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06 novembre 2014
Harvey Sutherland - Brothers (2014)
Un vent nouveau
souffle sur l’Australie. Si le pays est plus souvent cité pour ses plages, ses
combats clandestins de kangourous ou sa production d’opale, il est dorénavant
possible de le mentionner pour ses DJs et producteurs de musique électronique.
L’aventure proposée par le label Voyage n’en est qu’aux prémisses, mais le
chemin parcouru semble déjà se compter en années lumières. C’est dire de la
qualité des premiers enregistrements de ce label naissant. Fondé dans le courant
de l’année par le producteur Andy Hart, Voyage propose des excursions électroniques
aux tonalités rétro-futuristes. Une deep house ciselée qui mêle boogie, funk et
jazz en apesanteur. Le chemin emprunté par Mike Kay AKA Harvey Sutherland, aux
commandes de ce Brothers, confirme en tous points la feuille de route
qu’avait suggéré la première sortie du label. Et marque un pas nouveau dans
l’aventure du tourisme spatial - et musical.
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04 juillet 2013
Else - Pacific (2013)
Les bruits avaient déjà commencé à se propager un peu partout sur le net. L'info, c'est ce collectif d'artistes, musiciens et vidéastes de Toulouse, L'ordre, qui commencent à faire parler d'eux. Des noms comme Vanderway, Jettune, Else, qui ne diront certainement rien à la majorité d'entre nous… Avec une fleur de lys pour symbole, L'ordre compte bien, d'un point de vue musical, remettre la french touch à sa place. C'est-à-dire sur le trône qu'elle n'aurait jamais du quitter. Et avec pour seul et unique souverain, Daft Punk. Alors oui, tous ceux qui ont détesté Random Access Memories n'y trouveront certainement par leur compte. Il y aurait comme une sorte de filiation directe entre leurs ainés et ces derniers (ils ont d'ailleurs commis eux aussi leur remix de "Get Lucky"). Mais il serait dommage de passer à côté d'Else et de leur nouvel EP qui vient sur sortir sur le label Roch.
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06 mars 2013
S3A (Sampling As An Art) – Holdin’ On EP (2012)
Je me demande comment j'ai pu passer à côté. S3A (Sampling As An Art) est pourtant le genre de projets pour lesquels mes alarmes se mettent à fonctionner dans l'instant. C'est vrai, il est encore question d'une énième dernière trouvaille électronique. Mais cette actualité a la qualité d'être à la fois très parcellaire et très rapide, il est alors assez courant de se laisser dépasser par les événements. Max Fader est dans le genre plutôt isolé. Ce producteur parisien ne semble affilié à aucun groupe et se fait plutôt rare en live. Ce qui est étonnant, c'est qu'il a pu se constituer dans son coin un petit arsenal de destruction massive. Des tubes qui pourraient bien avoir une puissance de feu fictionnelle équivalente au .44 Magnum de l'Inspecteur "Dirty Harry" Callahan… Musicalement parlant, s'entend.
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20 février 2013
The New Tower Generation - House (2012)
On ne cesse en ce moment de nous assommer sur le manque de créativité des formations musicales actuelles. De ces revivals qui miment les productions d'il y a dix ou vingt ans et minent aujourd'hui l'innovation sonore. Si je ne suis pas plus friand d'expérimentation débridée jusqu'au-boutiste, de déstructuration totale et de remise à plat des acquis musicaux que de réaction musicale forcenée, je suis porté à croire qu'un bon biberonnage aux valeurs académiques a cet atout principal d'être formateur. Cela permet de mieux connaître les structures, le cadre d'un genre particulier, afin de mieux s'en détacher. Mais surtout, d'avoir les capacités de pouvoir isoler, apprécier puis relier les essences et les messages qu'ont voulu faire passer les auteurs. Ce qui est le cas de d'un grand nombre de productions électroniques du moment, vaut également pour nombre d'autres styles musicaux, de la pop en passant par le hip-hop.
