20 mai 2024

The Damned - Machine Gun Etiquette (1979)

Il est de ces renaissances qui ne frappent pas que les individus new-born. La pop musique contient en effet de spectaculaires métamorphoses. Prenez les Damned par exemple, l'une des deux trois plus grandes incarnations punk de Grande-Bretagne. Personne n'aurait misé un kopeck sur eux lors du départ de leur guitariste et unique compositeur Brian James. C'est pourtant par cette défection là -James parti former les Lords of The New Church avec trois autres mercenaires du rock- que les Doomed car tel est leur nom d'emprunt lors de cette parenthèse erratique, vont renaître de leurs cendres.

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26 avril 2018

Jacuzzi Boys + Volage - Paloma (Nîmes) - 25/04/18

Jacuzzi Boys 
Courtesy of Sylvain Mullerium

Ambiance pré-estivale à Paloma ; puisque c'est sur le patio et non dans le club qu'a lieu cette nouvelle This Is Not A Love Night. Problème auto-routier oblige, le line up a changé ; et ce sont les Ramones de Miami, les Jacuzzi Boys qui ouvrent les hostilités.


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11 avril 2018

Cardiacs - Sing To God (1996)

Dès le titre de ce 7ème album - chiffre magique dans bien des discographies - tout est dit ; car on tutoie ici les anges. Cardiacs, né des cendres de Cardiac Arrest, mythique combo post punk qui ne réalisa qu'un single suivi d'une cassette autoproduite, est l'oeuvre de Tim Smith, grand allumé devant l'Eternel qui avec son frère Jim met sur pied dès la fin des années 70, le plus improbable des aréopages pop psyché à être apparus dans la banlieue londonienne. A être apparus tout court ; car ce groupe à géométrie variable comme on dit, ne ressemble à rien de connu.


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05 septembre 2016

Ukandanz - Awo (2016)


La musique éthiopienne est un virus redoutable, surtout dans ses hybridations rockn'roll, qui savent toucher les petits blancs que nous sommes (The Ex avait déjà réussi à débaucher le grand Getatchew Mekuria,voir dans ces colonnes, "king of the ethiopian saxophone"). Car  Ukandanz n'est pas un groupe natif d'Addis Abeba : c'est à la base des gars qui font du noise/math rock, de la musique un peu barrée et inventive, qui exige d'un guitariste qu'il connaisse un peu plus que sa pentatonique mineure et ses plans blues piqués à Keith Richards ou Clapton.

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28 novembre 2015

Girl Band - Holding Hands With Jamie (2015)

On ne pouvait passer sous silence plus longtemps ce premier long effort des irlandais de Girl Band, témoignage musical primal d'un être au déséquilibre latent. C'est bien connu, la folie des uns commence là où s'arrête celle des autres, un relativisme de mise et nécessaire avant de plonger dans cette descente aux enfers, dont on ne peut ressortir sans stigmates. Âmes sensibles s'abstenir.


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28 juillet 2014

Total Control - Typical System (2014)

La musique en terre australe ne passe pas que par le prisme du psychédélisme. La preuve en est faite avec ce second LP des australiens de Total Control qui ravive la flamme du punk de leurs cousins germains en y incorporant une couverture électro - synthétique. Le punk est mort, vive le post punk !


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14 octobre 2012

Violence Conjugale + The Men - Concert au 106 (13/09/12)


Avec Violence Conjugale et The Men, Le 106 lance sa saison 2012-2013 sous le signe de la cold-wave et du punk. Un mélange cohérent qui annonce un début de saison prometteur. Ainsi, le groupe Violence Conjugale commence le concert dans une atmosphère directement issue des années 80 avant de laisser la place aux américains de The Men et à leur déchaînement sonore.


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22 juin 2012

Gonzaï Club #5 : The Experimental Tropic Blues Band + Tav Falco - Concert à La Java ( Paris) le 24/05/12


Le 24 mai dernier, sous une chaleur étouffante, la belle salle de La Java à Paris accueillait une soirée rock avec deux groupes d'inspiration très différente : la dynamite liégeoise de The Experimental Tropic Blues Band et l'américain Tav Falco et son groupe The Unapproachable Panther Burns.


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02 avril 2012

Howler - America Give Up (2012)

American Give Up est imparfait. Jordan Gatesmith a une sacré tête à claques. Son groupe n’invente rien. On va certainement les entendre en boucle tout l’été et très vite les oublier. Et pourtant America Give Up est bourré de tubes, Jordan Gatesmith a une belle voix grave, et on va prendre un malin plaisir à cruiser tout l’été au son de ce groupe très américain (pourtant préféré en Angleterre) qui -il faut le dire- n’aurait jamais existé sans les Strokes. Autopsie d’un plaisir coupable.

