21 septembre 2022

Dawes - Misadventures Of Doomscroller (2022)

Ils ont ça chevillé au corps. C'est un fait : aux Etats-Unis, de même que tout bon Noir qui se respecte est potentiellement un chanteur d'exception ayant fourbi ses armes gospel dans une paroisse ; les Blancs eux pour peu qu'ils soient un peu bouseux s'adonnent à l'americana. C'est-à-dire à tout ce que le folklore doit aux blancs (folk, country) et éventuellement...aux Noirs (jazz, blue, soul).
Bon l'americana chère aux frères Goldmith de Dawes (déjà 8 albums au compteur), on va dire qu'elle n'a pas inventé le fil couper le beurre.
Comme toute americana d'ailleurs. Qui songerait à trouver du génie à Wilco par exemple ? Alors qu'est-ce qui mérite in fine qu'on s'y arrête...

Le groupe californien a comme tous ses contemporains subi le contrecoup de l'arrêt forcé des tournées dû au COVID-19. C'est donc retranchés dans un studio (comme tout le monde) qu'ils ont opéré à l'unanimité un changement dans la continuité : le prochain disque serait de l'americana, peut-être un peu plus serein et aéré qu'à l'accoutumée.
Là où les précédents disques pouvaient davantage bastonner car peut-être conçus avec des velléités scéniques.
Les protégés de Jonathan Wilson lui même pas maladroit quand il s'agit de vouloir devenir le prochain Kurt Vile à la place de Neil Young, et qui ont été adoubés, produits et hébergés par ce dernier (il joue d'ailleurs également des percussions sur le disque), ont décidé dans un réflexe survivaliste de s'affranchir à la façon de Stephan Eicher ("ce soir, je lui annonce pas / la dernière /hécatombe") des nouvelles anxiogènes entretenues et diffusées par nos écrans à grands renforts de navigation frénétique désabusée (le doomscrolling).

S'ensuit ainsi une pop folk toute acoustique languide tantôt teintée de blues ("Ghost in the machine") tantôt de jazz - ce break insensé qui lie "Someone elses's café" (et son magnifique motif de guitare) et "Dommscroller tries to relax", le jazz grande marotte de Taylor Goldmith et ses acolytes. Il contribue à donner un tour feutré aux six longues pièces de Misadventures Of Doomscroller.
Beaucoup de fans de Dawes vont détester ce disque et son absence d'hymnes pêchus. Les autres qui n'ont  pas d'idées sur la question le voueront aux gémonies du fait de sa perfection clinique.
Tout se présente en effet comme une jam languide et sans surprise et exécutée de main de maître par d'excellents musiciens de studio (des requins diront les plus méchants). Les parties de guitares sont ciselées à l'extrême, le moindre solo semblant relever d'une perfection Gilmourienne et Pink Floydienne. Les claviers sont superbes de sobriété. Pas une aspérité, tout est lisse. Jusqu'au chant de Taylor Goldsmith qui ressemble à tant de voix blanches (voir incipit). A dire vrai, Dawes reclus dans sa tanière s'apparente à un cauchemar pour ceux qui aiment les prises de risque, un nouveau Little Feat voire pire....à un nouveau Steely Dan. Enfer !

Ce qui fait alors remporter l'adhésion haut la main pour ces musiciens angelenos, c'est la pureté des mélodies. On y revient mais "Someone else's café" jouit du gimmick guitaristique le plus infectieux entendu en 2022. "Comes in waves" et ses airs désenchantés a aussi des accents irrésistibles. Et que dire de "Joke in there somewhere" et son outro dont le nihilisme du propos (le confinement, la pandémie, l'isolement) le dispute à un refrain aérien et volatile.
Dans la catégorie "album mille et une fois entendu dont on ne peut se détacher", Misadventures of Doomscroller se pose donc un peu là. On ne sait pourquoi on aime autant ce disque et à la limite, ça n'a pas vraiment d'importance. Les Yankees ont ça dans le sang, on vous le disait.