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15 février 2013
2DeepSoul - Earth Energy pt. 1 (2012)
Earth Energy Pt. 1 est un Ep dont le genre ne se porte guère à une large diffusion. Sorti en fin d'année dernière, je n'avais encore jamais entendu parler de 2DeepSoul, encore moins de sa maison d'édition espagnole, Minuendo. Après écoute, je dois dire que je partage en de nombreux points leurs manières de concevoir la musique électronique. De celle qui s'écoute et s'apprécie l'après-midi sans même que l'on y fasse attention. Au calme et en toute sérénité. Deuxième sortie pour le duo composé de Brad Peterson et Rai Scott, les deux protagonistes viennent d'horizons différents. Le premier est américain alors que la deuxième est anglaise. S'ils débutent au début des années 90, la tessiture du paysage musical de cette décennie les marque fortement. Avec quelques petites différences qui caractérisent leur éducation musicale, on retrouve les canons habituels de la house de Chicago, de la techno de Detroit et de l'electronica anglaise dans leurs influences.
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06 février 2013
The Florian Müller Project - Just For Fun EP (2012)
Nous n'avions pas encore évoqué le cas Florian Müller Project dans les colonnes de Dodb. Pourtant, ce discret producteur de deep house du sud de la France le méritait amplement. Avec déjà deux LP et une petite poignée d'EP à son actif, il n'a pour l'instant pas encore fait le moindre faux pas. S'il produit régulièrement depuis 2009, Florian Müller ne compte pas en rester là. Son dernier EP, Just For Fun, sorti sur le label Nowar - à qui l'on doit notamment l'excellent EP Light Is Here de Leonid Nevermind, s'inscrit brillamment dans la veine que le jeune producteur continue d'exploiter. Une deep-house dont les influences se réfèrent à ses héros de Detroit, Chicago ou de New-York. Celui qui se définit volontairement comme un "house lover" concède volontiers à sa musique une couleur nostalgique et mélancolique qui comprend de fortes références au jazz et au blues.
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10 octobre 2012
Citizen - Deep End (2012)
Ce n'est pas sans un certain plaisir que l'on assiste aujourd'hui à un véritable retour en force de la niche house garage. Initiée par les labels Local Talk pour les productions actuelles ou Rush Hour, avec ses toutes récentes rééditions de vétérans tels Elbee Bad sur la compilation The True Story Of House Music ou Z-Factor sur l'excellente 122 BPM: The Birth of House Music, le tout récent MadTech Records, filiale de la maison mère MadHouse, créé par un certain Kerri Chandler - l'un des pères reconnu de la house - compte bien se faire une place de choix parmi les archéologues invétérés de musiques électroniques tout comme les amateurs de nouvelles tendances. Avec Laurence Matthew Blake aka Citizen, jeune artiste de la scène londonienne âgé d'à peine 24 ans, les productions 2012 semblent bel et bien ancrées dans l'esprit des années 90'.
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02 octobre 2012
Heatsick - Convergence (2012)
Lorsqu'il opère en solo, Heatsick s'obstine à n'utiliser qu'un vieux synthé Casio et une pédale à effets. Un équipement incroyablement rudimentaire et old-school pour un artiste pourtant loin d'être rétrograde, qui arpente en permanence la ligne de démarcation entre musiques dancefloor et expérimentale. Après des débuts plutôt noisy au sein de Birds of Pray et Birds of Delay en 2005/2006, il s'est installé à Berlin et c'est sans doute la fréquentation des clubs locaux qui l'a amené à s'orienter vers des productions souvent fonctionnelles et dansantes, qui tiennent autant de la house et du disco que de l'ambient et la synth-pop du début des années 1980. Pour sa première sortie sur Rush Hour, Steven Warwick s'autorise un écart par rapport à sa ligne de conduite habituelle, puisqu'il a ajouté à sa panoplie une bonne vieille boîte à rythmes des familles, lui qui confectionnait jusqu'alors l'intégralité de ses beats à l'aide de son Casio.
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31 juillet 2012
James Welsh - Air Valley (2012)
Petite sœur du label Hypercolour, créé par deux londoniens, Alex Jones et Jamie "Cedric Maison" Russell, Losing Suki fait déjà preuve d'une grande maturité. Si "elle" n'a que deux ans d'existence et un catalogue ne dépassant pas encore les dix enregistrements, la qualité de ses productions n'en demeure pas moins excellente. Il est vrai que la benjamine ne dispose pas encore d'une grande visibilité. Et il semble d'autant plus certain que les choix opérés en son sein se destinent plus à des amateurs de dubstep et de UK garage, comme Jack Dixon. Ces quatre titres sauront néanmoins ravir les aficionados des très recommandables Moodymann, et encore DJ Nature, dont on avait pu remarquer la chronique dans les colonnes de DODB.