Une guitare surf, une intro calme et trompeuse, une mélodie farceuse, deux guitares qui se répondent et "Beach sluts" est lancé. Catchy et brut de décoffrage, Howler semble aimer la college power-pop. Même le graphisme de la pochette rappelle au Flying W de nos gentils Weezer. Ca semble aussi bien fait pour l’amateur de rock que pour faire danser les kids autour de la piscine.

Puis "Back to the grave" enfonce le clou. Ca sonne comme du Ramones, c’est jeune et on retrouve l’urgence typique d’un premier album. 32 minutes pour 11 morceaux soit un format de type punk-rock. Les riffs sont semi-lourds et le jeune Gatesmith (19 ans) s’amuse à aligner les hits concis et entêtants comme s’il devait tout dire en un seul coup. En dessous du par évidemment.

L’ambiance ne retombe que rarement et évoque vraiment Is This It sur le Stroksien au possible "Wailing (Making Out)". A couter aussi : le shoegaze de "Free drunks" et la surf-music "Black lagoon". En fait à bien chercher on ne s’ennuie jamais sur ce qui à priori devrait être le seul disque d’Howler à avoir. Le premier. L’outrancier. L’imparfait.

En bref : ne pas se fier au look et à la réputation mais apprécier ce disque power-pop américain comme il se doit, c'est-à-dire comme une bande originale d’été californien, cheveux au vent et vitres ouvertes.





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15 février 2012

Cloud Nothings - Attack On Memory (2012)


Il y a des groupes que l’on n’attend pas au tournant. Je n’aurais jamais parié un kopeck sur Dylan Baldi à l’écoute polie de ses deux premiers albums. Je l’avais même vu en parking concert au printemps dernier à Austin et n’en avait pas gardé un souvenir mémorable. Que s’est-il donc passé pour qu’un groupe plus que mineur livre tout à coup un album qui sera sans doute majeur cette année, toutes proportions gardées ? La présence d’Albini aux manettes ? Peut-être. La naissance d’un groupe aux dépends d’une individualité ? Certainement. En attendant de connaître la réponse Attack On Memory va faire des vagues.

Tout est dit sur les deux premiers morceaux qui totalisent à eux deux presque quatorze minutes sur un album qui en compte 34. Ces morceaux on les a découverts cette année et on a tous été immédiatement subjugués. Le nihiliste jusque dans le titre "No Future / No Past " annonce la couleur avec le morceau pourtant le moins représentatif de l’album. Une intro lente et torturée qui tourne vite en un déluge électrique de rock n’roll. Steve Albini pourtant décrié par Baldi (buzz ?) semble avoir gonflé comme il faut les batteries, brutes de décoffrage. Et Baldi de hurler son grunge entre Billy Corgan et Kurt Cobain.

"Wasted Days" ne laisse aucun répit derrière. Ca galope comme Fugazi et The Thermals réunis et à mi-chemin on fait vraiment connaissance avec le groupe avec une partie instrumentale ébouriffante, clairement enregistrée live. Entre le post-hardcore et le noise rock, on ne reconnait plus le jeune Baldi et ses 20 piges. Le garage rock lo-fi de ses débuts (Turning puis Cloud Nothings) a muté en bête punk et urgente.

Après il y a les morceaux de rock indé adolescents 90’s, "Fall In", "Stay Useless". Des tubes sans hésiter, mais moins puissants. Ou encore trois minutes instrumentales ("Separation") qui remettent dans le bain. Pour "No Sentiment" je ne peux m’empêcher de penser aux Smashing Pumpkins quand ils sont énervés. Puis quelques autres morceaux pour finir le disque.

En bref : sans crier gare, Cloud Nothings a muté en un groupe grunge des années 90’s et envoie du bois, c’est le moins que l’on puisse dire. Le disque ne restera pas dans l'histoire mais remplit bien son rôle.




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"No Future / No Past " et "Wasted Days" :




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12 février 2012

Hawks - Rub (2011)

Voilà le genre de disque que vous auriez pu passer à Noël, au moment du foie gras. Simplement pour faire votre beatnik, ou pour dépasser la frustration d'une écoute de salon, et entraîner les gens normaux dans cette folie. Quatuor d'Atlanta, Hawks fait du noise rock, dans la grande tradition américaine des nineties, et à l'ombre vénérée, et un peu envahissante, de The Jesus Lizard. Amateurs de bruit et de fureur, de voix hardcore empilées les unes sur les autres, de sons bizarres et flippants, ils écoutent Art Blakey et Coltrane. Ils avaient évidemment un peu foiré le mix de leur premier album, ce qui arrive souvent dans ce genre où noise rime avec bouillie sonore. Ce deuxième jet passe l'épreuve du mix, et impressionne à plusieurs titres.