En bref : énième tentative americana par un énième groupe de virtuoses US. Rien de neuf sous le soleil. Un disque parfait jusqu'à l'écoeurement et néanmoins irrésistible.





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Mudhoney - 20/09/22 - Paloma (Nîmes)

@sylvain mullerium

Retrouvailles enfiévrées avec le Club, même si  on aurait préféré pour toutes les parties qu'elles eussent lieu dans la plus rémunératrice Grande Salle.
Nonobstant, ce sont les angelenos psyché de HooverIII qui ouvrent le bal. Et s'avèrent bien plus énervés sur scène que sur disque où ils sonnent comme des Tame Impala mous. Ici, ce serait davantage à King Lizzard And The Lizzard Wizzard qu'ils font penser. Et la comparaison est à leur avantage.

Putain deux ans...deux ans que le public Nîmois attendait cela. Les dinosaures de la scène grunge devenue poussiéreuse sont bel et bien là : les éternellement "dans l'ombre de......", les imputrescibles Mudhoney, bien plus qu'un groupe de chemises à carreaux reviennent aux affaires dans une tournée européenne qui les mènera jusqu'à leur 11ème album studio prévu pour avril 2023.

Ils sont tous là ou presque - le bassiste Matt Lukin a depuis longtemps quitté le navire au profit du plus débonnaire Guy Maddison. Bien que décati, Dan Peters n'a rien perdu de son efficacité derrière les fûts et balance d'ailleurs son inévitable solo sur "In N out of grace". Tandis qu'affable Steve Turner a toujours cette coolitude du prof de maths sympa, semblable à celles d'un Norman Blake ou d'un Lee Barlow, et tricote tous ces soli identiques à la manière d'un Neil Young, auxquels nul ne songerait à redire.

Et il y a bien sûr Mark Arm,  très en voix qui n'oublie pas de hurler ni de vociférer ce qu'il faut tout au long de ce set de 26 titres. De "If I think" en ouverture jusqu'au rappel qui fera la part belle à d'autres anciens titres de Superfuzz Bigmuff (1988)  ou Mudhoney (1989). Les moments forts ? 'If I think", "Touch me I'm sick", qui peut vous sauver le groupe si vous le googlisez par reconnaissance vocale, "Suck you dry", "Who you drivin' now" et "Here comes sickness". Le reste est à l'avenant et à l'image du tee-shirt de Mark Arm.

Toujours verts les Mudhoney.

 


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20 septembre 2022

Blondie - Against The Odds 1974-1982 (2022)


C'est au tour de Blondie de se fendre d'une somme qui relate la totalité de son matériel des années glorieuses d'avant le split. Une édition deluxe forcément hors de prix renferme les 6 premiers albums légendaires du groupe. Assortis et c'est là l'intérêt,  de quatre albums regorgeant de (vrais) morceaux inédits ou rares, de prises alternatives (on adore) de chansons mythiques; de versions allongées (ou edit).
Universal a fait les choses bien en offrant une version expurgée du coffret pour ceux qui ont déjà tout le répertoire officiel.
Pour une centaine d'euros le fan peut ainsi s'offrir  Out In The Streets, Plaza Sound, Parallel Beats et...Blondie.