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Rootstrax - Harlequin (2011)
Cela fait presque un an que cet EP tourne dans ma playlist favorite. Allez comprendre pourquoi, mais les microsillons de ce trois titre se sont imprimés aussi distinctement dans mes oreilles que sur les galettes sur lesquelles il a été imprimé. Edité sur Deeply Rooted House, label créé en 2003 par le parisien Cyril Etienne des Rosaies, AKA Dj Deep, la maison a pour postulat d'explorer les racines profondes de la house et de la techno, dans la filiation de Kerry Chandler ou de JoVonn. Leur catalogue n'est d'ailleurs pas très facile d'accès. Les nombreuses sorties du label ont conservé leur caractère brut et légèrement âpre, que l'on retrouve dans les productions garage de la fin de la décennie 80 et de la première moitié 90'.
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23 juillet 2012
CN - Ra (2012)
C’est pour moi l'un des gros espoirs électroniques du moment. Après avoir écouté plus que de raison son EP de 2010 repressé en début d’année (Utrecht), j’ai commencé à suivre de près l’actualité de Stian Gjevik, alias EOD ou CN. Et il y a de quoi faire ! Le garçon ne s’arrête jamais : en 2012, il a déjà produit deux longs EP, dont le splendide Questionmarks, et un album (Obscure Research, uniquement dispo en digital), et annonce une flopée de 12" pour les mois qui viennent. Gravitant toujours autour d’un axe tracé entre Detroit et l’Angleterre, Underground Resistance et Rephlex, il y ajoute une sorte de douceur boréale toute scandinave, avec une attention particulière pour les mélodies et même, dans le cas de Ra, une touche funky loin d’être déplaisante.
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18 juin 2012
Kyodai - Breaking (2012)
Je ne sais pas ce qui se passe en Suède en ce moment, mais le pays ne cesse de nous abreuver de labels house de qualité. On vous a déjà parlé d’Aniara Recordings, basé à Göteborg et dont chaque disque est plus impressionnant que le précédent. Mais il était temps qu’on vous fasse une petite bafouille au sujet de Local Talk. Créé en 2011 par Mad Matts et Tooli, le label compte déjà une quinzaine d’EPs à son catalogue. Comme la très recommandable maison parisienne My Love Is Underground, Local Talk se consacre entièrement à la cause de la house/garage des années 90 et plus spécifiquement aux sons de New York et du New Jersey, et dans une moindre mesure de Chicago. Quoi ? Encore du vintage ? Eh bien oui, mais quand on écoute des tueries comme le Garden State ’92 du Français Fulbert ou ce nouveau Kyodai, on se dit que ce revival a encore de beaux jours devant lui.
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04 mai 2012
Mr. Beatnick - Sun Goddess EP (2012)
Ancien producteur de hip-hop instrumental, auteur notamment de l’excellent I Know All The Bitches (2008), Mr. Beatnick a gardé son goût pour les synthés jazzy parfaitement intact, mais a décidé de l’appliquer à une deep house de salon des plus délicates. Ce changement d’orientation a immédiatement porté ses fruits puisque Synthetes a été repéré par pas mal de spécialistes à sa sortie en 2011, parmi lesquels Gilles Peterson, qui l’ a diffusé dans son émission sur la BBC 1. Son style a été à juste titre comparé à celui de Floating Points – il me rappelle aussi énormément les Suédois de Genius Of Time. Daté de mars dernier, toujours sur le label de Semtek (Don’t Be Afraid), le second EP du Londonien ne déçoit pas, loin de là, bien qu’il soit peut-être un peu moins homogène que son prédécesseur, car entièrement centré sur son rayonnant morceau-titre.
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18 avril 2012
EOD - Utrecht (2010)
Passé sous mon radar en 2010, cet EP épuisé depuis bien longtemps bénéficie d’un nouveau pressage et je le découvre à cette occasion, assez ébahi je dois dire par sa qualité et sa diversité. Je n’avais jamais entendu parler d’EOD. Certains ont cru pendant un temps que c’était Aphex Twin, mais en fait non... Il se trouve que c’est un dénommé Stian Gjevik, originaire de Trondheim, en Norvège. Il a sorti quelques bons maxis, notamment sous le nom de CN, et aussi une compilation digitale de 71 titres réalisés depuis 2005. Amoureux des synthétiseurs analogiques et des boîtes à rythmes antédiluviennes, EOD risque fort de sortir de l’anonymat en 2012 avec un planning de sorties très chargé et une performance prévue à l’occasion du 21e anniversaire du label Rephlex.Entre house et électro 90’s, "Utrecht" plonge l’auditeur dans une sorte de chaud-froid lysergique. Les nappes éthérées se mêlent à une basse ronde, c’est à la fois assez brut de décoffrage et extrêmement doux, caressant. C’est du son d’after, pénétrant et contemplatif. Le seul défaut de ce morceau est de ne durer qu’un peu plus de 4 minutes, alors que son côté épique aurait pu être encore plus développé sur une durée plus longue. On ne commence à comprendre les comparaisons avec AFX qu’à partir du second titre, "Phontron (030303 Mix)", beaucoup plus représentatif de l’EP, qui fait la part belle aux vrilles acides, aux saccades rythmiques et aux synthés à la Boards of Canada.
