18 mars 2009

Erik Truffaz & Murcof - Mexico (2009)

Le trompettiste Erik Truffaz n'est plus de ceux que l'on présente. Souvent qualifié d'épigone de Miles Davis, le Français d'origine suisse a acquis, depuis ses débuts en quartet dans les années 90, une renommée planétaire d'expérimentateur jazz avisé, piochant tour à tour dans des influences aussi diverses que la drum and bass, le rap ou le rock



Le Mexicain Fernando Corona, alias Murcof, reste quant à lui beaucoup plus méconnu, réservé pour l'heure à une fine caste d'amateurs de grands espaces et d'electronica cosmique. Inégalable créateur d'ambiances et de territoires musicaux mutants, le natif de Tijuana oeuvre à l'abri des projecteurs et explore, inlassablement, les abîmes vaporeux de la musique électronique, à la rencontre de l'ambient et de la drum and bass. Sans conteste, les seuls titres de ses albums donnent un clair aperçu de son univers : Martes (2002), Utopia (2004), Remembranza (2005) et enfin Cosmos (2007), autant de galettes propices à l'élévation et à l'évasion, toutes mises en orbite par le label d'electronica britannique Leaf.


Je ne vous ferai pas un dessin pour vous faire comprendre que la rencontre de ces deux hommes d'exceptions, sur disque, s'avérait donc hautement alléchante et excitante. Pour être tout à fait exact, de rencontre il n'y en eu pas réellement pour ce Mexico, produit par Blue Note et bâti au gré d'une correspondance sonore transatlantique entre les deux artistes. Cette méthode aurait certainement pu nuire à l'homogénéité de l'ensemble mais que nenni. Le résultat final est d'une fluidité et d'une limpidité éclatantes, les inspirations des deux hommes fusionnant à merveille.


On retrouve de façon évidente la griffe de Murcof dans l'art délicat d'agrémenter avec goût de longues plages ambiantes – le disque ne contient que trois morceaux, respectivement de 8 minutes et demie, 11 minutes et 7 minutes trente – à base d'échantillonnages de sons concrets, dans la veine du glitch des années 90 (Achim Szepanski, Telefon Tel Aviv...), de nappes erratiques et de pointes electronica impressionnistes. Tantôt planantes, tantôt transies par quelques effusions de basses, les tapisseries musicales aériennes du Mexicain offre un terrain de jeu parfait aux variations de trompette d'Erik Truffaz. Le bonhomme ne se prive pas d'un plaisir facile et sculpte de son instrument de fines lignes mélodiques intermittentes, feutrées et jazzy.


Il est totalement impossible d'isoler un des trois morceaux présents sur Mexico – parjure – tant le disque fait oeuvre. On se laisse simplement errer dans ses paysages arides et on regrette que cette balade du nulle part ne s'arrête si vite. Enfin, respectueusement, on remercie les deux hommes pour l'ensemble de leur travail.


En bref : Fils spirituels de Luigi Rossolo, travellers du canapé ou simples amateurs d'electro-ambient, ne manquez pas la rencontre de ces deux grands expérimentateurs éclairés. Vous ne serez pas déçu par ce voyage en terres inconnues, désorientant, planant et chaud à la fois.




Les myspace d'Erik Truffaz et de Murcof.

Les sites web d'Erik Truffaz et de Murcof.


A lire aussi : rubrique Ambient


Murcof, Erik Truffaz et Talvin Singh, le joueur de tabla indo-anglais, lors du Montreux Jazz Festival de 2006 pour une reprise de “Rios”, extraite de l'album de Murcof Remembranza :




Le succulent - et le mot est faible - titre “Mir”, extrait de l'album Martes de Murcof :


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26 janvier 2009

The Orb - U.F.Orb (1992)

Trouvé dans l’un des bacs des bonnes affaires de la Fnac, l’album éclatait comme une petite tache entre les rangées de compilations lounge. Comme il n’est plus aussi facile de tomber sur une telle opportunité, l’objet s’est rapidement trouvé en ma possession. Une trouvaille qui s’inscrit naturellement dans la série commencée par Nickx et Dave avec leurs chroniques des Ballistic Brothers et Black Science Orchestra. L'équipage aux commandes de cet objet volant non identifié est constitué de la figure principale de ce projet, Dr. Alex Paterson, et de son coéquipier de voyage Chris Watson (AKA "Trash"). Trip spatial, odyssée futuriste, dans les dimensions du chill out et de l’ambient, le disque atteint la première place des charts anglais à sa sortie.

