08 décembre 2012

The Bewitched Hands - Vampiric Way (2012)

Bon il semble qu'il soit maintenant temps de décréter l'émergence d'une internationale hippie, sous couvert d'orfèvrerie pop. The Bewitched Hands, talentueux et très crédible représentant d'icelle en sera la comète française. 

Cette nébuleuse de groupes alliant en effet le choral, la mixité chère aux groupes folk des deux "grandes décennies", Mamas and Papas et Jefferson Airplane en tête plus toutes les merveilles de la folk britannique des 70's, a offert depuis presque une décennie une passerelle nord-américaine allant de Montréal (Arcade Fire) à LA (Bodies Of Water, Family Of The Year), sans oublier nos Crâne Angels nationaux, que des groupes chéris ici !

Il faudra désormais compter avec la formation rémoise aux mains ensorcelées qui a tout pour faire parler d'elle et bien vivre de son art. D'abord un visuel qui ne manque pas d'interpeller pour son deuxième album, qui offre  des similitudes de ton et de contraste troublant avec le dernier John Cale.

Riche d'une formation étoffée -5 gars et une fille  même si en abandonnant une partie de son encombrant patronyme la formation a également perdu un membre- The Bewitched Hands a semble-t-il franchi un cap avec son deuxième opus après un premier déjà très réussi et que l'on devinait riche en mélodies rafraichissantes. Le son s'est simplement étoffé, conférant une meilleure densité et cohésion aux chansons.

Ouverture magistrale et liturgique avec ce "Westminster" qui donne le ton d'une formidable escouade de copains chantant à l'unisson avec un plaisir non feint.

Ici ou là et sur certains réseaux sont nées certaines moqueries tendant à discréditer gratuitement l'accent anglais, les textes des Bewitched Hands ; pourtant, et  si la première pique est nulle et non avenue (je défie quiconque d'affirmer les yeux fermés la nationalité du collectif), le deuxième est en effet totalement assumé par le groupe.

Ici on pense léger, on ne se prend pas la tête et sous des bluettes d'apparence inoffensive, l'on signe des morceaux redoutables.

Ce n'est pas la moindre force des Bewitched Hands que de transformer un essai casse-gueule ("Words Can Let You Down"  c'est-à-dire une mélodie totalement cheesy et utilisant notamment l'inénarrable son de Roland JP8 cher au groupe Europe (et à HIPHOP) dans les années 80, sous mode cuivres krapock ! Pour en faire à  l'arrivée, peut-être l'une des meilleures chansons du disque.

Et puis, que penser de ces "Thank You Goodbye It's Over", "She Bewitched Me", "Boss " qui emprunte autant au "Our House" de Madness qu'au "Eyes Without A Face" de Billy Idol (!),  prouvant ainsi son attachement aux 80's, malgré le manifeste intitulé "Fifties Are Good". Si ce n'est qu'il paraît difficile de leur résister, tout comme il sera ardu de rester de marbre face au crescendo souverain de "Ah !Ah !Ah!Ah!" - depuis Manfred Mann et son Ha Ha Said  The Clown", avait-on utilisé cette interjection  pour titre ?
Toutes ces choses fonctionnant comme autant de vocalises, d'hymnes définitifs.

Hymnes au dancefloor aussi grâce au chaloupé "Let Me" et l'infernale tournerie de  "The Laws Of Walls" qui clôture en beauté un disque sans temps mort et qui augure d'un avenir souriant pour ses auteurs.

En bref : après un coup d'essai mené de main de maître, les babas poppy rémois  s'imposent comme l'un des nouveaux fers de lance d'un genre choral très arrangé mais surtout très bien écrit, offrant ainsi un pont aérien avec la vivace scène californienne.  L'avenir leur appartient.




le Myspace

"Westminster" :

 


  "The Laws Of Walls" :


6 Comments:

Prayer said...

J'adore ce groupe depuis son premier album. C'est frais, c'est beau et bon. Il me semble inutile de nier leur accent français pour le moins marqué qui doit leur valoir une attention particulière des américaines, elles raffolent de cette particularité frenchie. C'est un atout made in France, pour une fois qu'un groupe assume!

Nickx said...

Ecoute, angliciste moi même et étant appelé à écouter beaucoup de choses "engliches", leur accent prétendûment franchouillard n'est pas la chose qui saute le plus aux yeux !

En quoi serait-il plus marqué par exemple que celui de Phoenix, Air ou qui on voudra ? Qu'on ne stigmatise pas de la sorte ?

Non, on est loin du phrasé de feu Dominique Laboubée des Dogs quand même !

Du reste, et comme tu le soulignes, le plus important reste la musique ; puisque les BH eux-mêmes revendiquent un certain amateurisme, une non prise de tête dans leur démarche !

Là où je diffère un peu de ton point de vue -et même si je leur souhaite le meilleur succès outre-Atlantique- c'est que je ne vois pas en quoi leur musique -leur accent frenchy, revenons là-dessus- les servirait aux yeux des américains....vu que leur musique n'a rien de française en tant que telle !

Comme dès lors, ceux qui soulignent leurs lacunes supposées le font pour minimiser ou dénigrer leur musique (voir les commentaires supra débiles sur Deezer) je ne vois pas trop l'intérêt en effet de mettre en exergue leur accent !

Tu fermes les yeux, tu écoutes le geek de Metronomy chanter, tu écoutes juste après anthonin des Betwitched hands, tu vois une si grande différence que ça toi ?

HIPHOP said...

slt nickxx
je t'avoue que ça ne m'avait pas du tout renversé à la première écoute
mais je vais réessayer
j

Nickx said...

Oui, c'est une bonne idée ! D'ailleurs, moi aussi j'avais été un peu hermétique lors de la sortie du premier album !

A bientôt "in the flesh" !

Et bises à madame HIPHOP et à ses filles !

Ju said...

Je n'ai pas encore écouté cet album, mais j'avais plutôt bien apprécié le premier.

Dans le genre, en France, ils sont à placer aux côtés des Crane Angels.

Bises!

Nickx said...

Tout à fait !