Sur "Flab" comme sur "On Herald Go", EOD s'inspire clairement de la braindance qui sortait sur Rephlex ou Warp au début des années 1990, à l’époque où ces labels britanniques régnaient sur les sphères électroniques. Il use et abuse de la TB-303 et des vieux drum pads et joue sur le contraste entre des beats lourds et heurtés et des mélodies légères et nuancées. Sa palette va de l’ambient la plus limpide ("Came Went") au son de rave le plus euphorique ("la fin de Flab"). Au-delà des sonorités vintage, c’est surtout la liberté créatrice d’EOD qui ravive la nostalgie pour cet âge d’or de l’électro UK où l’on se fichait bien des formats et des idées préconçues. Rien que pour ça, j’inscris le Norvégien sur la liste des artistes à surveiller de près.
A noter : l'artwork est signé Merijn Hos
En bref : cet EP, aussi somptueux que sa pochette, revisite la techno cérébrale du début des années 90, avec douceur et acidité.

Télécharger Son mix pour le blog mnml ssgs
EOD sur son site, FB, Twitter, Bandcamp
A lire aussi : Akufen - Battlestar Galacticlown (2012)
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Publié par Dave 3 commentaires
Catégories : Acid Techno, Ambient, Chroniques, Electro, Electronica, House, Maxi/EP, Techno
17 avril 2012
Akufen - Battlestar Galacticlown (2012)
Avec les comebacks de Pépé Bradock et I :Cube, celui de Marc Leclair est l’un de ceux que j’attendais de pied ferme cette année. Alors qu’on annonçait un album de Horror Inc., c’est sous le plus connu de ses pseudonymes que le Canadien publie cet EP sur son label Musique Risquée. A part quelques remixes récents, cela faisait 9 ans qu’il n’avait pas sorti de disque en tant qu’Akufen, un blaze qui rappelle de très bons souvenirs, ceux de son époque Perlon et de son album, My Way, référence absolue en matière de micro-house. Le fait d’utiliser ce pseudo n’a rien d’innocent : alors que Horror Inc. est réservé à ses travaux les plus angoissés et mélancoliques, Akufen est nettement plus dancefloor et survolté. Contrairement au superbe Aurore EP de 2010, qui contenait de longs passages ambient et downtempo, Battlestar Galacticlown est quasi-exclusivement rythmé par d’impitoyables beats tech-house qui tabassent.C’est une sorte de retour aux sources pour le Montréalais. Dans leur conception, ces cinq nouveaux titres ne sont pas très éloignés des excellents "Deck The House" ou "Late Night Munchies" de 2002. A la manière de Todd Edwards, Akufen utilise toujours la technique du cut-up et amoncèle, agence et organise l’interpénétration de milliers de samples microscopiques provenant de milliers de sources différentes – on sait qu’il avait passé 2 ans à enregistrer la radio pour réunir le matériau nécessaire pour son album, et qu’il aime aussi promener son micro au hasard de ses voyages pour capter quelques sons originaux. Sous ses airs foufous et erratiques, cette musique foisonnante est extrêmement structurée.
Il faut beaucoup de rigueur pour retomber sur ses pattes lorsqu’on construit une mélodie à partir d’une telle quantité d’éléments disparates, qu’il s’agisse de klaxons, de bêlements de chèvre, d’échantillons de jeux vidéo ou d’orchestre à cordes. Dans une instructive interview pour Resident Advisor, l’an dernier, Leclair expliquait justement combien il aimait, chez Steve Reich ou chez l’artiste mathématicien M.C. Escher, l’équilibre entre discipline et abandon. Même si l’on est forcément moins impressionné par la prouesse technique qu’il y a 10 ans, il faut bien constater que peu d’artistes se sont engouffrés dans cette brèche (peut-être parce que c’est beaucoup de travail…), en dehors d’autres Québecois comme Guillaume Coutu-Dumont, Stephen Beaupré et Knowing Looks, ou de l’indétrônable parisien Ark.
