25 avril 2023

My Bloody Valentine - Loveless (1991)

Au commencement était My Bloody Valentine, énième avatar noisy de la scène britannique ayant eu son petit succès d'estime en tournant dans les pays anglo-saxons. Une fois débarrassé de son premier chanteur et après avoir recruté la belle Bilinda Butcher (voix, guitare) à sa suite, le monomaniaque irlando-new yorkais Kevin Shields lance les grandes manoeuvres.

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23 décembre 2021

FACS - Present Tense (2021)

C'est entendu. Le math-rock, c'est chiant comme la pluie. Déjà cette terminologie... pompeuse, lénifiante. Qui sous-entend un préambule scientifique puisque ternaire et louvoyant vers le jazz. Un peu du reste comme cette baleine dite rock progressif... qui n'a souvent de progressif que son intitulé.

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05 juin 2015

The Soft Moon - La Maroquinerie, Paris (03/06/15)

Alors que la nuit tardait à se profiler en ces dernières lueurs journalières, c'est sous un soleil à peine couchant et encore de plomb, que se dirigeaient des ombres iconoclastes, attirées irrémédiablement vers ce point perché qu'est La Maroquinerie, bravant les particules fines dans une montée à l'ascendance certaine. Un chemin de croix sévère pour le corps mais nécessaire pour assister au rituel païen que s'apprêtait à offrir The Soft Moon.


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19 novembre 2013

Tropic Of Cancer - Restless Idylls (2013)


Le tropique du Cancer est une latitude sous laquelle il est possible d'observer directement, lors du solstice d'été, le soleil à son zénith. N'en déplaise à la californienne Camella Lobo, initiatrice de ce Restless Idylls, qui semble engloutir toute la lumière du monde dans une faille terrestre abyssale.

Signé sur le label répondant au titre assez significatif "Blackest Ever Black", Restless Idylls revêt une texture synthétique et glaciale. Le son initié par ce duo féminin éloigne l'auditeur un peu plus de l'astre solaire à mesure qu'il engloutit l'espace, aidé par un synthétiseur crachant des nappes électroniques massives et crépusculaires.


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26 octobre 2013

Born Ruffians + Moon King (Tradendo - 02/10/13)


Pour leur retour sur les scènes parisiennes avec leur troisième album Birthmarks, les Borns Ruffians et leur pop toujours délicate sont accompagnés de Moon King. Un concert assez hétérogène par conséquent, une alliance entre un shoegaze teintée de pop et une pop-rock indé pour ce début de saison. Dans tous les cas, la scène canadienne était à l'honneur ce soir-là dans la salle du Trabendo.


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23 février 2013

My Bloody Valentine - mbv (2013)

Comment pouvait-on être déçu par un disque dont on n'attendait rien ? Car c'est peu de dire qu'en 2013 on les avait oubliés nos chers My Bloody Valentine - définitivement le nom de groupe le plus cool qui soit.
Durant son hiatus il y avait bien ici où là un fan aux aguets lorsqu'un Kevin Shields sorti de sa torpeur pondait soit un remix pour Primal Scream, soit un morceau pour un soundtrack de Sofia Coppola, voire accompagnait sur scène telle sommité indé.


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02 février 2012

Porcelain Raft - Strange Weekend (2012)

Décidément le label Secretly Canadian n’en finit pas de ravir mes oreilles. Je lui voue déjà une sérieuse admiration pour avoir enrichi mon florilège personnel de groupes tels que Suuns, The War On Drugs et Little Scream. Toujours sous le signe de la qualité, son catalogue s’enrichit d’une nouvelle recrue : Mauro Remiddi aka Porcelain Raft. Italien de naissance, musicien multi-activiste, insatiable collaborateur multipliant les projets à droite et à gauche, on aura pu l’apercevoir à Londres, New York, Berlin, en Corée du Nord ou bien croiser son nom sur une pochette de disque et parmi les crédits d’une B.O. de film. Anciennement aux commandes de Sunny Days Sets Fire jusqu’en 2009, c’est en solitaire qu’il a commencé à sortir quelques maxis diffusés par Acéphale dont une reprise de Yuck ("Despite everything"). Mais c’est en duo qu’il devrait jouer sur scène avec l’ex-batteur de Women et en première partie de… M83. De quoi propulser sa carrière.

