter.
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Orouni et la scène, des projets ? Est-ce important pour toi ou te sens-tu davantage un homme de studio ?
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Magnifique transition : le but en ce moment est de jouer un petit peu au delà du périph. Les projets, c'est donc de multiplier les expériences, les endroits, les collaborations. J'aime beaucoup jouer des chansons avec des membres d'autres groupes (Kawaii, Quetzalli, Top Montagne, Michael Wookey...) et j'aimerais continuer à faire ça. Aussi, peut-être, faire sur scène des chansons du nouvel album que nous n'avons pas encore jouées. Et pourquoi pas, interpréter des nouvelles chansons ou réarranger des anciennes, même si je préfère regarder en avant qu'en arrière.
Donc, les concerts, c'est très important pour moi, oui. Déjà, c'est une expérience collective alors qu'en studio la plupart du temps je travaille tout seul. Je suis très content de pouvoir jouer en groupe. Puis ça se passe dans l'instant, contrairement à l'enregistrement qui grave la musique de façon plus ou moins permanente. Mais un des points communs est que dans les deux situations, j'ai toujours autant de mal à savoir si ça plaît/a plu ou pas. La nuance, c'est qu'avec le live, on a immédiatement la réaction du public.
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Enfin, et sans aucune objectivité, quels sont tes 5 albums préférés de tous les temps?
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C'est difficile car c'est très peu, mais voici 5 albums parmi mes favoris :
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The Delgados - The Great Eastern
DAAU - Life Transmission
The Kinks - Something Else
Curtis Mayfield - Curtis
Os Mutantes - Mutantes
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Le Myspace d'Orouni
Propos recueillis par Ju

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10 octobre 2008

Nuits Electroniques de l’Ososphère / Strasbourg - 11e édition

C’est vrai, c’était il y a deux semaines, mais j’ai eu une bronchite si vous voulez tout savoir, et puis il faut quand même que je vous en parle, de ce festival de l’Ososphère... Ce n’est certainement pas la faute des organisateurs si cette édition 2008 n’a pas été un total succès. Tout était pourtant là pour casser la baraque: un site toujours aussi beau, d’une urbanité on ne peut plus adaptée aux sons électroniques, une organisation au poil et une programmation foisonnante balayant un large spectre des musiques nouvelles, du post-punk de Wire à la tech hardcore en passant par le hip-hop et la drum and bass. Non, vraiment, c’est bien de la faute de certains des artistes inscrits au programme si nous n’avons pas totalement pris notre pied.

Incriminés, entre autres, Sascha Funke (en roue libre), Gregor Tresher (aussi plat et inhabité en live qu’il est planant et profond dans ses disques), et un dancefloor Ed Banger sans surprise malgré le bon set de SebastiAn, qui eut la bonne idée de balancer l’hilarant nouveau single de Mr Oizo, “Positif”. Au final, l’électro banger saturé aura dominé très nettement, de Boys Noize à un Etienne de Crécy plus fluo qu’à l’accoutumée, pour le plus grand bonheur des kids, venus en masse cette année. Il aura donc manqué à cette onzième édition, pour être vraiment représentative de la planète électronique, un peu de sensualité, de musicalité - peut-être un peu de deep-house ?

Ceci étant dit, quelques très gros noms étaient là pour nous rassurer, à commencer par Wire (photo ci-dessus) et son leader Colin Newman très en verve. Leur set pop-punk sans fioritures, concentré sur les titres du dernier album, Object 47, prit une belle ampleur, à tel point que j’en oubliai d’aller voir Pivot, dont Ju vous a si bien parlé il y a peu (lire). Le temps d’entrevoir un Axel Bartsch très minimal et peu inspiré, et c’est déjà l’heure du grand Dave Clarke, qui accélère le pouls d’un Molodoï déjà au bord de l’asphyxie. Le Britannique, très agressif, livre un mix de techno pure, avec montées à l’ancienne et vrilles acides en pagaille. Et s’il a très peu produit ces dernières années, il rappelle qu’il est toujours dans le top 10 des meilleurs DJ du genre. Sans grande surprise mais avec la même efficacité, un autre monarque investira la même salle à la même heure le lendemain : Roni Size, le parrain de la scène drum and bass, qui s’y entend à merveille pour cuisiner les hits du moment à sa sauce, le meilleur exemple étant cette réappropriation du “Everyone Nose” des N.E.R.D. (“All the girls standing in a line from the bathroom...”).