C’est donc très plaisant de retrouver ce son à la fois fun et sophistiqué, qui n’oublie jamais d’être funky grâce à des lignes de basse proprement énormes – celle de "Bos Indicus" ressemble presque à du Larry Levan. Les morceaux qui me plaisent le plus sont les plus jazzy, ceux qui contiennent le plus d’éléments acoustiques et les samples les plus longs, comme le fabuleux "You Like Red Beans ! (We Go Together)", traversé par de magnifiques saillies de guitare slide bluesy. Guitare que l’on retrouve sur le tout aussi bon "T’es Con, T’es Content", sorte de swing manouche technoïde, comme si les Triplettes de Belleville étaient télétransportées à Detroit – d’ailleurs les pionniers de la techno Kevin Saunderson, Juan Atkins et Derrick May n’étaient-ils pas surnommés les "Belleville Three", en référence à leur ville d’origine ?C’est vrai que la pochette, réalisée par Zupton, a un côté un peu écœurant, mais elle correspond bien au caractère humoristique et ludique d’un disque truffé de bruitages de cartoons et qui se clôt sur un remix épique de musique de camion à glaces, logiquement nommé : "Chocolate, Strawberry, Peach, Vanilla, Banana, Pistachio, Peppermint, Lemon, Orange, Butterscotch, Ice Cream Cone" (!). En tout cas on ne peut pas accuser Marc Leclair de se prendre trop au sérieux.
En bref : Marc Leclair réendosse son plus célèbre avatar pour revenir aux fondements de son esthétique : une micro-house complexe et groovy à base de collage de samples frénétique et de basslines phénoménales. Avec en prime un soupçon de blues et une touche de swing déluré.

A lire aussi : Horror Inc. – Aurore (2010)
Acheter Battlestar Galacticlown chez l'International Records
Des extraits, en attendant mieux :
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06 avril 2012
Pepe Bradock - Imbroglios Part 1 (2012)
A chaque fois c’est pareil, dès qu’on annonce un nouveau Pépé Bradock, je suis excité comme un gosse et je n’ai qu’une idée en tête, me rendre chez mon disquaire et acheter la chose, sans même l’écouter. Cette confiance aveugle n’ayant jamais été déçue, je n’ai aucune raison de changer de méthode. En 16 ans, depuis son premier EP avec Ark, je crois bien que Julien Auger n’a jamais sorti quelque chose de mauvais, ni même de médiocre ou de moyen. Dans une indépendance farouche et avec une élégante discrétion (surtout ces dernières années), il a construit l’une des œuvres les plus cohérentes et originales de la musique house. Enormément de DJs le citent comme l’une de leurs principales influences, et pas seulement en France. Bref. Le nouveau Pépé est arrivé et, ô joie, c’est le premier volume d’une série de 4 EPs à paraître, comme d’hab’, sur son propre label, Atavisme. Le macaron est agrémenté de cette note énigmatique : « Opération Veaux Carnivores : Original Motion Picture : Pépé Bradock’s Remixes »…Les quatre nouveaux titres correspondent bien aux canons habituels de Bradock : totalement hors-format, ils débordent d’idées, d’humour, de changements de rythme et d’événements parasites. "Katoucha ?" est comme une suite de "Path of Most Resistance" (2009), c’est-à-dire un hymne house musclé à gros clap porté par de belles harmonies de synthé et bourré de petites saillies oniriques et jazzy, avec un léger arrière-goût de Todd Edwards. "12Turn13" est le nom d’un club de Brooklyn, mais le titre lorgne davantage vers une techno dark façon Detroit, sur laquelle vient se poser une ribambelle de micro-samples tous plus intrigants les uns que les autres.
"Inconsequent Pussy" et "Attaque de Boulangerie" présentent une autre facette du producteur, qui a toujours eu un sérieux penchant pour la musique expérimentale. La première donne une idée de ce que pourrait donner une collaboration entre Moodymann et Pierre Henry : piano soulful, beat housey en sourdine, ronronnements de chat, avalanche de sons concrets aigus et dérangeants… Complètement dingue. "Attaque de Boulangerie" est au moins aussi étrange, mais dans une veine plus ambient et hypnotisante. C’est une sorte de musique de film noir déviante, dont tous les éléments semblent flotter, jusqu’à l’arrivée d’un beat qui, au lieu de se développer comme on pourrait s’y attendre, s’évanouit au bout de quelques secondes seulement. Le constat est sans appel : encore un sans-faute du Pépé.