D'abord cette voix, opaque et sourde, trempée dans la boue, qui rappelle, dans un premier temps, les bidouillages à la Butthole Surfers ou à la Melvins, mais finit par sonner terriblement vraie. C'est la recherche d'intensité qui prédomine, avec des attaques à couper le souffle, dans un style typiquement hardcore. Et tout le répertoire de la folie chantée est parfaitement maîtrisée, et c'est à maître Yow qu'on pense inévitablement. Il y a aussi une concision punk, qui s'exprime dans des intros brèves, le refus des soli, le jeu de guitare rudimentaire, et qui donne à l'ensemble un côté encore plus percutant. Sauf que Hawks se donne la liberté de varier les tempi, comme dans ce "Future reaping", avec son riff de basse inquiétant et vicieux. Le batteur sait même groover, comme le montre le refrain de "Hung", ce qui là encore nous empêche de faire de Hawks un groupe strictement punk.

Enfin, du texte, beaucoup de texte, d'une qualité d'écriture nettement au dessus de la moyenne. Du sexe, déviant comme il se doit, comme dans "Royalty", où une duchesse se la joue "Venus in fur". L'aliénation et l'enfance sous tutelle, comme dans "Holy day" et "Late bloomer". L'American way of life, quoi... Une adéquation parfaite donc entre une forme outrée mais maîtrisée et un discours faisant fond sur des refoulés civilisationnels, parce que faire tout ce boucan pour dire que la société est moche et qu'on est malheureux, évidemment, ça lasserait vite...

Ce qui rend l'écoute de salon possible, c'est non seulement cette richesse des textes, cette variété des ambiances, mais aussi ces interludes qui rompent la furie noisy et vous plonge dans le versant catatonique de la folie, avec piano désaccordé au son métallique et autres bizarreries étonnantes pour l'oreille. Mais bon, on est pas contre les voir sur scène, si ces ptits gars daignent un jour venir hurler chez nous.

En bref : Hawks nous prouve qu'il y a une vie après The Jesus lizard. Un disque de swamp punk qui rejoint les sommets d'intensité qu'ont atteint les grands de la scène noise rock américaine des années 90. Une intensité qui rime souvent avec émotion.




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10 octobre 2011

Archers Of Loaf - Icky Mettle (1993)

Qui se souvient encore de ce groupe américain emmené par Eric Bachmann ? Apparemment la maison de disques Merge, puisqu’ils ont eu la bonne idée de ressortir l’objet du placard, indisponible depuis des lustres. Que ce soit clair, Icky Mettle est pourtant un grand classique de l’époque, à l’image d’un Slanted And Enchanted du groupe Pavement à qui le quatuor a longtemps été comparé. Le genre de premier album qui ne se reproduit pas, dans lequel le groupe met tout ce qu’il a à dire. Une fulgurance qui mettrait d’accord n’importe quel adolescent slacker en mal de mélodies lo-fi et d’émotions fortes.

Archers Of Loaf venait de Chapel Hill en Caroline du Nord. Icky Mettle était la première pierre d’une courte discographie stoppée en 1998 sans tambours ni trompettes. Enregistré en sept jours pour la modique somme de 5000$ (à moins que cela ne fasse partie de la légende), le disque est pourtant resté très longtemps dans nombre de classements musicaux. Aujourd’hui il est donc réédité avec plusieurs bonus à l'occasion d'une reformation qui vaudra ce qu’elle vaudra, mais qui a au moins le mérite de lui redonner une seconde vie, car tout le monde devrait l’avoir écouté au moins une fois.

Première raison à ce succès, le premier titre, "Web in front", véritable carte de visite du groupe et tout simplement le morceau archétype de ce qu’est l’Indie rock avec un grand I. Court, catchy, tordu, intense, simple, viscéral. Eric Bachmann hurle littéralement dans son micro à la manière d’un Kurt Cobain, les guitares sont saturées au possible, l’attitude est nonchalante. Les parties de gratte d’Eric Johnson ne sont d’ailleurs pas sans rappeler celles de leurs voisins de Superchunk, notamment sur "Last world", autre bombe de ce disque incunable. Tous les morceaux valent leur pesant d’or, que ce soit pour leur mélodies, leurs arrangement bizarres, leur côté noisy inimitable ou tout simplement leur urgence. Plus personne ne sonne comme ça aujourd’hui.

En bref : un disque essentiel pour l’indie rock des années 90. Une claque adolescente à l’énergie brute.




Acheter le disque, le site officiel

Ma préférée, "Web in front" :



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11 juin 2011

Fucked Up - David Comes To Life (2011)

C'est à la fin de l’année dernière, à la sortie de l’EP Year Of The Ox, que j'ai découvert Fucked Up. D’abord intrigué par ce nom énigmatique, en référence aux signes du zodiaque chinois, j’ai rapidement été accroché par ce deux-titres, sans chercher à en connaître plus sur le groupe. D’une douzaine de minutes chacun, un morceau en particulier, "Solomon’s Song", dont le bruit et la fureur s’évanouissaient dans le vague des notes d’un saxophone, m’avait paru particulièrement réussi. Plutôt méconnu malgré leurs nombreuses productions, et ce depuis près d’une dizaine d’année, le sextette canadien réapparait aujourd’hui avec un ambitieux et troisième album publié sur Matador.