Alors que le projet coûteux du tourisme spatial est en phase d’être réalisé, dès la fin des années 80, The Orb s’organisait déjà à proposer des voyages similaires pour le prix d’un disque. Né de la collaboration de Jimmy Cauty et Alex Paterson, le projet est récupéré par ce dernier qui veut éviter de passer pour le side project de KLF, l’autre groupe de Cauty dont la popularité ne cesse de grandir. Depuis, la structure de The Orb intègre périodiquement de nouveaux profils. Trash, qui succède ainsi à Kris Wetson, sera lui-même remplacé par Andy Hughes, Andy Falconer, Steve Hillage, ou Thomas Fehlman, l’autre pilier de cette formation à géométrie variable et fondateur du label allemand Teutonic Beats. On le retrouve d’ailleurs sur la première composition de l’album. Dérivées de l’acid house, leurs productions s’inspirent des canons rock et électronique progressif des années 70-80 (Pink Floyd, Tangerine Dream, Kraftwerk,…), et de Brian Eno, qui exerce une forte influence sur Paterson. Ils font un tabac dans les salles de chill out des clubs londoniens et les journalistes s’étonnent de voir un album de rock progressif créer autant d’engouement autour de lui.

Pourtant, de rock progressif, il n’en conserve que l’essence. Peu de traces d’instruments mais des tables de mixage et des sons directement empruntés aux données de la Nasa, après l’accord de l’agence. L’ingénieur du son Watson, met ses capacités techniques à l’élaboration d’un son panoramique, censé représenter le voyage dans l’espace. "O.O.B.E." inaugure le périple stellaire au son de nappes atmosphériques. Décollage, et immersion progressive. Le morceau éponyme "U.F.Orb" rappelle que l’ambient se décline aussi bien en version techno/house de dancefloor, certes tardive, mais parsemée de trouvailles hallucinatoires, comme ce vrombissement de pales d’hélicoptère. Le bizarre, la vie alien, extraterrestre, sont autant de sujets de préoccupations. Le single, "Blue Room", s'inscrit en référence à la prétendue chambre bleue de la base militaire de Wright-Patterson, qui serait censée cacher la preuve d’une vie extraterrestre. Aventure d’une quarantaine de minutes dans sa version originale, elle apparaît réduite à 17mn, néanmoins magistrales au regard de la qualité de ses effets hypnotiques.

Alliage de rythmes drum and bass, du velours des claviers et de l’ondulation des lignes de synthés, The Orb multiplie suffisamment ses matériaux ce qui écarte toute sensation de déjà-vu. Endurance et maîtrise du souffle sont des qualités maîtrisées par le duo. Alors que "Towers Of Dub" laisse place à un dub bourdonnant où se détachent les improvisations d’un harmonica qui semble répondre aux aboiements de chiens pendant plus d’un quart d’heure, "Close Encounters" et "Majestic" ne descendent pas en dessous de la barre des 10mn. Techno vrillée et corrosive pour le premier, le deuxième track file comme une comète qui traîne derrière elle une longue chevelure de gaz synthétique et une queue formée de poussières de sonorités pétillantes. Totalement futuriste, l’album est doté d’un artwork réalisé par le groupe de graphistes The Designer Republic, notamment réputé pour ses pochettes effectuées pour le label d’electronica anglais Warp.

En bref : Cette relique figée hors du temps, inclassable, témoigne de l’incroyable richesse des compositions électroniques de ce début des années 90’, entre excursion audio-visuelle et délire cosmique. Un voyage cérébral.



Le site et le MySpace du groupe.

"U.F.Orb"


"Blue Room" (dans une version réduite de 3mn)



