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10 juin 2018
Bossa Jazz / The birth of hard bossa, samba jazz and the evolution of brazilian fusion (62-73)
Voilà une super compil' sortie chez Soul Jazz Records, il y a déjà sept ans. Si vous avez envie d'être un peu décoiffé, marre de la variét' et de la chanson française festive, du stoner rock, de la neo cold wave, bref des trucs bien plats et bien chiants (mais qui vendent), et bien c'est ce qu'il vous faut. Le soleil en plus!
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18 juin 2014
Gigi Masin - Talk To The Sea (2014)
Je n’avais jamais entendu parler de Gigi Masin il y a encore six mois. C’est au jeune label Music From Memory que je dois cette découverte, grâce à sa salutaire initiative de compiler, pour sa deuxième sortie, le meilleur du compositeur italien sur deux vinyles. Les morceaux réunis ici couvrent une période de 25 ans, entre 1985 et 2010. La moitié d’entre eux sont inédits, les autres sont sortis sur divers albums, compilations et B.O. de films. Relativement méconnu, Gigi Masin évoluait dans le microscopique underground vénitien dans les années 80 et produisait des œuvres au croisement de l’ambient, du new age et de la musique contemporaine. Ignorés pendant longtemps, ses albums, en particulier Wind, ont été redécouverts ces dernières années, samplés par des dizaines d’artistes, de Björk à To Rococo Rot en passant par le beatmaker japonais Nujabes.
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Catégories : Ambient, Chroniques, Compilation, Electronica, Experimental
31 juillet 2013
Finis Africae - A Last Discovery : The Essential Recordings 1984 - 2001 (2013)
C'est un objet musical rare et hors du commun. Une découverte qui exciterait les sens tels ceux d'un enfant qui trouverait un objet d'une quelconque valeur enfoui dans le sol. Une sorte de trésor auditif caché pendant des années par quelques initiés qui auraient jalousement gardé le secret. Avec ses parfums d'exotisme, de mystère, de mystique, d'inexploré et d'érudition latine, la mention Finis Africae suscite déjà en soi une curiosité certaine. Ces "confins de l'Afrique" ont en effet longtemps nourri de nombreux fantasmes. Le continent noir comme la terre d'une exploration infinie, comme le serait aujourd'hui celui de la musique. Elle a d'ailleurs été choisie en référence au livre d'Umberto Eco, Le Nom de la rose, pour désigner les livres "interdits" de la bibliothèque… Une mise à l'Index qui ne devrait pas s'appliquer à cet album. Même si derrière ces compositions en majorité expérimentales, se cache presque inévitablement une dimension ésotérique.
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Publié par Antoine 2 commentaires
Catégories : Chroniques, Compilation, Experimental, Folk, New wave, Pop, World
02 juillet 2013
Dunkelziffer - Retrospection Obi Set (2013)
Projet parallèle de plusieurs membres de Can, du futur Phantom Band et d'autres formations de Cologne, Dunkelziffer méritait bien une rétrospective. D'abord parce que la plupart de leurs disques sont aujourd'hui difficiles à se procurer. Ensuite parce que le super-groupe a commis, de 1982 à 1989, certains des plus beaux grooves de l'histoire du krautrock, en le tintant de dub, de jazz, de new wave ou de funk. C'est Emotional Rescue, un jeune label britannique, habituellement versé dans le disco déviant, qui a eu la bonne idée de regrouper ses meilleurs titres en 3 EP formant une luxueuse compilation.
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Publié par Dave 0 commentaires
Catégories : Ambient, Chroniques, Compilation, Dub, Experimental, Funk, Kraut, Post-punk
20 juin 2013
VA - Masse (2013)
Il est assez rare de se prendre une véritable claque musicale pour ne pas en parler. Surtout quand il s'agit d'une compilation. L'objet nous vient tout droit d'Allemagne, de Berlin plus précisément. Et c'est au label Ostgut Ton, le label du club phare de la capitale, le Berghain, que l'on doit cette petite prouesse. Masse impressionne d'abord par son poids et son architecture. Trois parties distinctes et indépendantes qui nous donnent un petit aperçu de quoi sont capables nos voisins d'outre-Rhin. On retrouve avec surprise un grand nom de l'électronique, Henrik Schwarz. Plus la peine de présenter le bonhomme. Ses albums, divers maxis et innombrables autres remixes ont déjà fait plusieurs fois le tour du monde et fait danser plusieurs milliers de personnes sur la planète. C'est ensuite au tour de Marcel Dettmann et du plus discret Frank Wiedemann - la moitié de Âme - qui composent ensemble pour l'occasion. Plus discrets, mais non moins importants, ces deux noms-là ne sont pas inconnu pour tout bon amateur de minimale et de techno allemande. Le dernier, DIN, collaboration de Phillip Sollemann et Marcel Fengler qui ont créé un nouvel alias pour la compilation. On n'ira pas reprocher à la maison Berghain de faire tourner ses effectifs. On la remerciera plutôt de nous livrer et de diffuser encore une électronique d'excellente facture.
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Publié par Antoine 1 commentaires
Catégories : Ambient, Chroniques, Compilation, Electro, House, Techno
01 février 2013
Various Artists – Anthology Of American Folk Music (1952)
C'est à ce jour l'une des plus importantes et des plus volumineuses anthologie de la musique populaire américaine. Publiée dans une première édition, il y a maintenant plus de 60 ans, elle concentre dans six albums pas moins de 84 morceaux de folk, de blues et de musique country. C'est également et surtout une invitation de premier choix pour (re)découvrir les racines profondes de ce brassage culturel et musical qui a pu germer de ce terreau nord-américain. Une terra nova chargée de promesses, d'accomplissements et de désillusions pour tous ceux qui se sont embarqués dans cette traversée de l'Atlantique. Car c'est bien de la terre dont il est question. De ses hommes et de ses femmes qui ont contribué à sa découverte et à sa conquête. D'histoires quotidiennes et ordinaires. De destins infimes et foncièrement humains.
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Catégories : Blues, Chroniques, Compilation, Country, Folk, Gospel
25 mai 2012
VA - Personal Space : Electronic Soul 1974-1984 (2012)
L’émergence des synthétiseurs et des boîtes à rythmes bon marché, qui a si profondément chamboulé le punk et la musique britannique en général en installant la culture du Do It Yourself, n’a pas épargné la soul et le funk. On sait comment Sly Stone, Shuggie Otis et bien d’autres ont intégré avec succès ces nouveaux outils à leurs productions, au début des 70s. On connaît moins ceux qui, dans leur sillage, enregistraient sur des 4 pistes dans le secret de leurs chambres à coucher, de leurs caves ou de leurs cuisines, un peu partout sur le sol américain. Sorti par Chocolate Industries et Numero Group, Personal Space : Electronic Soul présente le travail de certains de ces illuminés plus ou moins anonymes qui tentaient, avec un matos des plus rudimentaires, de reproduire les orchestrations des grands noms de l’époque ou traçaient, qu’ils en soient conscients ou non, de nouvelles voies pour la musique électronique. Une partie du plaisir que procure cette compilation provient d’ailleurs de l’écart entre ce qu’ils voulaient probablement produire et le résultat final.
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Publié par Dave 0 commentaires
Catégories : Chroniques, Compilation, Electro, Experimental, Funk, Lo Fi, Soul
10 mai 2012
The Burrell Brothers - The Nu Groove Years 1988-1992 (2012)
En 1988, au moment où le tout premier disque estampillé Nu Groove ("Feel The Luv") est pressé, New York n’a pas encore été cleané par Rudolf Giuliani et sa tolérance zéro. Le Paradise Garage est fermé depuis quelques mois, mais Larry Levan n’a pas encore été emporté par le Sida, et des clubs comme la Sound Factory, le Zanzibar ou le Roxy sont à leur apogée. Peu à peu, la musique des pionniers de Chicago commence à cartonner, à travers des labels comme Trax et DJ International, et les artistes new yorkais s’engouffrent dans leur sillage deep et acid tout en conservant leurs propres influences : le disco soulful local et sa variante garage, venue du New Jersey voisin, avec ses accents gospel. C’est une période de créativité folle, une foule de labels émerge, parmi lesquels Strictly Rhythm en 1989 et Nervous Records en 1991, mais le plus légendaire d’entre eux est sans doute Nu Groove.
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16 février 2012
VA - Music For Dancefloors : The Cream Of The Chappell Music Library Sessions (2001)
Chappell est l’un des grands labels historiques de la library music, cette musique souvent désignée comme « légère » destinée à illustrer les programmes de radio et de télévision, des années 60 aux années 80. A cette époque où l’on n’utilisait pas encore systématiquement "You’re Beautiful" de James Blunt pour souligner l’émotion de telle ou telle séquence, les chaînes et stations pouvaient piocher dans un catalogue immense mis à disposition par des labels aujourd’hui mythiques, comme les Français Patchwork, Neuilly et Télé Music, ou les Britanniques KPM et Chappell. Elles pouvaient y trouver toutes sortes de sonorités, de la pop psyché au jazz funk en passant par l’exotica, le disco et les bidouillages de pionniers électroniques. Pour chaque ambiance souhaitée, elles pouvaient choisir parmi des milliers d'instrumentaux, souvent classés par thématiques et affublés de titres descriptifs.
Contrairement aux a priori sur la légèreté de la library, qui ne serait qu’un parent pauvre de la musique de films, tout ce pan un peu oublié de la musique du 20e siècle ne manque pas de consistance. Parmi ses figures de proue, on trouve toutes sortes de profils : anciens musiciens classique, touche-à-tout de génie, musiciens de studio et ingénieurs du son de luxe, hommes de l’ombre de la variète, pionniers du disco... Une sacrée galerie d’iconoclastes et d’innovateurs. Et c’est bien souvent dans le cadre de la musique d’illustration que ces artistes ont produit leurs œuvres les plus personnelles et les plus audacieuses.
Cette compilation sortie par Strut en 2001 me semble un bon moyen d’approcher cette sphère musicale pour les non-initiés, d’abord parce qu’elle se concentre sur l’aspect le plus funky et donc le plus accessible de la library, ensuite parce qu’elle présente un joli éventail d’artistes essentiels à travers certains de leurs meilleurs titres, sélectionnés parmi des milliers d’enregistrements. En dehors d’un interlude inutile (« Erotica 1 »), tous les morceaux sont excellents et ont ce petit côté exotique et tripé qui les distingue du jazz-funk ou de la pop plus classiques. Evidemment certains n’y verront que de la musique d’ascenseur. Je ne peux rien pour eux.