L’autre gros événement du week-end, c’était De La Soul en live. Et là, personne n’a été déçu, le trio au mieux de sa forme interprétant ses classiques d’hier et d’aujourd’hui en interaction totale avec un public strasbourgeois qui l’attendait de pied ferme. Saul Williams en a quelque peu pâti, lui qui était programmé exactement au même moment. Son set valait pourtant le déplacement. Pour moi qui ne m’étais pas penché sur son cas depuis son premier album, le New Yorkais était encore cet élégant poète qui déclamait ses textes sur des beats hip-hop ou drum and bass. Autant dire que j’avais manqué un train. Car Williams donne désormais dans un rock industriel punky propice au décrassage d’écoutilles, son troisième album, The Inevitable Rise and Liberation of Niggy Tardust, ayant été co-produit et co-écrit par Trent Reznor de Nine Inch Nails. Des plumes bleues plantées dans sa crête, le slameur se contorsionne façon Iggy Pop entouré d’un backing band arborant des costumes délirants, la palme revenant au préposé à la boîte à rythmes, vêtu d’une extraordinaire veste à épaulettes cuirassées qu’on croirait piquée à Mister T. Le pic de la performance sera atteint avec le hit “Black Stacey”, son rythme irrésistible et ses paroles provocantes (“Do you think i’m too black ?”). L’un des grands moments du festival, malgré une évitable reprise de “Sunday Bloody Sunday”.

A l’autre bout du site, les Platinum Pied Pipers sont en retard, ce qui me permet de ne pas rater une goutte de leur live. Nous ne sommes qu’une poignée à acclamer Waajeed et Raphael Saadiq lorsqu’ils font leur entrée, accompagnés par deux choristes et un batteur. Leur venue est pourtant un véritable événement et l’occasion d’entendre les titres d’Abundance, leur deuxième album à paraître début 2009. Ils commencent d’ailleurs, après une intro un peu brouillon, par leur nouveau single, le très soul “On a Cloud”, qui ferait presque penser à Amy Winehouse. Un seul autre inédit et les PPP quitteront la scène après seulement quarante minutes, certes délicieuses (la reprise du “Ridin’ High” de Faze-O avec un Saadiq virtuose à la basse), mais surtout très frustrantes.

Enfin signalons l’excellent show de connaissances à nous, les décidément sous-estimés Think Twice. Croisé auparavant dans les loges, le groupe me raconte ce qui a changé depuis notre dernière interview : “Nous sommes désormais cinq dans le groupe, explique Jean-François Couderc (claviers, machines). Anton, à la guitare, et Mathieu à la batterie ont été ajoutés au line-up pour rendre notre son plus plein, plus organique. Mais ils ne sont pas uniquement là pour la scène, ils font maintenant partie intégrante du groupe et prennent part aux nouvelles compositions. Le but c’est aussi de s’éloigner un peu de la scène club : récemment notre DJ set a mieux marché que nos lives, et on veut changer ça.” Le futur proche de Think Twice, ce sont de nouvelles chansons “plus électro”, même si Macdara Smith s’amuse à dire qu’“il faudrait monter un groupe de rock chrétien libéral pour sauver Wall Street”. Avec sa petite veste grise, le chanteur irlandais a des allures de dandy. Ce sera d’autant plus surprenant de le découvrir sur scène vêtu d’un superbe slip kangourou rouge, de chaussettes grises et d’un bracelet de force, hurlant “Education, Masturbation” à un public interloqué. Rien que pour de tels moments, on retournera à l’Ososphère.

Merci à Antoine pour son aide, à Anne-Sophie et à Olivier Legras pour ses photos.

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09 octobre 2008

Bon Iver - Live au Grand Mix de Tourcoing, le 05/10/08

L'excellent festival R.A.D.A.R., proposé par le Grand Mix de Tourcoing, offre déjà un cadre exceptionnel au folk austère de Bon Iver. Austère? Pas ce soir, et pas au Grand Mix. Des motifs uniques (bouches, coquillages,...) sont projetés en noir et blanc sur des écrans transparents ultra-contemporains. Ca nous rappelle Arcade Fire. Le lightshow de star, avec panneaux réfléchissants et couleurs balancées avec goût caresse la scène avant l'arrivée du folkeux solitaire. Solitaire? Sur scène on voit plusieurs guitares, par ailleurs électriques, quatre micros, deux batteries, et des machines. Voici quelqu'un qui s'est intelligemment posé la question du passage à la scène.