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10 décembre 2008

Dubstep 2 Breakcore Party - Vendredi 12/12/08, MAC de Bordeaux

Sortons pour une fois de nos habitudes et donnons à l’association Bass Administratorz la lumière qu’elle mérite. Spécialiste des scènes alternatives et undergrounds souffrant d’un manque de visibilité, l’association organise en cette fin de semaine à la Maison des Activités Culturelles en plein cœur du campus bordelais une soirée électronique évolutive autour de deux genres musicaux assez méconnus, le dubstep et le breakcore.
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Originaire du sud de Londres, le dubstep est déjà une mutation du speed garage et du 2 step. Ca ne vous avance pas plus ? Disons que ce sont des ambiances urbaines et futuristes aux basses denses et langoureuses. Pour le breakcore, le rythme est déjà bien plus élevé et fait de mélanges de genres, de ruptures, de références et parfois même de dérision. Tout un programme.
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Du côté des artistes vous aurez droit à Krumble un destructeur rythmique adepte du synthé et du hardware, Kigma jonglant avec les genres avec puissance et finesse, Dext.R membre actif de la scène électro alternative bordelaise, et enfin Claustrophone parisien au beat ultra rapide emprunt d’amen break. Soirée découverte et ouverture musicale en perspective.
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MAC de Bordeaux / Vendredi 12 décembre 2008 / 22h / 5€
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©Crédit photo Céline Eyquem

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09 septembre 2008

Incredible Bongo Band - Bongo rock (1973)

Drôle de réédition qui pointe le bout de son nez ces jours-ci, l'Incredible Bongo Band de Michaël Viner et Perry Botkin Jr, duo de trentenaires en 1972 dont on a forcément un peu oublié les noms mais dont les notes continuent de hanter tous les Djs de la planète. A l'origine engagés pour livrer la BO d'un film de série B, les deux lascars font d'une pierre deux coups et développent un style inimitable de percussions primaires et psychées, en continuité du travail déjà bien amorcé par Fela Kuti mais sur un esprit bien plus club. Leurs reprises instrumentales pop sont fulgurantes et bientôt l'arbre "Apache" cachera la forêt.

Car c'est bien ce titre, repris au Shadows, lui même repris à Jerry Lordan, qui donne à cet afro beat toute sa grandeur. Difficile de trouver notes plus familières, les percus roulent toute seule, les cuivres et les orgues Hammond se répondent sur un rythme surf des plus entraînants. Et ce n'est pas un hasard si toute la population hip hop de ces trente dernières années s'est approprié le titre. La liste est longue : Sugar Hill Band, Richi Rich, Clive Campbell, Will Smith, Jurassic 5, Run DMC, Beastie Boys, j'en passe et des meilleurs, jusqu'au plus anecdotique générique de feu Tout le monde en parle. Très vite, les B-Boys et les B-Girls improvisent et posent leur flow entre deux morceaux: le break beat est né, le hip hop avec.

Passé ce titre, les covers de hits rock font leur petit effet, que ce soit "Satisfaction" ou "In a gadda da vida" d' Iron Butterfly avec un solo de peaux tendues à tomber à la renverse. Les guitares surf sixties sont elles aussi à l'honneur sur "Let there be drums" ce qui a pour irrémédiable effet de faire dodeliner la tête d'avant en arrière d'un bout à l'autre du disque. On dit même que John Lennon et Ringo Starr themselves auraient participé à l'enregistrement de cet objet qui mine de rien occupe une place privilégiée dans l'histoire de la musique jazz, funk ou tout simplement black. Au final cet obscur combo de studio signa cette année là un disque nécessaire, encore diablement efficace plus de trente ans plus tard.

En bref : Mené tambours battants sur des thèmes funky très "Bondiens", Bongo rock est une pièce de choix dans l'histoire de la musique noire.

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"Let there be drums" :



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24 août 2008

Dieter Schöön's - Lablaza (2008)

Surprise complètement inattendue prévue dans nos contrées pour octobre prochain, le suédois Dieter Schöön -déjà bien connu chez lui- débarque avec un premier album plutôt brillant, multi influencé et surtout diablement subversif. Avec un nom digne de figurer dans une chronique d'Emmanuel, Dieter a fait vraissemblablement appel à une production phénoménale emmenée par le label Headspin, suédois lui aussi. de quoi agencer un savant fourre tout, entre pop expérimentale et electronica décomplexée, proche des élucubrations des Earlies, Hot Chip et autres Radiohead. Les parties les plus mélancoliques autorisant même la comparaison avec le Mutations de notre ami Beck.