Découpé en quatre parties et regroupant pas moins de dix-huit titres sans le moindre interlude, David Comes To Life se présente comme un album conceptuel. C’est l’histoire d’un employé d’une usine d’ampoule, David, qui s’éprend de Veronica, une belle activiste. Lorsque celle-ci meurt dans l’explosion de la bombe qu’ils avaient décidé de constuire pour semer la peur et la destruction, David tombe dans une grave crise existentielle. L’album raconte sa renaissance.


Comment peuvent-ils se faire les interprètes d’une telle histoire ? C’est dans cette particularité que réside certainement tout l’intérêt de Fucked Up. Le traitement réservé au son reprend les codes du genre hardcore, avec ses riffs de guitares impressionnants et un chant rocailleux de Damian Abraham poussé au bord de l’explosion. La présence de Sandy Miranda, la seconde voix aérienne, et unique présence féminine de la formation confère une touche pop, une petite douceur supplémentaire aux compositions déjà mélodiques du groupe. On pense aussi bien à Belle & Sebastian qu’aux sous-évalués Quicksand, emmenés par Alan Cage dans première moitié des années 90.

Passé un premier titre instrumental et progressif, "Queen Of Hearts", établit le contact avec le vrombissement ininterrompu de guitares aux influences shoagaze. S’il est difficile d’isoler un morceau en particulier, les titres s’enchainent avec cohérence et font de l’ensemble un tout homogène, qui intègre cependant les particularités de chacune des parties. David Comes to Life tient de l’opéra punk-rock. L’effet immédiat des titres balance avec la longueur de l’album qui pourrait décourager certains d'une écoute complète. Ce qui ne nuit en rien à la créativité débordante de la formation.

En bref : Fucked Up réussi le pari d'une oeuvre ambitieuse et d'une qualité certaine. Au vu de leurs précédentes productions, une plus grande diversité instrumentale aurait certainement contribué à rendre la pièce moins monolithique qu'elle ne parait.




Le site de David Comes To Life
Le MySpace du groupe




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09 décembre 2010

Concours - Gang Of Four en concert au Trabendo le 18/03/11, places à gagner


On peut parler d’un événement. Les icônes anglaises du post punk Gang Of Four seront de retour en 2011 avec un nouvel album intitulé Content (sorti le 25 janvier) et une date exceptionnelle au Trabendo de Paris mi-mars. Les plus anciens d’entre nous connaissent l’influence sur toute la scène noisy qu’a pu avoir un disque comme Entertainment ! en 1979, et depuis leur réunion en 2004 (après la dissolution de 1984) la bande de Leeds continue à faire parler d’elle et de son rock viscéral.

A cette occasion, Dodb et Alias souhaitent vous faire gagner l’une des 4 places mises en jeu. Pour cela il suffit de répondre à la question suivante :

Citez un artiste chroniqué sur Dodb qui aurait pu être influencé par Gang Of Four ?

Et d’envoyer vos réponses avant le 10 février prochain à contact@desoreillesdansbabylone.com. Bonne chance à tous !

Le Myspace

Réserver sa place

Un petit live de "Damaged Goods" à Atlanta en 1980 :



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02 octobre 2010

So Cow - Meaningless Friendly (2010)

Aussi foutraque que puisse être la première écoute du deuxième Lp de So Cow, l'affaire vaut qu'on dépasse l'a priori.
Brian Kelly, jeune irlandais binoclard et poupin qui se rit de l'autotune, a commis en 2010 son sophomore - le premier étant un recueil de titres parues sur le label Tic Tac Totally Records .
Son univers musical est, à l'image de la pochette, une sorte d'univers à la Alice in Wonderland : bigarré (l'herbe est rouge, hum... ), bordélique et réjouissant. Seul aux commandes en studio, accompagné de deux sbires en live, les chansons de Brian, bien que fulgurantes et rapides comme l'éclair, se révèlent vite jouissives et indispensables sur la durée ; chaque nouvelle écoute viendra conforter et enrichir les précédentes.
Prônant l'urgence et la concision, So Cow doit aussi beaucoup à certains artificiers légendaires du punk - on pense à Wire ou aux Saints  pour le grain de voix, la folie furieuse. 