Où l'on s'aperçoit  de l'éclectisme du duo créé par le couple Debbie-Harry / Chris Stein et de leurs premiers acolytes, les mythiques Jimmy Destri (claviers) Clem "je mets des roulements partout" Burke et le furtif mais essentiel premier bassiste Gary Valentine, responsable entre autres de "(I'm always touched by your) presence, dear" et co-auteur de "X offender" et "Kung fu girls". Pop, doo wop, reggae, rop, electro sont ainsi à l'honneur.
Les adorateurs d'un des groupes phares de la scène du CBGB ne boudent pas leur plaisir d'autant qu'une part non congrue (notamment l'album Plaza Sound) fait la part belle aux deux premières oeuvres produites par Richard Gotterher, Blondie  (1976) et Plastic Letters (1977). A la vérité, les véritables inédits ne sont pas si nombreux - on note quand même une étonnante reprise du "Moonlight drive" assez rentre-dedans des Doors  et quelques autres certes plus mineurs. Mais le feu d'artifice demeure ces versions mises à plat de titres marquants. On note si on ne les possède pas déjà que les versions single de "X offender" et "In the sun" offrent non seulement des mix différents mais également un chant aux octaves inversés ("In the sun"). On découvre ravi "In the flesh" et son intro complète qui enrichit la version connue.
Surtout il y a ces prises raunchy de " A shark in jets clothing" et de "Kung fu girls" ou les synthés de Destri s'effacent au profit de pianos plus acoustiques et surtout d'une guitare de Chris Stein bien plus tranchante.
Même constat pour les nombreuses outtakes de Plastic Letters - il y en a 6 (5 hélas selon la couleur du vinyle qui privilégie soit la reprise des Doors soit "Kidnapper") ; il semble que rentrer 3' supplémentaires ait paru insurmontable aux concepteurs, quelle gabégie. Ainsi "Denis", "Bermuda triangle blues (flight 45) "I didn't the nerve to say no", "I'm on E", "Detroit 442" se voient-ils proposés avec plus ou moins de reverb, de parties de guitares, un chant issu d'une autre prise et encore et toujours ces étonnantes lectures acoustiques et dépouillés de Jimmy Destri.

Mais encore ? Les premières maquettes et versions de "Heart of glass" anciennement "Once I had a love" (dont on parvient vite à se lasser), ici une version espagnole de "Call me" là une italienne d' " Atomic" (rigolo), deux démos où le producteur Mike Chapman prend le chant (aucun intérêt), des versions instrumentales de titres de Parallel Lines ou du pas si mauvais Eat To The Beat. The Hunter (1982) est un peu délaissé mais qui s'en plaindra - on se souvient quand même que ce disque, chant du  cygne du Blondie première période, contenait le fabuleux "For Your eyes only" composé initialement pour le James Bond du même nom et inexplicablement mis au placard au profit d'une BO inepte.
Il y aussi plein de mix différents vus et corrigés par Chris Stein, un single mega rare "Yuletide throw down" avec le graphiste Fab 5 Freddy, une version extended de "Rapture"
Bref : some like it hot, some like it blonde.

En bref : pour les amoureux du mythique combo new-yorkais, voici une somme unique et pratiquement exhaustive de ce que le grand groupe eut à offrir au cours de ses folles jeunes années. Version expurgée conseillée. Indispensable.




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18 septembre 2022

The Primevals - Live A Little (1987)

Nul n'est prophète en son pays. Apparus dans leur fief de  Glasgow au tout début des eighties, ce quintette écossais fit notamment parler la poudre en Europe et notamment en France via l'excellent label New Rose qui le distribua
Déjà auteur de quelques singles, d'EP's et d'un premier effort remarqué (le formidable Sound Hole de 1986), le groupe emmené par le songwriter Michael Rooney responsable de 95% du répertoire, se démarquait d'entrée de ses compatriotes. Qui tous à l'image de The Jesus And Mary Chain, Teenage Fanclub ou Pastels marquaient le renouveau du rock calédonien dans un mode brumeux, avec distorsions certifiées British propres au rock indé de la perfide Albion sous pré-influence shoegaze.

