22 juillet 2010

Brandt Brauer Frick - Paino Shakur EP (2010)

Belle petite découverte que ce trio électro-acoustique qui met piano arrangé, vibraphone, et cordes au service de sons dancefloor raffinés. Dotés d’un sens de la mise en scène qui rappelle fortement Kraftwerk, Daniel Brandt, Jan Brauer et Paul Frick ont fait sensation avec "Bop" et sa vidéo très bien foutue qui – coup de pub fabuleux ! - a été postée par Kanye West sur son blog. Même s’ils ont entre-temps sorti un autre maxi, c’est de celui-ci dont j’ai choisi de vous parler, autant pour le motif obsédant du morceau-titre que pour ce clip à l’humour bien teuton qui donne vraiment envie de les voir sur scène.

Construite autour de la répétition maniaque de quelques notes de piano, "Bop" est une longue pièce glaciale mais groovy qui doit autant à la musique contemporaine qu'à la minimale berlinoise - une sorte de version épurée d'Aufgang, pour faire court. En dehors de la basse synthétique et de quelques notes de clavier, tous ses éléments sont acoustiques. Les enchevêtrements rythmiques ne sortent pas du logiciel Ableton mais bien des petites mains et baguettes des trois allemands. Le bâton de pluie et les vibraphones confèrent une belle profondeur à l’ensemble. C’est du déjà-vu, certes, mais c’est du beau travail, qui dépasse de loin les cadres étriqués de la techno et de la house.

"Bop" trouvera d’ailleurs difficilement sa place dans un DJ bag, faute d’un groove suffisamment puissant. De ce point de vue, c’est la face B qui s’impose, avec le remix de "Paino Shakur" par l'une des stars du label Playhouse, j’ai nommé: Losoul. Malgré son côté "dirty funk" pas désagréable, la version originale fait pâle figure comparée à cette brillante relecture deep-house, qui brûle tout sur son passage.

A noter : BBF sortira son premier album, You Make Me Real, en novembre 2010. On pourra y entendre "Bop" dans une version légèrement différente.

En bref: le clip de "Bop" suffit à attiser la curiosité pour ces Allemands qui distillent une house électro-acoustique de très bonne tenue. Reste à savoir si le trio passera aussi brillamment le cap du premier album.



Le Myspace
de Brandt Brauer Frick
Le site et le Myspace de Tartelet Records



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10 juillet 2010

Nicolas Jaar - Marks & Angles (2010)

Il n’a sorti qu’une bonne dizaine de tracks, mais c’est pour l’instant un sans-faute. Du Student EP, composé alors qu’il n’avait que 17 ans, à l’inoubliable Time For Us, Nicolas Jaar a sorti plus de bombes en 3 ans que certains producteurs en toute une vie. Ajoutez à cela quelques remixes tueurs (pour DJ T, Ellen Alien ou No Regular Plan), un podcast très remarqué sur Resident Advisor et une invitation au festival Mutek de Montréal, et vous comprendrez pourquoi le gamin est au centre d’un buzz d’une rare intensité dans les sphères électroniques. Un moment bien choisi, donc, pour préparer le lancement de son premier album à paraître en 2011 sur Circus Company. Et pour nous mettre en bouche avec un EP encore une fois impressionnant.

Car les trois titres de Marks & Angles font plus que confirmer tout le bien qu’on pensait de cette house organique, lente et gorgée de soul, de jazz et de musiques afro-latines. Complexe dans sa structure, la musique de Jaar est également réjouissante par sa simplicité : un enfant pourrait certainement jouer le solo de piano de Marks – morceau qui ressemble par ailleurs un peu trop à certains de ses travaux antérieurs ("Los Bandidos" et "Mi Mujer"). Tout se joue dans les variations rythmiques et dans l’intrication des bleeps, des cuivres, de la guitare, des percussions... A chaque morceau, une histoire nous est racontée. Avec ses scènes d'exposition, ses pics d'émotion, mais aussi ses moments d'attente, de fébrilité... Cette capacité à suspendre l’auditeur à quelques notes de piano, à le faire mariner avant de faire résonner un clap triomphant, rayonne littéralement sur "Materials", qui est certainement ce que Jaar a produit de mieux (avec "Time For Us").

La présence de parties vocales sur "Angles" et "Marks" annonce une orientation pop qui fera probablement de l’album à venir un objet curieux et plus qu’intéressant. Mais pas besoin d’attendre sa sortie pour voir en ce jeune homme touché par la grâce LA révélation électronique de ces derniers mois.