Et il y répond par la prise de risque, qui s'avère totalement payante puisque nous ressortirons l'oreille engourdie, l'oeil humide, la bouche bée. Les quatre barbus ouvrent le concert avec "Lump Sum", et le parti pris se fait d'emblée évident. Les chansons seront amplifiées et étirées. Les musiciens prennent tout leur temps à passer les entrées, les ponts et les sorties. Ils prennent un soin minutieux à dessiner les espaces avant de les investir. Et là le post-rock n'est pas loin. Nous traversons même ses territoires, par de longs passages instrumentaux faits d'échos de machines, de crescendos intenses et de ruptures bruitistes.
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Le groupe joue deux inédits. Le premier est particulièrement rock, et dénote d'une véritable composition de groupe. Bon Iver semble sorti de son isolement volontaire, et c'est beau à voir. Il avait enregistré son disque For Emma, Forever Ago seul ou quasiment, reclus dans la forêt durant les mois d'hiver. La douleur des ruptures est radicale. Il y avait créé avec sa seule voix de bouleversantes polyphonies teintées de soul et de chants d'église. Et nous avions placé, avant même d'arriver à Tourcoing, toutes nos attentes sur ces polyphonies. Nous craignions alors de voir les chansons de Bon Iver, que nous pensions voir seul sur scène, perdre de leur intensité, chantées à voix unique. Or au contraire le groupe leur donne non seulement une ampleur instrumentale toute nouvelle, mais il restitue aussi avec une justesse impressionnante toute la beauté de ces superpositions de voix. Les musiciens sont tous chanteurs, excellents chanteurs, et leur voix atteignent des sommets de beauté sur "Skinny Love" ou "The Wolves," où ils sont absolument émouvants de solidarité, de générosité et de sincérité.
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Puis au moment de jouer le magnifique "Re:Stacks" au rappel, Bon Iver nous surprend encore là où on ne l'attendait plus, dans un retour à l'austérité. Une voix, une guitare, un projecteur. Et l'émotion ne tient qu'à peu de choses, à son front posé sur le micro, à ses sourcils infléchis... et surtout à cette sublime voix de tête, encore plus impressionnante maintenant qu'elle est totalement dénuée. Le silence dans la salle est religieux. Les larmes perlent au sommet des joues. Et le groupe revient pour interpréter "For Emma," seul titre orchestré sur le disque, seul rayon de lumière dans l'obscurité hivernale, qui prend ici tout son sens. Nous avons assisté au moment précis où la lumière révèle l'obscurité. Oui, impressionnant.
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Son myspace, et son site
Re:Stacks, moment magique capté par une spectatrice:


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The Willowz - Concert au Son’Art de Bordeaux le 07/10/08

Trois jours après la Maroquinerie de Paris, les Californiens chevelus d’Anaheim étaient de passage au Son’Art de Bordeaux dans une atmosphère pluvieuse de début d’automne. C’est sans doute l’une des raisons qui aura poussé tant de monde à ne pas venir ce soir, alors que le quatuor du pays de Mickey commence à se payer une petite réputation sympa au détour de quatre albums pas incontournables mais tout à fait honnêtes. En général sans artifices, fait avec trois fois rien, le rock des Willowz tourne bien, entre pop sixties, garage et ballade country décomplexée.

Avant cela, il faut passer par la case "première partie" qui relève ce soir d’une belle surprise sous forme de boisson musicale énergisante: un trio bordelais, The Libido Fuzz, très jeune, mais tellement simple dans le mélange rock anglais/ rock américain que le résultat en est on ne peut plus exaltant. Le guitariste se déchaîne littéralement sur son instrument (un peu trop de mimiques ?) tandis que l’on se plait à imaginer sa voix quand elle aura mué (parce que pour l’instant c’est pas ça non plus). Mais reprendre du Dick Dale quand on a une quinzaine d’années c’est assez classe. Si j’étais producteur je commencerai par là.

Pas beaucoup plus vieux (à peine la vingtaine), Richie James Follin et Jessica Anne Reynoza affichent tout de même un peu plus de charisme (ça doit être la chemise à carreaux). Dans un style primaire, les californiens alignent une poignée de singles avec une facilité bruyante assez déconcertante. C’est du rock à guitares, du vrai, avec la présence des traditionnels fantômes des Stooges et du MC5, auxquels ont peut ajouter leurs homologues contemporains des Kills et des White Stripes, dont Richie arrive parfois à dépasser le talent.

Dans un Son’Art à moitié plein donc, mais cependant très enclin à battre des mains, le concert devient véritablement intéressant lorsque des problèmes techniques sans importance interviennent laissant le temps de placer quelques blagues (prononcées à l’américaine sans ouvrir la bouche et donc peu compréhensibles) et surtout de revenir plusieurs fois après le premier rappel, Richie seul, puis le groupe entier, puis le batteur, puis à nouveau le groupe, dans un schéma assez original qui décrispe un peu l’ambiance. Au final public et artistes sont sortis de là le sourire aux lèvres et c’est tout ce qu’on demande.

Le Myspace des Willowz et celui de Libido Fuzz

A lire aussi : Art Brut - Concert à Bordeaux

Le dernier clip de "Jubilee" :

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07 octobre 2008

Mahjongg - Raydoncong (2005)

Il m’en aura fallu du temps pour attraper le clavier et tenter de retranscrire l’univers de ce mystérieux collectif de Columbia émigré à Chicago. Un délai imputé à la double caractéristique de l’objet qui nous occupe, à la fois assez hermétique au premier abord, et pourtant terriblement attirant, pour de multiples raisons. Tout d’abord parce que l’on ne sait presque rien sur ce groupe, si ce n’est qu’ils s’autodéfinissent sur leur Myspace comme "Gothique / Acoustique / Musique pour bande" et qu’ils appartiendraient à un obscur rassemblement art punk fétichiste de l’Afrique 70’s. Si l’on ajoute à ça des pochettes généralement conçues en auto stéréogramme, des références incessantes aux nombres premiers et un public d’esthètes convaincus, ça sent soit la masturbation à plein nez soit le véritable chef d’œuvre contemporain.