C'est ainsi toute la morgue de ces illustres ainés dont Brian Kelly fait montre sur ces pépites que sont "Start Over" ou bien le single "Shut Eye, et sa mélodie entêtante dont on ne parvient à se défaire. Long d'un peu plus d'une demi-heure, et complété sur les 300 premiers pressages d'un EP plus anecdotique de 3 chansons sous pochette fanzine, cet album, on l'aura compris, va à l'essentiel.
Pas d'intro interminable ; a contrario les batteries ou boîtes à rythmes endiablées laissent vite la place aux guitares déchaînées et saturées jouées à 100 à l'heure.
Toutes les chansons ne dépassent pas les 2', 2'30. Toutes ? Non, il y a cette insensée "International Waters" longue de plus de 7', où d'un riff de guitare tarabiscoté et irrésistible, le morceau avance en breaks impromptus, faux démarrages pour finir dans le portnawak total. Aussitôt rehaussé par un autre single potentiel, ce "Dunno" tellement fredonnable qu'il en frise l'adoubement.

En règle générale, et n'était le timbre à tessiture humaine de Kelly, les tempos échevelés pourraient  laisser croire que votre platine vinyle s'est emballée et s'est mise à jouer en 45 bpm, sans que vous le lui demandiez ; c'est particulièrement le cas sur le final de "The Tony Keady Affair", sorte d'illustration sonore de ce que pourrait donner une partouze au sein du Muppets Show.
Ici, Kelly singe la voix de Morrissey sur les choeurs ( "(I Had a) Horrible Feeling"), là, son timbre exagérément hurleur et vindicatif, fait figure de manifeste "jeune" ("Girl Racer"). So Cow joue une manche à l'extérieur sans pitié pour son assaillant, lui assénant coup pour coup dans l'explosif et Attilesque "Away Leg". 
Mais ne pas croire que So Cow n'est juste capable que de bons refrains de stade à fredonner en attendant que les équipes apparaissent, au risque de fatiguer son auditeur à coup de riffs convenus. Les parties de guitare, bien que jouées les doigts dans la prise, se révèlent très inventives. Il y a "International Waters", l'excellent "Limboat", et un certain nombre de surprises, au détour de tel refrain haletant.

Loin d'être un chapelet de références (excellentes), cet avatar de la scène indie pop sait aussi se révéler là où ne l'attend pas, et sa fraîcheur, conjuguée à un habile talent à composer des mélodies à tiroir et inattendues (l'instru slang qui clôture l'album) font de Meaningless Friendly un disque dont on se repaîtra avec gourmandise.

En bref : tellement vache, mais si attachant en même temps, le premier véritable album d'un inconnu sans complexe et plutôt doué dans sa capacité à conjuguer vitesse d'exécution et mélodies (en apparence) faciles et instantanément infectious.



Le Myspace , le site Tic Tac Totally Records

"Shut Eye"




"Dunno" en live /


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16 septembre 2010

Weezer - Hurley (2010)

Qui attend encore quelque chose de Weezer ? Qui ose encore même se pencher sur leur cas lorsque le médecin légiste du rock indé les a déclarés morts depuis Make Believe il y a cinq ans déjà ? Il y a tant et tant de nouveautés passionnantes qui sortent chaque jour que perdre son temps sur un fossile égaré relève du suicide éditorial. Avec trois albums en trois ans - Red Album (2008), Ratitude (2009) - Weezer ne cesse de travailler et donc de prendre des risques. Et à chaque fois c’est la même, les grands chroniqueurs attendent la "résurrection" ou le "retour" d’un super groupe US qui avec deux disques unanimement salués - Blue Album (1994), Pinkerton (1996) - avaient fait de fausses promesses, bien mal leur en a pris. Ma théorie est qu’il s’agit là d’un énorme malentendu, Weezer n’a jamais voulu être un groupe de rock à prendre au sérieux, mais au contraire un groupe potache et marrant mené par un leader tout de même capable d’écrire de belles mélodies par moment.

Il n’y à qu’à voir la pochette. Tous les téléphages auront reconnu Jorge Garcia de Lost donc, sur une photo dégueulasse à peine recadrée sur Paint. Et pourtant Ratitude avec son chien jeté en l’air faisait déjà très fort dans le n’importe-quoi. Et puis quitte à pousser Mamie dans les orties, autant la bousculer carrément et appeler son album Hurley aussi. Même sur son nouveau label indépendant Epitaph Rivers Cuomo fait ce qu’il veut. Un peu comme notre trublion à nous Philippe Katerine sur son dernier album. La question se pose : escroquerie médiocre ou autodérision poussée à son maximum ? Personnellement je choisis la deuxième option parce que c’est celle qui me fait me marrer et prendre du plaisir à l’écoute de morceaux dits "funs" auxquels nous a habitué Weezer. Parce que ce n’est pas nouveau non plus. A l’époque on pouvait déjà écouter des titres comme "Hash pipe", "Keep fishin’" ou "We are all on drugs". Et si Rivers Cuomo avait simplement de l’humour ?


