02 octobre 2014

Uncle Acid & The Deadbeats - Mind Control (2014)

On m'a vendu ce disque comme étant du métal, et j'ai failli ne pas m'y arrêter. Et puis ces riffs à la Black Sabbath, et puis cette voix nasillarde à la Lennon, enfin ces mélodies. Bien loin des clichés du genre, le chanteur et guitariste anglais K. R. Starrs revient sur le devant de la scène après deux précédents disques quasi introuvables en physique, dont Blood Lust déjà porteur d'une sacrée réputation auprès d'un public plus varié qu'à l'accoutumé par rapport à ce genre de production.


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24 juin 2013

Queens Of The Stone Age - ...Like Clockwork (2013)

Six, comme le nombre d'années qui sépare ce nouvel album des Queens Of The Stone Age de leur précédent opus Era Vulgaris. Une traversée du désert salvatrice durant laquelle la foi d'un artiste s'est ébranlée face au vide artistique. Après cette aboulie passagère mais nécessaire, le groupe californien semble avoir retrouvé toute sa verve pour évacuer son énergie créatrice dans un vaccarme furieux et abrutissant.


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04 décembre 2011

True Widow - A.H.A.T.H.H.A.F.T.C.T.T.C.O.T.E. (2011)

Je sais, je tiens là le titre le plus long et le plus idiot de l'année 2011, voire au delà ! Décodage immédiat : "As High As The Highest Heavens and From The Center To The Circumferance Of The Earth". On pourra y reconnaître l'ambition tellurico-stratosphérique typique d'une certaine tendance shoegaze, à la recherche d'un son à la fois massif et ample. Mais là encore, il ne suffit pas d'appuyer sur une pédale d'effet pour avoir du talent, et n'est pas Besnard lakes qui veut. Trio originaire de New York, True Widow, se la joue puissant, sombre et minimal, et, sans être follement original, trouve un style et un son, qui ont tout pour plaire.

On ne peut pas dire que la presse spécialisée ait buzzé d'une manière ou d'une autre sur cette formation (aucune recension à ma connaissance) ; c'est donc grâce à un disquaire (et oui ça existe encore, les ptits jeunes) que j'ai découvert ce disque.

Le son accroche tout de suite l'écoute : cette batterie downtempo qui ouvre le premier morceau "Jackyll", mixée très en avant, sonne au plus près de l'oreille, et semble dire merde au Loveless de My Bloody Valentine. Puis un lent tremblement de terre, quelque chose qui vous saisit doucement, vous impacte physiquement, une basse qui semble vouloir célébrer les noces du sludge et du shoegaze. Et enfin, une guitare claire amorce un motif entêtant qui sera repris par la voix.

Tout l'album repose sur ce minimalisme instrumental basse/batterie/guitare, très loin du prog savant des Besnard Lakes. Sur des tempos généralement lents, chaque instrument a droit à son intro, son attaque. Une sorte de stoner rock shoegaze, avec des voix claires, tantôt masculine tantôt féminine, direction le plus haut des cieux, mais qui viennent habilement élargir le spectre sonore, et évitent à l'ensemble de sombrer définitivement dans la crypte.

Du coup, les compos sont d'une grande simplicité, et les paroles aussi. Les motifs mélodiques ne sont jamais très développés, esthétique stoner oblige, et la guitare assure ce qui pourrait parfois ressembler à des ponts. Tout est tellement étiré que les refrains arrivent comme des codas, en délivrant l'oreille des boucles répétitives. Bon, les amateurs de chanson seront peut-être un peu perplexes, mais " Skull eyes" prouve qu'ils savent en écrire, et qu'ils ont la possibilité pour leur prochain album de ne pas se répéter, en se contentant de leurs trouvailles sonores.

En Bref : du stoner rock pour âmes en peine, sombres héros de la crypte, exilés pour veuvage à plein temps, les yeux rivés sur les chaussures. Les voix et les bribes de mélodies apportent ce qu'il faut de délicatesse.




Le site officiel



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24 novembre 2011

The Heads - Relaxing With The Heads (1995)

On ne trouve plus grand chose aujourd’hui sur la toile ou ailleurs au sujet du groupe anglais The Heads. C’est fort dommage car au milieu des années 90, à une époque de l’histoire de la musique où il était bon ton de se pavanaer sur la brit pop d’Oasis, c’était l’une des rares formations britannique à jouer la carte du rentre-dedans grunge et psyché. A l’occasion de la ressortie en double cd -plus de 10 ans après- de l’album jusqu’alors quasi introuvable, il était grand temps de revenir sur ce disque en particulier qui comme nombre de premiers albums montre le sommet de ce que peut faire un groupe.