Un peu plus connu que les autres car samplé par Madlib et DangerDoom et présent sur moult compilations (dont le vol. 4 des Dusty Fingers), "Misty Canyon" de l’Australien Sven Libaek est sans doute celui qui a le moins vieilli. La nonchalance exquise du riff de guitare, la densité des cordes et des cuivres, l’efficacité des breaks de batterie, la beauté des soli de sax et de vibraphone, tout est réuni pour faire de cette petite pièce d’à peine plus de 2 :30 un chef-d’œuvre intemporel. Si.
Contrairement aux a priori sur la légèreté de la library, qui ne serait qu’un parent pauvre de la musique de films, tout ce pan un peu oublié de la musique du 20e siècle ne manque pas de consistance. Parmi ses figures de proue, on trouve toutes sortes de profils : anciens musiciens classique, touche-à-tout de génie, musiciens de studio et ingénieurs du son de luxe, hommes de l’ombre de la variète, pionniers du disco... Une sacrée galerie d’iconoclastes et d’innovateurs. Et c’est bien souvent dans le cadre de la musique d’illustration que ces artistes ont produit leurs œuvres les plus personnelles et les plus audacieuses.
Cette compilation sortie par Strut en 2001 me semble un bon moyen d’approcher cette sphère musicale pour les non-initiés, d’abord parce qu’elle se concentre sur l’aspect le plus funky et donc le plus accessible de la library, ensuite parce qu’elle présente un joli éventail d’artistes essentiels à travers certains de leurs meilleurs titres, sélectionnés parmi des milliers d’enregistrements. En dehors d’un interlude inutile (« Erotica 1 »), tous les morceaux sont excellents et ont ce petit côté exotique et tripé qui les distingue du jazz-funk ou de la pop plus classiques. Evidemment certains n’y verront que de la musique d’ascenseur. Je ne peux rien pour eux.




Un peu plus connu que les autres car samplé par Madlib et DangerDoom et présent sur moult compilations (dont le vol. 4 des Dusty Fingers), "Misty Canyon" de l’Australien Sven Libaek est sans doute celui qui a le moins vieilli. La nonchalance exquise du riff de guitare, la densité des cordes et des cuivres, l’efficacité des breaks de batterie, la beauté des soli de sax et de vibraphone, tout est réuni pour faire de cette petite pièce d’à peine plus de 2 :30 un chef-d’œuvre intemporel. Si.
"Safari Park", du génialissime Roger Roger, n’a pas non plus pris une ride. On voit à quel point ce type de groove a pu inspirer des maîtres du downtempo moderne comme Herbaliser ou Nightmares On Wax.
La plupart des autres titres ont un côté plus vintage, mais qui fait partie intégrante du charme et de l’ambiance de la compile. On passe de la funk survoltée d’Irving Martin et Brian Dee à des grooves soyeux et scintillants comme le "Discovery" de Brian Bennett ou le "Rainbow Bridge" de Paul Dupont & His Orchestra. Ici ou là, on a droit à une petite pièce de pop psyché à l’ancienne ("Following You" de Pierre Dutour, "Psychedelic Portrait" de Jean-Claude Petit et son Orchestre), ou à un détour par l’Amérique du Sud, comme sur le très brésilien "Five Plus Four" d’Al Newman, ou sur le délicieux "Exotica" d’Ole Jensen, qui évoque une version soft de Les Baxter.
C’est un festin de percussions étranges, de vibraphone et d’orgue, de trouvailles sonores en tous genres. Après ça, il serait étonnant de ne pas avoir envie de fouiller dans le gigantesque répertoire de la library music. Dans ce cas, faites un tour sur les nombreux blogs de collectionneurs, qui font véritablement un travail d’utilité publique en tentant de conserver ce patrimoine contre vents et marées. Donc allez-y, pendant qu’il en est encore temps…
A noter : la version CD ne contient pas tous les titres de la version vinyle (2xLP). Les autres volumes de Music For Dancefloors, consacrés aux labels KPM et Bosworth, sont également très recommandés.
En bref : une sélection des meilleurs titres d’un des labels les plus importants de la library music. Entre jazz-funk, pop psyché et exotica, c’est un excellent moyen d’aborder cette niche obscure et passionnante de la musique du XXème siècle.

Le site de Strut Records
A lire aussi : Shake Sauvage - French Soundtracks 1968-1973
La plupart des autres titres ont un côté plus vintage, mais qui fait partie intégrante du charme et de l’ambiance de la compile. On passe de la funk survoltée d’Irving Martin et Brian Dee à des grooves soyeux et scintillants comme le "Discovery" de Brian Bennett ou le "Rainbow Bridge" de Paul Dupont & His Orchestra. Ici ou là, on a droit à une petite pièce de pop psyché à l’ancienne ("Following You" de Pierre Dutour, "Psychedelic Portrait" de Jean-Claude Petit et son Orchestre), ou à un détour par l’Amérique du Sud, comme sur le très brésilien "Five Plus Four" d’Al Newman, ou sur le délicieux "Exotica" d’Ole Jensen, qui évoque une version soft de Les Baxter.
C’est un festin de percussions étranges, de vibraphone et d’orgue, de trouvailles sonores en tous genres. Après ça, il serait étonnant de ne pas avoir envie de fouiller dans le gigantesque répertoire de la library music. Dans ce cas, faites un tour sur les nombreux blogs de collectionneurs, qui font véritablement un travail d’utilité publique en tentant de conserver ce patrimoine contre vents et marées. Donc allez-y, pendant qu’il en est encore temps…
A noter : la version CD ne contient pas tous les titres de la version vinyle (2xLP). Les autres volumes de Music For Dancefloors, consacrés aux labels KPM et Bosworth, sont également très recommandés.
En bref : une sélection des meilleurs titres d’un des labels les plus importants de la library music. Entre jazz-funk, pop psyché et exotica, c’est un excellent moyen d’aborder cette niche obscure et passionnante de la musique du XXème siècle.

Le site de Strut Records
A lire aussi : Shake Sauvage - French Soundtracks 1968-1973
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Publié par Dave 5 commentaires
Catégories : Chroniques, Compilation, Easy Listening, Funk, Instrumental, Jazz, Library, Psyché
10 février 2011
VA - ESP Institute - Concentration Vol. 1 (2010)
Andrew Hogge, alias Lovefingers, n’est pas un inconnu pour ceux qui s’intéressent au disco déviant et aux musiques obscures des décennies 70 et 80. Pendant des années, il a contribué, grâce à son blog, à faire redécouvrir des centaines de perles méconnues qu’il ne s’est jamais fait prier pour remixer. Le 1er janvier 2010, le natif de Californie, aujourd’hui installé à Brooklyn, a posté un message fort bref pour annoncer la fermeture de ce fameux blog : "New decade, new projects", annonçait-il. Son nouveau projet n’a pas tardé à voir le jour. Label "philanthropique et pédagogique", comme se plaît à le définir son créateur, ESP Institute a sorti, l'été dernier, le premier volume d'une série de compilations dont les bénéfices sont reversés à une association de soutien des jeunes en difficulté via l’étude et la pratique de la musique, basée à LA.Au-delà de la bonne cause, Concentration Volume 1 est surtout l’occasion de faire connaissance, si ce n’est déjà le cas, avec une sélection d’artistes parmi les plus talentueux des scènes cosmic et balearic. On a affaire à une belle brochette de nerds qui possèdent d’extensives collections de vinyles rares et oubliés et s’amusent à en faire des edits plus ou moins discoïsants. Ces gars-là savent que tout est bon pour faire triper les dandys barbus, hippies numériques et autres végétariens drogués : deep funk, pop, kraut, tropicalia, soft rock, bandes-sons de navets italiens… L’essentiel étant d’y infuser une dose significative de percussions, wah wah, cuivres, basses slapées et samples new age, et bien entendu des tonnes de synthétiseurs.
Le patron se charge lui-même de l’entrée en matière avec son impressionnante version de "Pescador" (de Sesto Falconi), introduite par un beat housey en sourdine avant de dérouler des guitares floydiennes et de s'achever en mode free jazz dans une mêlée de flûtes et de clochettes. Bumrocks enchaîne dans une veine pop psyché, mais y injecte des chœurs disco pour faire de "Piedra" une petite tuerie vintage. Parmi les autres incontournables : le drôle de reggae afro et moite des Japonais de Cos/Mes, la relecture par le Suisse Lexx d’une chanson de variété italienne au riff de synthé particulièrement obsédant ("Questo Amore", de Lucio Battisti - 1980), ou encore le blues speedé de "Rocks In Me" (d’Alexis Le-Tan & Lee Douglas), sa ligne de basse à réveiller un mort et son harmonica déglingué.
Ces titres absolument énormes en côtoient d’autres plus anodins, mais la qualité de l’ensemble reste élevée, suffisamment en tout cas pour espérer qu’un deuxième volet arrive très bientôt, et que ce beau projet s’inscrive dans la durée. En attendant je ne saurais trop vous recommander d’explorer le catalogue d’ESP Institute, les travaux de Lovefingers seul ou avec Lee Douglas au sein de Stallions, et les sorties de son autre label, Black Disco.
A noter : la compile n’est sortie qu’en CD mais certains titres sont disponibles sous la forme de 2 samplers vinyles.
En bref : il fait bon chiller avec Lovefingers et sa tribu internationale de barbus cosmiques, qui nous offrent ici une collection de remixes et edits d’obscurs joyaux funk, rock, afro et disco des années 70/80. Savamment psychédélique.