Alors pour ceux qui recherchent encore et encore le Weezer qui n’existe pas, celui qui livrerait de la power pop bien écrite et efficace, sur ce Hurley ils pourront se rassasier avec "Memories" et "Rulling me" qui se rapprochent d’assez près du Blue Album. Pour ceux qui apprécient les "ballades" FM esprit campus il y a "Unspoken" ou "Run away" (qui commence d’ailleurs comme du Pavement). Après humour ou pas humour il y a quand même des morceaux pas très passionnants. "Hang on", "Smart girls" ou "Time flies" (étonnamment lo-fi) en font partie. Jusque-là on peut se dire que ce nouvel album n’apporte donc pas grand-chose à l’édifice, mais deux petits sommets de n’importe-quoi vont montrer le bout de leur nez, sur de magnifiques structures à tiroir à la manière de "The greatest man that ever lived" issu du rouge.

Le meilleur : "Where’s my sex ?". Jouant habilement (sic) sur la ressemblance entre "sex" et "socks", Weezer déroule un morceau caricatural totalement pliant. "Where’s my sex? / I thought it was here / I’ve got no idea where it disappeared to / I can’t go out without my sex". C’est complètement débile, comme chez Katerine ou chez Ween, mais si on se laisse aller c’est assez jouissif. Dans le même genre il y a "Brave new world" qui commence plutôt classiquement mais qui à 2’17" part sur d’improbables ponts mélodiques et chœurs vaillants. C’est le Weezer que j’aime, sans limites et qui s’en branle, aussi bien capable de nous donner du miel que du vinaigre. A chacun de prendre ce qu’il veut, ou de passer son chemin.

Pour info : l’édition deluxe comporte quatre titres supplémentaires pas franchement indispensables : un court morceau au piano, une reprise de "Viva la vida", une déclaration de foi de Rivers Cuomo ("I want to be something before I die") et un immonde morceau de stade, hymne officiel de l’équipe de foot US pendant la dernière coupe du monde.

En bref : Weezer dévoile enfin sa grande supercherie. Il ne faut plus attendre d’eux du rock indé de qualité mais d’hilarantes boutades musicales à base de grosses guitares, de ponts mélodiques et de chœurs enflammés. Au moins comme ça, ça a le mérite d’être clair.





Le site officiel et le Myspace

A lire aussi : Weezer - 8 bits album (2009)

"Where’s my sex ?" et "Brave new world" :





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19 janvier 2010

Jay Reatard - Watch Me Fall (2009)

Cette chronique a traîné longtemps sur mon bureau, et puis forcément elle a pris un tour différent ces jours-ci. Comme vous le savez Jay a été retrouvé mort dans son lit le 13 janvier dernier au jeune âge de 29 ans pour des raisons encore inexpliquées si ce n’est quelques symptômes grippaux quelques jours auparavant. Pour beaucoup cela a été un choc. Parce que ceux qui le connaissaient voyaient en lui un énorme potentiel qui était loin d’avoir tout dit. Avec déjà presque quinze ans de carrière (!), plus d’une soixantaine de disques (!!) avec neuf formations différentes (!!!), Jimmy Lee Lindsay Jr était pour le moins prolifique. Qualifié de "machine à chansons" par certains, c’était surtout effarant de constater à quel point son adage "1 tube par titre" fonctionnait, dans un registre particulier, le garage rock. Voir à quel point il arrivait à sortir une mélodie reconnaissable d’une bouillie d’électricité a toujours été une expérience particulière. Un gars qui aimait la musique et qui sur scène se transformait en bête féroce et indomptable, sur des titres excédant rarement les trois minutes chrono. Je l’ai vu au printemps dernier à Barcelone et n’ai pas été déçu.

En ce qui concerne cet album, sorti l’an passé, le recul lui donne évidemment d’autres significations, à tous les étages. Le titre déjà : Watch me fall. Le titre du précédent album : Blood Visions. La pochette ensuite : un hommage évident au Nicholson de Shining, de bon goût ou non, mais déjà sur Blood Visions Jay créait la controverse en apparaissant largement ensanglanté. Et enfin, les titres des chansons : "It ain’t gonna save me", "Before I was caught", "Can’t do it anymore", "There is no sun". Un raccourci facile tendrait du coup vers la thèse du suicide, mais à priori il n’en est rien vu comme les gens qui disent l’avoir rencontré le trouvaient plein de vie. Et l’on ne peut alors y voir que des signes prophétiques malheureux. Toujours est-il que ce deuxième album solo (seulement) était le premier chez Matador si l’on excepte les indispensables sessions Matador Singles 07 et 08. Bien que salué par la critique, il a vu lui aussi naître une polémique entre ceux qui lui reprochaient son virage bien trop pop, et ceux qui pouvaient ainsi le découvrir, sous bien moins de couches de magma sonore que d’habitude. En découle un disque accessible, aux belles mélodies arrangées. Sensible quoi.