Au cas où vous n’auriez pas totalement succombé au charme de sa pochette incarnate – initialement une photocopie de sa main, trafiquée par la suite – le titre d’ouverture a tôt fait d’exercer une étrange fascination. Batterie et synthé grondent au loin avant de surgir par un habile fade in. Dix secondes se sont écoulées et déjà cet album ne laisse pas indifférent. La mélodie, portée par un tempo bien lourd et la voix androgyne de Remiddi, est suffisamment entraînante sans être aguicheuse. Une guitare gorgée de fuzz et de delay surgit à la fin pour un solo épique. La tendance au shoegaze fait son apparition avec le second titre, "Shapeless and gone" (fausse pop song), et n’en finira pas de hanter l’album jusqu’à sa fin. Ce mélange de dream pop teintée de shoegaze évoque parfois les trames sonores de The War On Drugs mais avec plus de retenu.

Porcelain Raft excelle surtout lorsque la rythmique domine le morceau comme sur "Unless you speak from your heart". C’est elle qui impulse une énergie du début à la fin. Elle atteint littéralement des sommets à la fin de l’excellent "Put me to sleep", si dantesque qu’on la croirait taillée pour les stades. Son caractère obsessionnel permet alors à la voix androgyne de Remiddi de se hisser, de prendre de la hauteur. Sur "The end of silence", elle est au bord de la rupture mais parvient à se maintenir sur le fil.

Seul à la composition, Remiddi a toujours privilégié le Do It Yourself, s'agitant sur tous les fronts, de la composition à la production. Pourtant c’est à Chris Coady (Tv On The Radio, Foals, Yeah Yeah Yeahs) qu’il a confié le mixage de son premier album. Et si un sous-sol de New York a remplacé sa chambre londonienne, son disque n’en conserve pas moins un côté intimiste, sans toutefois être trop introverti. Une fougue constante semble vouloir transcender chacun des morceaux pour les faire décoller vers des strates lointaines. Et quand bien même le disque s’achève, on en redemande encore.

En bref : un mariage brillant entre dream pop et shoegaze, prémices d'une signature sonore inédite.




"Unless you speak from your heart" :



"Put me in to sleep":



Une chouette interview

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04 décembre 2011

True Widow - A.H.A.T.H.H.A.F.T.C.T.T.C.O.T.E. (2011)

Je sais, je tiens là le titre le plus long et le plus idiot de l'année 2011, voire au delà ! Décodage immédiat : "As High As The Highest Heavens and From The Center To The Circumferance Of The Earth". On pourra y reconnaître l'ambition tellurico-stratosphérique typique d'une certaine tendance shoegaze, à la recherche d'un son à la fois massif et ample. Mais là encore, il ne suffit pas d'appuyer sur une pédale d'effet pour avoir du talent, et n'est pas Besnard lakes qui veut. Trio originaire de New York, True Widow, se la joue puissant, sombre et minimal, et, sans être follement original, trouve un style et un son, qui ont tout pour plaire.

On ne peut pas dire que la presse spécialisée ait buzzé d'une manière ou d'une autre sur cette formation (aucune recension à ma connaissance) ; c'est donc grâce à un disquaire (et oui ça existe encore, les ptits jeunes) que j'ai découvert ce disque.

Le son accroche tout de suite l'écoute : cette batterie downtempo qui ouvre le premier morceau "Jackyll", mixée très en avant, sonne au plus près de l'oreille, et semble dire merde au Loveless de My Bloody Valentine. Puis un lent tremblement de terre, quelque chose qui vous saisit doucement, vous impacte physiquement, une basse qui semble vouloir célébrer les noces du sludge et du shoegaze. Et enfin, une guitare claire amorce un motif entêtant qui sera repris par la voix.

Tout l'album repose sur ce minimalisme instrumental basse/batterie/guitare, très loin du prog savant des Besnard Lakes. Sur des tempos généralement lents, chaque instrument a droit à son intro, son attaque. Une sorte de stoner rock shoegaze, avec des voix claires, tantôt masculine tantôt féminine, direction le plus haut des cieux, mais qui viennent habilement élargir le spectre sonore, et évitent à l'ensemble de sombrer définitivement dans la crypte.

