Lire la suite
08 mars 2024
Tricky - Olympia (Paris) 06/03/24
Lire la suite
07 juillet 2023
Daddylonglegs - Horse (1999)
Lire la suite
26 février 2016
Interview - Alloysious Massaquoi, Young Fathers (2016)
![]() |
| Vanité es-tu là ? © Pauline Alioua |
Lire la suite
28 octobre 2014
Shabazz Palaces - Marché Gare (Lyon) - 24/10/2014
Lire la suite
20 mai 2014
Young Fathers - Dead (2014)
Lire la suite
13 mars 2014
Issue - Liquid Wisdom (2014)
Lire la suite
16 janvier 2014
Cuthead - Everlasting Sunday (2013)
Lire la suite
26 juin 2012
Liars - Wixiw (2012)
Lire la suite
01 décembre 2010
Tricky - Concert au Rocher de Palmer de Bordeaux le 27/11/10
Bon, déjà, le concert commence à l’heure. A priori ça n’a pas toujours été le cas dans la carrière d’Adrian Thaws de son vrai nom. Deuxième constat sans importance : exit les dreads au profit d’un crâne tout chauve et luisant. Soit. Assagi le Tricky ? Peut-être. C’est en tout cas ce que l’on pourrait penser à l’écoute de ses deux derniers albums, dont le très court Mixed Race sorti cette année. Comme à son habitude, il passe une bonne moitié du concert dos au public à fumer des pétards (certainement ce qui a du en énerver certains) et c’est le plus souvent sa chanteuse italienne Francesca Belmont qui s’occupe de pousser la voix (fort belle d’ailleurs).
Sans aucun mot pour le public, Tricky compense finalement ses limites vocales par une présence scénique inexplicable. Stigmatisé par une vie d’artiste que l’on imagine mouvementée, le bonhomme semble imprévisible et prêt à péter un plomb à chaque instant. Mais non. Le set se déroule de manière cadrée, le son est excellent (une constante à Palmer), Tricky use et abuse de son micro à échos, et le backing band bien que peu expressif fait le taf. Tout comme Nickx l’avait vécu à l’Espace Julienne à Marseille, nous avons eu droit à une reprise débridée du "Ace Of Spades" avec invasion de scène par le public. Un moment assez jouissif même si certainement très calculé. Tricky s’arrêtera finalement au bout d’une heure et demie de concert pour aller tailler la bavette au bar avec les plus résistants. Et ça c’est sympa de sa part.
Le site officiel et le Myspace
A lire aussi : Tricky - Knowle West Boy (2008)
Le tout nouveau clip de "Ghetto Stars" :
Lire la suite
29 janvier 2010
Titiyo - Hidden (2010)
Elle nous réveille par "Awakening". Un premier titre énergique introduit par une montée de samples électroniques aux allures pop et dance, synthés à bloc et enveloppant. La voix est douce. Les cordes clôturent ce crescendo en puissance.
Titiyo a su aussi bien s’entourer. Elle signe un duo avec Moto Boy, chanteur suédois au vent en poupe et qui ne quitte jamais son rouge à lèvres, "If only your bed could cry", qui ne tombe pas dans la pathétique chansonnette d’amour. Sous une ligne trip-hop, les deux voix sont bien dosées entre douleur et douceur…
"Drunken Gnome", avec le trompettiste Goran Kajfes, connu pour ses créations électro-jazz, nous transporte dans un univers nocturne, mystérieux, dans lequel la voix de Titiyo vient courir au milieu du morceau. La rythmique de guitare et les percussions envoûtantes sont colorés par de lointaines cordes. Avec en toute finesse finale, des gongs et des effets d’eau bouillonnante surprenants.
Elle reprend "Longing for Lullabies" du groupe Kleerup dans une version beaucoup plus douce, sans son côté dance original.
Il y a aussi le côté saturé, répétitif puis planant de "N.Y.". En constance, dans la variété des morceaux, on retrouve la voix apaisante de la suédoise. Une tristesse qui prend corps. Et une coupure claire et nette avec ses débuts. Tityo prend le large et offre un album aérien.
