13 août 2012

Crocodiles - Endless Flowers (2012)

Cette pochette, il fallait oser! Dans le genre "gay blafard descendant un escalier", même les Smiths n'étaient pas allés aussi loin, en ne montrant que le cul d'un jeune éphèbe au rectum de leur premier single !

Tiens, les Smiths, puisqu'on en parle... c'est peu de dire que le combo de San Diego les évoque de près : même imagerie homoérotique -et poussant le mimétisme jusqu'au port du bouquet de fleurs- même maniérisme dans le chant, même utilisation pousséee du capodastre (même si parties de guitare moins inventives).

Comme beaucoup de gens avant eux (Black Mountain, Besnard Lakes, Metronomy pour les plus récents), le groupe n'était au départ qu'un duo, peu à peu enrichi en live au point de devenir un véritable groupe, et plus seulement concentré entre les mains de Charles Rowell et de Brandon Welchez qui pour info, est fiancé à la charmante frontwoman des Dum Dum Girls.

Les Smiths, disais-je, mais pas seulement ! Crocodiles évoque en effet moult choses s'étant enregistrées au sein de la perfide Albion, du milieu des années 80 (époque Cure, Echo and the Bunnymen d'un album desquels Crocodiles  a emprunté son nom) au milieu des années 90. On peut citer aussi la scène shoegaze, enfin le haut du panier d'où ressortent inévitablement The Jesus and May Chain et My Bloody Valentine - cette scène ayant vehiculé (comme toutes les scènes) son lot de groupes atroces et heureusement oubliés.

Pas grand chose d'américain donc dans le son de ces "Sunday (Psychic Conversation #9)", "Electric Death Song" ou "My Surfing Lucifer"; mais comme il a déjà été répété, les grands bretons ont tellement de mal aujourd'hui à concilier qualité et savoir-faire insulaire qu'il faut bien que ce soit des  branleurs de la West Coast qui s'y collent, un comble !

Alors, qu'est-ce qui rend sympathique l'écoute de ces 10 nouvelles chansons ne brillant pas spécialement par leur originalité, et qui toutes quasi se ressemblent ? Peut-être tout simplement leur candeur, ce côté plaisir de jouer sans se prendre la tête,  qui à défaut de faire de Crocodiles le groupe majeur de ce début de millénaire, permettra à tout un chacun de se réjouir d'une collection de chanson pop à l'énergie communicative, et propres à réveiller tant de fantômes de nos adolescences.

Et puis, restera à n'en pas douter ce visuel improbable, cette pochette à cache (il n'y en a plus tant que ça) renvoyant au bidet des Mamas and the Papas ou à la petite culotte du premier Alice Cooper, bref à du commémorial.

En bref : de la pop à guitares enthousiasmante et qui ne se la raconte pas. Où un quintette de californiens hédonistes nous ramène à l'âge d'or shoegaze du pays de sa Majesté.






le Myspace
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le clip de "Sunday":

3 Comments:

Ju said...

Ah enfin ! Crocodiles c'est exactement ça. Encore que je les écoute depuis le premier album (grâce à Vice magazine, oui oui) et ce dernier s'est déjà assagi. M'enfin ça reste très sympa quand même!
Dispo au shop bien entendu ( ;

HIPHOP said...

j'ai écouté le premier album cet été, et j'ai bien aimé, même si effectivement ça manque de singularité ; préfère les raveonettes dans le genre...

Nickx said...

Je rebondis sur ton com : en fait du peu que je connais des Raveonettes, je ne trouve pas que les deux groupes soient très semblables question style,son.

Peut-être que je devrais me pencher davantage sur l'oeuvre des danois ceci dit !

Bon une chose est sûre : de la belle ouvrage de part et d'autre, mais rien de bouleversant a priori...