18 mai 2021

Le 30 mai 2021 : NEVRASKA en live streaming !

En attendant les concerts de rockn'roll  en demi jauge avec les masques et  assis comme à l'opéra, on peut se régaler des live streaming, dans son canapé, en se disant que vraiment c'est nul mais mieux que rien.... Bon, j'arrête l'humour noir, les live streaming ça peut être très bien, ça oblige parfois les groupes à faire concis et efficace, à condenser l'énergie. De l'énergie, Nevraska en a à revendre, rongeant son frein depuis la sortie de son album en Octobre 2020 en plein merdier covid, et après une belle tournée... complètement annulée ! 

Duo basse/batterie originaire d'Annecy, le groupe est rompu à l'art de faire du bruit avec des grosses guitares et une grosse batterie (Pascal le bassiste officiait dans le groupe métal Human side, et Jeremy le batteur dans le regretté Komodo experience). Pourtant ici tout se resserre autour de deux instruments, et Nevraska s'inscrit plutôt dans la lignée hardcore/mathrock à la Nomeansno ou Ruins. Une musique très riche rythmiquement, rapide, précise, que d'aucuns trouveront plus sexy et accessible que les virtuoses Ruins, parce que riche en accroches mélodiques et en samples évocateurs. Le deuxième album marque une étape, avec la présence de chanteu-rs-ses, d'un sax,  d'un morceau électro, et même d'une vraie guitare qui nous gratifie d'un magnifique interlude qui n'est pas sans rappeler les "ballades" de Converge !

le Bandcamp : https://nevraska.bandcamp.com/

Le live streaming, c'est le 30 mai, 17h sur le site de la machine utile : http://lamachineutile.net/

en replay à volonté : https://www.youtube.com/watch?v=mF3KgKTVO4Q

un concert avec toustes les guests de l'album !!




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09 avril 2021

Gloria - Sabbat Matters (2021)

Le-toujours-difficile-deuxième-album. On avait laissé le très sympathique quintette lyonnais et ses accortes chanteuses en 2016 avec un premier album au titre rigolo (In Excelsis Stereo) et déjà annonciateur d'un certain esprit potache.
Petite madeleine prisée de quelques happy few, ce disque aux effluves sixties même si mal dégrossi - certaines mélodies décousues et guère mémorisables - avait produit son petit effet.
Notamment du fait d'une sublime pochette façon Art nouveau et de l'enthousiasme contagieux de ses membres sur scène.

Le combo emmené par l'inspiré Kid Victrola et à peine retouché - une chanteuse a été remplacée - remet ça cinq ans plus tard.
Encore un calembour désopilant en guise de titre, une pochette tout aussi accrocheuse et rouée....le coup du pharaon fumant une cigarette même ornée d'une tige, il fallait oser en des temps où l'art pictural est sans cesse questionné : demandez à Lucky Luke et à Neil Hannon ce qu'ils en pensent !
Celle-ci qui colle admirablement à l'esthétique du groupe, est signée Nicole Claveloux, responsable de l'habillage de mythiques disques hexagonaux des années 70 pour Jean Constantin, Eddy Mitchell ou Michel Delpech.

Ouverture tropicaliste avec la bien nommée "Sabbat matters" portée par les trois voix féminines, marque de fabrique du groupe à nouveau distribué par l'excellent label Howlin' Banana Records. Ce titre donne le tempo de 40' échevelées où règne l'esprit sixties en diable de Gloria.
Tantôt à l'unisson façon un Bananarama des années 2.0 ("Space rocket" et sa fantastique ligne de synthé-cor d'harmonie, "Miss tambourine", l'outro "Global warning") ou bien à la tierce (le génial refrain de "Holy water", "Back in town" nimbée d'un espiègle esprit doo wop), le groupe lyonnais qui paye aussi son obole soul ("Skeletons") réussit une collection de chansons des plus excitante et qui cette fois-ci rentre dans le cortex..

La réussite du groupe tient on n'insistera jamais assez,  aux harmonies princières du brelan féminin dont il n'existe pas à notre connaissance de pendant aussi probant sur la scène pop hexagonale.
Les filles on le savait, savent guincher. En voici d'autres, Amy, Mary-Louise et Wendy qui savent chanter et vous feront vous trémousser. En attendant, place à  l'hymne qui prévaut.
G-L-O-R-I-A

En bref : ne faisant rien comme personne, les Français de Gloria remettent ça avec un deuxième album très largement supérieur à leur premier. Toujours enluminé de son délicieux brelan de chanteuses. 


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28 mars 2021

Tindersticks - Distractions (2021)


Il ne reste plus grand chose du sextette originel. Seuls les David Boulter, Neil Fraser et bien entendu Stuart Staples figurent encore au casting de ce 12ème opus des Tindersticks - on ne compte pas les innombrables BO de Claire Denis, les expos,  live ou EP's auxquels le groupe a apporté son obole.