Passé une première étape d’introduction, "THE rRABBITT" annonce la couleur, enfin pas vraiment. Je m’explique. Ce titre, placé en second sur la playlist, est de loin le meilleur, tout en se rapprochant le plus des "standards" du genre. Lancé par une paire de gankogui (cette double cloche africaine), il envoie ensuite un rythme de rave party sur des vocals constipées estampillées Hunter Husas. Le reste de l’album, indéfinissable, témoigne d’une réelle obsession pour le rythme, la répétition et la transe, en gros l’expérimental et l’anticonformisme. Pourtant à force d’écoutes on se dit que "The STUBBORN HORSE" sonne presque comme du New Order, tout comme les (non)structures rappellent les groupes sauvages urbains du moment (Liars, Animal Collective..) et le côté grosses basses, jazz, latino le "funk de l’homme blanc" des Talking Heads.

A noter également l’effarante similitude de pochette avec l’Arular de Mia sorti exactement le même jour de la même année. Ainsi que la ressemblance nominative avec le précédent Ep Machinegong. C’est finalement la force de ce premier Lp (qui a été suivi depuis par Kontpab), combiner les formes et les couleurs, entrechoquer le post punk avec l’afro beat dans une improvisation complexe et saccadée, d’une densité électrique rare. A découvrir avant que le monde ne s’en empare.

En bref : Primitif et instinctif, ce 10 titres de 46 minutes anti hype est à classer entre les rayons post indus et new wave afro, section Rubick’s cube sonore.
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Le Myspace
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A lire aussi : Stars Like Fleas - The Ken Burns effect (2007)
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A noter que Mahjongg passe ce dimanche soir au St Ex de Bordeaux dans l’anonymat le plus complet (!?!), en espérant que ce post rameutera un peu de monde.
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"The STUBBORN HORSE" morceau le plus accessible dans un live show improbale :


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Orouni - Jump out the window (2008)

Jump out the window ou le deuxième album d’Orouni, personnage à priori parisien de 26 ans dont on sait peu de choses. On avait simplement écouté A matter of scale il y a deux ans et c’était bien. Minimaliste, folk, touchant sont les mots que l’on retrouve le plus dans les descriptions de son univers. Et quant au name droping, ça se passe du côté des Shins, des Kinks et de Drake, du moins sur le papier. Parce qu’en vrai ça rappelle toute de suite ce que la pop a fait de mieux dans le mélange voix féminine / voix masculine : Belle & Sebastien, évidemment, The Delgados mais aussi plus récemment The Submarines. Les filles en question ce sont Mlie et Mina Tindle qui contre balancent à merveille l’emphase d’ Orouni dans un titre comme "A story of a ladder "qui d’un départ ensoleillé à la Herman Düne se termine dans une accélération pop efficace.

Dès "A greased & golden palm" (excellente!) une douce mélancolie se réinstalle encore une fois grâce à la voix si particulière de l’artiste, qui peut rappeler sur "The only picture I’ve got" un Calc à violons. "The perfume conspiracy", magnifiquement folk, trouverait aisément sa place au sein de la BO de Juno par exemple. Seul bémol, l’avancée dans le disque, bien que toujours très agréable et homogène provoque une gênante sensation de répétition. En effet à l’écoute de "The moneylenders" on commence à se demander si on ne l’a pas déjà entendu plus tôt. La suivante apaise cette impression en adoptant un rythme bossa nova si cher à feu Henri Salvador. Dans l’ensemble on sort de l’écoute avec la sensation d’avoir siroté un bon diabolo menthe en terrasse, avec des amis, au soleil. Whatelse ?

En bref : Souvent tendre et féerique, la folk pop d’Orouni mériterait largement un succès international.
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Le Myspace
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A lire aussi : The Submarines - Honeysuckle weeks (2008)
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"The perfume conspiracy" en solo live acoustique :


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06 octobre 2008

Oasis - Dig Out Your Soul (2008)

Cela fait bien longtemps que les frères voyous d’Oasis ont fini de défrayer la chronique. Non plus celle du Sun, à peine celle de son homologue musical du NME. L’enthousiasme qui accompagnait les nouvelles frasques des deux frangins s’est peu à peu changé en lassitude. Ivresse d’un pilier de bar, qui continue de radoter hauts-faits d’arme et autres conquêtes. Mais s’ils ne sont pas totalement imaginaires, ces faits d’arme, je les ai suivis aussi longtemps que j’ai pu, allant même à me procurer les albums les plus ingrats, post-Be Here Now (énorme gâchis), dans l’espoir de retrouver à chaque fois une épreuve de la carrure des deux premières. Depuis, mon intérêt s’est sacrément émoussé. Et la prochaine arrivée de Dig Out Your Soul ne suscite plus aucune illusion.