Les Primevals s'en démarquaient, qui puisaient exclusivement leur mojo dans le rock US et le blues pionnier des prairies (le "Prairie chain" de l'album précédent). Avec la slide à l'honneur sur tous les titres : morceaux de bravoure des deux guitaristes Malcolm McDonald et Gordon Goudie. ; Rooney n'était-il pas dès le commencement obsédé par le Gun Club ?
Les thèmes des chansons empruntent invariablement à la culpabilité, à la mort, à la spiritualité, au mysticisme et doivent fièrement leur tribut au Blues du Delta ("I ain't ready for an early grave" sur la bien nommée "Early grave").
Ils n'étaient encore une fois pas nombreux à nourrir de telles influences dans le Royaume-Uni du milieu de la décennie maudite."Fertile mind", "Bleeding black" et son magnifique accompagnement de B3 ramènent immanquablement aux grandes oeuvres concomitantes de Jeffrey Lee Pierce ou bien de Green On Red voire du Dream Syndicate...en gros ce qui se faisait de mieux à la même période chez l'Oncle Sam.
Michael Rooney a de plus ce chant habité, ce timbre particulier qui lui confère quasi un âge mûr voire avancé. C'est particulièrement vrai sur les thèmes les plus douloureux que sont "Fertlie mind", "Follow her down", "My dying embers", "Bleeding black" ou "Burden of the debt"
"Fardeau", "Saignée", "Tombe" "Cendres", le champ lexical est à l'avenant de ces chansons d'auteurs qui puisent également leur influence vers le jazz destructuré d'un Captain Beefheart ou de Pharoah Sanders". Quelle bonne idée que de reprendre sur un 45 tours inclus dans l'album, le fameux "Diamonds, furcoat, champagne" de Suicide et de le parer de stridences de saxophone bienvenues.

Ceci est la face la plus expé des Primevals qui n'a pas été la plus donnée à entendre. On peut aussi citer l'ébauche d'instrumental "Pink catsuit- part one" qui dans sa version complète et hélas non comprise dans l'album original, offre toute la singularité et l'éclectisme unique de ces Ecossais obsédés par la tentation, le remords et les références Bibliques d'un Nick Cave.  

Ce qui concourt à faire de l'oeuvre des natifs de Glasgow et notamment de leurs premiers disques une production qui mérite de rester, c'est sans nul doute le savoir-faire immédiatement reconnaissable de justement leur producteur Richard Mazda. Déjà responsable du son ciselé du premier et mémorable albums des Fleshtones ainsi que d'oeuvres marquantes de The Fall, Mazda a aussi travaillé avec des funkateers tels Average White Band ou bien Neneh Cherry. Il sait mieux que personne enluminer une instrumentation riche - les Primevals étaient cinq à leur âge d'or et jouaient de plusieurs instruments.
Cette brillance du son qui n'oublie pas de bastonner à l'occasion (feedback et la basse de "Justify'') participaient ainsi pleinement au son du groupe.
Dont les deux premiers efforts étincelants et atypiques n'ont pas vieilli.

En bref  : il faut redécouvrir ce fier combo écossais qui tel de nombreux autres n'a pas obtenu un succès commercial à la hauteur de son talent ni du crédit que lui ont accordé les critiques.
                        



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07 juillet 2022

Steve Harley And Cockney Rebel - The Best Years Of Our Lives (1975)

C'est une constante : le bubblegum  et le glam rock ont été des courants aussi fugaces qu'impitoyables en termes de renommée. Plus encore que la pop sucrée et arrangée du premier courant finalement vouée à disparaître après l'émancipation des grands groupes du British Beat (Kinks, Who Pretty Things, Beatles en tête), le rock à paillettes en a laissé un paquet sur le bas-côté. Tout comme The Sweet ou Slade, Cockney Rebel a plus que connu son heure de gloire mais ne fait guère plus frétiller que l'oeil de la ménagère britannique nostalgique.

Au début des années 70, Stephen Nice qui ne se fait pas encore appeler Harley, monte un groupe dont la finalité doit être de détrôner des charts le T Rex de Marc Bolan et les Spiders From Mars de David Bowie dont il est très fan, admiration d'ailleurs réciproque. Steve, beau gosse et ambitieux est aussi omnipotent, composant tous les morceaux et élément qui aura son importance, n'entend pas déléguer. Entouré de quatre dévoués acolytes, Cockney Rebel a alors tout d'une irrésistible machine à tubes, bien inféodée aux codes du rock glitter. A un détail près : si les paillettes, les pantalons pattes d'eph et jabots de soie sont là, la rythmique basse-batterie est avantageusement complétée......d'un violon ! instrument peu en vogue autrement que chez les peu scrupuleux éléphants du prog-rock ou au sein des merveilleux Curved Air, autre groupe scandaleusement oublié.

