12 janvier 2019

Black Bones - The Wolf Under The Moon (2018)

 Anthony Ternant est l'un des secrets les mieux gardés de la pop hexagonale. Fondateur des mythiques The Bewitched Hands , le groupe se sépare malheureusement au bout de deux albums, alors que sa pop chorale empruntait au meilleur de la scène nord-américaine d'alors (Arcade Fire /  Bodies Of Water / Family Of The Year).
Réincarné aujourd'hui dans une entité chicano mexicaine peinturlurée, les shows du groupe créent l'événement, des concerts conçus autant comme des performances musicales que visuelles et prétextes à une déconnade bienvenue.
Après un premier album dansant et revigorant, Kili Kili paru en 2017, Black Bones remet le couvert avec le prétendu toujours difficile second album et s'en sort à nouveau haut la main.

Avec The Wolf Under The Moon, fini les délires mexicains et les influences caribéennes, les steel drums du flamboyant debut. Place à une new wave, en tout cas à une pop sous influence avérée des synthés 80's, légèrement dark dans ses thèmes, puisqu'il y est question de fantômes, de roi esseulé etc..
Ce sophomore s'inspire d'un spectacle théâtral parallèle et déjà ancien monté par Anthonin Ternant, destiné initialement aux enfants. Ce qui n'était au départ qu'un projet annexe devient alors la trame d'un album mi-gothique, mi farfelu dans lequel tout un aréopage de personnages (roi, squelettes, fantômes, momies...) tient la représentation dans un décor de carton-pâte.

Et c'est là que l'affaire se corse : pour restituer le visuel iconoclaste de sa deuxième parution, Black Bones met les petits plats dans les grands, en proposant dans la version deluxe du format vinyle le pop up le plus invraisemblable qu'on puisse imaginer : décors 3D en fold, avec comme dans nos livres de jeunesse des tirettes pour faire apparaître lesdits personnages du conte musical.
Une nouvelle page à écrire dans la carrière sans faute du musicien rémois.....et accessoirement un pop up qui risque fort de détrôner celui mythique du 2.000.000 Disque des Chaussettes Noires.

Le 3ème lp est déjà annoncé pour 2019.

En bref : le nouveau projet visuel et musical de l'ex mentor des Bewitched Hands mérite qu'on s'y attarde. Sous des dehors gothiques, il nous propose une pop réjouissante toujours empreinte de l'esprit new wave des 80's. On attend déjà la suite.

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10 janvier 2019

Dirigo Rataplan - S/t (2018)

Music and More: Devin Gray - Dirigo Rataplan II (Rataplan ...Le mot "Jazz" vous évoque un peu une musique à papa pour  vieux bourgeois, et vous n'avez pas complètement tort, puisque l'industrie est passé par là, et a aussi laminé un genre inventé au départ par des nègres enragés qui n'ont eu de cesse de vouloir se réapproprier une musique colonisée par le capitalisme blanc (voir le livre Free Jazz/Black power). Heureusement qu'il y en a pour secouer le cocotier académique, et envoyer valser le swing obligatoire, l'impératif catégorique ternaire, les II/V/I ad nauseam genre "les feuilles mortes", et la structure thème/chorus/thème.

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04 janvier 2019

Top Dodb 2018


L'heure est une fois de plus au bilan de fin d'année pour l'équipe babylonienne, toujours plus dispersée mais jamais démotivée à l'idée de donner son avis sur les disques importants d'hier et d'aujourd'hui. Alors que les goûts de chacun n'en finissent plus de s'émanciper et d'explorer d'infinis horizons, il est toujours difficile de livrer un palmarès représentatif et cohérent. Néanmoins, il semblerait qu'en 2018 nous nous soyons retrouvés autour d'un bon psychédélisme turc, d'un post-punk anarchiste, d'une synth-pop aventureuse, d'un folk feutré, d'un manifeste de jazz radical ou encore d'un dancehall dense et poisseux. J'en passe et des meilleurs. Une année placée sous le signe de la diversité donc. Bienvenue à 2019 et bonne année à toutes et tous !


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31 décembre 2018

Cocteau Twins - Treasure (1984)

Ces deux là étaient faits pour s'entendre. Lui, discret et taiseux, elle énigmatique, elfe égaré qui aimait à fréquenter les cimetières et les lieux interlopes de Grangemouth dans leur Ecosse natale.


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30 décembre 2018

Julian Cope - Jehovahkill (1992)

Déjà la pochette de Fried (1984) lançait le propos. Revenu des années Teardrop Explodes, aimable mais pas essentiel groupe de la scène Liverpuldienne new-wave, Julian Cope paraissait en mauvaise redescente, recouvert d'une carapace, déguisé de fait en tortue.


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The Fleshtones - Fleshtones Vs. Reality (1987)

L'histoire ne retient souvent des Fleshtones que leur grandeur live - quiconque ayant déjà assisté à une grand messe survoltée des New Yorkais n'objectera pas. Leur son estampillé garage n'est véritablement le fait si l'on y prête l'oreille que de Hexbreaker ! (1983), leur sophomore et l'un de leur plus impérieux classiques. Tour le monde les aime et les respecte ; à la fois excepté leur légion de fans qui en Europe notamment leur voue un culte tenace, tout le monde s'en fout.