Du coup, les compos sont d'une grande simplicité, et les paroles aussi. Les motifs mélodiques ne sont jamais très développés, esthétique stoner oblige, et la guitare assure ce qui pourrait parfois ressembler à des ponts. Tout est tellement étiré que les refrains arrivent comme des codas, en délivrant l'oreille des boucles répétitives. Bon, les amateurs de chanson seront peut-être un peu perplexes, mais " Skull eyes" prouve qu'ils savent en écrire, et qu'ils ont la possibilité pour leur prochain album de ne pas se répéter, en se contentant de leurs trouvailles sonores.

En Bref : du stoner rock pour âmes en peine, sombres héros de la crypte, exilés pour veuvage à plein temps, les yeux rivés sur les chaussures. Les voix et les bribes de mélodies apportent ce qu'il faut de délicatesse.




Le site officiel



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08 mai 2010

The Besnard Lakes - Are The Roaring Night (2010)

The Besnard Lakes are the roaring night : fin d'un tryptique passionnant pour les Besnard Lakes, commencé en 2003 avec Volume 1, et poursuivi en 2007 avec Are the Dark Horse, tout en nocturnes rugissantes, en lieu et place de la noire toison chevaline du précédent album.

Les trois albums, en effet, conçus comme des récits d'espionnage, modulent les mêmes thèmes de façon obsessionnelle - agent secret, réception radio par ondes courtes, cryptographie - et creusent le sillon d'un post-rock trés avancé, entre parties vocales éthérées et shoegaze progressif.

Et toujours cette ambition poétique dans les textes, cette cohérence dans l'élaboration des albums, chez un groupe structuré autour du couple Jace Lasek/Olga Goreas, duo vocal en studio, amoureux transis à la ville. Alors que les compositions de Are the dark horse fonctionnaient sur la logique du crescendo, et la mise en branle progressive de chaque instrument, Are the roaring night marie le clair et l'obscur, et joue des contrastes. Car rien n'est trés évident dans cette nuit sonore, où les amants s'espionnent et butent sur d'indéchiffrables regards :"what's in your empty eyes?".

"Like the ocean, like the innocent" : la voix de tête de Lasek, dès le début du premier morceau, nous propulse vers des hauteurs stratosphériques, tandis que, sans prévenir, batterie et guitare nous font revenir brutalement sur terre. La voix, elle aussi, atterrit, dévale l'octave et gagne en puissance ; même si les aigus de Lasek ne sont pas trés cristallins, sa voix est portée par un souffle certain dès qu'elle se fait plus grave. C'est, d'ailleurs, particulièrement beau sur "Light up the night", morceau dépouillé à l'ambiance liturgique, où la voix fait montre d'une "sacrée" puissance.

Sublime "Chicago train", avec bleu à l'âme (ville oblige, "sweet home Chicago", si on veut) pour séparation amoureuse déchirante sur quai de gare. Une longue introduction suspend magiquement le temps, avec ces cordes et cette voix qui étirent délicatement les durées. Mais le riff de guitare contracte soudainement la douleur et nous assombrit l'âme.

"Albatros", vieille compo ressucitée pour l'occasion, rappelle immanquablement les Beach boys, en déroulant ses harmonies vocales à deux, aux aigus survoltés, jusqu'au déluge shoegaze, massif, joué regard au sol, et qu'on n'attend pas. Tellurique et stratosphérique à la fois.

La face B s'ouvre sur le magnifique "Land of living skies", après intro bruitiste hantée. Mise en musique de la morsure du remord ("this fire that follows me"), le texte est superbe, servi par un crescendo qui renoue avec le style du cheval noir.

"I'll be sitting on that beach

Thinking "was it ever too late?"

What once was great all falls into place

We make our mistakes and take them to our graves
".

Changement de tempo sur l'entêtant et ironique "And this what we call progress", adresse à "l'indien sans âge" génocidé, porté par une section rythmique qui approfondit les basses, et prend nettement ici le dessus. Puis, après passage ébourriffant par l'église ("Light up the night") et défoulement vocal, l'album se termine sur la poésie naïve et apaisée de "The lonely moan" ("we caught the sun, it was so simple, so simple"). Trip psyché pour la route, on décroche le soleil à deux, et on congédie la batterie pour flotter doucement entre les eaux de l'omnichord et celles de l'orgue Hammond.

