16 mai 2012

Noah And The Whale - Last Night On Earth (2011)

Alors ça y est, revoilà Noah et la baleine qui pointent le bout de leur nez au large d’une plage du sud de l’Angleterre. Sous le bras de Noah voilà un tout nouveau bijou pour hanter nos nuits : Last Night On Earth. Encore une fois, il s’agit d’un album conceptuel particulièrement bien ancré dans notre époque où l’Art devient beau par l’idée qu’il dégage. Après les premiers jours du Printemps, c’est une dernière nuit sur Terre que les Noah And The Whale nous offrent en dix titres de belles idées.

Car, oui, chaque riff, chaque coup de baguette ou chaque note sortie de la bouche de Charlie Fink respire une idée, une croyance de ces jeunes musiciens pas comme les autres. On a là un disque tellement compact que l’on se voit obligé de le penser dans son ensemble (à part peut-être "LIFEGOESON", seul titre réunissant tout les critères d’efficacité du tube), le décrire titre par titre serait le dépouiller du charme et de l’idée qui l’entoure, celui d'un album au concept de fantôme.

"Our third album is adventurous like its journey from Bethnal Green synagogue via the Thames riverbank across the Atlantic, the United States and all manner of Los Angeles neon-lighted highways. But it is unmistakably Noah and the Whale"

C’est ce qu’annonçait le groupe sur leur site officiel et ce sont les images qui nous viennent à l’écoute (en boucle) de ce disque : un road trip à travers un monde déjà conquis par les Noah And The Whale, avec cette sensation à la fois amère et délectable que l’on perd quelque chose pour toujours, multipliée par cent car c’est la vie entière que l’on est convaincu de perdre à l’écoute de cet album. Cette dernière nuit sur Terre on s’en imprègne à vrai dire dès que Charlie Fink pose sa voix sur "Life is Life".

Mais cet album s’écoute par cent fois et jamais la fin du monde n’arrive, alors on est rassuré de cette peur qu’ils nous ont eux-mêmes donnée : les Noah And The Whale injectent ce sentiment bizarre (qui nous fait tourner la tête dès que les gentils monsieur posent des chœurs sur "Life is life") et en donnent le remède en même temps.

L’ambition visuelle qui caractérisait The First Days Of Spring - à la fois disque et film de fiction - se retrouve ici évaporée à l’état de sensations : celle de tomber d’un pont, de s’accrocher vivement à quelqu’un ou quelque chose, de parcourir à une vitesse irréelle des paysages familiers... Les Noah And The Whale font ici appel à notre imaginaire individuel : ils nous donnent le thème (la dernière nuit sur Terre), l’ambiance (loin d’être désespérée, plutôt relativiste) et c’est notre imagination qui fait le reste.

Avec leur musique, ils laissent une part à l’auditeur que le spectateur d’un film ou même le lecteur d’un livre n’aurait pas pu créer, cette part qui dépend d’un individu à l’autre et laisse une fenêtre ouverte sur notre mémoire personnelle. Pour ma part, mon imaginaire a un peu modifié le thème : c’est sous le soleil d’une journée éclatante que j’imagine ce road trip car la musique de Noah and the Whale dégage toujours cette lumière tantôt scintillante, tantôt funeste, mais toujours aussi réelle.

En bref : un album que l’on ne saurait juger meilleur ou moins bon que les précédents car il s’agit d’une évolution naturelle dans la carrière du groupe : La dernière nuit sur Terre n’arrive-t-elle pas après les premiers jours du Printemps ?




Le site et le Myspace

A lire aussi : Noah and the Whale - The First Days Of Spring (2009)

Le clip de "L.I.F.E.G.O.E.S.O.N" :


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Gonjasufi - A Sufi And A Killer (2010)

Les terres désertiques ont toujours été le lieu où s’entrecroisent légendes et fantasmes mystiques. Le désert Mojave, quelque part au beau milieu du Nevada, n’y échappe pas ; y rencontrer un mirage au détour d’un chemin s’avérerait alors une expérience presque normale, bien que sûrement fantastique. Mais à présent, il est inutile d’aller si loin pour s’adonner à ce genre d’étrange expérience. En effet, un mirage s’est échappé de son désert pour s’offrir au monde, et s’exporter (presque) tout seul : Gonjasufi.