Toujours vaillant Stuart Staples et sa troupe oeuvrent encore et toujours dans cette espèce de blues folk ouaté et feutré qui a fait florès depuis les début des années 90.
Assez étonnamment, Distractions qui n'est pas un album de reprises se distingue par trois covers transfigurées ; l'album contenant sept longs morceaux habités de cool habité à la sauce Tindersticks.
Probablement le plus dépouillé de toute leur pléthorique discographie, l'album à la magnifique pochette bleue  propose ainsi un tétanisant "You'll have to scream louder" où Staples fait sienne les obsessions prolétaires héritées de Dan Treacy. Ce titre reprend la virulence initiale du magnifique inadapté des TV Personalities.
Encore plus fort, le délicat "Lady with the braid" signé de la méconnue Dory Previn emmène cette magnifique ballade vers les sonorités minimalistes qu'offre ce disque, teinté de balais jazzy, de boucles électroniques nouvelles. Mais le climax reste certainement la relecture opérée sur le "A main needs a maid" où loin de la grandiloquence foisonnante du Harvest de Neil Young, Tindersticks assisté d'une voix soul féminine, emmène le morceau très haut. Celui-ci et ses acolytes , à peine reconnaissables redonnent leurs lettres de noblesse à l'exercice ô combien éculé de la reprise.

Les quatres créations originelles ne sont pas en reste dans leur magnifique dénuement : on pense au francophile (autre caractéristique du groupe) "Tue-moi" (" Tuuuu-moi /mon fwèèèèèèr / mais sois pwoooche...."), le long "The bough bends", ses voix en contrepoint, sa sourde beauté", " I imagine you"  susurré et à peine audible.
Mais l'auditeur retiendra prioritairement le terrassant "Man alone (can't stop the fadin')" qui ouvre l'album. Où 11 minutes de chant désincarné côtoient l'électronique la plus primaire, la plus hantée, la plus désolée aussi. Stuart Staples disait vouloir se mettre en retrait et user de sa voix comme d'un instrument. C'est exactement ce qu'il fait sur ce titre inédit dans le spectre Tindersticksien - on entend même de vieux sons de boîte à rythmes DX7 -  qui culmine sur un crescendo strident avant que de retrouver ses notes de basse obsédantes. 

Le début des années 90 a été le nouvel âge d'or des groupes Britanniques. 30 ans pus tard, on peine à trouver des survivants, crédibles qui plus est ; on ne voit guère que The Divine Comedy ou les Manic Street Preachers comme exceptions contemporaines.
C'est sans doute là et à travers cette exceptionnelle longévité, la preuve de l'importance de Tindersticks sur l'échiquier musical.

En bref : minimalisme, électronique et reprises transfigurées sont les mamelles de la 12ème livraison de Tindersticks. Où le groupe réussit encore surprendre 30 ans après ses iconiques débuts.


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19 décembre 2020

Top Dodb 2020



Qu'elle a été particulière cette année 2020. Peut-être parce qu'on a tous été plus ou moins confinés, privés de concerts, sans pouvoir nous déplacer chez nos amis les disquaires - jugés non essentiels (sic)-, chacun a fait comme il a pu pour se procurer sa dose mélomaniaque. D'où une grande hétérogénéité de choix chez nos rédacteurs, et une impossibilité de voir se construire un top collectif, une fois n'est pas coutume. Mais ça n'est pas grave. La sélection n'en est que plus riche. Et notre envie de continuer à découvrir et partager de nouvelle mélodies encore plus forte qu'avant. Voici donc LES tops Dodb. Bonne année quand même!


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11 décembre 2020

Cabbage - Amanita Pantherina (2020)

 

Incorrigibles les 5 mancuniens de Cabbage reviennent avec un deuxième album sous le bras deux ans après la déflagration Nihilistic Glemour Shots et c'est un nouveau sans-faute.

Le contexte a pourtant changé : un nouveau membre, un nouveau studio, une pandémie qui décale d'autant un album prêt dès le début d'année mais qui pour les raisons que l'on sait ne sera mis en orbite qu'à la fin de l'été.

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16 septembre 2020

Crack Cloud - Pain Olympics (2020)

Vancouver n'est pas réputée pour son cadre de vie sinistre. C'est même l'une des villes les plus fashion et plus prospères d'Amérique du Nord, dotée d'une riche vie culturelle. Qui comporte cependant son lot de derelicts et de shootés.
C'est dans la mégalopole canadienne, théâtre de Jeux olympiques qui n'étaient pas ceux de la douleur qu'une bande d'allumés a vu le jour deux ans avant la parution de ce Pain Olympics.

Rarement le terme galvaudé de collectif aura pris comme ici tout son sens. Cette bande de lurons que l'on retrouve à quinze sur scène et au moins au triple dans le gatefold de son premier album signe là son premier véritable long format après une paire de EP's.

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27 juillet 2020

The Boomtown Rats - Citizens Of Boomtown (2020)

On l'a raillé, haï, vilipendé. Une crédibilité rock proche de celle de Bono justement présent lors du méfait. Car un beau jour Bob Geldof, leader beau gosse des Boomtown Rats, l'un des très rares groupe punk nord-irlandais qui comptent (l'un des rares groupes nord-irlandais tout court) s'est piqué d'humanitaire.