Creuser, puisqu’il est bien enfoui l’âge d’or de la Britpop et ses albums bourrés d’hymnes populaires, l’hystérie collective des fans et de la presse et les innombrables autres excès. Envolé, le temps du Morning Glory ! A quelques exceptions près, la majorité des survivants – ceux qui ont eu la mauvaise idée de continuer, ou de se reformer – se traînent une série de disques plus décevants les uns que les autres (Forth, The Verve ; Diamond Hoo Ha, Supergrass). Aujourd’hui, il semble que la Britpop soit exclusivement le signe d’un temps révolu, que les productions des artistes premières générations encore en course ressemblent à des tentatives désespérées de retour dans le passé. Une sorte de cabinet des antiques qui retrace les exploits épiques (I Should Coco, Hurban Hymn, The Stone Roses, etc.), dorénavant poussiéreux, d’une page de l’histoire du rock anglais. À ce niveau-là, mieux vaut ne pas remettre sur le tapis les précédents exploits d’Oasis puisque tout le monde les connais depuis trop longtemps.

Que les amateurs, tout comme les détracteurs, se rassurent : Oasis est l’égal de lui-même, en perte d’inspiration depuis Morning Glory. Autre point : ils aiment toujours autant les Beatles et ça s’entend. Sitôt passée l’ouverture en grande pompe "Bag It Up", viens "The Turning", dans la grande tradition mélodie bruitiste cinglée par l’organe vocal de Liam, qui se termine sur quelques accords de guitare beatleiens. Quand la ballade "I’m Outta Time" inclut même des samples vocaux de John Lennon, les accents des Fab' Four se retrouvent dans la majorité des titres de l’album, notamment sur "To Be Where There’s Life" et ses cithares à la sauce Sgt. Pepper ou sur "The Shock Of The Lightning", qui évoque la période fastueuse d’Oasis et ses titres formatés pour les stades. Heureusement, les deux frères ont repris en main le songwriting qu’ils avaient par le passé, délégué pour certains titres à leurs musiciens ; malheureusement, Noël interprète encore certaines de ses compositions ("Falling Down", "Waiting For The Rapture",…), mais limite la casse. Dig Out Your Soul est le premier album publié sur le label du groupe, Big Brother. A peine convaincant, le nouvel opus peut séduire ceux qui ne sont pas encore gavés des précédentes réalisations.

En bref : Dans la veine des précédents albums, Oasis livre une galette redondante, honnête pour les amateurs, si l’on ne tient pas compte des déclarations fracassantes - « A fookin’ great album » –, fortement dispensable pour les autres.




Le MySpace

"The Shock Of The Lightning"




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Morgan Geist - Detroit / Carl Craig Remixes (2008)

Escalades de synthés et de cordes, mélodie brumeuse et nocturne susurrée par un Jeremy Greenspan (Junior Boys) qui pour une fois n’en fait pas des caisses : “Detroit” est certainement le titre du dernier Morgan Geist que je voulais voir remixé. Et pour un track portant ce nom sacré entre tous pour les amateurs de techno, qui aurait pu être plus à propos que l’un des maîtres de la Motor City, j’ai nommé Carl Craig himself ?

Paradoxalement, l’original n’est absolument pas un hommage au son des pionniers de là-bas, mais la retranscription du rapport très personnel qu’entretient Geist avec cette ville. Sonnant davantage comme un hybride de pop et de nu-disco, ce n’est que sous les mains de Craig que le morceau s’imprègne comme par porosité du fluide métallique propre au bassin sinistré de l’automobile américaine. En contrepoint des synthés acidulés de Morgan Geist, il place des nappes oppressantes et un kick sableux pour une première version très housey comparée à ses productions récentes. Une réussite. Le second remix, plus strictement techno, est un peu linéaire à mon goût, s’étalant sur plus de neuf minutes, ce qui ne paraissait pas réellement nécessaire. Mais ceux qui connaissent Carl Craig et ses accès de paresse ne seront pas surpris. Quoi qu’il en soit, l’original et le premier remix valent largement l’achat de ce maxi. Ne vous en privez pas.

En bref : Une connexion New-York/Detroit idéale sur le papier pour un résultat en demi-teinte, puisque seul le premier remix s’avère réellement intéressant.


A noter : Carl Craig sera à la Cité de la Musique (Paris) le 18 octobre pour une performance exceptionnelle aux côtés de l’orchestre de musique contemporaine Les Siècles. Au programme, des oeuvres de Steve Reich, Bruno Mantovani mais aussi des créations originales. Craig sera accompagné par le pianiste Francesco Tristano et par la légende Moritz Von Oswald (machines, percussions).