Hypothèse de lecture au final : l'espionnage n'intéressait les Besnard Lakes que comme métaphore de la relation amoureuse, et, plus encore comme mise en récit distanciée d'une histoire d'amour fondatrice, celle du couple nodal.

En bref : un troisième album à la hauteur du second, et un cycle qui s'achève sur la beauté d'un clair obscur. Les Besnard Lakes tiennent le cap d'un rock délicat et puissant, déchiré entre le ciel et la terre, et qui n' a de cesse de travailler l' harmonie.






Le site officiel et le Myspace

"Chicago Train" :



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15 avril 2010

Concours A Place To Bury Strangers, 5 places de concert à gagner


Le groupe shoegaze new-yorkais sera au Trabendo de Paris le 12 mai prochain pour présenter entre autres son dernier album, le bien nommé Exploding Head. Les concerts d’Olivier Ackermann et sa bande sont généralement de grands moments pour se dépenser et prendre des décibels dans la tête, alors il ne faut manquer ça pour rien au monde. Pour gagner l’une des 10 paires de places mises en jeu, il suffit de répondre à la question suivante :

Citez au moins un autre groupe Shoegaze déjà chroniqué sur Dodb ?

Et d’envoyer votre réponse à contact@desoreillesdansbabylone.com avec l’intitulé "Concours A Place To" avant le vendredi 7 mai prochain. Bonne chance à tous.

Le site du Trabendo et celui du groupe

Acheter sa place ici

Le clip de "In your heart" :




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05 novembre 2009

Gliss - Devotion Implosion (2009)

Le nom, la pochette m’avaient laissé circonspect. Une connaissance de bon conseil et la présence dans les bacs Total Heaveniens m’avaient plutôt intrigué. Je me suis finalement laissé allé à écouter Gliss et je ne regrette rien, pas une miette. L’idée est simple, creuser un peu plus ce revival shoegaze déjà largement représenté cette année par The Pain Of Being Pure At Heart, Crystal Stilts, Crocodiles et j’en passe. De l’anglais par des américains en somme. Parce que ce que l’on retrouve derrière tout ça, et Nickx avait raison, c’est la pierre angulaire Psychocandy. Le fantôme des Jesus And Mary Chain n’a jamais été aussi présent que sur ce disque, à la différence près qu’il est ici en compétition avec un petit côté Siamiese Dream de la bande à Corgan. Toujours est-il que la formule est gagnante : un trio, des guitares avec des effets, et des mélodies pop qui tiennent la route.

Mais avant tout, Gliss c’est qui ? Eh bien c’est la chanteuse, bassiste et programmatrice Victoria Cecilia (d’origine danoise, qui aime le death metal), le guitariste David Reiss (qui aime le jus de pomme et les audio books) et le chanteur Martin Klingman (qui aime le Velvet et le yoga). Tous sont multi-instrumentalistes, il parait même qu’ils s’échangent leurs instruments en concerts. Leur premier Lp en 2006 Love the virgins avait été remarqué mais sans plus. C’est Gareth Jones (Depeche Mode, Liars, Wire, Clinic) qui s’est chargé du (très bon) mixage. Et surtout, on les connait très utilisateurs d’internet sous toutes ses formes (blog, Facebook, Twitter…). Ok, mais quoi de neuf sous le soleil de Los Angeles ?


Tout d’abord une entrée en matière pour le moins efficace. Le massif "Morning light" perfore vos oreilles dès les premières secondes. Le titre est impeccable, la mélodie est évidente, les guitares torturées comme il faut et surtout le traitement de la voix est exemplaire. Selon les titres, Martin chante seul ou avec Victoria. Et quand la voix jeune et androgyne du premier copule avec celle de sa partenaire, l’effet est garanti. Il en manque peu pour que ce titre devienne un classique et j’adore tout particulièrement l’ambiance lendemain de fête qui plane au dessus du morceau. Pas de répits puisque "29 acts of love" est tout aussi direct. Dans le genre, il est difficile de faire meilleur single au groove pop.