Dès l'ouverture, sur "Manuel", on flirte avec la bidouille d'Animal Collective et la folie du feu Beta Band. On sent que ça ne va pas être si simple que ça à chroniquer, finalement. Surtout quand le sublime "Mary Jane" commence, comme le meilleur de The Coral, qui par une lente incursion de sonorités, se transformerait en un dub maîtrisé du plus bel effet. On nage en plein mariage arrangé. C'est déjà l'un des sommets du disque. Plus ludique, "Warm Hearts" évoque irrémédiablement l'esprit du Panda Bear de Person Pitch, et arrêtez moi si je me trompe, se termine en une instru très proche du récent générique de l'Ile de la tentaion (sic).
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C'est la grande force de cet album, sauter du coq à l'âne en gardant une logique. Car dès "The Harbour's cold", le rythme se libère, devient plus rapide, et garde un pied dans la mélodie sans jamais sacrifier aux facilités drum'n bass. Et alors que l'on se prépare à décoller, "Soft and slow" est comme son nom l'indique, soft and slow. Une ballade donc, bien mieux réussi que le trop simple "Everyone must leave". D'autres titres continuent d'osciller entre le Archive de Londinium et le délire tribal d'Animal Collective. Dernière originalité du disque, "Jethead" qui donne l'occasion aux Beatles de revivre en 2008 dans un délire rave inattendu.

Fortement imbibé d'opium, d'acide et de gaz hilarant, ce premier album est une réelle réussite là où on ne l'attendait pas, qui pourrait si l'on y met du notre, venir faire concurrence à ses frères américains et anglais. C'est tout le mal que je lui souhaite.

En bref : Un suédois se joue des références opiacées sur un premier album complet.


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Le Myspace (pour écouter "Mary Jane", svp)

A lire aussi : Panda Bear - Person Pitch (2007)
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28 juin 2008

4 Hero - Two Pages (1998)

A l'origine de ce copieux projet, les deux DJ membres de 4 Hero, Dego McFarlane et Mark Mac Clair ont déjà oeuvré sous de nombreux pseudos associés au breakbeat avant de lancer leur groupe à géométrie variable ; Tom And Jerry étant leur première mouture.
Survenant 3 ans après Parallel Universe qui déjà mettait une grosse claque à tous les amateurs de drum and bass et de soul endiablée, Two Pages comme son nom l'indique, est un dyptique qui à la façon du Speakerboxx /The Love Below de OutKast, propose en deux volets les explorations soniques les plus représentatives de 4 Hero.

La première colossale fournée se veut tant sexy lounge que soul acid jazz la plus soyeuse, avec au micro des chanteuses au swing et au feeling aussi délicieux que Ursula Rucker ou Carol Crosby et d'autres intervenants. Quand ce ne sont pas de redoutables instrumentaux à l'élasticité rythmique qui sont proposés ("Loveless", "Star Chasers","Escape That", "Golden Age of Life", "The Action", Third Stream"...). Dans un premier temps, arrangements cordes et cuivres du meilleur effet sur des rythmiques trépidantes basées essentiellement sur des contrebasses et des batteries frénétiques. Tout de velours. Il est à noter le clin d'oeil au third stream, courant oecuménique ayant sévi à la fin des années 50, sorte de guerre entre Anciens et Modernes et pour lesquels partisans du jazz le plus intransigeant et amoureux de la musique classique s'entre-déchiraient. Où virulence et aspérités auditives s'opposaient à une ligne mélodique soyeuse. Point de guerre de clocher sur Two Pages mais assurément une luxuriance musicale et une musicalité alliée à  une joliesse harmonique affirmée.
Le second volet s'adresse davantage aux fans de jungle, à ceux qui ne s'effraient pas des stridences sonores du duo. Au menu ? Infrabasses, crissements, échos, rythmiques spasmodiques, bref une brutale redescente eu égard au confort luxuriant initial. Un morceau emblématique vampirise le reste de l'exercice, le redoutable "We Who Are Not As Others" mais il faudrait citer aussi les nappes de "Pegasus 51", ainsi que "Humans", "In The Shadows". 
Ce très grand disque est un condensé de ce que la musique noire a donné de plus soul et de plus groovy au siècle dernier ainsi qu'un résumé de l'odyssée jungle qui hélas n'épargne pas l'immolation des disques de Goldie. A l'image de certains standards de jazz et de soul dont il revendique les influences Les 4 Hero même si peu prolifiques, sévissent ou ont sévi de manière sporadique : Creating Patterns (2001), Playing With The Changes (2007), des albums de remixes ci et là/

Two Pages demeure ce crossover entre sonorités complexes de la musique électronique et une ouverture aux sons les plus chill de l'easy listening. : mille-feuilles salvateur mais jamais indigeste. Un must have y compris pour les plus rétifs au genre.

En bref : le disque d'acid-jazz soul breakbeat à posséder. Pas moins.



