28 juin 2008

4 Hero - Two Pages (1998)

A l'origine de ce copieux projet, les deux DJ membres de 4 Hero, Dego McFarlane et Mark Mac Clair ont déjà oeuvré sous de nombreux pseudos associés au breakbeat avant de lancer leur groupe à géométrie variable ; Tom And Jerry étant leur première mouture.
Survenant 3 ans après Parallel Universe qui déjà mettait une grosse claque à tous les amateurs de drum and bass et de soul endiablée, Two Pages comme son nom l'indique, est un dyptique qui à la façon du Speakerboxx /The Love Below de OutKast, propose en deux volets les explorations soniques les plus représentatives de 4 Hero.

La première colossale fournée se veut tant sexy lounge que soul acid jazz la plus soyeuse, avec au micro des chanteuses au swing et au feeling aussi délicieux que Ursula Rucker ou Carol Crosby et d'autres intervenants. Quand ce ne sont pas de redoutables instrumentaux à l'élasticité rythmique qui sont proposés ("Loveless", "Star Chasers","Escape That", "Golden Age of Life", "The Action", Third Stream"...). Dans un premier temps, arrangements cordes et cuivres du meilleur effet sur des rythmiques trépidantes basées essentiellement sur des contrebasses et des batteries frénétiques. Tout de velours. Il est à noter le clin d'oeil au third stream, courant oecuménique ayant sévi à la fin des années 50, sorte de guerre entre Anciens et Modernes et pour lesquels partisans du jazz le plus intransigeant et amoureux de la musique classique s'entre-déchiraient. Où virulence et aspérités auditives s'opposaient à une ligne mélodique soyeuse. Point de guerre de clocher sur Two Pages mais assurément une luxuriance musicale et une musicalité alliée à  une joliesse harmonique affirmée.
Le second volet s'adresse davantage aux fans de jungle, à ceux qui ne s'effraient pas des stridences sonores du duo. Au menu ? Infrabasses, crissements, échos, rythmiques spasmodiques, bref une brutale redescente eu égard au confort luxuriant initial. Un morceau emblématique vampirise le reste de l'exercice, le redoutable "We Who Are Not As Others" mais il faudrait citer aussi les nappes de "Pegasus 51", ainsi que "Humans", "In The Shadows". 
Ce très grand disque est un condensé de ce que la musique noire a donné de plus soul et de plus groovy au siècle dernier ainsi qu'un résumé de l'odyssée jungle qui hélas n'épargne pas l'immolation des disques de Goldie. A l'image de certains standards de jazz et de soul dont il revendique les influences Les 4 Hero même si peu prolifiques, sévissent ou ont sévi de manière sporadique : Creating Patterns (2001), Playing With The Changes (2007), des albums de remixes ci et là/

Two Pages demeure ce crossover entre sonorités complexes de la musique électronique et une ouverture aux sons les plus chill de l'easy listening. : mille-feuilles salvateur mais jamais indigeste. Un must have y compris pour les plus rétifs au genre.

En bref : le disque d'acid-jazz soul breakbeat à posséder. Pas moins.



_ A lire aussi : Goldie - Timeless
Ci-dessous, une prestation live de "Star Chasers".

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14 octobre 2007

Squarepusher - Big Loada Ep (1997)

Impossible de continuer à chroniquer Electronica sans dire un mot de ce mastodonte anglais de 32 ans. Le bonhomme se promène dans la jungle des styles et des sons avec une aisance déconcertante à la basse et à la batterie. Il navigue plusieurs courants, alternant les rives électronique et jazz, remontant les eaux chaudes de l'IDM (Intelligent Dance Music) et du ragga. L'homme aux multiples alias - il officie aussi bien sous le pseudonyme de Duke Of Harringay que Tom Jenkinson, son vrai nom - mène sa barque depuis ses débuts aux cotés d'Aphex Twin et LFO sur l'excellent label Warp Records . Il faut dire que les 2 énergumènes se ressemblent. Tous les deux attaquent les sons et ne les ménagent pas. Squarepusher, à l'instar de son homologue français, jongle avec les beats énergiques et découpés et les morceaux mélodiques de basses ou de piano.

Big Loada n'est certes pas son EP le plus connu et le plus représentatif (Squarepusher s'est quelque peu rangé ces derniers temps, en laissant apparaître son image de bassiste au premier plan -- dernier concert en date à la villette cet été) mais rassemble tous les styles et méthodes du capitaine. A l'abordage!! (version Warp Records)
  1. A Journey To Reedham (7.am mix) (6:35)
  2. Full Rinse (2:26) featuring - MC Twin Tub
  3. Massif (Stay Strong) (6:27)
  4. Come On My Selector (3:24)
  5. The Body Builder (Dressing Gown Mix) (3:01)
  6. Tequila Fish (6:08)
  7. Jacques Mal Chance (Il N'a Pas De Chance) (0:48)

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05 mars 2007

Goldie - Timeless

A la conquête de l'ouest...

Pour tous ceux qui se sont déja penchés sur l'histoire de la jungle et de la drum'n'bass, le nom vous est probablement familier. Pour les autres, il convient de présenter le Monsieur.

Goldie, de son vrai nom Clufford Joseph Price, est un artiste à multiples facettes. Il est d'abord graffeur (80s'), puis participe à des projets musicaux avant de monter son propre label, Metalheadz, un pionnier dans le domaine de la drum'n'bass.

A ses heures perdues, l'homme aux dreads blondes couleur or (coupées depuis!) sévit comme acteur, apparaissant ainsi aux cotés de Pierce Brosman dans The world is not enough et dans Snatch.

L'artiste est reconnu par ses pairs pour ses talent musicaux et picturaux. On retrouve parmi les fans les non pas moins célèbres David Bowie, aux gouts ecclectiques (Bowie appréciait aussi Kraftwerk, c'est dire!!) et Noel Gallagher.

Mais l'album, Timeless. Sans temps ou plutôt éternel. Enfin, tout au moins Timeless.
Le disque s'ouvre sur un magnifique track de 21 minutes: Inner City Life aux manifestations sonores contrastées. Sur un rythme lancinant, Goldie calque quelques voix féminines, des sons excentriques comme le crecellement d'un serpent à sonnette...Mais c'est le rythme, cassé, cassant, alternant les ambiances détendues et stratosphérique où l'impression de vide spatial vous emporte le temps d'un instant, le temps d'une chanson.

Saint Angel est un morceau typique de drum'n'bass speed, avec un claqué des caisses claires soutenues et entrainant. L'album s'étoffe avec le très jazzy State of Mind, chanté et succulent. Dans les morceaux qui suivent et jusqu'à l'extase provoquée par Sensual, Goldie semble caresser un style classique de drum'n'bass mais il faut bien se rendre compte de la relative nouveauté du genre pour l'époque.

En effet, le temps s'arrête agréablement avec Sensual, sorte de venin sonore hypnotique qui vous clouera au siège alors que vos jambes vibrent pour vous.

Sorti en 1995, cet album sera suivi par Ring of Saturn puis Saturnzreturn et enfin Sine Tempus l'année dernière, après une période de creux de 7 ans.

Aux grands desespoirs de nos lecteurs curieux et assidus, aucun lien sur radioblog mais en s'aventurant plus avant sur les torrents, vous avez quelques chances de le rencontrer.

Le Myspace

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