Le site de l'ESP Institute
A lire aussi : Gala Drop - Overcoat Heat EP (2010)
"Pescador", de Lovefingers :
"Piedra", de Bumrocks (edit de "California Music", de Curt Boettcher):
"Verliebt", de Lexx :
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Publié par Dave 2 commentaires
Catégories : Chroniques, Compilation, Disco, Easy Listening, Electro, Funk, Psyché
27 janvier 2011
Various Artists - Compilation Dynamo #1 (2011)
C’est une grande première, l’association bordelaise Dynamo sort sa toute première compilation disponible gratuitement en ligne sur Bandcamp samedi. Dynamo c’est quoi ? C’est donc une association mais bien plus encore : web label, bookeur, promoteur, tous les moyens sont bons pour défendre la création. Pour eux la culture doit être alternative, originale, équitable et durable. De bien grands mots dont on prend pleine conscience à l’écoute de cet échantillon représentatif de huit titres pour quatre artistes musicalement très différents, mais philosophiquement très proches.
En premier lieu il y a Les Barbises. Cinq petits gars étonnants qui ne manquent pas d’imagination ni de poésie. Ils viennent de Bordeaux, allient l’image et le son, et surtout ils chantent en français et avec brio une pop futuriste sur laquelle tout le monde se serait planté. Pour les représenter on a "Les roses", titre de pop 60’s mid tempo avec arpèges estivaux à la Kings Of Convenience, et "Amante", morceau galopant de piano/guitare à fière allure également.
La "star" de cette sélection c’est un peu Leopold Skin. Damien Fahnauer le folkeux de Clermont-Ferrand a déjà fait son petit bonhomme de chemin avec un somptueux deuxième album sorti récemment chez Kütü Folk. Il nous propose ici deux morceaux, "Lonesome & cold" et "I see moutains". Pour les deux on retrouve la même recette qui a fait ses preuves : introduction toute en délicatesse, petits arpèges de guitare, cette voix à la fois intimiste et élégiaque, des chœurs, puis enfin une orchestration qui monte crescendo vers des sommets électriques.

Encore dans un genre différent, on retrouve Moon, des bordelais émigrés à Paris, rattachés depuis le tout début au projet Dynamo. Et deux titres ("Red moon" et "Help me please") suffisent également pour comprendre que leur musique est à la fois harmonieuse et dynamique, pop et rock en somme. Les guitares se font soit acoustiques soit électriques, mais sont toujours réfléchies et bien placées. La voix elle est romantique à souhait. On a envie de les voir sur scène.
Enfin, il y a les autres bordelais de Good Old Days avec "Brains are fake" et "Life in run". Eux aussi chantent en anglais dans un esprit simple et vintage, entre hier et aujourd’hui. Les guitares y sont incisives comme du bon Strokes et si l’on ferme les yeux on a vite fait de se sentir en pleine période blues rock californienne période 60’s, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Et pour les plus curieux qui se demanderont "Pourquoi une girafe ?", mis-à-part le fait que l’on retrouve des éléments naturels chez tous ces artistes, ce serait pour représenter la grande taille et l’originalité, tout en gardant les pieds sur terre, avec élégance. Bel esprit.
En bref : 8 titres de belle qualité qui permettent de lever le voile sur l’esprit Dynamo et sur ses activités. On n’a plus qu’une envie, découvrir live cette nébuleuse d’artistes pop, folk et rock autour d’un bon goûter.

Myspaces : Dynamo, Les Barbises, Leopold Skin, Moon, Good Old Days
Artwork : Sarrah Herranz
Contacts : assodynamo@gmail.com / bookingdynamo@gmail.com
Les Barbises :
Leopold Skin :
En premier lieu il y a Les Barbises. Cinq petits gars étonnants qui ne manquent pas d’imagination ni de poésie. Ils viennent de Bordeaux, allient l’image et le son, et surtout ils chantent en français et avec brio une pop futuriste sur laquelle tout le monde se serait planté. Pour les représenter on a "Les roses", titre de pop 60’s mid tempo avec arpèges estivaux à la Kings Of Convenience, et "Amante", morceau galopant de piano/guitare à fière allure également.
La "star" de cette sélection c’est un peu Leopold Skin. Damien Fahnauer le folkeux de Clermont-Ferrand a déjà fait son petit bonhomme de chemin avec un somptueux deuxième album sorti récemment chez Kütü Folk. Il nous propose ici deux morceaux, "Lonesome & cold" et "I see moutains". Pour les deux on retrouve la même recette qui a fait ses preuves : introduction toute en délicatesse, petits arpèges de guitare, cette voix à la fois intimiste et élégiaque, des chœurs, puis enfin une orchestration qui monte crescendo vers des sommets électriques.

Encore dans un genre différent, on retrouve Moon, des bordelais émigrés à Paris, rattachés depuis le tout début au projet Dynamo. Et deux titres ("Red moon" et "Help me please") suffisent également pour comprendre que leur musique est à la fois harmonieuse et dynamique, pop et rock en somme. Les guitares se font soit acoustiques soit électriques, mais sont toujours réfléchies et bien placées. La voix elle est romantique à souhait. On a envie de les voir sur scène.
Enfin, il y a les autres bordelais de Good Old Days avec "Brains are fake" et "Life in run". Eux aussi chantent en anglais dans un esprit simple et vintage, entre hier et aujourd’hui. Les guitares y sont incisives comme du bon Strokes et si l’on ferme les yeux on a vite fait de se sentir en pleine période blues rock californienne période 60’s, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Et pour les plus curieux qui se demanderont "Pourquoi une girafe ?", mis-à-part le fait que l’on retrouve des éléments naturels chez tous ces artistes, ce serait pour représenter la grande taille et l’originalité, tout en gardant les pieds sur terre, avec élégance. Bel esprit.
En bref : 8 titres de belle qualité qui permettent de lever le voile sur l’esprit Dynamo et sur ses activités. On n’a plus qu’une envie, découvrir live cette nébuleuse d’artistes pop, folk et rock autour d’un bon goûter.

Myspaces : Dynamo, Les Barbises, Leopold Skin, Moon, Good Old Days
Artwork : Sarrah Herranz
Contacts : assodynamo@gmail.com / bookingdynamo@gmail.com
Les Barbises :
Leopold Skin :
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05 janvier 2011
Interview - Franck Rabeyrolles (Double U) pour la sortie de la compile Wooly Jumpers (Wool Recordings)
Franck Rabeyrolles aime tricoter du bon son. Le patron du label montpelliérain Wool Recordings sort la première compilation de la maison : Wooly Jumpers ,un petit bijou de dix-huit titres. On y retrouve des perles inédites, d’autres difficiles à trouver car sorties en édition limitée en vinyles. Il y a là des invités et des artistes du label. Un précieux sésame pour découvrir l’univers subtil de ce label à sensibilité post-folk, entre musique psychédélique, influences seventies et sonorités électroniques. Rencontre avec Franck Rabeyrolles, activiste de la scène montpelliéraine et d’ailleurs.
Quand as-tu créé le label, peux-tu nous dresser son portrait, sa couleur, le nombre d'artistes passés par là ? Pourquoi une compile maintenant ? Tu es basé à Montpellier mais tu as beaucoup de contact avec l’Angleterre ?
La création du label ce doit être 2004. Au départ, c'était pour le premier album de Double U. Il y a eu le premier Ep de Collage et quelques maxis... Puis il y a eu une période de silence de 2005 à 2008. Ça fait deux ans que je m’y suis vraiment consacré à nouveau. Notre catalogue est encore très petit, mais ça s’étoffe doucement : Collage, Sarabeth Tucek, Luther Russell, Laetitia Sadier, Franklin, Double U, Suddenly Sunshine…
Pour ce qui est de la couleur on va dire que c'est une maison d'artistes qui abrite des projets d'artistes. Notre spécificité c'est d'être assez vinyle et pressage limité... La couleur est plutôt pop mais au sens moderne crossover divergent. On peut passer d'un projet folk à quelque chose de beaucoup plus électronique sans souci... Je sors des disques au coup de cœur. La compile c'est justement pour permettre aux gens de mieux voir ce que nous avons envie de faire. On comprend mieux notre philosophie générale à travers ce disque, ce côté un peu transversal. Il est vrai que notre distributeur principal est Anglais alors c'est un peu notre point d'ancrage. La France a du mal à reconnaitre la qualité de ses artistes, de ses labels, des acteurs de la scène indé en général, ce qui explique l’envie "d'ailleurs". Et puis tout est tellement "codé" ici…
On voit des noms peu connu comme le néo-zélandais Connan Mockasin et son univers fantastique, Peter Broderick qui invite au voyage mais aussi le New-yorkais Luther Russel ou Lesser Gonzalez, américain d’origine cubaine, signé sur Carpark. C’est finalement une compile éclectique. Comment as-tu procédé pour inviter tout ce monde sur la compile ?
L'éclectisme est un mot parfois un peu fourre-tout. O n’a pas cherché ce côté patchwork vraiment. Ça s'est fait sur des rencontres, des coups de cœur. Il est vrai qu'il y a un côté assez worldwide. Mais c'est plus le côté "global" "internet" de notre société qui est comme ça. Tu as parlé de voyage… ce mot me parle. Moi j'aime le nomadisme par dessus tout en musique. Pour avoir ces artistes sur la compile je ne cache pas que ça a été un peu long et un peu usant des fois. Il y a quand même 18 morceaux, ça fait pas mal d'artistes et de labels à contacter et à rassurer...