Comment ne pas se sentir accablé sous le coup de massue qu’est "Quad", titre introductif de l’album. D’une cacophonie de drones, fuzz, réverbs, le morceau frappe par la basse de H.O. Morgan immédiatement suivie des guitares tonitruantes de Simon Price et surtout Paul Allen (alors tout nouveau dans le groupe, remplaçant le formateur originel). A la batterie derrière, Wayne Maskell tape dur. Un son massif que l’on a retrouvé par la suite chez les Queen Of The Stone Age ou plus récemment chez Megafauna. C’est bien évidemment l’une des bombes du disque, qui commence sur les chapeaux de roues.

Originaires de Bristol, The Heads nouvellement formés enregistrent quasiment tout en jam lo-fi ce manifeste de musique stoner au Foel Studio sous les manettes de l’un des membres d’Hawkwind. On pense à eux en effet, mais aussi à toute la bande Loop, Spacemen 3, Stooges, MC5… Les références se suivent et ne se ressemblent pas, mais les six Lp qui suivront témoigneront de ce délicieux melting-pot. Toujours dans l’excès et la non sophistication, The Heads et le chanteur Paul Allen envoient du bois. "Chipped" est un autre de ces rouleaux compresseurs.

Tous les morceaux sont du même acabit. Que ce soient les anciens, ou ceux du disque additionnel de la réédition qui comporte notamment des inédits et des extraits des trois Peel sessions réalisées (Peel était l’un de leur plus grands fans et ne s’en ai jamais caché). Et puis encore une fois parlons visuel -car le numérique n’a pas encore gagné- cette pochette façon Russ Meyer est tout de même sensationnelle !

En bref : drivé par des guitares écorchées vives et plusieurs très bons morceaux, ce premier album d’un groupe anglais disparu peut candidater au titre de chef d’œuvre de son époque, dans son genre.




Le site officiel pour le moins 1995

A lire aussi : Megafauna - Larger Than Human (2010)

"Quad" :



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14 novembre 2011

Mars Red Sky - S/t (2011)

On avait raté la sortie du 45, on ne pouvait manquer celle de l’album en vinyle (500 ex only). Mars Red Sky pour ceux qui on ne sait comment seraient passés à côté est le nouveau projet disons, stoner -appelons un chat un chat-, du meilleur songwritter français, alias Julien Pras. Alors vous me direz quel est le rapport entre un délicat confectionneur de ballades pop et un grand méchant loup à guitare électrique ? A priori aucun, et pourtant force est de constater que le disque fonctionne à plein régime, potards à 11, et comble un vide à priori bien présent dans le paysage musical hexagonal.

Mars Red Sky est un trio. Autour de Julien Pras (Calc, Victory Hall), on retrouve le batteur Led Zepelien Benoit Busser et le bassiste débordant d’énergie Jimmy Kinast. Pas plus. Et ça suffit largement pour faire revivre Black Sabbath et autres Kyuss d’un coup de baguette magique. Julien Pras quant à lui, à la manière d’un Elliott Smith avec Heatmiser, ou J. Mascis avec Dinosaur Jr. s’autorise une parenthèse bruyante bien que mélodique. C’est d’ailleurs la seule concession de ce disque à priori violent : être gorgé de mélodies, sans doute inspirées par le désert espagnol des Barderas où la musique a été mise en boîte, entre deux trips de peyotl assurément.

En fait l’album est davantage planant que massif, sans doute grâce à la voix de Julien gentiment psychédélique. Mais bon rassurez-vous ça envoie quand même du bois (les riffs lourdissimes de "Marble sky"). Entre instrumentaux assumés (un "Falls" hypnotique ou encore "Saddle point") et tubes de toujours ("Strong reflexion" et sa basse, lent et planant, mais aussi l’incontournable "Curse"), le disque défile jusqu’à son terme sans fausse note. Il faut dire 7 titres (longs) c’est peu, même si la version vinyle comporte un titre bonux. On en redemande.

En bref : nous aussi on sait faire du stoner mélodique bien lourd et perché comme du Dead Meadow.




