12 décembre 2013

Jonathan Wilson - Fanfare (2013)

L'Américain Jonathan Wilson est sans conteste la meilleure découverte de ces deux dernières années dans la catégorie très fermée des compositeurs interprètes multi-instrumentistes et producteurs. Véritable touche à tout, discret malgré un emploi du temps très chargé et une aura qui ne cesse de grandir, il livre cette année son deuxième album et successeur au non moins indispensable Gentle Spirit sorti en 2011. Ne tournons pas autour du pot, Fanfare est amené à compter pour tous les mélomanes de la planète. Autopsie d'un classique instantané.

Originaire de Caroline du Nord mais adopté depuis longtemps par la Californie, Jonathan Wilson est un prodige de la musique. Ancien batteur jazz, fan de Monk et Coltrane mais aussi et surtout de David Gilmour, c'est une bête de studio de 39 ans qui n'a pas hésité cette année à produire des disques pour les autres, tout en menant de front la réalisation de cet album monument enregistré en neuf mois au Fivestarsudio de Los Angeles, en analogique s'il vous plait.

Cet album donc, est un véritable voyage au pays des standards du rock et de la folk west-coast des 70's. Une vision panorama inspirée d'une époque où régnaient Dylan, le Grateful Dead, Santana ou Dennis Wilson (aucun rapport, fils unique). En somme une déclaration d'amour à la musique incarnée par un album parfait de soft-rock progressif, pour ceux qui apprécient encore en 2013 les soli de guitare, les breaks sous acide, les cuivres et autres pianos vintage.

Qui dit grand album dit grandes chansons. Et Fanfare en compte un bon paquet. A commencer par ce qui est peut-être Le morceau de 2013 à mon goût, à savoir l'immense "Lovestrong". Intro au piano Steinway, voix d'ange intemporelle (parce qu'en plus le bougre chante merveilleusement bien), harmonies célestes, son cristallin et puis à 2'15" le solo de guitare estampillé Pink Floyd. Jamais à court de tiroirs dans ses morceaux, Wilson fait apparaître l’orgue à 3'40" et la direction change à nouveau, pour mieux revenir vers une conclusion intimiste et chantée non sans être passé par quelques ponts mélodiques incroyables (à 4'58" notamment). Quelque chose de grand, magnifié en live, Wilson y étirant chaque morceau jusqu’à en faire une cathédrale.

Pour succéder aux sommets qu'étaient "Gentle spirit" et "Desert Raven" sur le précédent album, Jonathan Wilson ne se contente pas de son désormais incontournable "Lovestrong" mais aligne des pièces toutes plus folles les unes que les autres : "Dear Friend" notamment, qui assoie une fois de plus son statut de guitar hero, mais aussi "Fazon" et son intro au saxophone (on pense à Marcos Valle), ou encore "Cecil Taylor" avec la participation vocale de David Crosby et Graham Nash, rien que ça. D'ailleurs les invités surprise sont l'autre attraction de ce disque puisqu'en plus des deux compères de Still et Young on retrouve aux arrangements de cordes Patrick Sansoone de Wilco, Josh Tillman de Father John Misty aux choeurs, mais aussi le grand Jackson Browne. J'en passe et des meilleurs et vous renvoie vers l'imposante liste descriptive du liner notes du disque vinyle, à posséder obligatoirement ne serait-ce que pour profiter en grand format de ce détournement de La Création D'Adam de Michel-Ange.

En bref : d'ores et déjà classique intemporel de soft-rock progressif californien, Fanfare expose au grand jour les multiples talents de Jonathan Wilson, à la fois producteur orfèvre, guitar hero et compositeur hors pair. Indispensable à tout mélomane en manque de sensations.





Le site officiel

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"Lovestrong" en live :

3 Comments:

HIPHOP said...

tout ça a l'air très excitant
je me permets de faire mon petit maître Capello du Jazz pour dire que Cecil Taylor est un pianiste Free passé maître dans l'art de percuter l'ivoire, mais c'est peu-être sans rapport…
bises

Slawyer said...

Merci pour cette critique enthousiaste. Je n'ai pas pu résister à l'acheter. C'est superbe et riche. L'album que j'attendais depuis des mois, une merveille.

Anonyme said...

Ecouter les deux albums de Jonathan Wilson c'est déjà super, mais en live c'est une pure merveille: beaucoup plus électrique et envolé que sur ses disques Jonathan Wilson nous fait voyager dans le temps avec ses concerts animés d'un esprit 70's. Que du bonheur!