05 juillet 2009

Ghost - Freedom of thought (2009)

Comme le disait à juste titre Dave, le hip hop britannique ne traverse pas actuellement sa période la plus faste et prospère. Et à quelques exceptions près, le versant instrumental du genre n’est guère plus épargné que sa facette rap. Aussi voit-on notre plaisir décuplé lorsque, ponctuellement, un artiste parvient à se sortir de la nasse. Ainsi en est-il du producteur et Dj londonien Ghost. Après un premier disque extrêmement bien reçu – Seldom seen often heard en 2006 – le dénommé Simon Williamson récidive avec Freedom of thought, sorti il y a quelques mois sur le label rosbeef Breakin’ bread.

Avec ses plages instrumentales finement ciselées et variées, ses rap percutants aux délicieux accents brit’ et ses éclairs jazzy, Ghost ne met pas trois plombes à nous convaincre de la qualité de ses productions. Dj expérimenté et remixeur chevronné, souvent comparé à DJ Shadow ou J Dilla, le garçon a indéniablement plus d’une corde à son arc et a accumulé avec les années une bonne somme d’inspirations. Lignes de violons épiques, guitares wah wah à la coule, basses funky libineuses, arpèges de piano épurés, incursions de saxo ou de phases electronica, l’éventail est large et plutôt goûtu. Avec tout cela, il en devient difficile de distinguer un titre plutôt qu’un autre et l’on se laisse bercer par les sonorités feutrées et minutieusement sculptées du britannique, entrecoupées çà et là de titres rappés par ses camarades anglish Verb T, Finale ou Dubbledge.


Parmi les 18 titres en présence, on peut néanmoins retenir le morceau « Return journey », son vague à l’âme de piano et ses basses titanesques. La comparaison avec DJ Shadow prend ici tout son sens. En effet, les deux hommes semblent partager un même don pour tisser des ambiances abyssales et concocter de fluides mélodies sur fond de beat hip hop. L’orchestration est riche et d’une totale pureté. Ghost nous gratifie même d’un très rock et héroïque solo de guitare.

« Elevate » et sa coulée de sons digitaux féériques, peut donner une autre preuve de l’étendue du talent du garçon. Le blanc-bec Jehst s’en donne à cœur joie et fait résonner son rap british gouailleur – je ne me lasserai jamais de ce succulent accent - sur les lignes scintillantes et atmosphériques du Dj. La production est impeccable, c’est en plein dans le mille !

De nombreux titres, pour ne pas dire l’essentiel des titres, démontrent les qualités de composition du Britannique. Sans originalité démente et sans grain de folie il faut le concéder, il déroule un album plein, ambiancé et propice aux divagations, où la morgue de ses invités rappeurs le disputent à ses vapeurs musicales réglées comme des horloges.

En bref : Dans la catégorie des faiseurs de beat hip hop voilà un homme sur qui il faudra compter. Pour son deuxième album, le Londonien Ghost signe un disque dense à l’instrumentation pléthorique. Du beau boulot, à ne pas ignorer.




Le myspace de Ghost

Le site web de Breakin’ bread

A lire aussi : Speech Debelle – Speech therapy (2009)

Un mix de 30 minutes de Ghost ici.

2 Comments:

panda said...

Je découvre ce blog et vraiment content de pouvoir trouver une chronique sur cette album qui à mon sens est excellent :)

Merci donc et bonne continuation

Anonyme said...

Toujours un plaisir de retrouver DODB après des divagations sur google.