En bref : rien à voir avec le côté bling-bling du sommet de sa carrière, Titiyo a donné de sa personne et pris le temps de réaliser ce disque assez mélancolique. Neuf titres, c’est un peu court mais ça vaut le détour en prenant le temps - comme la chanteuse l’a fait - de l’écouter à plusieurs reprises.

Le myspace et le site
Lire la suite
05 juillet 2009
Ghost - Freedom of thought (2009)
Comme le disait à juste titre Dave, le hip hop britannique ne traverse pas actuellement sa période la plus faste et prospère. Et à quelques exceptions près, le versant instrumental du genre n’est guère plus épargné que sa facette rap. Aussi voit-on notre plaisir décuplé lorsque, ponctuellement, un artiste parvient à se sortir de la nasse. Ainsi en est-il du producteur et Dj londonien Ghost. Après un premier disque extrêmement bien reçu – Seldom seen often heard en 2006 – le dénommé Simon Williamson récidive avec Freedom of thought, sorti il y a quelques mois sur le label rosbeef Breakin’ bread.Avec ses plages instrumentales finement ciselées et variées, ses rap percutants aux délicieux accents brit’ et ses éclairs jazzy, Ghost ne met pas trois plombes à nous convaincre de la qualité de ses productions. Dj expérimenté et remixeur chevronné, souvent comparé à DJ Shadow ou J Dilla, le garçon a indéniablement plus d’une corde à son arc et a accumulé avec les années une bonne somme d’inspirations. Lignes de violons épiques, guitares wah wah à la coule, basses funky libineuses, arpèges de piano épurés, incursions de saxo ou de phases electronica, l’éventail est large et plutôt goûtu. Avec tout cela, il en devient difficile de distinguer un titre plutôt qu’un autre et l’on se laisse bercer par les sonorités feutrées et minutieusement sculptées du britannique, entrecoupées çà et là de titres rappés par ses camarades anglish Verb T, Finale ou Dubbledge.

Parmi les 18 titres en présence, on peut néanmoins retenir le morceau « Return journey », son vague à l’âme de piano et ses basses titanesques. La comparaison avec DJ Shadow prend ici tout son sens. En effet, les deux hommes semblent partager un même don pour tisser des ambiances abyssales et concocter de fluides mélodies sur fond de beat hip hop. L’orchestration est riche et d’une totale pureté. Ghost nous gratifie même d’un très rock et héroïque solo de guitare.
« Elevate » et sa coulée de sons digitaux féériques, peut donner une autre preuve de l’étendue du talent du garçon. Le blanc-bec Jehst s’en donne à cœur joie et fait résonner son rap british gouailleur – je ne me lasserai jamais de ce succulent accent - sur les lignes scintillantes et atmosphériques du Dj. La production est impeccable, c’est en plein dans le mille !
De nombreux titres, pour ne pas dire l’essentiel des titres, démontrent les qualités de composition du Britannique. Sans originalité démente et sans grain de folie il faut le concéder, il déroule un album plein, ambiancé et propice aux divagations, où la morgue de ses invités rappeurs le disputent à ses vapeurs musicales réglées comme des horloges.
En bref : Dans la catégorie des faiseurs de beat hip hop voilà un homme sur qui il faudra compter. Pour son deuxième album, le Londonien Ghost signe un disque dense à l’instrumentation pléthorique. Du beau boulot, à ne pas ignorer.

Le myspace de Ghost
Le site web de Breakin’ bread
A lire aussi : Speech Debelle – Speech therapy (2009)
Un mix de 30 minutes de Ghost ici.