Le site officiel

Acheter  Mars Red Sky - S/t chez l'International Records

Ma préférée, "Marble sky" :


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05 janvier 2011

Interview - Franck Rabeyrolles (Double U) pour la sortie de la compile Wooly Jumpers (Wool Recordings)


Franck Rabeyrolles aime tricoter du bon son. Le patron du label montpelliérain Wool Recordings sort la première compilation de la maison : Wooly Jumpers ,un petit bijou de dix-huit titres. On y retrouve des perles inédites, d’autres difficiles à trouver car sorties en édition limitée en vinyles. Il y a là des invités et des artistes du label. Un précieux sésame pour découvrir l’univers subtil de ce label à sensibilité post-folk, entre musique psychédélique, influences seventies et sonorités électroniques. Rencontre avec Franck Rabeyrolles, activiste de la scène montpelliéraine et d’ailleurs.

Quand as-tu créé le label, peux-tu nous dresser son portrait, sa couleur, le nombre d'artistes passés par là ? Pourquoi une compile maintenant ? Tu es basé à Montpellier mais tu as beaucoup de contact avec l’Angleterre ?

La création du label ce doit être 2004. Au départ, c'était pour le premier album de Double U. Il y a eu le premier Ep de Collage et quelques maxis... Puis il y a eu une période de silence de 2005 à 2008. Ça fait deux ans que je m’y suis vraiment consacré à nouveau. Notre catalogue est encore très petit, mais ça s’étoffe doucement : Collage, Sarabeth Tucek, Luther Russell, Laetitia Sadier, Franklin, Double U, Suddenly Sunshine…

Pour ce qui est de la couleur on va dire que c'est une maison d'artistes qui abrite des projets d'artistes. Notre spécificité c'est d'être assez vinyle et pressage limité... La couleur est plutôt pop mais au sens moderne crossover divergent. On peut passer d'un projet folk à quelque chose de beaucoup plus électronique sans souci... Je sors des disques au coup de cœur. La compile c'est justement pour permettre aux gens de mieux voir ce que nous avons envie de faire. On comprend mieux notre philosophie générale à travers ce disque, ce côté un peu transversal. Il est vrai que notre distributeur principal est Anglais alors c'est un peu notre point d'ancrage. La France a du mal à reconnaitre la qualité de ses artistes, de ses labels, des acteurs de la scène indé en général, ce qui explique l’envie "d'ailleurs". Et puis tout est tellement "codé" ici…

On voit des noms peu connu comme le néo-zélandais Connan Mockasin et son univers fantastique, Peter Broderick qui invite au voyage mais aussi le New-yorkais Luther Russel ou Lesser Gonzalez, américain d’origine cubaine, signé sur Carpark. C’est finalement une compile éclectique. Comment as-tu procédé pour inviter tout ce monde sur la compile ?

L'éclectisme est un mot parfois un peu fourre-tout. O n’a pas cherché ce côté patchwork vraiment. Ça s'est fait sur des rencontres, des coups de cœur. Il est vrai qu'il y a un côté assez worldwide. Mais c'est plus le côté "global" "internet" de notre société qui est comme ça. Tu as parlé de voyage… ce mot me parle. Moi j'aime le nomadisme par dessus tout en musique. Pour avoir ces artistes sur la compile je ne cache pas que ça a été un peu long et un peu usant des fois. Il y a quand même 18 morceaux, ça fait pas mal d'artistes et de labels à contacter et à rassurer...


La compile commence par un morceau qui date de 1969, curieux pour présenter ce que fait le label ? En quoi "Drug song" a-t-il son importance ici ?

Un ami m'a fait découvrir la musique de Dave Bixby et j'ai eu le coup de foudre pour ce folk complètement hanté, religieusement beau. J'ai pris contact avec lui et ça s'est fait le plus simplement du monde... "Drug song" c'est aussi pour le côté "Song writing". Je crois que c'est une valeur très importante pour le label. Le côté écrire de belles chansons, peu importe comment, avec qui, avec quoi, c’est l'écriture…

Ce n’est pas la première fois qu’on voit le nom de Laetitia Sadier (ex-chanteuse du groupe anglais Stereolab) associé à Wool Recordings. Quelles ont-été vos collaborations passées ? Statues est un morceau nouveau ?

On a rencontré Laetitia à Londres pour un concert de Franklin [l’un des pseudos de Franck], puis on a pris contact par email. Elle a participé à un morceau du dernier Double U, "Interludic". Elle nous a donné une version très minimale et épurée de Statues qui est aussi sur son album mais pas dans la même version. On a un autre projet de disque avec Laetitia pour 2011.

Quels sont les morceaux inédits, et ceux qui existaient déjà ?

Les morceaux de Montag, Lesser Gonzales, Sarabeth Tucek, Double U, Castanets, Luther Russell... sont complètement inédits. Les autres sont déja sortis mais la sélection est pointue. Certains artistes ne sont pas distribués en France. Au final ça fait pas mal d'inédits tout de même…

Sunddenly Shunshine, groupe montpelliérain, vient tout juste de sortir un premier Ep chez toi, tout comme les Italiens de A Classic Education (label Lefse Records), c’est une belle promo. Tu peux nous en parler ?