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14 décembre 2018

Smashing Pumpkins - Pisces Iscariot (1994)

Lui, c'est l'anti Ray Davies. Le songwriter que l'on aime détester... ou que l'on déteste aimer, c'est selon. Il faut dire qu'il a cherché les embrouilles. Il, c'est Billy Corgan; leader des Smashing Pumpkins, le Frank Leboeuf  du grunge dans l'autre groupe de ce mouvement au succès colossal.


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11 décembre 2018

Farai - Rebirth (2018)

Sous une pochette graphée d'inspirationn Basquiat mais qui émane de Haribo Cosmo Jones, voici la première oeuvre long format d'une artiste zimbabwéenne devenue londonienne dans sa prime jeunesse. Acoquinée avec le producteur Tone ayant comme elle une ascendance africaine, la jeune et révoltée Farai concocte son premier long format après un premier Ep en 2017.


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24 novembre 2018

Ramones - End Of The Century (1980)

Beaucoup d'incompréhension sur ce 5ème long format des Ramones; Les fans purs et durs ne leur pardonnent pas d'abandonner leurs idéaux less is more, la production à l'arrache jusqu'alors de rigueur. Paradoxalement, ce sont souvent les mêmes qui s'esbaudiront du son métal et des pédales overdrivées de Johnny ainsi que des lignes de synthés qui parsèmeront certains de leurs albums ultérieurs - le grotesque Too Tough To Die par exemple. Et d'ignorer cet adage qui veut que des Kinks aux Damned en passant par les Stones ou les White Stripes, le 5ème album d'un groupe est souvent son meilleur.


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13 novembre 2018

New York Dolls - s/t (1973)

 Classique parmi les classiques, le premier des deux albums des New York Dolls, association de juifs et d'italiens de la Grosse Pomme aura influencé plus d'un musicien. On peut même arguer qu'à la façon du premier Velvet, voilà un disque qui a donné envie à tous ceux qui l'écoutèrent en son temps de faire de la musique.


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07 novembre 2018

Quiet Dan - When The Earth Was Flat (2018)

On n'insistera jamais assez sur l'importance d'une bonne pochette - ici un remarquable trifold animalier et mat - qui permet quelquefois de sortir du lot.

Daniel Mizrahi, parisien retranché en Picardie et distribué par un label du Massif Central (Inouïe Distribution), connaît son bréviaire folk-blues sur le bout des doigts. De Dylan à Nick Drake pour ne citer que les influences les plus écrasantes mais néanmoins incontournables.


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04 novembre 2018

Kurt Vile - Bottle It In (2018)

La question est la suivante : qu'arrive-t-il à notre troubadour préféré ? Passe encore le très médiocre Lotta Sea Lice (2017) qui n'était qu'un album à quatre mains featuring la très hip Courtney Barnett. L'entreprise consistant en effet à revisiter réciproquement le répertoire de l'autre (pour peu qu'en sus on ne soit guère sensible à l'art de l'Australienne) se révèle un exercice particulièrement casse-gueule.


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22 septembre 2018

The Pretty Things - S.F. Sorrow (1968)

Et un Graal, un. En 1968, les Pretty Things ne sont déjà plus des perdreaux même s'ils n'ont que 24 ans de moyenne d'âge. Déjà quelques albums au compteur comme tous leurs congénères. Adoubés et établis pour leur savoir-faire en rythm and blues rauque et puissant dans la lignée des Stones, ils débarquent en 1964 avec des hits furieux ("Rosalyn", "Midnight to six man") et de l'avis général, surpassent tout le monde en sauvagerie mal peignée, brutalité lad sur scène : plus bruyants que les Who, plus chaotiques que les Kinks, on ne voit guère que les Move pour leur disputer plus tard le titre de titre de groupe le plus dangereux du British Beat. Et à la rigueur, leurs indomptables et magnifiques cousins des Pays-Bas, les Outsiders.


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18 septembre 2018

Ultimate Spinach - Behold & See (1968)

Toujours se méfier des groupes de la fertile scène psychédélique américaine drivés par un leader unique. Qu'il s'agisse d'un démiurge interne ou extérieur au collectif, c'est généralement là que l'on trouve les meilleures pioches. Ceux qui commettront plus que le single Nuggets de rigueur, et transformeront l'essai long format. Parfois même comme pour la bande qui nous occupe, il y aura aussi plusieurs Lps.


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12 septembre 2018

Rachid Taha - Made In Medina (2000)

En cette très morne rentrée 2000, l'on ne pouvait retenir d'un sampler d'automne que quelques notes de guitares, des accords répétitifs et obsédants, ceux de "Barra Barra", hymne qui alliait quasiment le punk à la musique berbère. Admirablement produit par le véritable metteur en son et collaborateur de longue date, Steve Hillage.


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