En bref : en attendant l'album, cet EP aussi savant qu'enfantin confirme l’émergence d’un artiste hors-norme, capable de proposer une synthèse parfaite entre house, pop, jazz et musiques afro-latines.



Le Myspace de Nicolas Jaar, celui de Circus Company

A lire aussi: Nicolas Jaar - Time For Us (2010) et Clown & Sunset - Inès LP (2010)

"Materials" :


"Angles" :

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03 juillet 2010

The Rusty Bells - A Renegade In Town (2010)

Trio toulousain déjà auteur de deux sorties probantes, The Rusty Bells remet le couvert avec ce cinq titres qui marque une évolution, louable, dans leur univers. Leur rock'n'roll spontané et plutôt garage, s'il conserve son indispensable et appréciable puissance, s'avère ici moins "immédiat", renforcé par l'orgue de Maud Lanau, nouvelle arrivante, et occasionnellement par le violon de Léa Guichou.

C'est pourtant par un titre déroutant, "Drop your eyes", que Jérémy Andres et ses complices inaugurent ce nouvel EP. L'essai est de qualité, intense, enfiévré et saccadé, les touches plus modérées étant d'un apport indéniable. Mais ces dernières, de façon presque négligeable, il faut le souligner, donnent une coloration "pub" à cette première composition... heureusement vite rattrapé, et éliminé, par sa similitude avec ce que l'on peut entendre chez The Levellers et leur folk-rock rageur.

C'est donc l'impression favorable qui domine et "Stalker guy", seconde réalisation de A Renegade In Town, confirme le changement mis en place par les sudistes, et la qualité de leurs efforts. Plus pensé, mais tout aussi brut, saccadé et orné de motifs sonores bien trouvés, dont ceux émanant de l'orgue, animé par la guitare nerveuse et inspirée de Jérémy, qu'épaule une section basse-batterie sans faille, il augure un contenu cette fois encore solide.

Solide, "Rainbow monkey" l'est. Basé sur un riff simple et tonique, appuyé par un orgue décisif et plus "enjoué" dans le chant que ne pouvaient l'être les compos du précédent EP. Des "Oh-oh-oooh" obsédants renforcent l'intérêt de ce titre et lui donnent sa pleine mesure, avant que "On the other side", plus poppy mais assez impulsif, n'entérine de façon définitive l'ouverture musicale et stylistique des Rusty Bells. On est de plus dans un panel large mais maitrisé, marqué par l'apport de nouveaux éléments et instruments bien intégrés à l'image du violon de Léa Guichou sur "My steel brother". Ce morceau démarre dans la mélancolie, sur une trame fine et légère, au chant plus "émotionnel" que par le passé, avant de monter en puissance de façon progressive. En sa fin, l'alliance des instruments le dote une certaine puissance et le rend fort intéressant, bien qu'éloigné du registre d'origine du groupe.

On est donc conquis par ce revirement notoire mais bien tenu, nécessaire à l'évolution du groupe, tout en conservant les souhait de voir celui-ci renouer, en certaines occasions, avec ses chansons plus tumultueuses. La cohabitation des deux serait à mon sens cohérente, et l'a nouvelle option valorisée de façon plus significative encore.

Quoi qu'il en soit, The Rusty Bells ose, réussit et confirme avec A renegade in town son statut d'espoir à suivre de près.

En bref : un appréciable virage musical représentatif d'un trio toulousain souhaitant évoluer et étayer son discours. Une belle réussite.





Le Myspace



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18 mai 2010

Nice Face - Exterminator/F.U.B.A.R. Over You (2008)

Un brin provocatrice je vous l’accorde, la pochette de ce maxi rarissime (500 petits exemplaires) n’est qu’un moyen salace pour moi de vous introduire à ce jeune artiste américain qu’est Ian Magee, domicilié à Brooklyn mais bel et bien signé à Chicago chez Hozac Records. J’aurais aussi bien pu vous parler de Immer Etwas son dernier album imparable et impressionnant de maîtrise, mais je ne pouvais rater une telle provocation visuelle et sonore. Que ce soit dans la forme (son garage dégueulasse) ou dans le fond (Staline en thème récurrent, à voir d’ailleurs l’artwork alternatif avec Hitler en train de f*** Staline) Nice Face ne fait pas dans la dentelle, mais le fait bien.

"Exterminator" donc. 2’45" au compteur. Tout est dit. Cela pourrait être le côté Mister Hyde de Dick Dale. Un son galopant et réverbéré, qui à aucun moment ne prend soin de regarder en arrière. Entre synthés froids (Devo) et guitares pour le coup bien abrasives, mieux vaut sortir couvert. Pour "F.U.B.A.R. Over You" c’est la même. Mais toujours ce côté pop reconnaissable. Dans le genre on n’avait pas fait mieux depuis le regretté Jay Reatard (pas une semaine passe sans que Blood Visions ne passe à la maison). Derrière le bruit on entendrait presque Donovan et son "Sunshine superman", mais alors bien passé à la moulinette.