Lire la suite
15 avril 2009
Nightmares on Wax - Smoker's Delight (1995)
Nightmares on Wax n’intéresse plus grand monde. L’évidence, c’est que George Evelyn, DJ et patron du label Mo Wax, ne s’est plus distingué de sa formule trip-hop downtempo qu’il recyclait depuis le succès commercial de Carboot Soul en 1999. Pareilles à des plaquettes de voyagiste sur papier glacé, les répliques qui avaient suivi m’avaient si bien lassé que je ne m’étais jamais donné la peine de me pencher d’avantage au sujet de l’une des plus anciennes signatures de la maison Warp. Pourtant, ce deuxième opus, aux tonalités aussi légères et aérées que lointaines et chaleureuses, n’en demeure pas moins un petit bijou chillout des années 90’.Smoker's Delight est le produit d’une longue maturation. Pour en retrouver les prémisses, il faut remonter à l’époque où NoW formait encore un duo de house bleepée avec Kevin "Wonder Boy" Harper, rencontré dans un groupe de breakdance appelé les Soul City Rockers en même temps que Unique 3, b-boys eux aussi passés du hip-hop à la rave. Sur A World Of Sience : The Final Chapter, l’unique album né de leur collaboration, Evelyn avait placé en introduction un titre composé à partir des violons du multi-samplé "Summer In The City" de Quincy Jones (The Parcyde, Black Moon…). Initialement prévu pour ce projet encore en gestation, "Nights Interlude" annonçait l’écriture d’un nouveau chapitre qui, après le départ de Harper, ne sera dévoilé que quatre années plus tard.
Il faut dire que le titre de cette première pièce solo laisse clairement supposer les conditions qui ont bénéficié à sa réalisation. Passé le morceau d’ouverture "Nights Introlude", dans une version légèrement plus habillée de la première épreuve, le break syncopé "Dreddoverboard", qui n’est pas sans rappeler les tracks acides des débuts, installe une sorte d’apesanteur sur fond d’instrus hip-hop. "Pipes Honour" avec son gimmick de guitare funk posé sur une rythmique hip-hop enlevée, offre un long développement qui semble se répéter à l’infini. Si une grande partie des morceaux se réduit à deux ou trois motifs musicaux assez simples, ils distillent un groove épuré mais toujours présent comme sur "Stars" et ses quelques notes de claviers ou sur "Groove St." et ses samples de bâillements satisfaits.
C’est dans une sorte d’esthétique de carnet de voyage qu’Evelyn s’inspire des classiques de Motown comme sur "Bless My Soul" constitué à partir du titre "Just My Soul Responding" de Smokey Robinson ou du mythique label hip-hop Sugar Hill Records avec "Cruise (Don't Stop)" qui sample discrètement les vocaux de "We Got The Funk" de Positive Force. A des lieues encore des clichés exotiques de ses futures productions, "Mission Venice" conserve le charme d’une flânerie voluptueuse, tout comme "Rise" celui, d’un lever de soleil sur une plage abandonnée. Mais l’une des plus grande réussite de cet album reste "Gambia Via Vagator Beach" et son jam de percussion survolé d’un harmonica. Et sous les effets de l’herbe du diable, le temps se sera étiré à la manière de la petite fumée.
En bref : l’album le moins commercial du DJ britannique est aussi le plus cohérent. Destiné aux amateurs de trip-hop et de soul, il est à emporter sur une île déserte.

Nights Introlude
Gambia via Vagator Beach
Groove St.
A lire aussi : Ballistic Brothers - Rude System (1997)
Lire la suite
Publié par Antoine 2 commentaires
Catégories : Acid Jazz, Afrobeat, Chroniques, Electronica, Trip hop
12 novembre 2008
Tricky - Espace Julien, Marseille (10/11/08)
Salle bourrée à bloc pour cette étape marseillaise de l'ex-enfant terrible du trip-hop anglais, désormais résident parisien, (chronique de son inauguration du Centquatre, nouveau club parisien sur le très bon blog Le Shamrock) et qui se montre ainsi particulièrement prodigue dans sa desserte des villes françaises ; ce qui n'a pas toujours été le cas.Pour le reste, après une intro "en roue libre" qui décline le "Sweet Dreams" d'Eurythmics en 12 b.p.m sur "You Don't Wanna", extrait du décevant Blowback (2001), une large place sera faite au dernier album, qui sans parler de renouveau artistique fort, marquait au moins au début de l'été, le retour à une inspiration moins en berne que sur les derniers LP's.