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26 juillet 2020

Manic Street Preachers - Everything Must Go (1996)

En 1996 personne ne donne très cher du devenir des Manic Street Preachers. Leur figure de proue Richey Edwards, principal pourvoyeur de slogans situationnistes et de poses destroy est porté disparu depuis un an (sa voiture retrouvée près d'un pont notoirement célèbre pour ses suicidés) et n'est pas réapparu. Le décès du Teddy Vrignault du rock ne sera officiellement prononcé qu'en 2004. La carrière de ce groupe atypique chouchou de la perfide Albion qui à la manière d'un Jam y aura bâti une carrière en autarcie paraît alors au point mort.


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20 mai 2020

Happy Mondays - Pills 'N'' Thrills And Bellyaches (1990)

1990 est à la fête, aux pilules (d'où le titre) et pas encore à la gueule de bois ni aux maux de bides. Où un sextuor totalement déjanté composé de fumeurs de cracks et de voyous notoires - à côté leurs rejetons des années 00 de Fat White Family c'est les Chanteurs à la Croix de Bois - fit danser une Albion gobant ecsta et habillée loose. Avec la future démission de Margaret Thatcher en filigrane.


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22 avril 2020

The Mabuses- The Melbourne Method (1994)

Kim Fahy, citoyen britannique de son état parvient du fait de ses nombreuses allées et venues en France dès son plus jeune âge, à remarquablement manier la langue de Molière, en prime sans aucun accent.

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13 avril 2020

Morrissey - I Am Not A Dog On A Chain (2020)

On avait laissé Morrissey sur un excellent disque de reprises (California Son - 2018), parenthèse enchantée dans une oeuvre devenue très inégale depuis le très bon Ringleader of the Tormentors (2006) et la collaboration avec Ennio Morricone.

Morrissey, grand parolier et interprète s'il en fut n'a jamais oeuvré dans un autre genre que la pop de lad, faite d'arpèges savants voire de power chords que lui ont délivré ses guitaristes et compositeurs successifs. En solo son apogée fut la brit-pop délivrée au milieu des années 90. Ainsi il n'a jamais été question de collaborations extérieures autres que blanches et encore moins électroniques.


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22 mars 2020

The United States Of America - s/t (1969)

Plus expé on meurt. Sauf qu'il y a expé... et expé. Aux prémices de la Guerre du Vietnam, on ne compte plus les mouvements contestataires, la contre-culture s'organise. C'est l'explosion des labels type ESP, aux valeurs sûres types Fugs, parmi les plus barrés, les ineptes bien que culte The Godz. Aussi The Red Krayola, avec un Mayo "J'ose tout, c'est à ça qu'on me reconnaît" Thompson sur International Artists.


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21 mars 2020

Music Emporium - s/t (1969)

L'unique album de Music Emporium - magnifique pochette découpée - n'est pas uniquement connu parce qu'il représente le Graal de l'incunable psyché. Et que de fait, l'un de ses 300 exemplaires originaux s'échange autour du millier d'euros. De toute façon, maintes fois réédité, l'objet musical en tant que tel n'est pas impossible à écouter et demeure malgré ce, plus localisable que tous les private press britanniques édités à 99 exemplaires pour échapper aux taxes alors en vigueur.


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15 mars 2020

Frumpy - All Will Be Changed (1970)

1970. Grande année. Celle à la croisée du prog balbutiant et de l'âge doré et finissant des groupes British Beat qui tous vont se réinventer avec plus ou moins de bonheur au son d'un rock burné. Le kraut arrive et les allemands de Frumpy vont comme des centaines d'autres formations s'immiscer dans la brèche.


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21 février 2020

Orchestral Manoeuvres In The Dark - La Cigale (Paris) - 16/02/20

Andy Mc Cluskey (OMD)

Dernière date d'une colossale tournée entamée en octobre dernier, OMD fête ses (plus de) 40 ans d'existence dans une Cigale sold-out, aux parterres et balcons archi bondés. En formation originale (seul fait défaut le batteur), le duo meneur Andy Mc Cluskey / Paul Humphreys fait chavirer une salle totalement acquise à sa cause, qui ose le rituel de rappel en entonnant sur l'air des lampions l'imputrescible "Enola gay" qui vient d'être joué.
D'ailleurs, toute la set list est une enfilade de tubes qui d' "Electricity" à "So in love" en passant par "Souvenir", "Joan of Arch", "Tesla girls" ou "Locomotion" n'en finit pas de ravir un public qui brandit ici ou là des écharpes du FC Liverpool, à la plus grande joie d'un Mc Cluskey hilare.
Le frontman d'OMD très en voix, se souvient qu'il a été compagnon de jeu de Joy Division sur le label Factory - OMD a même été support band du légendaire groupe mancunien. Et c'est ainsi, lorsqu'il ne joue pas de sa basse qu'il s'adonne à un curieux gesticulé spasmodique évoquant un mix improbable entre Ian Curtis, la danse des bras new wave et une sorte de Macarena oubliée.


Ce soir OMD a rameuté toute sa tribu et les gimmicks qui ont fait sa gloire dans les charts eighties. Vive l'amour, vivent les vieux.

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