En bref : du primal en mode pop, de la guitare qui crisse et une énergie en mode "vers l’infini et au-delà", que demande le peuple ?




Le Myspace

A lire aussi : Titus Andronicus - The Airing Of Grievances (2009)

A défaut d’un des deux titres du maxi, découvrez "A minor altercation", l’une des autres bombes Nice Face :



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05 mai 2010

KiNK/Iron Curtis/Ladzinski - Halal Prepared Vol.1 (2010)

En voilà un qui a le vent en poupe ! Ces derniers mois, les blogs spécialisés ne cessent de vanter les mérites de KiNK, Bulgare versé dans la deep-house dont je vous avais touché deux mots à la sortie de son très bon Psyche Funk EP. L’histoire est celle, classique s’il en est, du type sorti de nulle part qui se fait remarquer grâce à un ou deux tracks bien troussés et se retrouve, en deux temps trois mouvements, à bosser pour des labels de référence comme Ovum, Dirtybird ou Mule Electronic. Toujours impeccablement produite, élégante et très deep, la musique de KiNK souffre cependant d’un manque de personnalité flagrant, comme vient le prouver ce nouveau morceau, "Kiss The Sky".

J’avais déjà noté la forte ressemblance entre Psyche Funk et le son de Pépé Bradock, même si ça restait de l’ordre du clin d’œil. Ici, on s’approche presque du plagiat – de très bonne qualité, certes, mais du plagiat quand même ! "Kiss The Sky" ressemble à tel point aux anciennes prods du divin Pépé, et en particulier à "Deep Burnt", que ça en devient douteux… Evidemment, le track fonctionne plutôt très bien. Mais pour un fan de Bradock, subsiste quand même cette impression de déjà-vu assez troublante. C’est d’autant plus troublant que, comme le note l’excellent site LWE, l’autre maxi récent de KiNK (Rachel EP, sur Ovum) contient un plagiat presque grossier d’un vieux titre de Jeff Mills. En même temps, il faut déjà y arriver, à plagier Mills et Bradock ! Et tant que le plaisir est là, il n’y a pas lieu de se plaindre.

Le reste de cet EP, premier d’une série présentant les artistes du label londonien Boe, contient deux plages de house bien conventionnelles, orientées très old-school. La plus intéressante émane de l’Allemand Iron Curtis, qui saccade les synthés et balance du gros clap sans vergogne aucune. En revanche, était-il vraiment nécessaire de nous imposer le track un peu lourdingue du Britannique Ladzinski ?

En bref : KiNK n'est pas loin de plagier Pépé Bradock, mais sa contribution à cet EP (par ailleurs moyen) reste une tuerie deep-house en bonne et due forme.




BOE007 A1 KiNK - Kiss the Skybyboerecordings

Pour mémoire, le titre de Pépé Bradock :




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02 avril 2010

Jimi Was Gain - Ik Heet Jimi ? Ep (2010)

Jimi Was Gain, c'est un duo lensois, si je ne m'abuse, comprenant deux membres dont un, si je ne m'abuse toujours pas, ex Meatles, excellente formation nous ayant gratifiés d'un excellent Hillbillies are human too il y a quelques temps.

Sur ce six titres, Aurélien Victor Lagache (guitare/voix) et Romain Barrez (percus) aidés par Guillaume Dobbels à la basse font étalage de qualités au moins égales à celles des Meatles, en imposant un rock garage pétaradant, mélodique mais "souillé" comme il faut, sous la houlette, de surcroît, de Nova Express Records que l'expérimenté Lucas Trouble gère de main de maître.

Ces mélodies passées à la moulinette garage font feu de tout bois dès "When I was young" et ses "la-la-la" irrésistibles, court et efficace comme le sont les cinq plages suivantes. Des guitares volubiles, alliées à un chant surprenant et accrocheur "font le boulot" comme on dit, avec brio, et Jimi Was Gain donne à son univers garage des atours variés, dont le trait commun est l'énergie et une inspiration régulière. "Frustrated boy", speed et muni d'un harmonica décisif, se différencie ainsi du titre inaugural, tout en affichant la même valeur, puis l'éphémère et fonceur "Dirty Sanchez" envoie un punk-rock à la fois braillard et mélodique du plus bel effet. Les sieurs Barrez, Lagache et Dobbels font preuve de maturité dans la composition tout en restant fun dans l'esprit. Et leurs mélopées presque pop, soignées et bien senties, s'acoquinent parfaitement avec leur instrumentation vive. C'est le cas sur "We suffer together", puis les comparses usent ensuite d'un punk-rock rapide sur "The dole" qu'ils tempèrent adroitement sur un break dont on sent qu'il est voué à relancer la machine de plus belle, et qui donne lieu à un passage aux voix plus posées. Le dosage est habile, la construction cohérente, et la fin à l'harmonica bienvenue.