C'est en effet à un "Past Mistake", impressionnant et é-tiré (peut-être trop, quoique...) que le public venu en masse, assiste en début de set ; le même principe sera décliné sur le très beau "Joseph" lors du vrai-faux rappel - le concert durera un peu plus d'1h 1/2 et sera "divisé" en 2 parties - avec des échos de guitare en delay.
Si déception, il doit y avoir, ce sera uniquement sur le choix du répertoire qui ignorera les deux meilleurs albums de l'artiste : point d'extraits du brillant Juxtapose(99) ici, et le seul "Vent" rescapé de l'étouffant mais innovant Pre-Millenium Tension (96), une tendance à trop privilégier des vieilles scies de Maxinquaye (95), le debut album, bardé de singles qui n'ont pas forcément tous bien vieilli, car trop estampillés esprit Wild Bunch Bristolien.
Ainsi, les classiques, "Black Steel", "Overcome", "Pumpkin" sont exécutés au pas de charge, et offrent un troublant contraste avec les morceaux plus récents que Tricky et son band se font un plaisir de délayer ad libitum.
Notons aussi cette reprise un peu inutile du "Love Cats" des Cure, présente sur Vulnerable (2003), et cette bordélique cover du "Ace Of Spades" de Mötörhead, balancée lors d'un finale où Tricky, de manière inattendue et avec la complicité du service d'ordre, fait monter sur scène les 3,4 premiers rangs : c'est donc toute une faune sympathique et débonnaire qui fait des moulinets ; alors qu'on aurait cru ce genre d'offrande plutôt réservé au public de M.
Qu'à cela ne tienne et foin de pinaillage de fan, Tricky, assisté de sa délicieuse chanteuse italienne, dirige tout cela d'un doigt pointé, qui à son batteur, qui à son clavier, qui à sa bassiste, entre deux déchaînements gutturaux ; l'homme, on le voit prend réellement sur lui pour assurer le set. Et ne pouvant rebondir comme il l'entend du fait de sa patte folle, il fait subir les pires outrages à la grosse caisse et aux toms qui le surplombent.
Les principales réussites, résumons, sont l'interprétation des meilleurs morceaux de Knowle West Boy, qui, en dépit de ses quelques faiblesses, montre qu'il est un album qui soutient la comparaison sur scène ; pour preuve ce roboratif et destroy "Council Estate" qui clôt le concert.
A lire aussi : les chroniques de Juxtapose et de Knowle West Boy
"Past Mistake", l'un des sommets du concert
Lire la suite
06 novembre 2008
Tricky en concert à Bordeaux

Ce petit post pour vous signaler la venue de l'enfant terrible du trip hop anglais, j'ai nommé Tricky alias Adrian Thaws. Celui qui a marqué les années 90 de son empreinte est de retour après cinq ans d'absence pour nous présenter son Knowle West Boy qui sonne d'ores et déjà comme son couronnement artistique. Si vous souhaitez assister à ce retour aux sources, ça se passe ce samedi 8 novembre au Théâtre Barbey et c'est Musiques de nuit qui organise. Vous m'en direz des nouvelles.
Le Myspace de Tricky
_
Réserver sa place
_
Le clip de "Council Estate":
Lire la suite
22 septembre 2008
Sporto Kantès - 3 at last (2008)
Sporto Kantès, pour faire court, c'est un peu un faux duo. Pas réellement un groupe, simplement la collaboration ponctuelle d'amis de longue date. Nicolas Kantorowicz et Benjamin Sportès ont tous deux fait leurs armes dans la scène alternative française des années 80 et 90, l'un au sein des Wampas (je vous le confesse, je ne suis pas vraiment un grand fan), l'autre au sein des Torpedo. Flirtant ainsi avec le punk, le ska, le rockabilly et la chanson.