La guitare est cependant présente mais elle ne se pavane pas comme on pourrait s'y attendre et sans lui ressembler ton pour ton, son suppléant le violon joue un peu ici le rôle du saxophone chez Roxy Music.
Le groupe fait d'emblée un carton, sort sous son premier patronyme deux premiers albums impeccables : The Human Menagerie (1973) et Psychomodo (1974). Le premier en particulier offre de purs classiques et se démarque avec une curieuse mélopée éditée en single et où le violon règne en maître ("Sebastian").
Hélas, comme le succès est là, les musiciens s'enflamment et se piquent d'ingérence au songwriting. Mais Steve Harley plus entêté et sûr de son art que quiconque, décide de virer tout le monde, de garder le nom du groupe en lui accolant savamment le sien devant. Tout le monde ?
Non car  le batteur, le moins velléitaire du lot  - on le sait, les batteurs généralement ne sont pas trop regardants-  échappe à la purge et continuera l'aventure tel un Martin Chambers chez Chrissie Hynde ou bien Jody Stephens avec Alex Chilton.

Cockney Rebel devient alors Steve Harley And Cockney Rebel  pour couper court à toute ambiguïté. Le 3ème album du groupe sera sans doute le plus couronné de succès. Un titre en particulier, la bravache "Make me smile (comme up and see me)" devient un succès au point de s'écouler à plus d'un million d'exemplaire et de devenir plus tard l'un des titres-phares du manifeste Velvet Goldmine. Repris par à peu près tout le monde, ce titre fera même l'heur du répertoire de groupes indés des 90's, dont The Wedding Present, autre oublié notoire, qui offrira la version la plus emblématique et adoubée du reste par son créateur. Mais le reste du disque est à l'avenant : "The mad mad moonlight" est ainsi cet autre titre parfait où les riffs rythmiques (la guitare a repris quelque peu ses droits) sont dignes des meilleurs Alice Cooper ou Mott The Hoople. "Mr Raffles" est une magnifique ballade au piano aux dissonances de bon aloi."It wasn't me" et "Back to the farm" sont ces autres titres en formes d'hymnes mais tout pourrait être cité.

Steve Harley And Cockney Rebel tout au long des seventies et des eighties poursuivra une longue carrière mais sera vite hors radar des encyclopédies et surtout n'égalera plus la splendeur de ses trois premiers efforts. Qu'importe : les meilleures années avaient bien eu lieu.

En bref : l'un des grands oubliés du glam rock. Excentrique mais pas trop. Pailleté évidemment.

                        


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06 juin 2022

Los Bitchos / Crack Cloud - #Festival Yeah ! (Lourmarin) - 04/06/22


8ème du nom, le festival YEAH ! de Lourmarin, arbore sans doute son édition la plus émouvante car à l'instar de moult concurrents, il a dû baisser pavillon pour les raisons que l'on sait deux années durant. Niché dans un écrin de vieilles pierres et de verdure du Lubéron, le YEAH qui a retrouvé de sa superbe la veille, fait mine de rien et bon an mal an partie des rassemblements pré-estivaux qui comptent.


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11 mai 2022

Kraftwerk - le Paloma (Nîmes) - 10/05/22


Où il fut question de musique qui ne s'arrête pas, de fission nucléaire, de transports ferroviaires et autoroutiers, de mémoire virtuelle, de coureurs cyclistes et bien de bien d'autres choses.

Deux ans quasi jour pour jour que le public sudiste attendait cela pour les raisons que l'on sait. Ralf Hütter et ses 3 acolytes ne les ont pas déçus. Impossible à l'applaudimètre de dire quel morceau de "Tour de France à "Autobahn" en passant par "Radioactivity" ou "Trans Europe Express" a le plus créé la sensation.

Toujours est-il que fidèles à un set bien rodé, les quatre de Düsseldorf ont fait intervenir les images virtuelles puis les vrais mannequins à leurs effigies sur l"imputrescible "The robots".

Emulateurs, oscillateurs, filtres, pédaliers et vocoders ; on en oublierait presque que la force de ce quatuor conceptuel réside avant tout dans une affolante collection de tubes et singles imparables que tout un chacun possède imprimée dans son cortex.