En bref : premier épisode d’une série de 4 EPs, le nouveau Pépé Bradock est évidemment une bombe de house loufoque et d’expérimentations jazzy et concrètes. Inégalable.

A lire aussi : Pepe Bradock - Confiote de Bits / A Remix Collection et Swimsuit Issue 1789 (2009)
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Publié par Dave 1 commentaires
Catégories : Chroniques, Electro, Electronica, Experimental, House, Maxi/EP
29 février 2012
I:Cube - Cubo Edits (2012)
Neuf ans après 3, l’un des musiciens électroniques français les plus exigeants et intéressants s’apprête à sortir un nouvel album, malicieusement intitulé Megamix. A en juger par la qualité de ses prods récentes, la galette s’annonce dantesque. Outre ses travaux sous le nom de Château Flight avec son comparse de toujours, Gilb’R, il y avait eu, en 2010, le Mérovingienne EP, et, en fin d'année dernière, l’excellent Lucifer en Discothèque. Cette fois-ci, I:Cube revient avec un carré de morceaux plus vintage et ludiques pour le septième épisode des Edits du Golem, série française bien connue des amateurs d’edits disco. Ceux qui avaient entendu son superbe mix Autoroute du Soleil connaissent déjà le premier titre de l’EP, "Hnt", une merveille de house lente aux forts accents new-wave. Il s’agit d’une relecture de "Hunting", de New Musik, un groupe britannique du début des années 80. I:Cube y apporte quelques légères retouches et le dépouille presque de ses voix pour un résultat splendide. "A Bicyclette", qui dure seulement deux minutes, est une sorte de version dub très marrante du mémorable tube de Jackie Quartz, "Juste une mise au point"…
La face B est plus ouvertement dancefloor, à commencer par "Piano In Paradiso" qui, comme son titre le laisse présager, est une sorte d’hymne piano-house complètement euphorique, bien ancré dans les eighties. Une bombe en bonne et due forme, dont le sample principal provient d'un obscur morceau euro-dance de Nikita Warren. "You Dance So Well" clôt cette collection sans faille avec un étrange groove disco agrémenté d’un chant en allemand qui fait fortement penser au stupide "Da Da Da" de TRIO. Comme d’habitude avec I:Cube, alias Nicolas Chaix, il s’agit d’autre chose qu’un simple et énième EP de nu disco au kilomètre. A une époque où beaucoup d’apprentis producteurs se sont engouffrés dans cette brèche et envahissent le marché avec des disques faciles et inintéressants, tous calqués sur le même modèle, des sorties comme celle-ci sont d’autant plus précieuses.
En bref : en attendant l’album, 4 edits ludiques et magnifiquement produits par le maître I:Cube, oscillant entre disco, new-wave, house et variète des années 80.

Le site des Edits du Golem
Le Soundcloud d'I:Cube
La face B est plus ouvertement dancefloor, à commencer par "Piano In Paradiso" qui, comme son titre le laisse présager, est une sorte d’hymne piano-house complètement euphorique, bien ancré dans les eighties. Une bombe en bonne et due forme, dont le sample principal provient d'un obscur morceau euro-dance de Nikita Warren. "You Dance So Well" clôt cette collection sans faille avec un étrange groove disco agrémenté d’un chant en allemand qui fait fortement penser au stupide "Da Da Da" de TRIO. Comme d’habitude avec I:Cube, alias Nicolas Chaix, il s’agit d’autre chose qu’un simple et énième EP de nu disco au kilomètre. A une époque où beaucoup d’apprentis producteurs se sont engouffrés dans cette brèche et envahissent le marché avec des disques faciles et inintéressants, tous calqués sur le même modèle, des sorties comme celle-ci sont d’autant plus précieuses.
En bref : en attendant l’album, 4 edits ludiques et magnifiquement produits par le maître I:Cube, oscillant entre disco, new-wave, house et variète des années 80.