Convertis à l'art du séquençage et du mixage, les deux hommes se retrouvent pour le projet Sporto Kantès, juxtaposition et fusion de leurs inspirations et de leurs savoir-faires. 3 at last, comme son nom l'indique, est la troisième production de leur association, débutée en 2001. Comme lors des exercices précédents, ce nouvel album déroute par sa diversité et ses incessants changements de styles.
Dans le foisonnement de chansons incongrues et parfois surréalistes de Sporto Kantès, “Concrete”, qui ouvre le disque, fait presque figure de ballade classique avec ses flutes soyeuses, son piano feutré et ses cuivres distants et raffinés. Rien ne laisse présager ce qui suit. “Whistle”, deuxième plage de 3 at last, est la plus accrocheuse de l'album. Kantorowicz et Sportès jouent un calypso azimuté et soutenu, entrecoupé de surprenants couplets en allemand. La formule fonctionne et laisse déjà transparaitre le côté rudeboy – anachronique et nostalgique – des deux Français. Une inclinaison qui se ressent au fil de 12 titres improbables, entre trip hop, dub et chanson française.
Les ruptures sont fortes entre les différents terrains de jeu de Sporto Kantès et le disque se présente au final plus comme une collection qu'un réel album. Il demeure qu'on s'y plait à croiser de si belles influences, des studios de Kington (“Roma's life”) aux squats de Brixton (“Da rock”), via les nights-clubs de Harlem (“U are the lights”). Et se perdre quelques instants dans les brumes tissées par les deux musiciens, érudits au goûts fins et au sens de la dérision sûr.
En bref : Riche en réussites, un disque foutraque et délirant brassant les héritages. Le joyeux bordel de deux artisans talentueux de la musique française.
Le myspace de Sporto Kantès
Trois titres issus de l'album : “U are the light”, "Da rock" et “12 of july”
Le clip de “Whistle” :
Lire la suite
Publié par Fabien 0 commentaires
Catégories : Chanson, Chroniques, Dub, Electro, Pop, Punk, Rock, Trip hop
10 août 2008
Tricky - Knowle West Boy (2008)
A l'heure où sort également l'album de son ex-muse et compagne Martina Topley-Bird, Tricky opère un virage à 180° en revenant à ses racines identitaires : le garçon du Knowle West, quartier riant de Bristol.
Knowles West Boy est un album sous forme d'auberge espagnole et des plus éclectiques. Avec ses temps forts et ses faiblesses, mais d'une façon générale, ça dépote pas mal, Il s'agit d'un disque optimiste où le sieur, enfin en rupture avec ses démons et ses maux de tête, délivre une oeuvre apaisée, parfois même un peu trop soupireront certains.
Cela démarre de manière inédite avec un "Puppy Toy" joué façon piano-bar enfumé, odeur de ganja s'entend. Puis Tricky pas bégueule laisse la parole à ses invités auquel il décerne même le titre de ses chansons ("Joseph", "Veronika") ; ladite Véronika offrant d'ailleurs un mimétisme troublant avec Martina Topley-Bird, dans ses manières mutines et sexy , belle réussite quasi a capella que ce morceau qui porte son nom. Ce sont les tempos les plus rapides qui sont le plus addictifs, en tout cas qui font le plus décoller le disque ; ainsi ce titre à la gloire des H.L.M locaux ("Council Estate"), absolument trépidant, endiablé pourrait-on dire ; dans ce contexte, les morceaux plus lents font presque figure d'intrus - "Past Mistake", pourtant pas mal dans son genre.
La deuxième face convainc moins, et se révèle même par moments assez ennuyeuse ; il faut paradoxalement une cover de Kylie Minogue nommée "Slow" (ben, voyons !) pour repartir tambour battant. Le finale néanmoins, est réussi, avec un "Far Away" où l'on retrouve la verve d'antan de Tricky, ce genre de morceau nappé de claviers sous tension et que l'on affectionnait sur Maxinquaye (95) ou sur l'éreintant mais tuant Pre-Millenium Tension (96).