Et puis vous avez les morceaux plus mous du genou. Je pense au sinistre "Sleep", au lancinant "Love songs" et au très Hammondien "Sister sister". C’est lent, atmosphérique, froid et donc élégant. A l’anglaise. "Beauty", "Sad eyes" et "Anybody inside" chassent sur des terres plus dream pop, moins plombées, plus lumineuses, même si les échos de guitare sont toujours aussi dégueulasses, la rythmique kraut et l’ambiance psyché. Enfin, last but not least, la perle centrale "Lovers in bathroom" où les californiens montrent qu’ils savent faire jouer leur guitare dans un très joli final.

En bref : 10 morceaux où quasiment rien n’est à jeter. Du shoegaze anglais par des américains inspirés et sympathiques. Que demander de plus ?





Le Myspace

A lire aussi : The Jesus And Mary Chain - Pyschocandy (1985)

"Morning light" :


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01 juillet 2009

Cymbals Eat Guitars - Why There Are Mountains (2009)

En voilà une belle surprise. Au paroxysme de l’indépendance puisque carrément autoproduit, ce jeune (la petite vingtaine) quartet en provenance une fois encore de New-York, Staten Island pour être plus précis, qui sans crier gare, livre l’un des plus beaux ouvrages de l’année. Un groupe, créé depuis 2005, d’abord en duo, pour des reprises sur le campus des meilleurs morceaux de Weezer, et maintenant pour le meilleur du rock indé. On ne va pas se le cacher, Pitchfork a bien entendu encensé l’objet (8.3 quand même) et c’est sous de bonnes augures qu’arrive ce premier album sorti fin 2008 de l’autre côté de l’Atlantique. Joseph d’Agostino (aussi connu comme Ferocious) le lead songwritteur et Matt Miller le batteur sont les deux heureux papas de cette troupe que l’on peut déjà surnommer CEG, et qui risque de vous surprendre par ses côtés imprévisibles.

Pas d’échauffement puisque les six minutes de "And the hazy sea" démarrent très fort. Grosse instrumentation, des voix déjà en furie, des breaks là où il faut, des passages doux, d’autres violents, tout ce qu’il faut en un titre pour résumer leur approche de la musique. Prenez la voix de "Some three", qui rappelle tellement celle de Stephen Malkmus, et ajoutez-y le côté branleur de ce même titre, et vous avez presque là un inédit de Pavement. Mais ce n’est pas tout. Parce qu’ "Indiana" ne ressemble déjà plus du tout à ça. Intro noisy (autre particularité du groupe), voix cristalline perdue dans les réverbs, petit piano Waltz, et un morceau qui explose à mi parcours en sunshine pop à la Flaming Lips (des débuts) avec cuivres Neutral Milk Hotel. De l’emphase oui, mais de l’emphase modeste.

Même "Cold spring" que l’on sent partir mou du genou trouve la force à mi-parcours de partir dans tous les sens, et même de proposer quelques soli. "Share" enchaîne sur un délire shoegaze calme en apparence mais là encore cuivres et cordes viennent relever la sauce au bout de quelques minutes un peu contemplatives. Passons l’interlude "What dogs sea" et "Wind phoenix" l’autre gros morceau de l’album s’engage. D’apparence exotique, il démontre à lui tout seul la beauté mélodique de ces morceaux. M’évoquant par moment les récents The Pain Of Being Pure At Heart, il se renverse également à 2’"30 dans un déluge de cordes électriques détraquées assez jouissives. Les deux derniers morceaux n’augmenteront pas le niveau déjà bien haut de l’ensemble. A noter qu’un nouvel Ep vient de sortir chez le label Transparent cette fois.

En bref : un tri sélectif parmi le meilleur de l’indé 90’s revisité à la sauce moderne par quelques potes de lycée qui s’y connaissent grave en mélodie et en exploits électriques.





A lire aussi : Pavement - Wowee Zowee (1995)

Le Myspace

"Some trees" pour le côté Pavement et "Wind phœnix" en live sur KEXP :


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23 septembre 2008

Steeple Remove + Kelpe + Etienne Jaumet Dj's au Nouveau Casino le 01/10/08

Une fois n'est pas coutume, Dodb tient à vous informer qu'une très belle soirée musicale se tiendra au Nouveau Casino de Paris le mercredi 1er octobre 2008 à partir de 19h30. Vous pourrez y croiser dans le désordre Etienne Jaumet de chez Zombie Zombie que l'on apprécie particulièrement dans nos colonnes. Il fera vrombir ses synthés aux côtés de Kelpe (DC Recording), un anglais électronique qui aime plus que tout mélanger samples et ordinateurs pour nous faire danser. Enfin, vous aurez droit au shoegaze mutant du groupe français Steeple Remove (3rd side Records / Discograph) qui sort en ce moment son nouvel album, Electric Suite.
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Réserver une place sur Fnac.com
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Pour vous mettre en jambes, "Live Machine" des Steeple Remove :