Enfin, "My mind is satisfied", superbe exercice... garage, à la fois à l'emporte-pièce et maitrisé, confirme définitivement les aptitudes des Artésiens. On ne doute guère qu'à l'avenir ils nous régaleront de sorties aussi abouties, instinctives et réfléchies dans le même temps, sur un format plus long. Avec, en plus de cela, une expérience grandissante de la scène, gageons qu'ils seront au rendez-vous et combleront les plus exigeants d'entre nous.

En bref : une jolie "carte de visite" donc, pour un groupe aux compositions sans faille, jamais trop produites, et qui augurent de bien bonnes choses à venir.




Le Myspace

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09 février 2010

Visions Of Trees - Sometimes It Kills Ep (2010)

De l’autre côté de l’Atlantique aussi, certains labels se sortent les doigts pour dénicher des perles rares. Je pense à l’Américain Royal Rhino Flying Records qui a eu écho on ne sait comment de ce duo pourtant Londonien. L’univers de Sara Atalar et Joni Juden ne ressemble à rien d’autre. Enfin si un peu quand même. Les anciens croiront voir renaître la grande Fraser Elizabeth des défunts Cocteau Twins, forcément, alors que les plus jeunes ne pourront comparer qu’avec Bat For Lashes. On pense à des morceaux comme à "Joshua & the bat" ou "Sleep alone" à l’écoute de ces quatre titres (oui ça n’est qu’un maxi) aux étranges textures électroniques. L’écoute au casque (indispensable) apporte ainsi cet effet "massage" de cerveau ou encore ce côté "ça arrive de tous les côtés et je ne sais pas à quoi m’accrocher". Seule la voix permet de garder un pied sur terre, alors que le reste nous fait survoler d’étranges paysages tropicaux synthétiques (qui a dit Pandora ?).

Ouvrant sur l’éponyme "Sometimes it kills", Visons Of Trees surprend dès les premières secondes. Comme si les suédois de The Concretes avaient ralenti le rythme et utilisé pédales et samples. La voix encore une fois peut évoquer d’autres groupes plus modernes, des intéressants School Of Seven Bells, jusqu’aux mauvais Telepathe. Le deuxième morceau, "Cult of cobras" hausse encore plus le niveau. Complètement cheesy, inspiré très rapidement de la synth pop des 80’s, il insuffle un air disco sous des atours laid back. Complètement envoûtant. "Waves they crash", présent sur la superbe compilation autour des vagues de Delicious Scopitone (le mot "wave" dans chaque titre), est une immense invitation flottante au chill. C’est la plus longue aussi. Enfin, "Solid rainbows", plus joyeuse ouvre vers plus d’espoir avec une utilisation judicieuse des percussions, pour le même effet hypnotique que les précédents morceaux.

En bref : en quatre titres seulement Visions Of Trees s’impose comme LE duo à surveiller dans le registre pop électronique opiacé.




Leur Myspace

A lire aussi : School Of Seven Bells - Alipinisms (2008)

"Cult of cobras" :


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03 décembre 2009

Chapelier Fou - Scandale ! (2009)

Avec ce deuxième Ep (label Ici d'ailleurs...) sorti ce mois de novembre, l’Alsacien au chapeau offre sept titres alléchants, en attendant un véritable album prévu pour 2010. Sorti de l’ombre au Printemps de Bourges 2008, le gaillard conforte ses débuts prometteurs en se payant les premières parties de Wax Tailor ! Une promotion plus que méritée. Car ce n’est sans doute pas le goût commun pour les chapeaux qui a réuni ces deux ovnis, mais bien l’amour du mélange entre classique et électro. Cet homme orchestre aux bagages violonistiques de conservatoire, place en maître son instrument à cordes et le dépoussière grâce à sa maîtrise de l’ordinateur, de la guitare et du piano. Sur scène, il passe de l’un à l’autre sans aucune difficulté et bluffe le public par sa performance solo. Louis Warynski n’a pas choisi par hasard de s’appeler Chapelier Fou : son univers proche du fantastique et du monde hallucinatoire d’Alice aux pays des Merveilles est un conte en lui-même scandé par de merveilleux samples.