Repéré sur le morceau "testament" du second album de Flying Lotus, signé par le classieux label Warp, et soutenu par Mainframe et The Gaslamp Killer, voilà quelqu’un qui sait s’entourer. Cet homme, qui nous semble davantage sorti de nulle part, nous prend la main pour une visite d’un labyrinthe exotique, enfumé et divinement psychédélique. A Suffi and a Killer, sorti le 08 Mars 2010, peut presque être considéré comme une nouvelle drogue: agréable et déroutant, de part un irrésistible mystère, qui survit même au bout qu’une quarantaine d’écoutes (et plus) : une fois consommé, on ne peut s’en passer.

Sumach Ecks, de son vrai nom, se destinait d’abord au baseball avant une blessure qui le fit se tourner vers une nouvelle passion : le hip hop. Cependant, ces couches de sonorités tortueuses s’aventurent autre part, mélangeant des influences soul, rock, folk, et bien d’autres encore. L’album part donc dans de nombreuses directions. Ce réel désordre est à la fois son majeur atout, et sa supposée limite : le tout est d’apprécier de se perdre.

Les immenses dreads et la peau vieille contribuent à tracer la silhouette mystique du personnage. Mais c’est surtout le timbre de la voix particulier qu’on retiendra. Un ton plutôt rocailleux, qui nous transporte dans un voyage spatial, un tour culturel des ruines du monde, ou encore un road-trip temporel quelque peu magique. Talentueux, il réussit à nous hypnotiser dans une masse de sons justes et confus, à la fois extrêmement modernes et très anciens. Les morceaux sont courts, oscillant entre deux ou trois minutes. Cela détruit toute lassitude, et forme un ensemble d’enchevêtrements dynamiques. Si certaines chansons sont moins marquantes, "She Gone", "Ancestor", "Kobwebs", "Candylane" ou encore le single "Kowboys & Indians" sont de véritables gorgées de bonheur.

La musique de Gonjasufi parait intemporelle ; ce dernier fait reste à vérifier. Mais une chose est sûre, c’est l’une des meilleures découvertes de l’année. Une explosion de musiques, d’images, et d’identités, parfois dérangeantes, toujours surprenantes, formant un album fascinant et addictif, un tour du monde en une heure, et peu couteux.

En Bref : un talent, des influences, un entourage : une équation qui a largement portée ses fruits, pour un album enthousiaste d’imagination.




Le site et le Myspace

A noter : Gonjasufi sera aux Transmusicales de Rennes, le samedi 11 décembre. On pourra aussi y retrouver son copain The Gaslamp Killer (le même soir) et une foule d’autres noms qui donnent envie d’y être. Cet album est disponible en version remixée, sous le nom de The Caliphs Tea Party.

"DedNd" :



"Kobwebz" :


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15 mai 2012

Santana - Welcome (1973)

Considéré comme l'un des disques les plus expérimentaux de Santana, Welcome se démarque de la titanesque discographie du groupe (plus d'une trentaine d'albums), en proposant un melting-pot musical portant la marque d'un genre initié entre autre par Miles Davis et Franck Zappa, le Jazz fusion. Plus qu'un disque, Welcome est un vestige du temps, qui fossilise au travers de ces 9 pistes un paysage musical aux horizons multiples, témoignage intemporel d'une époque totalement folle. Rock, jazz, samba, soul, funk, autant de styles qui s'entrechoquent dans un univers sonore aux limites sans cesse repoussées.


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11 mai 2012

TV Girl - The Wild, The Innocent, The TV Shuffle (2012)

A coup sûr l’un des prochains chouchous des hipsters, le duo californien TV Girl vient de sortir un joli coup avec ce premier long format ironiquement annoncé comme étant une mixtape et non un album. La raison à cela : même si les 15 compositions sont originales, on trouve une infinité (86 apparemment) de samples pas tous identifiables sur cet objet musical résolument moderne bien que profondément rétro. Du coup pour des histoires de droits, il se retrouve intégralement et gratuitement disponible via Stereogum en digital, et automatiquement exclu du réseau de distribution physique. Et pour faire court, The Wild, The Innocent, The TV Shuffle s’impose directement comme la soundtrack incontournable de vote été. 