La compile commence par un morceau qui date de 1969, curieux pour présenter ce que fait le label ? En quoi "Drug song" a-t-il son importance ici ?
Un ami m'a fait découvrir la musique de Dave Bixby et j'ai eu le coup de foudre pour ce folk complètement hanté, religieusement beau. J'ai pris contact avec lui et ça s'est fait le plus simplement du monde... "Drug song" c'est aussi pour le côté "Song writing". Je crois que c'est une valeur très importante pour le label. Le côté écrire de belles chansons, peu importe comment, avec qui, avec quoi, c’est l'écriture…
Ce n’est pas la première fois qu’on voit le nom de Laetitia Sadier (ex-chanteuse du groupe anglais Stereolab) associé à Wool Recordings. Quelles ont-été vos collaborations passées ? Statues est un morceau nouveau ?
On a rencontré Laetitia à Londres pour un concert de Franklin [l’un des pseudos de Franck], puis on a pris contact par email. Elle a participé à un morceau du dernier Double U, "Interludic". Elle nous a donné une version très minimale et épurée de Statues qui est aussi sur son album mais pas dans la même version. On a un autre projet de disque avec Laetitia pour 2011.
Quels sont les morceaux inédits, et ceux qui existaient déjà ?
Les morceaux de Montag, Lesser Gonzales, Sarabeth Tucek, Double U, Castanets, Luther Russell... sont complètement inédits. Les autres sont déja sortis mais la sélection est pointue. Certains artistes ne sont pas distribués en France. Au final ça fait pas mal d'inédits tout de même…
Sunddenly Shunshine, groupe montpelliérain, vient tout juste de sortir un premier Ep chez toi, tout comme les Italiens de A Classic Education (label Lefse Records), c’est une belle promo. Tu peux nous en parler ?
Pour les Suddenly Sunshine c'est une histoire d'amitié et de musique... J'ai tout de suite accroché à l'idée d'enrichir leur folk avec des arrangements de cuivres et cordes. On va travailler sur un album. Je me suis pas mal investi sur ce disque au niveau de la prod, j'ai joué aussi dessus, j'aimerais bien que ca marche pour eux. Stéphane des Suddenly est un mélomane fou et on se connait depuis très longtemps. C'est important d'être bien avec les artistes pour un label. La relation juste financière ou administrative est très déprimante si on en reste là avec les artistes qu'on signe.
C'est le premier projet vraiment français que je sors. Je suis très heureux avec ce disque, on est allé au bout des choses avec la pochette, le remix de Isan… Pour Classic Education, des choses sont prévues mais dans le futur. On devait sortir leur 8 titres en Europe, ça ne s'est finalement pas fait. Ils sont sur la compile, on adore leur musique ici et on espère bien faire quelque chose d'ici peu.
Tes coups de cœur parmi les 18 tracks.
Je n'ai pas de préférences, vraiment. C'est vrai que Connan Mockasin c'est très séduisant, très "Catchy". Wolf people aussi, le côté stoner / garage ne me déplaît pas non plus…
Des artistes que tu souhaites particulièrement présenter ?
On a deux projets important début 2011. Deux 45 tours : un de Franklin avec un remix de Com Truise, le remix est assez fou, Com Truise a un son unique, il a déjà remixé Neon Indian, Twin Shadow, ça buzz déjà beaucoup pour lui. Il y a aussi ce single avec War on drugs mais je ne peux pas en dire plus… Et aussi, plus tard, ce disque avec Laetitia Sadier et l'album de Franklin. De quoi bien s'amuser.
Dans la compile, on retrouve tes tracks avec tes différents projets, Double U et Franklin, en quoi différencies-tu leurs univers ? Ce sont des morceaux inédits ?
D'autres projets perso sont prévus pour 2011 ?
Oui les morceaux sont inédits. Double U c'est le côté mélo plus introspectif et Franklin le côté plus "psyché", moins "chanson"… C'est de la douce schizophrénie, rien de grave. À part l'album de Franklin, pas de nouveau pseudo en perspective. C'est vrai que faire un album Franck Rabeyrolles ça me tente bien… Mais ca va finir en total ego trip tout ça !
C'est justement pour échapper à ça que j'ai eu envie de reprendre le label de façon très sérieuse depuis deux ans. C'est un fabuleux moyen d'expression que j'ai envie de partager avec pleins de gens. Je pense que ce n'est que le début de l'aventure même si le contexte est plutôt difficile.
On peut espérer un concert pour 2011 qui réunisse un maximum de ces artistes ?
Pas vraiment de soirée Wool prévue pour le moment. Mais faire un plateau en réunissant quelques artistes disponibles dans une belle salle ça me dirait bien.
Un volume 2 est-il prévu ?
Trop tôt pour le dire. Je n'ai pas envie de faire de cette compile un truc routinier. On verra, il faut d'abord que les gens l'écoutent, l'aiment et l'achètent. Car tout part de là.
Le site de Wool Recordings et le Myspace
Dave Bixby - "Drug Song" :
Connan Mockasin - "It’s Choade My Dear" :
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Publié par Lucile 0 commentaires
Catégories : Compilation, Electro, Folk, Indé, Interviews, Psyché, Stoner
10 décembre 2010
Fred Neil - The Many Sides Of Fred Neil (1998)
Certaines de ses chansons, interprétées par d’autres, sont devenues de grands classiques, pourtant le nom de Fred Neil ne revient pas souvent quand il s’agit de citer les grands songwriters des années 1960. Et pour cause. Il aura fallu attendre presque trente ans pour que sa musique soit rééditée, en 1998. Trente années d’un oubli totalement incompréhensible pour ce crooner folk dont la splendide voix de baryton évoque un lointain ancêtre de Bill Callahan ou de Stuart Staples. Ce n’est qu’à la sortie de cette double compilation que le musicien fut redécouvert. A l’exception de son premier effort, Bleecker & Macdougal, l’objet regroupe à peu près toutes ses œuvres solo, à savoir l’ensemble de ses enregistrements pour Capitol : son album éponyme, les Sessions de 1967, un live et quelques inédits."Everybody’s Talkin’" reste, de loin, la chanson la plus célèbre de Fred Neil. Mais c’est dans une version miaulée par Harry Nilsson qu’elle sera immortalisée pour les besoins de la bande originale de Midnight Cowboy, de John Schlesinger. Celle de Neil est pourtant plus dépouillée, plus sombre, et infiniment plus touchante. Sa carrière aurait certainement été bien différente s’il avait été identifié comme l’auteur de ce tube indémodable, septième titre le plus joué en radio pendant trois décennies. Au lieu de ça, il connut un parcours accidenté, s'attacha à refuser tout compromis et finit par laisser tomber la musique, en 1971, pour aller s’occuper de la défense des dauphins en Floride, où il passa le restant de sa vie – "I’m going where the sun keeps shining through the pouring rain", disait la chanson.
"The Dolphins", c’est d’ailleurs le titre d’un autre classique du bonhomme, une chanson absolument magnifique dont le regretté Tim Buckley avait donné sa propre relecture. Bouillonnante, violente même sous sa douceur apparente, la voix de Neil – à tomber – y caresse de très fins arrangements de guitare vaguement influencés, on l’imagine, par la découverte des musiques indiennes et notamment de Ravi Shankar. "CynicrustpetefredJohn Raga," qui donne l’occasion au natif de Cleveland d’exprimer toute sa virtuosité sur sa 12 cordes, fut justement l’un des premiers raga enregistrés par un occidental.

D’abord chanteur dans une chorale gospel, Fred Neil débarque à New-York en 1958, cachetonne en tant que musicien de sessions, enregistre une poignée de singles et écrit des chansons pour Buddy Holly et Roy Orbison. Il écume les clubs de Greenwich Village comme le Café Wha ?, le Night Owl ou le Bitter End. C’est à cette époque qu’il offre à un certain Bob Dylan la possibilité de monter pour la première fois sur scène pour l’accompagner à l’harmonica – le Zimm reprendra plusieurs compositions de Neil dans les années qui suivront.
Il devient une star locale, adulée par toute une génération de musiciens, mais refuse le succès au moment où celui-ci s’offre à lui. Il décide de cesser de travailler, sauf en cas de besoin financier pressant. C’est ainsi qu’il refuse de chanter à Woodstock ou au Johnny Cash Show. Il ne produira plus aucun disque après le live Other Side Of This Life, paru en 1971. Presque toutes ses chansons, qu’elles relèvent du blues pur ou d’un certain psychédélisme qui commençait à faire fureur à New York en ce temps-là, expriment une pureté et une puissance émotionnelle vraiment particulières. J’ai un peu le même sentiment lorsque j’écoute Nick Drake. Celui d’une sensibilité tellement vive et exacerbée qu’elle n’en est presque plus humaine. Ecoutez "Green Rocky Road", "Felicity" ou n’importe laquelle de ses interprétations en concert, et vous saurez de quoi je parle. Dommage que le mot "légende" se soit vidé de son sens à force d'être utilisé à mauvais escient, car en ce qui concerne Fred Neil, il serait parfaitement justifié.
En bref : guitariste génial doté d’une incroyable voix de baryton, Fred Neil est surtout l’un des plus grands et des plus ignorés songwriters folk des années 1960, auteur des intemporels "Everybody’s Talkin’" et "The Dolphins", et de bien d’autres gemmes, toutes ou presque alignées sur cette double compilation.