Le Myspace de Morgan Geist
Celui de Carl Craig

A lire aussi : Morgan Geist - Double Night Time (2008) et Morgan Geist - The Driving Memoirs (1997)


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05 octobre 2008

Depth Affect - Concert au Son’Art de Bordeaux le 03/10/08

Plus que jamais sur le devant de la scène avec la récente sortie de leur second LP Hero Crisis unanimement salué par la critique, le quatuor nantais électronique est de passage ce soir à Bordeaux devant un parterre de fans déjà bien établis. Pour ceux qui auraient manqué les débuts de l’histoire, Depth Affect est la réunion de deux amis d’enfance, David Bideau et Rémi Charrier auxquels se sont greffés un Dj et un Vj à plein temps. Repérés par le prestigieux label abstract hip hop Anticon, nos quatre mousquetaires livrent en 2006 Arche-Lymb un premier album parfait et comptent défendre ici son successeur.
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Son écoute à la maison nous en avait déjà convaincu, le groupe a toujours le même talent, celui de faire danser sans tomber dans la facilité. A l’aide de titres souples et intelligents (l’archi synthétique "Junior internationnal", "Hero crisis"…) Depth Affect continue de ré-inventer à sa manière l’électro hip hop avec de petites touches de pop, un peu comme Why? en plus rythmé et Birdy Nam Nam en moins bourrin. Dommage cependant que plus aucun instrument dit traditionnel n’ait sa place au milieu de toutes ces machines (hormis un clavier Roland et un Glockenspiel), car voir transpirer des artistes tournant des boutons n’amène pas la même intensité live qu’un monstrueux solo de batterie.
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La première partie a été assurée par Petit Pois Carotte, un duo d’informaticiens eux aussi à priori sympathiques qui se souviendront certainement de ce concert comme l’un des pires de toute leur carrière à cause de problèmes techniques à répétition empêchant de vraiment rentrer dedans. Quant aux hymnes technoïdes de Debmaster en troisième partie, la fatigue m’aura emporté avant, avec la satisfaction d’avoir assisté aux assemblages malins de Depth Affect, à la fois ludiques et entraînants.
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Les Myspace de Depth Affect, Debmaster, Petit Pois Carotte et Organ Phantom (l’organisateur)
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Petit clip des quatre Nantais :


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03 octobre 2008

Concours - My Name Is Nobody + Faustine Seilman + François Virot au Café de la Danse le 01/11/08


Le folk français n'a pas dit son dernier mot. Que ce soit François Virot, le songwritter lyonnais au jeu de guitare si particulier, Faustine Sheilman, la nantaise aux arrangements légers ou enfin Vincent Dupas alias My Name Is Nobody qui continue de puiser dans l'essence même du folk américain pour livrer son dernier album, le premier en solo à ce jour, At the wolf pit. Une certaine idée de l'Amérique (celle de Palace, Cohen ou Young) inspirée cette fois ci des musiques de l'Est et de la sensibilité des Desert Foxes (dont Faustine fait partie). C'est en famille donc que ces trois là tenteront de vous mettre en apnée avec leur pop expérimentale.
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A cette occasion, Dodb souhaite vous faire gagner 5 places pour aller voir tout ce petit monde. Pour cela il suffit de répondre à cette question : Quel est le nom du premier album de My Name Is Nobody sorti en 2006? et d'envoyer vos réponses avec vos coordonnées complètes à contact@desoreillesdansbabylone.com avec Concours My Name Is Nobody dans l'intitulé du message, et ce avant le 25 octobre prochain.
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Un avant goût avec François Virot capté par les Concerts à emporter :
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#37.1 - Francois Virot - Not The One
par lablogotheque


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01 octobre 2008

Les City Series - #1 Bordeaux le 27/09/08

Tout le monde ou presque a entendu parler des Concerts à emporter, ce concept simple et intelligent (pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt?) de tourner en caméra vidéo des out takes d'artistes indés, dans la rue, en appartement, jardins publics, en gros dans un endroit proche du monde et ouvert, à l'opposé des salles de concerts fermées et (anciennement) enfumées. La plupart des big bands du moment se sont déjà prêté au jeu et La Blogothèque peut se frotter les mains. N'en faisant ni une ni deux, le concept s'étend et c'est au tour de la province de recevoir les paparazzis de la musique. Pour ce faire, en ce bien beau samedi après-midi, les organisateurs de l'étape bordelaise (la première) ont organisé un marathon musical déplaçant ainsi une horde de curieux avertis de concerts en concerts, d'un spot à un autre de la ville, qui il faut dire s'y prête plutôt bien.