La mélancolique (et autobiographique comme le reste) "School Gates" termine le nouvel album sur un tapis de guitares acoustiques et de slide. A noter que "Past mistake" et "Joseph" chansons d'apparence anodine se verront sur scène transfigurées ; Tricky de livrer notamment une version d'anthologie de ce dernier titre sur le plateau de Nulle Part Ailleurs
En bref : l'album du retour, et sans doute celui d'une nouvelle transition. Le côté spasmodique et migraineux auquel nous avait habitué Tricky fait certainement défaut. Mais Trickyest de retour et Massive Attack peut trembler !
A lire aussi : Tricky - Juxtapose (1999)
Acheter sur Insound ou sur Amazon
_
"Far Away" en écoute :
Lire la suite
28 juillet 2008
Tricky - Juxtapose (1999)
Or, de tout cela, Tricky a choisi à bon escient de faire table rase avec Juxtapose. C'est sur les bases d'un album concis et avec les renforts du Cypress Hill DJ Muggs et du producteur Grease que Tricky choisit de remettre les pendules à l'heure. Nouveautés ? Elles sont au nombre de deux ; car outre l'éclectisme avoué du disque, l'aspect grunge de "For Real", ce sont des guitares parfois métal qui se taillent la part du lion ici et qui confèrent au disque un tour mélodique assez inédit chez Tricky. D'ailleurs la très nerveuse "Hot Like A Sauna" a droit à une deuxième version métallique en fin d'album. On retrouve aussi parfois ce souffle rauque et tendu des premiers albums sur "Bom Bom Diggy" ; mais dès l'intro de "Contradictive" jalonnée de guitares acoustiques, l'album respire à nouveau. Avant de repartir de plus belle sur un rythme échevelé avec l'haletant "She Said".
Le flow infernal de DJ Muggs est omniprésent sur "I Like The Girls" et la première version de "Hot Like A Sauna" . Les claviers prennent le relais sur deux morceaux angoissés magnifiques "Wash My Soul" et le piano hanté de "Scrappy Love", obsédant et martelant.
A une époque extrêmement bavarde où beaucoup d'artistes se croient obligés de charger jusqu'à la gueule leurs CD's pour mieux faire avaler la pilule du prix exorbitant aux acheteurs potentiels, Tricky rappelle à point nommé qu'il est le seul de la vague trip-hop, à avoir quelque chose à dire sur une durée concise et à pouvoir se délester du poids encombrant de son passé. Ce magnifique disque ne sera pas confirmé lors des deux essais suivants, le très décevant Blowback (2001) qui n'aura de soufflant que le nom, et le "en pilotage automatique" Vulnerable (2003) album pas désagréable mais mineur.
Une fois retenue la leçon, il faudrait à Tricky 5 longues années pour refaire parler de lui avec l'excellent Knowles West Boy.
En bref : du très bon Tricky, efficace, mélodique, varié. Son meilleur disque ? Poser la question, c'est déjà y répondre.