12 titres, 32 minutes, la recette n’a pourtant pas changé. Mais d’entrée dans ce "It ain’t gonna save me" d’anthologie, on sent que ça pourrait presque passer en radio (dans un monde parfait). Un hymne, tout simplement, qui file à 100 à l’heure et que rien ne peut arrêter. L’amour du punk et de la mélodie en 2’22". On pense aux Pixies, aux Lemonheads, à Supergrass ou à Guided By Voices. Pareil pour "Before I was caught". Encore une fois le rythme ne s’arrête pas et le talent de songwritter de Jimmy s’exprime à plein régime, dans un format pourtant ric-rac, presque grunge. "Can’t do it anymore" est du même acabit. Tous en avant, c’est le point d’orgue. Mon chouchou, va savoir pourquoi, est "Nothing now". Un titre peu cité par nos confrères, mais qui développe en moi quelque chose de particulier. Cette montée, cette tension, les guitares à l’affût, la voix tantôt crépusculaire, tantôt en falsetto. Tout comme sur "Wounded" qui démontre la diversité stylistique du garçon (pourtant souvent critiquée) qui pioche carrément dans la pop Néo-Zélandaise. Enfin, "There is no sun", placé en bout et peut-être son sommet personnel de frustration, comme un ultime au revoir à ses idoles, les Kinks.

En bref : pas le plus grand disque du siècle, juste 12 mélodies derrière 12 morceaux rock, mais une joie de composer la musique bien palpable, pour un enfant parti trop tôt, qui aurait pu faire tant.





Le Myspace avec l’album intégral en écoute

A lire aussi : Jay Reatard - Matador Singles'08 (2008)

Le clip de "I ain’t gonna save me" un peu long à démarrer et "Night of broken glass", pas sur cet album mais que j’écoute en boucle en ce moment :







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05 juin 2009

The Jesus Lizard - Concert à Paris (27 mai 2009)


Ce fut un trés grand concert, à la hauteur de la réputation live d'un groupe nineties qui ne s'était pas produit à Paris depuis onze ans, et qui avait annoncé récemment sa reformation. Ce fut une expérience, et je suis content d'avoir vu ça une fois dans ma vie. La Grande Halle de la Villette est pleine à craquer, ce soir du 27 mai 2009, pour voir l'un des groupes les plus talentueux du hardcore américain, et surtout David Yow, son chanteur, à la démesure légendaire. Mais histoire de faire durer un peu le suspens, et de rigoler, parlons un peu des deux bouses antécédentes que les programmateurs du festival Villette Sonique ont cru bon de devoir nous infliger.

Passons trés vite sur le premier groupe, car du néant on ne peut parler. Man without Pants. Si quelqu'un peut m'expliquer l'intérêt de ce qu'ils font, je suis preneur.

Deuxième groupe : Sunn O))). Attention, tout est dans le O))), vous allez comprendre pourquoi. Après un quart d'heure de marmonnements lugubres vaguement grégoriens, puis un autre quart d'heure d'orgue d'église, deux types déguisés en pénitents entrent sur scène avec chacun une guitare, et, derrière eux, un mur énorme d'amplis. «Fais gaffe, c'est pas comme pour Motörhead, ils sont tous allumés », me dit mon voisin. J'ai juste le temps de sortir mes bouchons d'oreilles, que je prend en pleine poire une onde sismique gigantesque, genre O))): j'ai mal aux cheveux, aux dents, partout. Aucune rythmique, juste deux guitares qui égrainent très lentement quelques notes bourdonnantes, en boucle, sur de longues minutes, à un volume sonore hallucinant. «Un expérience physique extrême et radicale». En effet, encore faut-il préciser «de torture». J'ai tenu un quart d'heure. La moitié de la salle se barre.

On les aura mérité les Jesus Lizard ! La tension est palpable dans la fosse, qui s'est progressivement re-remplie. Un mélange d'excitation, d'attente très forte, pour un groupe que beaucoup n'ont jamais vu sur scène, mais dont tout le monde connaît la réputation. La colère, enfin, de s'être fait chier dessus par Sunn O))), alors qu'on avait rien fait. «Ben, maintenant, tu vas te faire pisser dessus, par David Yow, mais là c'est du bonheur ».

Nos quatre lascards entrent en scène. Yow trés sobre, chemise noire boutonnée, pantalon noir. Il balance un baratin trés poli dans un américain chamallow à souhait, mais il y a ce rictus, et quelque chose de diabolique dans le regard. À la première note de «Puss», il se laisse tomber dans la fosse. Il ne nous montrera pas sa bite, et ne nous pissera pas dessus, parce qu'il n'est pas un produit prévisible. Il ne se jette pas dans la fosse, il se laisse tomber, comme dans une rupture d'espace-temps. C'est sa capacité à s'abandonner, à exposer sa voix, son corps, qui frappe avant tout. Une voix souvent hurlée, même en fin de respiration, plutôt «en dedans», comme sur les premiers albums : ce qu'il perd en nuance, il le gagne en intensité. Sur scène, il est à fond, puis tout à coup se relâche, titube, manque de s'évanouir.