MEINE DAMENN UND HERREN AUF WIEDERSEHEN


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20 avril 2022

Swell - s/t (1990)

En 1990, la rumeur enflait : un groupe indé allait en remontrer aux charts du monde entier et...

Non, foin de fantasmes. Il n'était pas de groupe plus discret, plus confidentiel, plus best kept treasure que Swell. Et tous les efforts de Bernard Lenoir animateur zélé de nos soirées sur France Inter n'y feraient rien.

Loin des fastes du flower power, Frisco allait enfanter l'un des orchestres les plus jansénistes qui soient.


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17 avril 2022

M Ward - le Botanique (Bruxelles) - 15/04/22

 

C'est dans le cadre intimiste de la petite Orangerie du Bota de Bruxelles, théâtre de sa première venue européenne,  que M Ward offre l'une de ses initiales dates de tournée sur le Vieux Continent.

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08 avril 2022

Los Bitchos - Let The Festivities Begin! (2022)

L'époque est au chromosome XX. Un an après les vocalises enchanteresses des françaises de Gloria, surviennent les citoyennes du monde de Los Bitchos. Bitcho, littéralement "pot en terre" dans la langue de Cervantes est en fait une licence orthographique du mot qui signifie "insecte" et... n'a pas la connotation que vous voudriez idéalement lui trouver.


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03 janvier 2022

Top Dodb 2021


Même éclatées aux quatre coins de la France et sans se consulter, les oreilles de Babylone auront réussi à écouter des trucs en commun. Jazz, hip-hop, rock et soul se retrouvent et se mélangent dans ce top presque collectif, sans ordre particulier. Pour le reste, chacun aura ramené ses petits ingrédients perso dont il a le secret afin de livrer un listing impressionnant de trucs à rattraper. Qu'on ne dise pas que 2021 fût une année pauvre ! Joyeuses fêtes !

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26 décembre 2021

Geese - Projector (2021)

L'époque est aux noms de groupes cons pour les anglophones. Surtout s'ils sont inspirés par la bouffe. Qu'on en juge : chou, laitue, calmar, oies (associées au fois gras consensuel du même nom). Avec même pas et c'est dommageable, l'ajout du "the" pour faire passer la pilule, comme à l'ancienne ou lors du revival du début des années 2000. "The" mis devant un nom au singulier n'eût c'est vrai pas eu plus d'effet.

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23 décembre 2021

FACS - Present Tense (2021)

C'est entendu. Le math-rock, c'est chiant comme la pluie. Déjà cette terminologie... pompeuse, lénifiante. Qui sous-entend un préambule scientifique puisque ternaire et louvoyant vers le jazz. Un peu du reste comme cette baleine dite rock progressif... qui n'a souvent de progressif que son intitulé.

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22 décembre 2021

Clinic - Fantasy Island (2021)



Voilà plus de 20 ans que Clinic, l'un des groupes les plus originaux de son temps, poursuit son bonhomme de chemin, ayant semble-t-il trouvé un public. Précurseur dès la parution en 99 de son premier Lp (Clinic, en fait infernale collection de singles séminaux punk-arty au son surf) du port de blouses et masques chirurgicaux affichés sur scène, le groupe livepuldien, réduit au duo Ade Blackburn / Jonathan Hartley a décidé de se débarrasser de ce gimmick devenu encombrant en pleine pandémie COVID ou tout au moins de l'enrichir d'atours tropicaux. L'art du contrepied.

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21 décembre 2021

The Beach Boys - Feel Flows (The Sunflower & Surf's Up Sessions 1969-1971) - 2021


Bien sûr, l'intérêt de ce coffret qui compile deux albums essentiels
des Beach Boys des seventies, c'est bien de posséder la version ultimate (4 vinyle    s). Autrement, il ne s'agit que des bandes remasterisées d'un chef d'oeuvre (Surf's Up), d'un presque chef d'oeuvre (Sunflower) agrémentés certes de faces B essentielles mais déjà disponibles et notamment, de versions live de grands titres ("It's about time", "Surf's Up", "This whole world") plus ou moins d'époque.

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