Le rendez-vous est donné au bouche à oreilles : au CAPC à 14h. La journée commence par la projection de six concerts à emporter d'artistes bordelais ayant eu lieu quelques jours (ou mois) plus tôt. Parmi eux Calc et Kim au bord de l'eau, The Sentimentals à la laverie mais aussi Paris Suit Yourself, Kid Bombardos, The Magnetix et The Garçon. Une heure plus tard, c'est open bar sur le toit du CAPC, le temps d'échanger quelques mots avec l'assistance éclectique et familiale, avant que ne commence le premier concert "réel" de la journée, Carabine. Ambiance bon enfant et punk nourri au soundsystem + porte voix, bien fun. Passage sous les arcades le temps d'écouter les voix pastorales des Crane Angels et c'est sans prévenir que débarque l'attraction de ce début d'après-midi, le duo Fatty et Shorty, à moto, balançant les watts sur un tribute aux Ramones dans un cadre qui n'aurait put être mieux.

Le reste des déambulations nous transporte de E-Die à Kid Bombardos, jusqu'à atterrir au soleil de 18h devant le grand théâtre pour la messe de Milos Uuplugged. S'en suit alors l'une des plus belles idées de la journée, une session tram sonore au ukulélé jusqu'à la Victoire où 'on retrouve les timides mais non moins entraînants The Artyfacts, qui emmènent le troupeau restant à St Michel non sans faire une halte pèlerinesque à Total Heaven. Mr Botibol se charge alors de rassembler les gens sous le clocher, The Weakends devant l'église Ste Croix, et Pere Dodudaboum sur la piste de danse. Mon dieux qu'elle aura été belle cette journée, qui se termine comme elle a commencé, dans une grande réunion de famille, faite de partage et de musique. A l'année prochaine?
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Tous les concerts à emporter bordelais ici.

A défaut d’avoir la vidéo de la journée, voici celle de Kim & Calc en live au bord de la Garonne, notamment pour une reprise mémorable de Bowie, "Ashes 2 Ashes":


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30 septembre 2008

Thomas Dutronc - Les Passagers du Zinc ( Avignon) - 27/09/08

Samedi soir. Foule dense aux abords de la Salle des fêtes de Montfavet, pour ce concert organisé par les Passagers du Zinc. Soirée de "fils et de fille de" en l'occurrence, avec pour ouvrir, Marie Modiano, la fille de l'autre.
En formation resserrée, batteur à capuche et guitariste plus capodastre, Marie enchaîne les chansons de son 2ème album, qu'on devine intimiste à défaut de l'avoir écouté, mais avec tout de même certaines sonorités indés - on pense au Broadcast des débuts- et la Von Poehl touch, que l'on sent inévitablement. Sous des dehors parfois mal assurés - une voix parfois hésitante et à la limite de la justesse, Marie se met le public dans sa poche, et c'est mérité pour toutes les raisons évoquées plus haut. On note tout de même cette agaçante façon de traduire tout ou partie des titres de ses chansons. Prends ton envol et assume tes textes, Marie, traduis-les en français !

Mais le maître de cérémonie reste à venir. Sous un décor sobre mais flashy - l'arc-en-ciel de la pochette en mode néon, et derrière une savante entrée en scène en ombres chinoises, Thomas Dutronc investit la scène avec son groupe manouche (dont 1 corse), et c'est quasi d'entrée un hommage à Django Reinardt que le quintette envoie ! Enchainé au morceau-titre de son premier LP, Thomas montre très vite le ton du spectacle, lequel, à l'ancienne et tel que pouvait en délivrer des Henri Salvador, fourmillera d'interludes chansonniers. Dans l'ordre, sketches et envolées anti-capitalistes, piques à Sarkozy (le fichier Edwige), impros, pots-pourris ET medleys (!) se succèdent à un rythme effréné.

On notera ainsi un réjouissant enchaînement disco ("Billie Jean", "Alexandrie Alexandra", "Y.M.C.A"), les déjà tubes ("Jeune, Je ne Savais Rien", "J'aime Plus Paris), une improbable impro de chant corse, une jam endiablée sur la B.O des Triplettes de Belleville que Thomas partage donc avec son pote Mathieu Chédid - et ce n'est pas là la moindre des similitudes des univers de ces 2 artistes, si l'on fait exception de la qualité de chant indubitablement meilleure chez notre expert ès-guitare manouche....
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Deux constantes en tout cas : la jubilation d'être là et de jammer, de rivaliser d'inventivité avec ses amis musiciens, tous plus virtuoses les uns que les autres - cet affolant violoniste qu'est Pierre Blanchart qui donne dans le Concerto Brandebourgeois de Bach ! - le tout, dans le même esprit qui les anime vraisemblablement lorsqu'ils se retrouvent tous dans la cave. Le plaisir de jouer, tout simplement.