Son "Prélude" sonne des cloches aigües et intrigantes, rythmées ensuite par les pizzicati du violon (sans l’archet) et une mélodie sortie d’un conte ou d’un vieux film qui laisse planer le mystère.

Le deuxième morceau, "Capitaine Fracasse" est assez lent. Derrière la mélodie du piano, le violon s’exprime sous toutes ses formes, à la fois par des accords à doubles cordes, des pizzs, une mélodie parfois larmoyante et des glissades intenses et lancinantes. Le cœur se ressert, des sons de xylos et de larges samples électros font redescendre les bpm.

Autre univers, "Scandale !" et sa base plus hip hop, avec une montée rythmique des cordes, une base de percus et des nappes enveloppantes qui font penser à la musique de Wax Tailor. L’enchaînement des beats de batterie, du son saturé, puis des rythmes cassés qui déstabilisent nous déplace dans une nouvelle sphère. D’autres samples s’invitent, comme une voix en anglais, peu utilisée, avant un final puissant digne d’un orchestre symphonique.

Encore plus que dans le deuxième morceau, "Mystérieux message" est caractérisé par le style glitch, très utilisé en électroacoustique. Ici comme dans le suivant "Animaux flexibles", le "cut" des boucles est consommé sans modération : il rétrécit les sons de piano et d’orgue et donne un aspect plus trash et industriel aux samples. La fin frénétique de ce cinquième morceau pose les voix d’un personnage de cartoon.

L’enjoué "Doodling hands" et ses pizzs rapides du début est amplifié par un effet de rebondissement et répétitif. Sans être redondant grâce à l’arrivée de samples de flash de polaroïd et la clôture d’une douce mélodie au piano.

"Postlude" fait chanter le violon derrière une montée électro. Le registre en majeur et décalé, puis des cui-cui d’oiseaux rendent l’atmosphère légère. Comme une renaissance, Chapelier fou nous transporte dans un monde que l’on n’a pas envie de quitter.

En bref : Le mélange d’instruments classiques et des machines n’est pas révolutionnaire mais sa maîtrise du violon donne une touche bien particulière à cet homme orchestre. On attend avec impatience la sortie du premier album en 2010.





Le Myspace et le site officiel

"Scandale" :


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Safi Allah Abdullah - Africa is burning and the black man is doing the freak (1980)

Je serai bien à la peine pour vous rencarder sur l'homme qui se cache derrière ce nom intriguant de Safi Allah Abdullah. Et pour cause, l'étourdissante toile du net n'a cette fois-ci pas daigné me fournir le moindre tuyau, bye bye Huggy le mystère persistera. Aussi, je cèderai sans artifice ou érudition au simple désir de partager avec vous le plaisir fugace d'un doux son reggae exhumé par le plus grand des hasards - et de façon assez surprenante - des eighties et d'un studio inconnu de la grosse pomme new-yorkaise.

Le lion de Judée imprimé sur l'étiquette du disque ne ment pas. En effet, retrouve-t-on tous les ingrédients, dirais-je classiques, du bon morceau de reggae roots pieux et révolté. Le titre en dit d'ailleurs long : "Africa is burning and the black man is doing the freak". Pour toutes sortes de raisons que je ne développerai pas ici l'Afrique brûle - qui oserait en douter - et Safi Allah Abdullah de nous l'expliquer dans une très altière et suave complainte. Il n'y a rien de bien extraordinaire me direz-vous. Certes, du reste faut-il souligner l'extrême finesse de l'instrumentation de cette très jolie track de reggae mélodique et l'immense pouvoir de captation exercé par le dénommé Abdullah. En somme, deux points qui nous font apprécier généralement ce genre de musique.

Quelques cloches tintantes, des cuivres dynamiques, un riddim rebondissant et épuré, la voix sensible et vibrante de Safi Allah Abdullah, la mayonnaise prend à merveille et tout est véritablement réuni pour un délectable moment de paisible révolte. Les dernières secondes du titre, en spoken words, finiront d'ancrer son refrain dans les méandres de notre esprit. "Save the babies, rescue the children" comme un écho dans notre grotte. Impossible dès lors que notre route de pèlérin reggaephile ignore cette petite pièce roots modeste mais digne et se refuse à recroiser à nouveau son chemin.

En bref : Petit plaisir roots fugace tout droit ressorti de mes caves reggae new-yorkaises.





"Africa is burning and the black man is doing the freak" sur rapidshare.

La version dub.

A lire aussi : Section reggae

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