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06 décembre 2010
Clown & Sunset - Inès LP (2010)
2010 laissera probablement un bon souvenir à Nicolas Jaar. L’année aura suffi au jeune homme pour s’imposer parmi les producteurs les plus surveillés de la planète grâce à quelques brillants EP. Avant d’entamer 2011 avec Space Is Only Noise, son premier album à paraître sur Circus Company, le New Yorkais d’origine chilienne se paie le luxe d’une dernière sortie avec la première compilation de son propre label, Clown & Sunset, disponible uniquement en téléchargement et sur clé USB. Si l’on peut regretter ce snobisme digital, il est difficile de nier la qualité intrinsèque de l’objet, qui donne l’occasion de découvrir les deux artistes en devenir qui gravitent autour du prodige. Ou du moins, c’est ce qu’affirme le communiqué de presse.On nous présente Nikita Quasim et Soul Keita comme de très talentueux nouveaux venus sur la scène électronique. La première serait d’origine russo-afghane, et âgée de 19 ans, le second aurait 17 ans ( !) et vivrait en Ethiopie. Moi je veux bien. Mais cette histoire a quelque chose de louche. D’abord, aucune information n’est disponible sur les deux musiciens, en dehors de celles, lapidaires, fournies par le label. Pas de photo, ni d’interview. Encore moins d’apparitions en live. Ensuite, les productions des deux prétendues signatures de Clown & Sunset sont tellement proches de celles de son fondateur lui-même que, selon moi, la supercherie est évidente : Nicolas Jaar est le seul et unique auteur de cette compilation. Quasim et Keita n’existent pas. De nombreux sites sont pourtant tombés dans le panneau, y compris le très influent Resident Advisor…
En dehors du plaisir de berner quelques critiques peu attentifs, pourquoi s’inventer ainsi deux alter-égos ? Simplement pour distinguer les différentes facettes de son travail. Sous le nom de Soul Keita, il développe son obsession déjà bien connue pour l’éthio-jazz, comme le montre le final de "Dusties N 808", qui marie un beat hip-hop à un solo de saxophone rappelant fortement Mulatu Astatke. En tant que Nikita Quasim, il propose des sons plus délicats, évanescents… la fameuse « touche de féminité » du métrosexuel, en somme. Mais impossible d’être dupe, sa patte est bien là, sur tous les titres : piano omniprésent, mélodies mélancoliques jouées à une main, textures granuleuses et aquatiques, jeu permanent sur le silence et les décalages rythmiques… Ceux qui connaissent Jaar, et notamment son récent Marks & Angles, s’y retrouveront facilement.
Les techniques de fabrication n’ont certes pas changé, mais le beat a encore ralenti. La plupart des tracks lorgnent vers l’ambient et sont agrémentés de dizaines de sons concrets : portes qui grincent, éboulis de pierres, crissements de gravier… Des ajouts qui n’ont rien de décoratif, mais participent à l’étrangeté et au côté organique de morceaux comme "Goin’ Bad" ou le très fin "Dubliners". Le LP offre aussi des moments plus groovy, comme le petit bijou broken beat "Love You Gotta Lose Again", déjà entendu début octobre sur le 10’’ du même nom. Nicolas Jaar conclut donc en beauté cette année exceptionnelle, même si l’on devine qu’il garde ses meilleures cartouches pour l’album.
En bref : Nicolas Jaar trompe son monde avec cette vraie-fausse compilation dont il est sans doute l’unique auteur. Au menu, dix plages downtempo obsédantes, imprégnées d’éthio-jazz, de soul et de hip-hop. Idéal pour patienter jusqu’à février et la sortie de son premier album.