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ITV Video - Franklin par Tomas Dutter (2012)


Nos amis de chez Boum! Bang! ont récemment mis en ligne grâce au réalisateur TomaDutter un très intéressant interview du musicien, producteur et label manager Franck Rabeyrolles alias Franklin. On y découvre un personnage inhabituel dans le paysage sonore français, avec une démarche artistique pour le moins originale et pertinente. A voir et faire tourner sans modération !


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10 mai 2012

Dr John - Locked Down (2012)

Pas plus docteur que vous et moi, Malcolm John Mac Rebennack de son vrai nom fait pourtant partie de la légende. Celle de la Nouvelle Orléans plus exactement, mais aussi celle du bayou, du vaudou et du blues rock. On lui doit entre dizaines d’autres le fameux album Gris Gris de 1968 et sa pochette déjà bien estampillée. Rappelé au micro et au piano (Farfisa) par le désormais incontournable Dan Auerbach, le serpent des marécages parait plus en forme que jamais, servi par des musiciens triés sur le volet.


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The Burrell Brothers - The Nu Groove Years 1988-1992 (2012)

En 1988, au moment où le tout premier disque estampillé Nu Groove ("Feel The Luv") est pressé, New York n’a pas encore été cleané par Rudolf Giuliani et sa tolérance zéro. Le Paradise Garage est fermé depuis quelques mois, mais Larry Levan n’a pas encore été emporté par le Sida, et des clubs comme la Sound Factory, le Zanzibar ou le Roxy sont à leur apogée. Peu à peu, la musique des pionniers de Chicago commence à cartonner, à travers des labels comme Trax et DJ International, et les artistes new yorkais s’engouffrent dans leur sillage deep et acid tout en conservant leurs propres influences : le disco soulful local et sa variante garage, venue du New Jersey voisin, avec  ses accents gospel. C’est une période de créativité folle, une foule de labels émerge, parmi lesquels Strictly Rhythm en 1989 et Nervous Records en 1991, mais le plus légendaire d’entre eux est sans doute Nu Groove.


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06 mai 2012

Miles Davis - Blue Moods (1955)

C'est un petit disque de Miles, enregistré juste avant que sa carrière ne prenne un sacré coup d'accélérateur, avec la formation, la même année, de son premier quintette avec Coltrane. Petit par son format (quatre titres pour 25 mn!), éclipsé par une discographie où brillent de mille feux tant de chefs d'oeuvre, mais un disque qui a la beauté, paradoxalement sublime, des miniatures...


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04 mai 2012

The Black keys - El camino (2011)

Dernier album des maintenant très (trop) populaires The Black Keys, El Camino s'institue comme une usine à tubes. De la terre sale et graveleuse du blues rock au bitume policé de la musique pop-rock taillée pour les ondes FM, les deux compères semblent s'être endormis sur l'aire de l'autoroute qui mène au succès... Explications.


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Bernard Estardy - La Formule du Baron (1969/2010)

Si vous aimez Michel Magne, François de Roubaix, Jean-Claude Vannier et toute cette clique de compositeurs et arrangeurs français qui donnèrent à la fois dans la musique de films et de télé, la pop expérimentale et la variété, alors vous aimerez immanquablement, si ce n’est déjà le cas, Bernard Estardy, autoproclamé Baron de Méhouilles. Organiste pour Nancy Sinatra et Nino Ferrer à ses débuts, Estardy a enregistré un nombre impressionnant de stars françaises dans son mythique studio CBE, qu’il avait créé avec Georges Chatelain et où il passait 14 à 16 heures par jour ! Johnny Hallyday, Françoise Hardy, Sheila, Joe Dassin, Claude François… Tous profitèrent de ses talents d’ingénieur du son, et tout spécialement de son don pour les prises de voix. C’est même sous sa direction que furent immortalisés le "Jerk" de Thierry Hazard, "Les Corons" de Pierre Bachelet, "Jolie Poupée" de Bernard Menez, le "Big Bisou" de Carlos et une quantité incalculable d’autres tubes de notre bonne vieille chanson de variété à textes bien de chez nous, jusqu’à son décès en 2006.


