16 juillet 2009

21èmes Eurockéennes de Belfort - 3, 4, et 5 Juillet 2009

Compte-tenu de la densité de l'affiche du festival, je ne vous proposerai dans ce compte-rendu qu'une perspective sur ces Eurockéennes de Belfort. Et puisque dans ce genre de grand festival, tout est question de choix personnels, je dois dire que j'en suis venu à me demander si j'y avais fait les bons, tant cette édition fut tristounette. Dès l'annonce de l'affiche déjà, il y avait légère déception. Le festival commençait à nous habituer à son ambition défricheuse, en programmant sous d'énormes têtes d'affiches des petits noms absolument pertinents, avec un sens de l'actualité et de l'anticipation tout à fait louable. Comme pour les crus, il faut certainement en vouloir à de nombreux aléas extérieurs. Mais pour un festival dont les programmateurs affirment tenir la prestation live pour principal critère de sélection, cette 21ème édition fut, oui, bien décevante.

Tout commençait pourtant plutôt bien avec le set de Yeah Yeah Yeahs venus présenter leur tout nouvel album et leur tout nouveau clavier. Une crainte disparaît : Karen O ne donne aujourd'hui plus tant dans le cri de truie que dans le chant véritable. Et entre les coups de punks, le groupe démontre en plusieurs morceaux (dont "Runaway" et "Way out") que Yeah Yeah Yeahs c'est aussi, et aussi étonnant que cela puisse paraître, de belles chansons pop. Mais les choses se gâtent avec The Kills, dont le concert est, à l'image de leur arrivée sur scène, ridicule d'attitude « rock'n'roll ». A force de prendre des poses pour un shooting de mode fantasmé, le duo enlève toute consistance à leur concert. Le lendemain, je me dis que j'ai déjà vu le Strasbourgeois Lauter plus convaincant, puis ne me remets pas de l'amertume que me vaut le concert de mes chouchous Peter Bjorn & John. Le trio n'essaie même pas de tirer parti de l'énergie sèche de leur dernier album Living Thing, et livre un set en guitares où seul le pantin bronzé aux UV Peter Morén semble s'amuser. Le génie de studio Bjorn Ytlling s'endort, et le public, une fois passé le tube attendu ("Young Folks"), quitte le chapiteau. Après un tel dépit, j'en viens même à mettre de grandes espérances en La Roux, avec qui, on s'en rend compte lorsque commence ce concert assez mollasson, le cool atteint les limites du mauvais goût. Tout comme chez Kanye West d'ailleurs, dont la voix autotunée agace au plus haut point., malgré d'énormes sons de synthé putassiers (mmmh).

S'ajoute à cela quelques incohérences dans le planning, qui ne semble pas tenir compte des paramètres de luminosité. Programmer Alela Diane en pleine nuit entre deux concerts rocks, c'est prendre le risque de décourager des spectateurs, et de créer un choc esthétique qui joue en défaveur de la folkeuse. De même, l'excellent concert soooo Neue Deutsche Welle des allemands de Schwefelgelb aurait gagné à être programmé de nuit. Je me pose donc la question de l'efficacité de ces repérages Eurocks. Puisqu'ils sont de plus en plus pointus et exigeants, ne pourrait-on pas les mélanger au reste de la programmation ?

Alors au final, ceux qui tirent leur épingle du jeu, ce sont les attendus Passion Pit. Ils devaient être les MGMT de 2009, leur inégal Manners a prouvé au contraire qu'ils resteraient en deçà. Mais sur scène, il s'en sortent en réalité mieux que la gloire de l'an passé à qui on les a étrangement comparés. Notons également la brutalité salvatrice de Kap Bambino, le beau voyage dans le temps proposé par le shoegaze de The Pains of Being Pure at Heart, et surtout la découverte des australiens de Sleepy Sun, mené par une sorte de jeune Bobby Gillespie habité, et dont le concert de rock psychédélique 70's était parfait. Rendez-vous l'an prochain.


Les vidéos de la plupart des concerts sont en ligne sur le site du festival.

4 Comments:

HIPHOP said...

salut Emmanuel,
c'est quand même un comble que ce soit les YYY les moins pires... j'adore les deux premiers albums, cris de truie compris, et ai trouvé consternant le troisième, consternant de fadeur calibrée FM. bon été musical.
bises
à tous
J

Ju said...

D'accord avec toi sur la déception de l'affiche.

C'est un comble si The Kills sucks, et que YYY rocks. Mais je veux bien te croire.

Et Passion Pit, effectivement tu es le deuxième à me dire que le live est sympathique, ça doit être vrai. Et au fait l'album n'est pas inégal mais carrément inécoutable!! (-;

Quant aux Pain At Being Machin, je suis bien content que tu dises ça. Je les avais vus à Barcelone et c'était super bien !!

A++
Ju

Loïc said...

Hum pas totalement d'accord !! C'est vrai que les kills, c'était pas vraiment ça (et pourtant je suis un fan), mais j'ai pas trouvé le Live de Passion Pit bien captivant non plus.
Sinon je pense que tu as fait quelques mauvais choix, car il y avait de très bon concerts, comme Florence and the Machine, qui enchainé avec Phoenix donnait vraiment quelque chose.
Tu ne parle pas non plus du coté électro (plutôt très réussi à mon gout) de cette année !!

Mickael Choisi said...

Oh, j'étais un peu déçu au départ, puis finalement j'ai bie aimé le tout...Dommage, as-tu vu Tricky, Staff benda Bilili, Phoenix , Il y avait quelques bonnes choses quand même, non ? Enfin, dommage si t'as rop apprécié...Allez, l'année prochaine sera mieux !