Le site et le blog de Clown & Sunset
Le site et le Myspace de Nicolas Jaar
Sa sélection pour la radio Beats In Space, avec quelques inédits
A lire aussi : N. Jaar - Time For Us (2010) et N. Jaar - Marks & Angles (2010)
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Publié par Dave 4 commentaires
Catégories : Ambient, Chroniques, Compilation, Electro, Electronica, Experimental, House
29 juin 2010
Goûte Mes Disques - Compilation Jeunes Pousses Vol 4 + Interview
C’est désormais une affaire qui roule. La quatrième édition des compilations montées par le très bon webzine musical et ami Goûte Mes Disques (anciennement Liability) vient de voir le jour et devrait logiquement remporter un succès encore supérieur à celui de ses prédécesseurs. L’objectif est simple : faire découvrir bonnes surprises et groupes sous-médiatisés en proposant un titre gratuitement. Et le moins que l’on puisse dire c’est que ce quatrième opus est sans fausse note aucune taillé pour l’été.
Ca commence d’ailleurs très fort avec une première brochette de titres tubesques. Le duo danois Quadron y présente son "Slippin", le parisien Nick & The Mirrors continue sur la lancée avec un très bon "Once upon a child" et Quadricolor enfonce le clou avec un "Euphony" débridé. Le ton se durcit un peu en avançant dans le disque, notamment avec We Are Enfant Terrible qui commence à tendre vers le dance floor, tout comme Axel & The Farmers un peu plus loin. Entre les deux vous trouverez également du très bon rock (la chanteuse d’Atlanta Bosco, mais aussi les bruxellois de Busty Duck).
C’est donc une programmation très éclectique et internationale que nous propose GMD, et à vrai dire il n’y a pas grand-chose à jeter. Tout juste les belges &lz et les anglais Hook & The Twin remportent un peu moins mon adhésion, mais ça n’est qu’une histoire de goût. Sans surprise, "One on one" des excellents Clara Clara est mon petit chouchou de cette compilation qui on l’espère chez Dodb connaîtra de nombreuses suites.
En attendant nous vous proposons d’en savoir un peu plus sur le projet avec l’interview de Jeff Lemaire rédac chef de GMD et principal coupable de cet objet.
"One on One" par Clara Clara :
Bonjour Jeff, peux-tu nous dire rapidement qui tu es ?
Jeff Lemaire, interprète de conférence le jour, rédacteur en chef de Goûte Mes Disques le reste du temps!
Comment est née l’idée de ces compilations Jeunes Pousses ? Quel en est l’objectif ?
Il faut savoir que les webzines sont très régulièrement contactés par des groupes débutants à la recherche d'oreilles critiques prêtes à juger leur première démo ou leur EP/album fraîchement débarqué. Et très souvent, lorsque ceux-ci valent le détour, le papier qu'on leur consacre se retrouve parachuté entre une chronique de MGMT et une autre de Hot Chip. Nous nous sommes dit que ces "jeunes pousses" méritaient mieux que ça. Et surtout, plutôt que de demander au lecteur d'aller chercher du son, on préférait lui en donner. On le sait : il y a une certaine frilosité chez une bonne partie du lectorat, qui préfère écouter les quinze mêmes groupes plutôt que d’aller à la découverte de groupes inconnus. Bref, avec une initiative comme Jeunes Pousses, on prémache la tâche pour les plus paresseux ou frileux de nos lecteurs.
Qui se charge de la programmation de ces compilations ?
C'est un effort purement collectif, même si le rédacteur en chef a toujours le dernier mot. Enfin, pour le moment, je n'ai pas été confronté à d'énormes levées de bouclier! Bref, pendant plusieurs semaines, les rédacteurs proposent leurs candidats. On en a généralement une quarantaine, mais ils ne sont plus qu'une bonne quinzaine après l'écrémage sur base des préférences de chacun.
"Slippin" par Quadron :
Y a-t-il une volonté de coller à la ligne éditoriale de Goûte Mes Disques ?
Oui, bien sûr. Enfin, on essaie. On est un peu tributaires de nos déambulations sur le Net et des groupes qui nous contactent histoire de voir si l'on n'a pas envie de parler d'eux. Mais globalement parlant, je pense que les premiers volumes collaient à notre ligne éditoriale pop / rock / electro / hip hop, et on compte bien continuer dans cette voie.
Techniquement, comment cela se passe t-il ? Contactes-tu tous les groupes afin d’avoir leur accord ?
Toujours. Un mail poli fait généralement l'affaire.
Comment est perçu ce genre de démarche par les artistes eux-mêmes ?
Très bien je pense. Forcément, pour un groupe débutant et/ou complètement inconnu par chez nous, se dire que la page va être consultée par environ 1.500 personnes en quelques jours, c'est forcément une bonne nouvelle, quitte à y laisser un MP3 dans la bataille! Lorsque nous avons élaboré le dernier volume, j'ai vraiment pris conscience de la popularité de l'initiative : en quelques jours à peine, tous les groupes avaient répondu positivement à nos requêtes. Forcément, ça fait plaisir.
A terme, que vont devenir les compilations Jeunes Pousses ? Des évolutions en vue ?
Franchement, pour une équipe comme celle de Goûte Mes Disques, composée exclusivement de bénévoles, il va être difficile de pousser encore un peu plus le produit ou de le faire évoluer. Pour une structure qui fonctionne à 95% grâce au travail d'une poignée de motivés, se dire qu'on a pu sortir quatre volumes de Jeunes Pousses en aussi peu de temps, c'est déjà un accomplissement énorme. D'autant plus que pour ce qui est du versant électro du site, nous avons nos "Goûte Mes Mix", qui nécessitent également pas mal de boulot. Sans parler du fonctionnement du site au quotidien! Aujourd'hui, la concurrence avec les blogs et les sites professionnels et vraiment acharnée, et ce n'est pas facile tous les jours de faire tourner le site. Mais franchement, quand je réécoute les quatre compilations Jeunes Pousses qu'on a produites, je me dis que le jeu en vaut clairement la chandelle!
Le lien pour télécharger gratuitement la compilation et le site de Goûte Mes Disques
"The great commander" par Busty Duck :
Ca commence d’ailleurs très fort avec une première brochette de titres tubesques. Le duo danois Quadron y présente son "Slippin", le parisien Nick & The Mirrors continue sur la lancée avec un très bon "Once upon a child" et Quadricolor enfonce le clou avec un "Euphony" débridé. Le ton se durcit un peu en avançant dans le disque, notamment avec We Are Enfant Terrible qui commence à tendre vers le dance floor, tout comme Axel & The Farmers un peu plus loin. Entre les deux vous trouverez également du très bon rock (la chanteuse d’Atlanta Bosco, mais aussi les bruxellois de Busty Duck).
C’est donc une programmation très éclectique et internationale que nous propose GMD, et à vrai dire il n’y a pas grand-chose à jeter. Tout juste les belges &lz et les anglais Hook & The Twin remportent un peu moins mon adhésion, mais ça n’est qu’une histoire de goût. Sans surprise, "One on one" des excellents Clara Clara est mon petit chouchou de cette compilation qui on l’espère chez Dodb connaîtra de nombreuses suites.
En attendant nous vous proposons d’en savoir un peu plus sur le projet avec l’interview de Jeff Lemaire rédac chef de GMD et principal coupable de cet objet.
"One on One" par Clara Clara :
Bonjour Jeff, peux-tu nous dire rapidement qui tu es ?
Jeff Lemaire, interprète de conférence le jour, rédacteur en chef de Goûte Mes Disques le reste du temps!
Comment est née l’idée de ces compilations Jeunes Pousses ? Quel en est l’objectif ?
Il faut savoir que les webzines sont très régulièrement contactés par des groupes débutants à la recherche d'oreilles critiques prêtes à juger leur première démo ou leur EP/album fraîchement débarqué. Et très souvent, lorsque ceux-ci valent le détour, le papier qu'on leur consacre se retrouve parachuté entre une chronique de MGMT et une autre de Hot Chip. Nous nous sommes dit que ces "jeunes pousses" méritaient mieux que ça. Et surtout, plutôt que de demander au lecteur d'aller chercher du son, on préférait lui en donner. On le sait : il y a une certaine frilosité chez une bonne partie du lectorat, qui préfère écouter les quinze mêmes groupes plutôt que d’aller à la découverte de groupes inconnus. Bref, avec une initiative comme Jeunes Pousses, on prémache la tâche pour les plus paresseux ou frileux de nos lecteurs.
Qui se charge de la programmation de ces compilations ?
C'est un effort purement collectif, même si le rédacteur en chef a toujours le dernier mot. Enfin, pour le moment, je n'ai pas été confronté à d'énormes levées de bouclier! Bref, pendant plusieurs semaines, les rédacteurs proposent leurs candidats. On en a généralement une quarantaine, mais ils ne sont plus qu'une bonne quinzaine après l'écrémage sur base des préférences de chacun.
"Slippin" par Quadron :
Y a-t-il une volonté de coller à la ligne éditoriale de Goûte Mes Disques ?
Oui, bien sûr. Enfin, on essaie. On est un peu tributaires de nos déambulations sur le Net et des groupes qui nous contactent histoire de voir si l'on n'a pas envie de parler d'eux. Mais globalement parlant, je pense que les premiers volumes collaient à notre ligne éditoriale pop / rock / electro / hip hop, et on compte bien continuer dans cette voie.
Techniquement, comment cela se passe t-il ? Contactes-tu tous les groupes afin d’avoir leur accord ?
Toujours. Un mail poli fait généralement l'affaire.
Comment est perçu ce genre de démarche par les artistes eux-mêmes ?
Très bien je pense. Forcément, pour un groupe débutant et/ou complètement inconnu par chez nous, se dire que la page va être consultée par environ 1.500 personnes en quelques jours, c'est forcément une bonne nouvelle, quitte à y laisser un MP3 dans la bataille! Lorsque nous avons élaboré le dernier volume, j'ai vraiment pris conscience de la popularité de l'initiative : en quelques jours à peine, tous les groupes avaient répondu positivement à nos requêtes. Forcément, ça fait plaisir.
A terme, que vont devenir les compilations Jeunes Pousses ? Des évolutions en vue ?
Franchement, pour une équipe comme celle de Goûte Mes Disques, composée exclusivement de bénévoles, il va être difficile de pousser encore un peu plus le produit ou de le faire évoluer. Pour une structure qui fonctionne à 95% grâce au travail d'une poignée de motivés, se dire qu'on a pu sortir quatre volumes de Jeunes Pousses en aussi peu de temps, c'est déjà un accomplissement énorme. D'autant plus que pour ce qui est du versant électro du site, nous avons nos "Goûte Mes Mix", qui nécessitent également pas mal de boulot. Sans parler du fonctionnement du site au quotidien! Aujourd'hui, la concurrence avec les blogs et les sites professionnels et vraiment acharnée, et ce n'est pas facile tous les jours de faire tourner le site. Mais franchement, quand je réécoute les quatre compilations Jeunes Pousses qu'on a produites, je me dis que le jeu en vaut clairement la chandelle!
Le lien pour télécharger gratuitement la compilation et le site de Goûte Mes Disques
"The great commander" par Busty Duck :
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03 août 2009
VA - Sisters (2009)
Peu de noms connus figurent au dos de la jaquette hormis les jeunes Passion Pit et leur réussi « I’ve got your number » extrait de leur non moins réussi premier EP Chunk of change. Vous l’aurez compris à la seule évocation de ce nom – légèrement discrédité je l’avoue par un album plus que décevant – Phunk s’est attelée à dénicher une vingtaine d’hymnes (en devenir) de notre époque réunis sous l’appellation de « pop hybride ». La sélection flirte parfois avec le fluo et l’électro-pop clinquante, je ne pourrai dire le contraire, mais réserve bon nombre de belles découvertes.
Ainsi en est-il de Yes Giantless, trio de pop synthétique bostonien, en ouverture du disque. Gavé de synthétiseurs saturés et d’arrangements électroniques, leur édulcoré « Tuff n’ stuff », finalement léger quoique massivement instrumenté, atteint aussitôt sa cible. Sans aucun doute, le premier contact est positif. Le clou est enfoncé avec les Australiens de BMX et un second titre tout aussi synthé pop que le précédent mais propulsé ici pour des basses électroniques charnues et délicieusement rondes.
Répondant sans conteste à son objectif de réunir des morceaux de pop dite « hybride », Phunk ménage un large espace aux mélanges et fusions. Sont ainsi convoquées des influences italo disco avec les New-yorkais de Golden Filter, folk rock avec leurs voisins The Antlers ou encore punkisantes avec le gang de San Diego The Soft Pack. Beaucoup de bonnes pioches au fil des 18 titres en présence et finalement très peu de déchets. On pourra donc se laisser aller à affirmer sans hésitation que la sélection est simplement excellente et bien plus que cela, érudite.
La liste des petites bombes qui émaillent le disque pourrait être longue. Néanmoins, il semble impensable de ne pas mentionner une belle volée de noms et de signaler à votre attention autant de talents prometteurs. Parmi eux, je citerai volontiers le trio britannique de Où est le swimming pool (!) et sa pop électronique sombre façon Fischerspooner, le duo Néo-Zélandais Little pictures et sa balade caoutchouteuse « The House can’t fit at all » et enfin l’exploration merriweatherienne des deux poètes de l’Ontario de Teengirl Fantasy. Comme lors d’une cérémonie de remerciement, je ne pourrai oublier de saluer le Montréalais CFCF qui nous pond un titre instrumental magnifique en forme de pop électronique progressive. Je n'en jetterai plus, pas de temps à perdre, précipitez-vous immédiatement sur cette sublime compile !
En bref : La savante équipe du promoteur musical parisien Phunk s'illustre dans l'exercice de la compilation. Perfusée de multiples influences, une sélection pointue de mini-bombes pop contemporaines, sorte d'histoire technicolor du temps présent.