L'on se demande alors que ce qui a pu pousser le rejeton Dutronc à défricher le format pop et à se lancer "dans la carrière", tant il semble qu'il est le même musicien que celui dont on entend parler depuis une bonne dizaine d'année : musicien aguerri de séance, a priori pas le profil idoine pour se mettre en avant comme il le fait si bien depuis Comme un Manouche Sans Guitare (2007). Seul un producteur, un marchand du temple particulièrement avisé a du trouver les mots pour donner à Dutronc junior l'envie de donner ce tour à sa carrière.

Deuxième remarque : pour les fans transis du père (et de la mère) que je suis, il est assez stupéfiant d'observer, outre un évident mimétisme de silhouette et de traits, que Thomas possède cette même élégance, cette manière racée ainsi que ce timbre reconnaissable entre mille, pour chanter de façon distanciée ces textes à la fois drôles, touchants et sarcastiques - sur lui-même et ses contemporains.

Qu'adviendra-t-il de la carrière de cet artiste ? Lui seul le sait, car les armes de séduction pour réussir, il possède. Mais lorsque le monde de la pop parfois si frelaté viendra éventuellement à l'incommoder, et que la tentation de jammer et de se repositionner en retrait redeviendra la plus forte, il endossera à nouveau les atours de musicien simplement brillant et exigeant, capable de transcender et de vulgariser sa passion tangible pour Django à l'attention du plus grand nombre.

Et le vaste public rock et pop d'avoir enfin mis des notes et un visage sur le nom culte de Django Reinhardt.
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Le site officiel de Thomas et son Myspace
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29 septembre 2008

Interview - Vincent Liben de Mud Flow

Le groupe Mud Flow a toujours été à l'honneur sur Dodb, que ce soit à l'époque de A life on standby ou plus récemment lors de la sortie de Ryunosuke. Alors forcément, on avait envie de leur poser quelques questions, et heureusement, Vincent Liben a bien voulu répondre. Entretien à chaud avec la tête pensante du meilleur groupe belge du moment :
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Comme Rob Gordon, le personnage de High Fidelity, penses-tu que c’est la pop music qui rend mélancolique ou est-ce que c’est notre côté mélancolique qui nous fait aimer la pop music ?
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Je crois que tu dois aimer la mélancolie pour écouter de la pop music. Mais il faut voir ce qu'on entend par pop music: Britney Spears ou Radiohead? Donc pour répondre à la question, il faudrait que je sache d'abord ce que c'est que la pop music. Malheureusement, je ne sais pas.
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Les morceaux Mud Flow sont souvent assez éloignés du format pop song, c’est un choix ou tu n’arrives pas à faire plus court ?
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En fait, on ne se pose pas la question en l'écrivant. Suivant le morceau, on voit s'il est mieux avec un long développement ou si 3 minutes suffisent. Un "Monkey Doll" par exemple n'avait pas d'intérêt à dépasser les 4 minutes.. Donc je crois qu'il s'agit d'un choix, sauf que j'ai l'impression que c'est la chanson qui décide.
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Comment as-tu rencontré GWL, l’auteur de la pochette ?
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Par myspace, il avait laissé un comment sur notre page et j'ai été voir ce qu'il faisait. J'ai tout de suite adoré.. Il fait un travail vraiment remarquable. On ne s'est rencontré que bien après la sortie du disque. Et en plus il est sympa.
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Comment se passe la promo du nouvel album ? Y a-t il une différence entre le public belge et le public français ?
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Pour l'instant, on a juste fait deux concerts à Paris pour cet album-ci. Donc c'est difficile à dire. J'ai l'impression que le public français est plus attentif mais c'est peut-être dû au fait qu'ils ont moins l'occasion de nous voir, alors ils en profitent.. ;-)
Pour savoir comment se passe la promo, il faudrait demander à notre attaché de presse, je ne suis pas trop au courant mais les premiers articles ont l'air plutôt positifs. C'est plutôt sympa, non? :D
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Précision de l'attaché de presse : ça se passe bien car pas mal de gens apprécient Mud Flow depuis le précédent album il y a 3 ans, mais en France le groupe n'a pas encore le statut dont il bénéficie en Belgique... on y travaille !
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Comment peut-on envisager le futur Mud Flow ?
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A géométrie variable, comme d'habitude.. Pas de grand succès à l'horizon... Et pour le contenu musical d'un prochain album, je préfère ne rien dire parce que ce que je dis au début ne ressemble jamais à ce qu'il y a à la fin. Pour Ryunosuke, j'avais prédit un album avec 5 titres de 15 minutes..
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Qu’écoutes tu en ce moment ?
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A titre instructif, j'ai écouté les derniers Animal Collective et Dirty Projectors. Phosphorescent aussi. Sinon, rien...
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Sans aucune objectivité, quels sont tes 5 disques préférés de tous les temps ?
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Je prend pas de risques:
The Verve: urban hymns
The Beatles: sergeant pepper
The Doors: strange days
REM: automatic for the people
Flaming Lips: Clouds taste metalic

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