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Mr. Beatnick - Sun Goddess EP (2012)

Ancien producteur de hip-hop instrumental, auteur notamment de l’excellent I Know All The Bitches (2008), Mr. Beatnick a gardé son goût pour les synthés jazzy parfaitement intact, mais a décidé de l’appliquer à une deep house de salon des plus délicates. Ce changement d’orientation a immédiatement porté ses fruits puisque Synthetes a été repéré par pas mal de spécialistes à sa sortie en 2011, parmi lesquels Gilles Peterson, qui l’ a diffusé dans son émission sur la BBC 1. Son style a été à juste titre comparé à celui de Floating Points – il me rappelle aussi énormément les Suédois de Genius Of Time. Daté de mars dernier, toujours sur le label de Semtek (Don’t Be Afraid), le second EP du Londonien ne déçoit pas, loin de là, bien qu’il soit peut-être un peu moins homogène que son prédécesseur, car entièrement centré sur son rayonnant morceau-titre.


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03 mai 2012

Alice Russell & Quantic & His Combo Barbaro - Concert à Palmer le 28/04/12


J’ai tellement été épaté par le double best-of que nous a servi le Monsieur il y a peu que je ne pouvais décemment pas manquer son passage à Bordeaux, même si avant mon arrivée je ne connais pas particulièrement Alice Russell pourtant placée en première sur l’affiche. Dire que je n’ai pas été déçu serait un pléonasme. Peut-être encore plus que sur disque, Quantic orchestre ses troupes et apporte dans un grand élan organique tout le soleil qui nous manque ces temps-ci.


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02 mai 2012

I:Cube - "M" Megamix (2012)

24 titres brillants, enchaînés sur un train d’enfer et couvrant une trentaine d’années de musique électronique : le nouvel album d’I:Cube est un monstre et il ne faudra pas compter sur moi pour briser l’unanimité qui semble entourer sa sortie. Sans même parler de la qualité intrinsèque des morceaux, le seul choix de structurer le disque comme une mixtape est un coup de génie. Et un choix fort. Alors que la version originale de "Transpiration", sortie en EP au début de l’année, dure plus de 6 minutes, cette bombe dancefloor est ici réduite à une portion congrue de 3 minutes environ. Il en va de même pour presque tous les morceaux, dont des versions longues paraîtront en 12" dans les semaines qui viennent. Du coup, M Megamix semble littéralement déborder de bon son. C’est la grotte d’Ali Baba, l’exhumation de tous les trésors qui dormaient sur les disques durs de Nicolas Chaix, ce mec discret dont la légende dit qu’il est un boulimique absolu de musique.


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Yeti Lane - The Echo Show (2012)

Une transformation réussie et durable, voilà comment on peut qualifier le duo de Yeti Lane. Formé en 2009, ce groupe composé de Ben et Charlie, anciens membres de Cyann & Ben sort son second album The Echo Show. Le trio du premier album s'est transformé en duo mais sans perdre de son efficacité. Une alliance rock, pop et électro aux allures cosmiques qui évoque autant Tame Impala que Pink Floyd. Le groupe se situe clairement dans cette dernière filiation en évitant de ne faire qu'un ensemble disparate de morceaux pour soigner l'unité de l'album et en reliant les différents titres par des transitions qui renforcent son aspect éthéré.


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Concours - Garorock 2012, pass 2 jours à gagner

Le plus gros festival de musiques amplifiées du sud-ouest qui se déroulera du 8 au 10 juin fait peau neuve cette année en quittant le vilain parking bétonné habituel pour s'installer sur la plaine naturelle de Filhole à Marmande. La programmation qui n'a pas toujours été le fort de l'événement a elle aussi été revue à la hausse. Il devrait en effet y en avoir pour tous les goûts même si de notre côté nous retiendrons surtout la présence de Metronomy, Friendly Fires, Crystal Castle, We Were Promised Jetpacks ou encore The Hives.

A cette occasion Dodb vous propose de gagner un pass 2 jours (samedi, dimanche). Pour cela il suffit de répondre à la question suivante :

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