Les myspace de Sisters et de Phunk
Le site web de Sisters.
A lire aussi : Passion Pit – Chunk of Change EP (2009)
Deux teasers de la compilation :
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Publié par Fabien 6 commentaires
Catégories : Chroniques, Compilation, Disco, Electro, Pop, Post-rock, Rock
02 juin 2009
Peter Kruder - Private Collection, G-Stone Master Series N°1 (2009)
Si vous n’êtes pas familiers avec les travaux des sorciers autrichiens Peter Kruder et Richard Dorfmeister, je ne saurais trop vous recommander d’acquérir The K&D Sessions, double CD mixé qui reste l’une des pièces maîtresses du downtempo des 90’s. En véritables designers sonores, les Viennois y traitaient et remodelaient des morceaux d’artistes aussi divers que Depeche Mode, Roni Size ou Bone Thugs-N-Harmony et réalisaient le mix de chill parfait, mariant les volutes du dub aux beats hip-hop et drum n’bass. Depuis, leur temps s’est partagé entre leurs différents projets personnels (Tosca, Peace Orchestra...), la réalisation d’un nombre considérable de remixes, et la gestion de leur label G-Stone, fondé en 1993.Pour ce premier volume des G-Stone Master Series (sortie le 12 juin), Kruder nous donne un aperçu de sa collection privée, qui compte plus de 35000 vinyles. Le sous-titre “Classics from my living room and bedroom” nous informe d’emblée que ce mix ne s’écarte pas de la ligne directrice qui a été celle du duo depuis ses débuts : donner matière à scotcher et à rêver avec les sons les plus ouatés et méditatifs. Les titres choisis vont du plus rare, voire introuvable, au plus connu, et sont mixés avec subtilité et discrétion, sans effets tapageurs. Le disque commence dans une ambiance post-rock avec un enchaînement Talk Talk/Tortoise à tomber par terre. Repris il y a peu par Shearwater (en face B du single de “Rooks”), “The Rainbow” de Talk Talk est un pur chef-d’oeuvre où s’imbriquent piano, guitares, violons et harmonica dans une atmosphère hindouisante et organique. Beaucoup moins connu que “Such A Shame” et toute leur période new-wave, c’est un extrait du meilleur disque des britanniques, Spirit of Eden (1988), qui rappelle combien ce groupe est aujourd’hui sous-estimé.
Les guitares s’amplifient légèrement pour “On the Chin” de Tortoise, accompagnées par le vibraphone qui constitue l’une des marques de fabrique du groupe. On retrouvera l’instrument à plusieurs reprises sur les plages suivantes, notamment sur le très smooth “Enchanted Lady” de Milt Jackson. Il y a bien quelques faiblesses dans cette sélection, comme le “Sweet Butterfly” de Charles Webster, où la voix irritante de Del St Joseph gâche quelque peu le superbe instrumental. Mais comment ne pas célébrer l’éclectisme de cette Private Collection réunissant Tom Waits et Japan, Jan Hammer et Chateau Flight ? Et comment ne pas succomber aux percussions mélodiques d’”Adrien”, du Gong époque Pierre Moerlen, où résonnent les gazouillis enfantins du fils du musicien, actuel leader de l’excellent groupe strasbourgeois Crocodiles ? Ou au “Here We Go” de Jon Brion, bijou de pop-song beatlesienne toute de cordes parée ? On n’en voudra pas non plus à Kruder d’avoir inséré deux de ses travaux dans cette sélection certes pas révolutionnaire, mais diablement élégante et réconfortante.
En bref : ambient, pop, post-rock ou jazz, peu importe l’étiquette tant qu’il y a matière à scotcher. Encore une superbe compilation, douce comme une caresse, de la part du maître autrichien du genre.

Le site de G-Stone
A lire aussi : A Tribute To... Fila Brazillia
Le morceau d’ouverture de la compilation, “The Rainbow”, de Talk Talk :
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Publié par Dave 1 commentaires
Catégories : Ambient, Chroniques, Compilation, Electro, Electronica, Pop
01 juin 2009
V/A - Bombshell Baby Bombay et The Bombay Connection (2007)
La production filmique de l’Inde est la plus importante du monde. Il en est ainsi depuis presque la création du cinéma, le premier film indien est tourné en 1899. Depuis plusieurs décennies, huit cents films de fiction environ sortent par an. Pourtant le cinéma indien est l’un des plus méconnu dans nos contrées car une très large partie des créations est indissociable de passages chantés et dansés : cet élément culturel est un des attraits qui fait la joie des amateurs éclairés mais il est aussi le cœur même des principaux préjugés qui font obstacle à la découverte d’un des cinémas, encore à ce jour, des plus généreux.C’est avec tout autant de générosité qu’ont été compilés par Edo Bouman et Milan Hulsing les volumes Bombshell Baby Bombay et The Bombay Connection. Idéaux pour la découverte des grands compositeurs indiens de bandes originales, les disques couvrent deux périodes : 1959-1972 et 1977-1984. Le choix de ces années permet de mettre en évidence deux des grands courants musicaux : le groove style années 60 et le funk type 70’s. A l’instar du cinéma hong-kongais, l’industrie du cinéma indien suit de très près l’actualité musicale à la mode dans les pays occidentaux. La jeunesse locale en raffole. Les artistes, plus ou moins honnêtes, s’inspirent et marient les styles importés à la musique de leurs pays ; les producteurs peu scrupuleux utilisent des titres connus sans créditer les créateurs originaux (ceci fut longtemps toléré car le flou "artistique" le plus total existait dans certains pays).

Bombshell Baby Bombay (Bouncin’ Nightclub Grooves From Bollywood Films 1959-1972) fait la part belle à Rahul Dev Burman et au duo Shankar-Jaikishan. R.D. Burman est l’équivalent de Lalo Schiffrin en Inde et compte plus de trois cents bandes originales à son actif. Tout aussi à l’aise dans les mélodies entêtantes que les rythmes entraînants, Burman fait souvent mouche. S’il maîtrise avec respect les différents styles musicaux de son pays, il ne méprise pas pour autant le matériau importé. Non, c’est avec une réelle délectation qu’il le fait sien pour son plaisir, pour notre plaisir. Avec Burman l’efficacité est au rendez-vous et il insuffle une énergie communicative indéniable à ses compositions.
Shankar Singh Raghuvanshi et Jaikishan Dayabhai Panchal (ils signent sous le pseudo commun de Shankar-Jaikishan) ont plus d’une centaine de disques en commun. Les deux se complètent à merveille et sont l’association de talent pendant près de vingt ans. Ils assurent sur tous les fronts : chansons d’amour, compostions d’inspiration occidentales, numéros de dance, musiques de fond ("background score"). Le morceau "Jan Pahechan Ho" tiré du film Gumnaam est un bel exemple de leur savoir-faire de l’époque évoquée : guitare à la Shadows, percussions indiennes, trompettes style mariachi : ça swingue avec démesure.

The Bombay Connection (Funk From Bollywood Action Thriller 1977-1984) met en vedette une fois de plus R.D. Burman. Je ne vous reparlerai donc pas de lui, l'écoute de l'énorme "Main Hoom LiLy" extrait de Bond 303 suffira comme piqûre de rappel.
Le travail d’un autre duo célèbre est ici souligné, il s’agit de Kalyanji-Anandji. Les deux frères Anandji et Kalyanji Virji Shah sont les créateurs de pas loin de deux cents b.o., dont l’une des plus célèbres est celle du film Don (avec le dieu vivant Amitabh Bachchan). Pas d’extrait ici de Don, ç’eut été trop facile. En revanche "Na Na Na Yah Kya Karne Lage Ho" du métrage intitulé Bombay 405 Miles force le respect une fois de plus. Bien sûr lorsque l’on s’aperçoit que le morceau date 1980 et qu’il sonne début 70 à fond les manettes, alors que sur l’Occident insouciant a déjà déferlée la vague disco, bientôt suivie par celle imminente de la new wave (vous ne pourrez pas me reprocher d’être vague dans cet article), on peut au premier abord esquisser un petit sourire sur le métro de retard. Mais ne boudons pas notre plaisir. Et surtout ne dénigrons pas l’indéniable talent de Kalyanji-Anandji apte à faire groover un mort à coup de basse "blaxploitation" et d’une voix sensuelle tirée d’une "colonna sonora originale" italienne du meilleur cru.
Il serait injuste de ne pas mentionner quelques uns des interprètes qui contribuent à la popularité des airs et des films. La déesse incontestée et respectée Asha Boshle étend son hégémonie sur les 2 volumes. La chanteuse la plus célèbre de l’Inde, et dont la réputation dépasse les frontières de son pays, chante depuis 1948 et affiche plus d’un millier de bandes originales de films. On frise le délire, l’étourdissement, la syncope devant l’ampleur de la tâche accomplie. La voix d’Asha, attirante et envoûtante, est reconnaissable par ses sonorités suaves et aiguës.
Kishmore Kumar est l’un des grands talents parmi les "playback singers" du cinéma indien. Au départ acteur et parfois réalisateur, il est repéré pour ses talents vocaux et au fil du temps il deviendra l’un des numéros un de sa catégorie.
Mohammed Rafi n’est pas moins célèbre que le chanteur précité. Sa carrière couvre trois décennies dont les années 70 sont l’apogée. Détail amusant, il sera quelque fois la voix playback de Kishore Kumar, n’ayant pas le temps de jouer et d’enregistrer ses propres parties chantées.
Pour ne rien gâcher au tout, Edo Bouman et Milan Hulsing, ont soigné le travail jusqu’au bout. Pochettes magnifiques, reproductions de press books, notes sur les chanteurs et musiciens, précisions des crédits (titres des chansons et des films, noms des artistes "doublures chant" pour chaque morceau, années de productions,…). Pour les puristes, un pressage double vinyle 180 gr. numérotés à 250 copies est disponible. Les deux compilations existent aussi en cd éditées avec le même soucis de présentation et de précision .
En bref : une excellente introduction dans un univers frais et décomplexé, comme ceux du cinéma bis italien et hong-kongais des années 60-70. A découvrir d’urgence sous peine d’être passé à côté d’un bonheur aussi simple que vital.