le clip de "For Real" :
Lire la suite
23 mars 2008
Portishead - Third (2008)
Onze ans d’attente. On n’y croyait plus. Le successeur de Dummy (1994) et Portishead (1997) atterrira pourtant dans les bacs le 28 avril. Baptisé Third, il prendra certainement à contrepied les fans du groupe britannique. Là où les deux premiers albums de Portishead offraient de langoureuses ballades bercées de cordes, Third fait œuvre de complexité. Plus nerveux et plus sombre encore que les précédentes productions du trio de Bristol, cet album audacieux risque de décevoir ceux qui attendaient un ersatz de “Glory Box” en format long.Certes, la voix de Beth Gibbons témoigne toujours d’un spleen profond et déchirant - ”I don’t know what i’ve done to deserve you / I don’t know what i’d do without you”, sanglote-t-elle sur la rythmique minimaliste de “Nylon Smile”, comme en écho aux complaintes de “Sour Times” (“Nobody loves me...”), qui nous faisaient tous chialer à l’époque de Dummy. Et l’outrageusement élégante “Threads”, avec son ambiance de film noir, prouve que Portishead sait toujours nous faire frissonner. Mais au lieu de s’adonner paresseusement à une redite de leurs succès passés, Adrian Utley, Geoff Barrow et Beth Gibbons prennent des risques insensés et se renouvellent complètement. La plupart des onze plages de Third évoquent davantage le krautrock de Can ou l’indus de Nine Inch Nails (les guitares apocalyptiques de “Plastic”) que le trip-hop des origines. Ce n’est pas un hasard si Portishead a choisi Kling Klang, groupe de kraut futuriste de Liverpool, pour assurer sa première partie sur une bonne moitié de sa tournée de printemps, qui passera par le Zénith de Paris les 5 et 6 mai. Plus surprenant encore, certaines plages taquinent les 120 BPM. Sur “We carry on”, par exemple, c’est à un psychédélisme guerrier et “disciplinaire” (pour reprendre le mot cher à Turzi) que les trois Anglais s’adonnent, droits dans leurs bottes.
Dans son foisonnement, Third offre aussi de splendides curiosités, comme ce “Deep water” aux faux airs de Velvet Underground, où Beth Gibbons adopte une candeur inédite, soutenue par un ukulélé et des choeurs masculins façon barber shop. Ou encore “Hunter”, sorte de sirtaki ralenti auquel se greffent de violentes saturations. Enfin, il y a "The Rip". Soyons clairs : cette chanson est un chef-d’œuvre. A la fois cheaps et émouvants, les arpèges de guitare qui soutiennent d’abord la voix de Gibbons laissent place, à mi-parcours, à un synthé moog cotonneux et une batterie brute de décoffrage. Jamais le chant de Gibbons n’aura été aussi splendide que sur cette fausse ballade qui me condamne, tel Sisyphe, à pousser la touche repeat de ma platine pour l’éternité.
Rappelons pour finir que 2008 devrait marquer le retour en force de la fameuse école bristolienne, avec les nouveaux albums de Massive Attack (date encore inconnue) et de Tricky (Knwole West Boy, à paraître en avril). Tout vient à point à qui sait attendre.
En bref : Le trio de Bristol revient avec une œuvre à tiroirs, bourrée de paradoxes. Un son indéfinissable, entre saillies krautrock et lointains souvenirs trip-hop. Un grand disque.

_
Acheter le Cd ou le Lp neufs ou Acheter d'occasion
_
Le site officiel ou Le Myspace
_
A lire aussi : Four Tet - Dialogue (1999)
_
Pour se donner une idée, deux morceaux live en décembre 2007.
“The Rip”, d’abord :
Et “We carry on” :
Lire la suite
11 janvier 2008
Leslie Winer - Witch (1999)
Et si seulement quelqu'un pouvait rallumer la lumière ? S'il vous plait, car un mystère entoure le parfum de cet album sortit en 1999, soit quelques huit années après son enregistrement aux alentours de 1990-1991. Depuis, Witch demeure incompris, inexpliqué.Le parcours de Leslie Winer est en clair-obscur. D'abord mannequin réputée, elle a fréquenté l'underground new-yorkais. Devenue l'amie et confidente de figures comme William Burroughs, elle aura une liaison avec Jean Michel Basquiat – auteur de la photo sur la pochette de l'album. C'est après avoir quitté sa carrière de mannequin qu'elle produit son seul disque pour tomber dans un quasi-anonymat. Depuis, elle ressurgit épisodiquement pour poser sa voix avec différents artistes (Bomb The Bass, Mekon).
Witch est enregistré en même temps qu'un certain Blue Line de Massive Attack. Mais avec des tonalités new wave et dub, il est difficile de l’assimiler directement à la vague naissante du trip hop. On retrouve néanmoins quelques prémisses dans ses compositions : des rythmes lents, une basse lourde, des mélodies à l'aspect généralement mélancolique et calme.