Le site des Edits du Golem
Le Soundcloud d'I:Cube
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01 décembre 2011
Floating Points - Shadows EP (2011)
Nous avions découvert ce producteur avec son énorme Vacuum EP, en 2009. Déçus par son premier live parisien quelques mois plus tard, nous avions mis cette piètre performance sur le compte de sa jeunesse. Ceci dit, le potentiel de Sam Shepherd apparaissait déjà avec évidence, ainsi que son ouverture d’esprit et sa vision élégante du groove. Depuis, le Britannique a mûri et lâché quelques beaux 12'', dans des styles très variés, de ses travaux orientés bass music sur Planet Mu ou house sur son propre label Eglo, à ses aventures plus jazzy et instrumentales sur Ninja Tune, dans un style proche du Cinematic Orchestra. Mais il n’avait pas encore sorti le disque qu’on attendait de lui, celui qui accomplirait la synthèse entre toutes ces orientations. Eh bien le voici, ce fameux disque. Shadows est l’œuvre d’un musicien au top de sa forme, sûr de son style. Très long EP qui a tout d’un album (37 minutes pour 5 titres), il confirme Floating Points comme l’un des artistes les plus intéressants à avoir émergé de Londres ces dernières années.Il n’est finalement que très peu question de house sur cet EP, bien qu’il s’articule autour d’un véritable chef-d’œuvre du genre, "ARP3", sorte de prolongement mélancolique de "Vacuum Boogie". Même lorsqu’un pied house vient délicatement se poser sur le piano de "Realise", c’est pour mieux être perverti, saccadé, et finir plus près de Burial que de Theo Parrish. Les rythmiques garage et 2-step, la basse synthétique et les nappes surpuissantes rappellent que Floating Points fait partie de la même génération que Julio Bashmore ou Joy Orbison. Mais les ressemblances s’arrêtent là, car le son de Floating Points n’est pas aussi exubérant et direct, taillé pour les clubs. Il est au contraire très intériorisé, concentré sur les détails et l’émotion. Autant au niveau de ses motifs mélodiques que de son ambiance et de sa structure, Shadows peut d’ailleurs être considéré comme un disque de jazz.
"Myrtle Avenue" et "Sais" sont clairement influencés par le son de Weather Report, du Miles Davis de Bitches Brew et par le côté organique des pianos électriques de Bob James et Herbie Hancock. La manière qu’a Shepherd d’imbriquer ses morceaux et de tenir une même couleur musicale sur l’ensemble du disque est également très jazzy (ou cinématographique si vous préférez) - c’est flagrant sur le diptyque "Realise" / "Obfuse". Tout n’est ici que délicatesse et sobriété, c’est pourquoi une écoute superficielle de Shadows peut laisser une fausse impression de platitude. Il faut faire l’effort de tendre l’oreille pour en apprécier toutes les subtilités.
En bref : jazzy, subtil, jouant astucieusement avec les codes de la house et de la bass music, Shadows est à ce jour le disque le plus abouti de Floating Points.

Floating Points sur Soundcloud et Twitter
Le site d’Eglo Records
A lire aussi : Floating Points – Vacuum EP (2009)
Floating Points - Sais from Will Hurt on Vimeo.
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Publié par Dave 2 commentaires
Catégories : Ambient, Chroniques, Dubstep, Electro, Electronica, House, Maxi/EP
08 novembre 2011
Paradis - Parfait Tirage EP (2011)
A la tête du show radio Beats In Space (diffusé en France tous les samedi soir sur Radio Campus), dont il a animé près de 600 épisodes, Tim Sweeney est une des têtes chercheuses les plus fiables de la musique électronique. Diffusant des exclus, recevant des invités plus prestigieux les uns que les autres (Andrew Weatherall, DJ Harvey, Laurent Garnier, Morgan Geist…), le DJ New Yorkais, proche du crew DFA, est devenu incontournable grâce à des sélections avisées et très éclectiques. 12 ans après sa première émission, il lance enfin son propre label et l’inaugure avec un single disponible uniquement en vinyle signé par des Parisiens totalement inconnus, Simon Mény et Pierre Rousseau, alias Paradis. Le duo, qui avait simplement envoyé sa démo à Sweeney, mixe habilement la variète pop française avec des instrus deep house élégants et veloutés. Une alliance qui pourrait paraître contre-nature sur le papier, mais qui s’avère finalement assez réussie.Les francophones s’arrêteront sans doute sur la face B, puisqu’il s’agit d’une reprise de "La Ballade de Jim" d’Alain Souchon, tube faussement édulcoré sorti en 1985, qui vire au tragique puisque Jim finit par se suicider au volant de sa Chrysler, qui échoue "dans les fougères et les nénuphars". Pas de sample ici, Paradis réinterprète la chanson avec nonchalance sur fond de synthés rêveurs et de belles basses bien rondes. L’exercice est particulièrement casse-gueule mais le morceau s’avère finalement complètement addictif. En face A, "Parfait Tirage", également chantée en français, est quand même plus cheesy, avec ses paroles un peu mièvres évoquant des souvenirs de vacances. On pense vaguement à Daft Punk époque Discovery, à Hot Chip ou aux Junior Boys, bref à toute cette mouvance dance-pop fortement influencée par le son des années 80, bien que le beat soit plus proche des productions house / nu disco actuelles, type Wolf + Lamb. En tout cas un joli petit disque, à la lisière du kitsch, que je ne me prive pas d’écouter en boucle, sans une once de culpabilité.