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16 mars 2009
Lee Scratch Perry - Arkology (1997)
Cela faisait bien longtemps que je voulais vous parler de ce coffret que certains d’entre vous connaissent déjà très bien. Rien ne pressait, ceci dit, puisque l’objet est sorti en 1997. A mon avis, tout le monde, fan de reggae ou non, devrait posséder cette Arkology. Pourtant il m’arrive régulièrement de rencontrer des musicophiles, même amateurs de musiques jamaïcaines, pour qui Lee Perry, de son vrai nom Rainford Hugh Perry, reste assez obscur. Peut-être est-ce dû au fait qu’il s’agit avant tout d’un producteur. Tout le monde connaît par exemple "War In A Babylon" de Max Roméo, mais qui sait que Lee Perry était aux manettes de ce grand classique du reggae ? Idem en ce qui concerne certaines des meilleures chansons des Wailers, telles "African Herbsman" ou "Duppy Conqueror". Et sait-on que le jeune Bob Marley, quelques années plus tôt, avait frappé à la porte du studio du maître pour lui demander de le produire, mais que celui-ci avait tout bonnement refusé, prétextant qu’il désirait se consacrer à une musique strictement instrumentale ? C’est l’un des mérites de cette compilation (et de son livret très complet) que de rendre à Scratch ce qui lui appartient, c’est-à-dire la place de meilleur producteur jamaïcain de l’Histoire et de précurseur de toutes les musiques expérimentales modernes.
Lee Scratch Perry a été présenté comme “le Dali du reggae” (dans Bass Culture, de Lloyd Bradley). A juste titre. Complètement maboule, sauf (et c’est notable) quand il s’agit de pognon, le natif de Kingston est l’un des personnages les plus surréalistes de la planète artistique. Il faut l’avoir vu débarquer sur scène, le jour de son soixante-septième anniversaire, brandissant une baguette de pain plantée de batônnets d’encens, vêtu d’une veste faite de CD, pour comprendre que cet homme est authentiquement fou. Le petit barbu a d’ailleurs quitté la Jamaïque en 1981 après avoir brûlé son Black Ark Studio à la suite de ce qui s’apparente à une crise de paranoïa. Installé en Suisse depuis 1989, il continue depuis lors à sortir des disques et à tourner, portant plutôt bien ses presque 73 printemps - j’en profite pour vous recommander chaudement ses concerts.

L’Arkology réunit les meilleurs enregistrements de la meilleure période de Perry, entre 1976 et 1979. A cette époque, le Black Ark est le rendez-vous de tout ce que la scène locale compte de plus intéressant. Des centaines de classiques du reggae y sont enregistrés. Les trois disques de cette anthologie en réunissent quelques-uns, parfaitement sélectionnés, mais ne constituent qu’un infime aperçu de l’oeuvre du bonhomme, dont les premiers travaux en tant qu’ingé-son remontent à la fin des années 1950. Il y a les indémodables de Max Roméo : “War In A Babylon”, “One Step Forward” et “Chase The Devil” (revisité par Prodigy dans les années 90). Mais aussi “Police & Thieves”, avec la voix angélique de Junior Murvin, la ballade reggae-soul “Groovy Situation” de Keith Rowe, d’une sensualité incomparable, les plages percussives et mystiques des Congoes, bourrées d’harmonies vocales paradisiaques... Ce serait une hérésie de vous parler de chacun des 52 titres de cette compile gargantuesque, et pourtant chacun mériterait son paragraphe.
Si King Tubby est communément considéré comme l’inventeur du dub, Lee Perry, avec ses Upsetters, est l’homme qui a élevé cette musique à son plus haut degré d’inventivité et, bien sûr, d’étrangeté. Le premier à avoir utilisé des boîtes à meuh, des gongs, des klaxons, et surtout le premier à avoir expérimenté les effets les plus hallucinants avant même que des machines soient inventées pour les générer. La question que tout le monde se pose est évidemment : comment faisait-il pour construire une musique aussi complexe avec un 4 pistes ? A quoi l’intéressé répond (et c’est intraduisible) : “It was only four tracks on the machine, but I was picking up twenty from the extra terrestrial squad” (?!). Ecoutez l’échantillonage des choeurs et l’utilisation de la stéréo sur le monumental “Dub Revolution pt.1” et songez que ce morceau truffé de bruits de bouche et de wah-wah date de 1976 ! A ce niveau-là, ce n’est même plus de l’avant-gardisme !

Si King Tubby est communément considéré comme l’inventeur du dub, Lee Perry, avec ses Upsetters, est l’homme qui a élevé cette musique à son plus haut degré d’inventivité et, bien sûr, d’étrangeté. Le premier à avoir utilisé des boîtes à meuh, des gongs, des klaxons, et surtout le premier à avoir expérimenté les effets les plus hallucinants avant même que des machines soient inventées pour les générer. La question que tout le monde se pose est évidemment : comment faisait-il pour construire une musique aussi complexe avec un 4 pistes ? A quoi l’intéressé répond (et c’est intraduisible) : “It was only four tracks on the machine, but I was picking up twenty from the extra terrestrial squad” (?!). Ecoutez l’échantillonage des choeurs et l’utilisation de la stéréo sur le monumental “Dub Revolution pt.1” et songez que ce morceau truffé de bruits de bouche et de wah-wah date de 1976 ! A ce niveau-là, ce n’est même plus de l’avant-gardisme !

L’équipe d’Island Jamaica, qui a réalisé la compile, a eu l’intelligence de placer quasi-systématiquement un dub ou une alternate version (souvent inédits) à la suite du titre original, ce qui permet de constater que Lee Perry compte parmi les inventeurs du remix. L’exemple-type est “Police & Thieves” de Junior Murvin, dont les différentes versions occupent une bonne partie du deuxième disque. Revisité par le saxophone de Glen Dacosta sur “Magic Touch”, le riddim accueille le toast de Jah Lion, avant d’être mis en dub et de devenir, pour finir, une toute autre chanson, “Bad Weeds”, avec la voix angélique du même Junior Murvin. Jamais vous n’entendrez cinq versions à la suite d’un même titre, toutes signées par le même producteur, avec un tel plaisir, sans une once d’ennui. C’est simplement miraculeux.
Tout aussi miraculeuses sont les chansons interprétées par Scratch lui-même, avec sa voix grinçante et ses vocalises trippées : “Dreadlocks in Moonlight”, “Soul Fire”, “Curly Locks” ou le super-space “Roast Fish and Cornbread” témoignent toutes d’un génie mélodique hors-norme et font partie de ces morceaux qui s’impriment immédiatement dans le cerveau pour ne plus jamais s’en décoller. Inutile de préciser que les musiciens mis à contribution lors de ses sessions sont les meilleurs qui soient, de Sly & Robbie à Sticky Thompson en passant par Augustus Pablo et son mélodica (sur “Vibrate On”).
Tout aussi miraculeuses sont les chansons interprétées par Scratch lui-même, avec sa voix grinçante et ses vocalises trippées : “Dreadlocks in Moonlight”, “Soul Fire”, “Curly Locks” ou le super-space “Roast Fish and Cornbread” témoignent toutes d’un génie mélodique hors-norme et font partie de ces morceaux qui s’impriment immédiatement dans le cerveau pour ne plus jamais s’en décoller. Inutile de préciser que les musiciens mis à contribution lors de ses sessions sont les meilleurs qui soient, de Sly & Robbie à Sticky Thompson en passant par Augustus Pablo et son mélodica (sur “Vibrate On”).
Le livret mérite déjà l’achat, à lui seul. On y trouve une biographie concise, ainsi que de superbes photos de Scratch : déguisé en super-héros, fumant un spliff devant le Black Ark, ou tapant la discute avec des bobbies londoniens. Mais le document le plus édifiant reste la lettre adressée au ministère japonais de la justice au sujet de l’arrestation de Paul McCartney en possession de 250 grammes d’herbe. On peut notamment y lire ceci : “Herbs is his Majesty’s. All singers positive directions and liberty Irrations. Please do not consider the amount of herbs involved excessive. Master Paul McCartney’s intentions are positive.” La lettre est signée : “Baby Blue Green Star Pipecock Jackson Lee Scratch Perry, Bannana Eye I Pen Ja Natures Love Defender” ! Pour résumer : un superbe livret et 52 titres, tous fantastiques, c’est-à-dire plus de quatre heures de musique pour environ 25 euros ! Même en raisonnant très prosaïquement, vous n’avez aucune excuse pour ne pas acquérir l’Arkology !
En bref : Inépuisable et délirant, l’Arkology est le portrait musical de l’un des plus grands créateurs du XXe siècle. Si après avoir écouté ces trois disques, quelqu’un peut encore me regarder en face, et me dire qu’il n’aime pas le dub, je veux bien me pendre. Essentiel.

Quelques titres de l'Arkology:
Lee Perry & the Upsetters - Dub Revolution pt.1.mp3
The Congos - Don't Blame On I.mp3
Mikey Dread - Dread at the Mantrols.mp3
Lee Perry - Soul Fire.mp3
Junior Murvin - Bad Weed.mp3
Keith Rowe - Groovy Situation.mp3
Lee Perry - Roast Fish & Cornbread.mp3
Deux vidéos de Lee Scratch Perry dans son Black Ark Studio :
L’enregistrement d’”I am the Upsetter” en 1982 :
Son site officiel
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