La musique de Leslie Winer superpose des rythmes auxquels ne correspondent pas nécessairement de mélodies définies. Sur le morceau N 1 ear, ils fonctionnent de manière indépendante : le rythme ne sert pas de mélodie, chacun emprunte des chemins différents. Sa voix, posée selon la technique du talk over, prend des tonalités à la fois suave et amère. Etouffée, sourde, on la sent dédaigneuse, inassouvie et indifférente. Et d'outre-tombe, elle ânonne un passé désincarné, un présent inefficace… sans importance. Monocorde, elle ne laisse rien transparaître. Sa musique n'est pas le lieu de l'exposition de ses sentiments, mais le réceptacle dans lequel elle a pris soin de les enfermer. De sa boite de pandore s'échappent des textes cruels, provocants, comme dans N 1 ear :
And if I get bashed I must have provoked it
And if I raise my voice I'm a nagging bitch
And if I like f**king, I'm a whore
And I don't wanna I never wanna
(you never wanna, you never wanna)
Mais elle sait aussi se faire plus pensive, notamment sur Dream 1 :
Yeah, keep it simple
Come on
I had the strangest dream
The book that I read
And the stone that I found
And the tree that I saw
And the animal that I knew
And the language that I spoke in
And the script that I wrote
Shall I?
Shall I tell you?
Shall I tell you what I've been dreaming?
Alors, manifestement punk, poétesse, contradictoire… Sorcière ? Fuck off ! Elle s’en fout la sibylle, elle ne m'a jamais menti ; elle ne s'est jamais trompée. Reste de la musique, et des paroles.
En Bref : A la fois monotone et nuancé, séduisant et repoussant, Witch cultive les paradoxes pour nous perdre dans un dédale onirique et raffiné.
Lire la suite
02 juillet 2007
Molecule - In Dub V1.0
C'est comme dans la pub: ça a le goût de Rythm and Sound, ça ressemble à Rythm and Sound mais c'est une pure production française, et ça fait du bien!Pour son deuxième projet, après "Part of You" (Aktarus/Pias) en 2006, Molecule donne un énorme coup de fouet à la scène dub française. Déja reconnu par les critiques pour "Part Of You", il récidive avec ses acolytes, DJ Suspect aux platines, Webbafied, un MC de New York ou encore les rootsmen Zig Zag et Nemo qui consolident encore plus les titres grâce à leur voix chaudes.
Sur "In Dub V1.0", les influences, multiples et trans-frontalières, se marient au trip hop, au dub, à l'électro et au hip hop pour donner en 15 titres un aperçu du travail et du talent de Molecule. Concoctés, mixés et remixés dans le laboratoire musical parisien de Molécule "At Home", les titres s'enchaînent à merveille. Ils se déclinent sur un même riddim, dans la plus pure tradition roots, mais les featurings donnent à chacun sa saveur particulière.
Les deux titres qui ouvrent l'album, "Baby Girl" feat. Zig Zag et "I Dedicate" feat. Nemo laissent tout simplemenet rêveur et admiratif! Deux titres planant qui nous envoutent et nous entraînent ensuite vers un version dub minimaliste et efficace. Le coeur du disque, entre les titres 4 et 9 étale toutes les inspirations et les influences croisées par Molecule. Hip hop, trip hop, et électro s'entremêlent pour nourrir les mélodies dub qui reviennent en force à la fin du disque. Un très beau projet qui j'espère en appelera d'autres pour convaincre beaucoup d'amateurs que le dub continue son évolution.
Un titre de la compilation "Dubzone 7", du dub en accès libre sur Dubzone.
Du dub au trip hop, il n'y a qu'un pas...
Lire la suite


































