Pour les Suddenly Sunshine c'est une histoire d'amitié et de musique... J'ai tout de suite accroché à l'idée d'enrichir leur folk avec des arrangements de cuivres et cordes. On va travailler sur un album. Je me suis pas mal investi sur ce disque au niveau de la prod, j'ai joué aussi dessus, j'aimerais bien que ca marche pour eux. Stéphane des Suddenly est un mélomane fou et on se connait depuis très longtemps. C'est important d'être bien avec les artistes pour un label. La relation juste financière ou administrative est très déprimante si on en reste là avec les artistes qu'on signe.

C'est le premier projet vraiment français que je sors. Je suis très heureux avec ce disque, on est allé au bout des choses avec la pochette, le remix de Isan… Pour Classic Education, des choses sont prévues mais dans le futur. On devait sortir leur 8 titres en Europe, ça ne s'est finalement pas fait. Ils sont sur la compile, on adore leur musique ici et on espère bien faire quelque chose d'ici peu.

Tes coups de cœur parmi les 18 tracks.

Je n'ai pas de préférences, vraiment. C'est vrai que Connan Mockasin c'est très séduisant, très "Catchy". Wolf people aussi, le côté stoner / garage ne me déplaît pas non plus…

Des artistes que tu souhaites particulièrement présenter ?

On a deux projets important début 2011. Deux 45 tours : un de Franklin avec un remix de Com Truise, le remix est assez fou, Com Truise a un son unique, il a déjà remixé Neon Indian, Twin Shadow, ça buzz déjà beaucoup pour lui. Il y a aussi ce single avec War on drugs mais je ne peux pas en dire plus… Et aussi, plus tard, ce disque avec Laetitia Sadier et l'album de Franklin. De quoi bien s'amuser.

Dans la compile, on retrouve tes tracks avec tes différents projets, Double U et Franklin, en quoi différencies-tu leurs univers ? Ce sont des morceaux inédits ?
D'autres projets perso sont prévus pour 2011 ?


Oui les morceaux sont inédits. Double U c'est le côté mélo plus introspectif et Franklin le côté plus "psyché", moins "chanson"… C'est de la douce schizophrénie, rien de grave. À part l'album de Franklin, pas de nouveau pseudo en perspective. C'est vrai que faire un album Franck Rabeyrolles ça me tente bien… Mais ca va finir en total ego trip tout ça !

C'est justement pour échapper à ça que j'ai eu envie de reprendre le label de façon très sérieuse depuis deux ans. C'est un fabuleux moyen d'expression que j'ai envie de partager avec pleins de gens. Je pense que ce n'est que le début de l'aventure même si le contexte est plutôt difficile.

On peut espérer un concert pour 2011 qui réunisse un maximum de ces artistes ?

Pas vraiment de soirée Wool prévue pour le moment. Mais faire un plateau en réunissant quelques artistes disponibles dans une belle salle ça me dirait bien.

Un volume 2 est-il prévu ?

Trop tôt pour le dire. Je n'ai pas envie de faire de cette compile un truc routinier. On verra, il faut d'abord que les gens l'écoutent, l'aiment et l'achètent. Car tout part de là.


Le site de Wool Recordings et le Myspace

Dave Bixby - "Drug Song" :



Connan Mockasin - "It’s Choade My Dear" :



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27 novembre 2007

Sun Dial - Other way out (1990)

J'ai lu quelque part qu'il y a ceux qui connaissent Other way out et les autres. Parce que Sun Dial est un groupe atypique et parce qu'il faut bien l'avouer ce disque est un pavé néo psychédélique dans la marre du rock US 90's, je vous invite à faire partie de cette deuxième catégorie.

Considéré par une poignée de renseignés comme un album mythique d'acid rock indépendant, Other way out est le premier coup de maître du groupe à géométrie variable emmené par le blondinet bricoleur Gary Ramon, musicos chronique, créateur du label Acme et collectionneur notoire de musique psychédélique. En bon élève drogué qu'il est, le petit Gary a sagement assimilé 13th floor elevator, Jefferson Airplane, Iron Butterfly et consorts. Tout dans ce disque faramineux pour esprits psychotropes rappelle les 60's, des soli de guitare aux ingédients instrumentaux à base de sitars, tambourins et flûtes orientales.