_ A lire aussi : Goldie - Timeless
Ci-dessous, une prestation live de "Star Chasers".

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14 octobre 2007

Squarepusher - Big Loada Ep (1997)

Impossible de continuer à chroniquer Electronica sans dire un mot de ce mastodonte anglais de 32 ans. Le bonhomme se promène dans la jungle des styles et des sons avec une aisance déconcertante à la basse et à la batterie. Il navigue plusieurs courants, alternant les rives électronique et jazz, remontant les eaux chaudes de l'IDM (Intelligent Dance Music) et du ragga. L'homme aux multiples alias - il officie aussi bien sous le pseudonyme de Duke Of Harringay que Tom Jenkinson, son vrai nom - mène sa barque depuis ses débuts aux cotés d'Aphex Twin et LFO sur l'excellent label Warp Records . Il faut dire que les 2 énergumènes se ressemblent. Tous les deux attaquent les sons et ne les ménagent pas. Squarepusher, à l'instar de son homologue français, jongle avec les beats énergiques et découpés et les morceaux mélodiques de basses ou de piano.

Big Loada n'est certes pas son EP le plus connu et le plus représentatif (Squarepusher s'est quelque peu rangé ces derniers temps, en laissant apparaître son image de bassiste au premier plan -- dernier concert en date à la villette cet été) mais rassemble tous les styles et méthodes du capitaine. A l'abordage!! (version Warp Records)
  1. A Journey To Reedham (7.am mix) (6:35)
  2. Full Rinse (2:26) featuring - MC Twin Tub
  3. Massif (Stay Strong) (6:27)
  4. Come On My Selector (3:24)
  5. The Body Builder (Dressing Gown Mix) (3:01)
  6. Tequila Fish (6:08)
  7. Jacques Mal Chance (Il N'a Pas De Chance) (0:48)

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29 mars 2007

Aphex Twin - Windowlicker (1999)

Mais qui se cache donc derrière ce nom bizarre? Vous le savez peut-être déja, il s'agit d'un jeune irlandais né Richard D. James en 1971.
Il officie depuis une bonne et grasse dizaine d'année (ouais d'accord une quizaine) en tant que DJ et compositeur de musique électronique en marge des sons commerciaux. L'homme est complexe (il alterne les surnoms) et sa musique aussi. Il sublime la technique (il parcourt le monde pour acheter de vieux synthés, les bricole et les customize!!) allant jusqu'à travailler les sons bruts directement sur leur fréquence, comme un ébeniste ferait avec des essences de bois. Il crée toutes les jaquettes de ses releases et se plaît à modifier des photos de bimbos en remplaçant leur tête par la sienne.

Sa spécialité? Toutes: drum'n'bass, acid techno, ambient (Selected Ambient Work 85-92). Son son? Celui-ci par exemple: Windowlicker, titre éponyme du single (3 titres) qui le consacre en 1999.
Ou encore celui-la: Nannou (qu'il dédit à sa future ex-petite amie française que l'on peut entendre souffler "j'aime donner des croquettes au chien" dans Windowlicker.
Un son métallique, avec un usage exhaustif de la distorsion, la récupération de sons de jouets...Bien que Windowlicker, dans les bacs en 1999, atteigne le top 20 en UK, le son d'Aphex Twin reste difficile à écouter et apprécier. A vous de voir, comme toujours...
Pour tous ceux qui sont intéressés, il faut savoir que Windowlicker fut produit sous l'excellent label WARP auquel adhérent des artistes comme Laurent Garnier, Nightmares on Wax, Squarepushers...
Pas la peine de s'attarder sur une description finie et limitée d'une musique qui, elle, ne semble pas l'être.

Sur suggestion du maestro Dave:

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05 mars 2007

Goldie - Timeless

A la conquête de l'ouest...

Pour tous ceux qui se sont déja penchés sur l'histoire de la jungle et de la drum'n'bass, le nom vous est probablement familier. Pour les autres, il convient de présenter le Monsieur.

Goldie, de son vrai nom Clufford Joseph Price, est un artiste à multiples facettes. Il est d'abord graffeur (80s'), puis participe à des projets musicaux avant de monter son propre label, Metalheadz, un pionnier dans le domaine de la drum'n'bass.

A ses heures perdues, l'homme aux dreads blondes couleur or (coupées depuis!) sévit comme acteur, apparaissant ainsi aux cotés de Pierce Brosman dans The world is not enough et dans Snatch.