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18 novembre 2007

Gravenhurst - Concert à Bordeaux le 14 novembre 2007

Commence la soirée avec Plimplim, inconnu au bataillon et à priori dj chronique bordelais. Lumière bleue, debout face à son computer, il pourrait très bien s'appeler Alain, 32 ans et invité de l'émission Confessions intimes parce qu'il ferait passer le tuning avant sa vie. Pourtant rien de tout cela. D'une installation ultra moderne, un simple Vaio relié par un jack épais comme un pouce à une boîte à effets du plus bel effet, Plimplim puisqu'il s'appelle comme ça agit en fait en tant qu'explorateur sonore. Aérien et captivant le petit homme si ordinaire explore en click 'n cut des mélodies minimales auquelles il ajoute des touches de synthèses numériques. Jamais l'ambiant électronique n'a atteint telle qualité dans la course de l’humanisation des machines. BO parfaite d' A.I. de Spielberg, la musique de ce probable geek étonne et absorbe.

A peine remis de cet encart électronique, je me plais à commenter la chance que j'ai ce soir de pouvoir assister à 25 mètres du pas de ma porte, dans une salle à taille et tarif humains, au concert d’un des groupes anglais les plus intéressants de leur génération, le tout dans le quasi anonymat. Ce sont surtout des fans qui remplissent le Son'art ce soir jusqu'à la gueule. Gravenhurst donc, groupe de Bristol au sud ouest de l'Angleterre emmené par Nick Talbot, ancien leader des Assembly communications. En pleine tournée de leur dernier LP The western lands (en rapport avec un bouquin de Burroughs sorti en 1986), Gravenhurst vient débaler son incroyable capacité à brouiller les pistes, jonglant d'un premier album carrément folk à un second limite post rock, Fires in distant buildings.

Aux premières notes des nouvelles chansons, la patte de Nick est toujours présente, un songwritting impeccable, un son précieux et des envolées électriques profondément mélancoliques. Ce qu'on sait moins c'est que Gravenhurst jouit en live d'une force insoupçonnée: la présence au sein du groupe du batteur Dave Collingwood qui apporte une section rythmique démentielle. Et le folk mélancolique à la Nick Drake que l’on croyait connaître de muer en un véritable show shoegaze, ni plus ni moins. Tête dans le guidon, Gravenhurst alterne les ballades et les tourbillons électriques turbulents. Plus encore, le groupe en live donne la part belle aux morceaux instrumentaux noisy post rock et dansent sur le terrain de My Bloody Valentine et The Jesus and Mary chain.

Pas de véritable surprise sur la playlist, Hollow men et Trust, les deux premiers single du dernier opus, Saints, nouveau titre très efficace également, et puis Velvet cell évidemment, le tube nirvanesque du précédent album. Dans la plus pure tradition anglosaxonne, le plus américain des groupes anglais n’a jamais été aussi calme et violent à la fois, nageant entre classissime éthéré et secousses sismiques déglinguées.

Traditionnellement, Nick talbot termine ses concerts par un passage solo voix / guitare incontournable et c’est là que l’on comprend vraiment qui est la tête pensante de ce groupe. Décontracté, sobre et juvénile, comme un ange au timbre fluet. Les arpèges et paroles de Tunnel, I turn my face to the forest ou Black holes in the hand sont tous simplement magnifiques. Le cercle d’inconditionnels présent ce soir a même droit à une discussion avec Nick qui grand prince laisse choisir les ultimes morceaux par les fans eux-mêmes. Sombre, maîtrisé, mélancolique et dément dans son espace sonique, Gravenhurst vient de grimper de nombreuses places dans ma groupographie idéale.



Ne manquez pas cette formidable vidéo réalisée par les Concerts à emporter, Nick Talbot en solo à la guitare au fond d’une ruelle, magique :


#63.2 - Gravenhurst - Balck Holes in the sand
envoyé par lablogotheque
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