Une fois dépassé ce côté Beatles période Hari Krishma, Gary Ramon au chant et à la guitare, Dave Morgan à la batterie et Anthony Clough à la basse s'en donnent à coeur joie dans la cabane au fond du jardin de papa. Sun Dial joue des compos ouvertes (quasiment que des jam sessions sous cachets) et exotiques pendant des heures que l'on imagine aisément bénies par les dieux de la musique. En effet, solo de guitare obligatoire sur chaque titre sans jamais basculer dans la démonstration lourde et poussive. Ca coule.

Comme toujours avec Sun Dial, Other way out est avant tout un album de guitare: reverb, distorsions, wah wah, et paf, le chien! Incandescentes, elles feraient pâlir d'envie le Clapton de Cream sur Lone Blues. Largement chroniqué chez les Stoners sans pourtant en être complètement, c'est dans le grunge qu'il faut aller chercher ce chaînon manquant entre Syd Barrett et Nirvana.

Nirvana justement il en est question lorsqu'on se penche sur Gary Ramon, pas tant dans la voix mais d'avantage dans l'attitude et le look. Voix bidouillée sur Magic flight, écrasée à d'autres moments, elle n'est jamais aussi rebelle que celle de Kurt mais n'en demeure pas moins tout autant hypnotique.

Petit bémol à ce tableau idéal (hormis une pochette pas folichonne), l'absence de réelles chansons, pas de mélodie non plus mais plus une succession de tours de force qui paraissent naturels et s'expliquent par des titres forcément évocateurs, Exploding in your mind, World without time ou encore Other side hommage indirect aux Doors me semble t-il.

Largement ré-édité sur nombreux labels (Tangerine, UFO, Acme...) vous pourrez vous procurer Other way out d'une faon ou d'une autre et découvrir ainsi l'un des secrets américains les mieux gardés des 90's. Un trésor qui permet de fermer les yeux et d'écouter boeufer Kurt Cobain, Ray Manzarek et Jimi Hendrix. Et ça, c'est pas donné tous les jours.

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27 avril 2007

Clutch - From Beale street to Oblivion (2007)

Le vent souffle sur les prairies désertes du sud américain, une vache regarde passer les trains et soulever des tonnes de poussière rouge, le cow-boy du coin réajuste son couvre chef et continue tranquillement de mâcher sa chique, l’ambiance est posée. Cela faisait un bail que je n’avais pas été si agréablement surpris par un combo plutôt éloigné de mon terrain de prédilection. Je vous parle ici d’heavy rock psyché, du bon gros son qui tache, du stoner pur et dur.

Loin des foules et du succès, Clutch suit son petit bonhomme de chemin, 16 ans de carrière, 10 albums et plus de 2000 concerts que n’ont pas manqué de suivre une poignée de fans. Enfin pas des inconnus non plus, un bon million d’albums vendus et des tournées aux côtés de gros durs tels que Slayer, Sepultura ou encore System of a down. Pourtant le son des ptits gars issus du Maryland n’est pas aisé à qualifier. Indéniablement inspiré du psyché 70’s de Black Sabbath et du blues métal de ZZ Top, les arrangements approchent parfois de très près le funky jam (si si).

Mais revenons à nos moutons et autres vaches certainement pas à lait celles là. Pas très conciliants avec leurs maisons de disque précédentes, c’est cette fois ci Joe Baresi qui se colle à la production et le monsieur est dans son univers puisque déjà producteur des pouasseux Queen of the stone age. Il parvient à réunir ici sur une production parfaite ce qu’ont fait de mieux les Clutch au fil des albums, un son brut et propre, sobre et efficace, autour de riffs fiévreux et boogies à la fois. Sans fioritures, ça swingue, ça balance, ça slide et ça va même jusqu’à remplacer le traditionnel solo de guitare par l’harmonica local. Et l’utilisation du clavier 70’s de nous rappeler les racines psychés du rock stoner. Lynyrd Skynyrd n’en est que plus rassuré dans sa tombe. Puisque je vous le dis.

Pour le titre phare, Electric worry, je citerais Cyril Deluermoz de chez Rock and Folk qui à en croire ses allusions sait de quoi il parle : "Depuis les meilleurs titres des Georgia Satellites, des Del Fuegos et des Black Crowes, rarement un combo n’avait enregistré un morceau aussi énorme, combinant à la perfection un groove de vieux briscards du funk, un esprit bluesy échappé des juke joints du Mississippi profond et des riffs fondus dans les usines de Detroit ou de Chicago", rien que ça. Le reste de l’album, du même acabit, procure irrémédiablement l’envie d’hurler au et fort : Stone is not dead ! Et Clutch non plus.




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