L'artiste est reconnu par ses pairs pour ses talent musicaux et picturaux. On retrouve parmi les fans les non pas moins célèbres David Bowie, aux gouts ecclectiques (Bowie appréciait aussi Kraftwerk, c'est dire!!) et Noel Gallagher.

Mais l'album, Timeless. Sans temps ou plutôt éternel. Enfin, tout au moins Timeless.
Le disque s'ouvre sur un magnifique track de 21 minutes: Inner City Life aux manifestations sonores contrastées. Sur un rythme lancinant, Goldie calque quelques voix féminines, des sons excentriques comme le crecellement d'un serpent à sonnette...Mais c'est le rythme, cassé, cassant, alternant les ambiances détendues et stratosphérique où l'impression de vide spatial vous emporte le temps d'un instant, le temps d'une chanson.

Saint Angel est un morceau typique de drum'n'bass speed, avec un claqué des caisses claires soutenues et entrainant. L'album s'étoffe avec le très jazzy State of Mind, chanté et succulent. Dans les morceaux qui suivent et jusqu'à l'extase provoquée par Sensual, Goldie semble caresser un style classique de drum'n'bass mais il faut bien se rendre compte de la relative nouveauté du genre pour l'époque.

En effet, le temps s'arrête agréablement avec Sensual, sorte de venin sonore hypnotique qui vous clouera au siège alors que vos jambes vibrent pour vous.

Sorti en 1995, cet album sera suivi par Ring of Saturn puis Saturnzreturn et enfin Sine Tempus l'année dernière, après une période de creux de 7 ans.

Aux grands desespoirs de nos lecteurs curieux et assidus, aucun lien sur radioblog mais en s'aventurant plus avant sur les torrents, vous avez quelques chances de le rencontrer.

Le Myspace

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A lire aussi : Aphew Twin - Windowlicker (1999)
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01 mars 2007

Yosh - Big Trouble (2005)

Voilà un petit groupe que j’ai découvert en 2006 lors de la quatrième édition du Télérama Dub Festival au Glazart (Paris). Un excellent festoche, un peu cher, mais à la programmation surprenante et toujours très complémentaire. Entre autres cette année là, Adrian Sherwood, Twilight Circus ou Nucleus Roots.
Yosh faisait, après Masaladosa, la première partie d’un énorme live des toujours très professionnels Kaly Live Dub et d’Erik Truffaz trompettiste français du label Blue Note. Il faudrait d’ailleurs faire un article entier sur ce live dément !
Mais revenons à ce jeune groupe venu de l’ouest de la France. Formé à Rennes en 2002 par Manu Léonard et Renaud L’espagnol, Yosh est accompagné sur scène de Vincent Buré, ingénieur son, et des réalisations vidéos de VJ Romain Tanguy projetées sur écran géant à l’arrière de la scène.
Ils ont sorti leur premier maxi 45 tours en novembre 2004. Ce vinyle comportait trois titres repris sur l’album 4 titres sorti en mars de la même année. En 2005 c’est enfin le premier album « Big Trouble », sur le label rennais Foutadawa Prod qui produit également Percubaba. Ce premier opus de 14 titres, très variés, mixe, pendant environ une heure, dub, jungle, punk et bien sur drum’n bass.
A gros coups de beatboxes, de samples mais aussi de bonnes basses, Yosh délivre un album, dynamique et volontaire. « Big Trouble » est presque entièrement électronique. Il y a bien sûr les riffs de guitare électrique de Renaud, mais ici beaucoup de vibrations, d’échos et de rythmes drum n’ bass servis par Manu et ses machines maléfiques. Jeunesse oblige, ça part dans tous les sens, même si le tempo rapide sert de structure au disque. Notre plaisir n’est pas boudé devant les gros sons de dub n’ bass et lourds enchaînements comme sur « Sub and Dub » et « Brick War ». Le titre « Salaam » (et un featuring de Youssef El Medjad, joueur d’oud) cultive le style ethnique et plus orientalisant. A noter aussi un hommage sympathique à Gainsbarre sur « Enfant de P… tain » (« c’est beau un super U la nuit »), le tout teinté de messages anti Bush.
« Big Trouble » amène un peu de nouveauté «drum n’bass » et de vivacité dans le paysage dub français. C’est surtout un pari réussi pour les membres de Yosh qui avec leur démarche militante devrait bientôt refaire parler d’eux.




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