On a l'impression qu'on va exploser avec lui sur le refrain de «Thumbscrew», et les breaks ont quelque chose d'hallucinatoire, entre deux moments de furie pure. Le slam fonctionne comme une soupape : quand la pression est trop forte, il tombe. La savante alchimie rythmique du trio apparaît au grand jour sur scène ; basse et batterie sont souvent décalées ou à contretemps, la guitare de Denison, tantôt sur un mode mélodique, tantôt rythmique, est à la fois subtile et minimale ; c'est la quintessence du hardcore américain: sobriété, concision, refus du solo marathonien chiant, à l'anglaise. Le son est lourd, parfois lent, saccadé, les Melvins ne sont pas loin, mais pas l'ombre d'une sonorité métal. On est quand même loin du grunge, contemporain des années d'activité du groupe. La transubstantiation christique a lieu : Yow ouvre sa chemise, puis finit torse nu, suant, crachant, lessivé, nous avec. Les pitreries du petit moustachu des Black lips le lendemain nous paraîtront bien dérisoires.

À lire aussi : The Jesus Lizard - Shot (1996).

«Thumbscrews», comme si vous y étiez :




Morceau d'ouverture, «Puss» :




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28 avril 2009

The Dead Kennedys - Frankenchrist (1985)

Coupons court au débat, l’intérêt porté au troisième album des californiens sauvages va bien au-delà de la simple polémique dont il a fait l’objet. Mais ne pouvant évoquer le disque sans décrire le contexte, je me vois contraint de résumer les faits : ici ce ne sont ni la pochette - au demeurant géniale, présentant une parade de l’AAONMS, une organisation franc-maçonne américaine - ni le gatefold qui furent mis en cause, mais bel et bien le poster originellement glissé à l’intérieur qui provoqua le procès fatal à la carrière des Dead’s. Celui-ci représentait une peinture de l’artiste H.R. Giger, intitulé The Penis Landscape, une boutade qui déplut fortement à l’état de Californie qui entama alors un long procès pour pornographie, pour finalement arriver à un non lieu.


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23 avril 2009

Television Personalities - And Don’t The Kids Just Love It? (1980)

Alors les kids, vous l’aimez cet album? Ne serait-ce qui si vous connaissez ce groupe, vous êtes trop vieux pour répondre à la question. Four commercial retentissant reconnu à sa juste valeur que bien trop tard, l’album apparaît aujourd’hui dans le Top 100 des disques de rock indé du vendeur Amazon. Premier album du quatuor londonien créé en 1977 par le controversé Dan Treacy, c’est devenu à posteriori un classique. Fuyants au galop la new wave de rigueur, aussi bien influencés par le passé que tournés vers l’avenir, les quatre anglais livrent un opus majestueux, dans une veine que l’on définirait à tort de punk psyché. Dirigé par la basse et écrit à l’âge de 20 ans c’est un délicieux enregistrement 4 pistes oblige, à l’esprit punk et au charme so british, cf la pochette devenue culte exhibant le duo Twiggy et Patrick Macnee.

Si les Clash, les années 60 et le pop art semblent avoir été le support évident de leurs réflexion, les TVP’s devaient également être aidés par les substances. En témoignent le mythique et plus bel hommage au maître "I know where Syd Barrett lives" et ses bruits d’oiseaux ou encore le narcoleptique et si bon "Diary of a young man". Dan Treacy alors à l’abri de ses déboires rock’ n’ roll à venir y signe des textes à l’ironie triste, sur des chansons nues et sans détours évoquant le Velvet façon Loaded et plus proche de nous le new-yorkais Jeffrey Lewis, dans son sens du lo-fi et son esprit punk. D’autres titres sonnent davantage pop avec leur mélodies envolées : "A Family affair", "Silly girl" ou encore "Geoffrey Ingram" par exemple. Une légèreté pop qui n’a pas vieilli d’un poil.

Et puis ce disque est surtout l’occasion de rencontrer Dan Tracy et son accent délicieusement cockney. Celui qui "emmerdait la célébrité" et qui disparût six longues années - l’on apprit depuis qu’il avait été incarcéré - pour purger ses vices (comas, cures…) et revenir en 2006 avec My Dark Places chez Domino. C’est aussi le créateur du label Whaam! qui a entre autres accueilli les merveilleux Pastels dont Nickx nous a fait l’éloge récemment. Je m’arrête là et vous laisse écouter ce classique où rien n’est à jeter.

En bref : tirant vers le haut le niveau du rock indé à un moment tristounet de l’histoire de la musique, ces anglais-là méritent leur culte grâce à ce premier album impeccable et intemporel.
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Le Myspace et l’album en streaming
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L’élégant "A picture of Dorian Gray" et le clip homage qui va bien de "I know where Syd Barrett lives" :



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