En bref : aussi saugrenue que soit l’idée de revisiter Alain Souchon en version house, le duo français Paradis l’a brillamment transformée avec sa "Ballade de Jim". La face A n’est pas mal non plus dans le genre dance-pop balnéaire.

Le site de Beats In Space
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Publié par Dave 4 commentaires
Catégories : Chanson, Chroniques, Disco, Electro, House, Maxi/EP, Pop, Variété
26 août 2011
Shir Khan Presents Doctor Dru & Adana Twins / Homework – Black Jukebox 01 (2011)
Plus habitué à l’électro et à la techno, avec des artistes comme Siriusmo ou Adam Sky dans ses registres, Exploited Records s’est mis au nu disco sur le tard, mais avec de grosses sorties, comme celle du délicieux Hudson Square EP de Homework, en février dernier. C’est en toute logique avec ce même duo d’Amsterdam que l’étiquette berlinoise lance Black Jukebox, un sous-label entièrement consacré au genre. Dans leur style scintillant et sexy, à la lisière de la house et du disco avec un soupçon de candeur french touch, ils livrent deux beaux edits. "Lenny", relecture d’"I Belong To You" de Lenny Kravitz, est le type même de sucrerie estivale dans lequel excellent Tom Waist et Zip Stolk : ligne de basse monstrueuse, filtres à foison, riff bien cheesy mais utilisé avec suffisamment d’élégance pour ne pas tomber dans le vulgaire. Pas besoin d’aimer le rockeur dreadlockeux pour se laisser prendre par ce track aux accents daftpunkiens.
"Love Ray" revisite le plus obscur "Got To Have Loving" du français Raymond Donnez alias Don Ray, auteur d’un unique album produit par son ami Cerrone en 1978. Moins opulente que "Lenny", c’est une plage nu disco assez conventionnelle, mais qui reste diablement efficace. Après leur très recommandable Rally Racquet Club EP, paru en juillet chez Made To Play, les jeunes hollandais continuent à monter en puissance avec ces deux titres qui justifieraient à eux seuls l’achat de l’EP. Mais voilà, il ne s’agit que de la face B ! De l’autre côté, le label de Shir Khan donne sa chance à des nouveaux venus, les Hambourgeois Doctor Dru & Adana Twins, créateurs de Jeudi Records et résidents du club Baalsaal à Berlin.
Et ils volent carrément la vedette à Homework avec deux petits bijoux : "Juicy" et "Supreme". Le premier s’empare du déjà succulent "Juicy Fruit" de Mtume (revisité par Biggie en 1994) pour un lifting slow-disco qui combine congas et kick house tout en jouant avec de courts extraits vocaux de l’original. Le second, au moins aussi bon, utilise le piano d’un titre de Malcolm McLaren sur un beat house également assez lent et agrémenté de synthés deep - l’ambiance peut faire penser à Tensnake ou à Tiger & Woods. La cerise sur le gâteau, c’est la voix du MC qui retentit en fin de morceau et entonne un couplet bien old-school qui met inévitablement le sourire aux lèvres. Pour sa première sortie, Black Jukebox réalise un sans-faute et s'installe d'emblée dans la liste des labels à surveiller de près dans les mois qui viennent.
A noter que les titres de Homework ne sont disponibles que sur la version vinyle éditée à 500 exemplaires.
En bref : le duo Homework continue sur la lancée de ses impeccables derniers EP, mais se fait voler la vedette par les newcomers Doctor Dru & Adana Twins. En tout cas une belle collection d’edits, qui téléporte Lenny Kravitz ou Malcolm McLaren entre disco et deep house.
Doctor Dru & Adana Twins - Supreme.mp3
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Shir Khan presents Black Jukebox 01 by Adana Twins
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