13 octobre 2008

Nick Cave & The Bad Seeds - Dig !!! Lazarus Dig !!! (2008)

Foin d'exhaustivité, mais à DODB, on aime bien évoquer le plus de musiques possible, surtout à partir du moment où comme le défendait si bien JJG, "la musique est bonne et qu'elle ne triche pas" ! Sur ces entrefaites, et compte tenu qu'à l'orée de l'automne, les sorties de galettes se bousculent au portillon, je ne vois pas de raison valable de passer plus longtemps sous silence cette livraison de notre australien moustachu préféré sortie en début d'année, la 14ème du nom !

Dig !!! Lazarus Dig!!! donc, qui annonce comme toujours chez Nick Cave la connotation biblique de l'oeuvre, véritable obsession spirituelle et esthétique de l'artiste, ce qui au passage explique en quoi ses textes sont si hautement littéraires et continuent de voler si nettement au-dessus de la mélée, ne s'annonçait pas forcément si enthousiasmant ! La preuve en est cette modeste pochette de néons qui délaisse le traditionnel portait du maître présent sur de nombreuses livraisons !

Et puis, on a quitté l'ex-Birthday Party, sur un projet bluesy quelque peu déconcertant, le bien nommé Grinderman, dont les deux principales nouveautés étaient le retour au son rêche et distordu des débuts, ainsi qu'au port nouveau et désormais tendance de cette fameuse moustache !

Or, disons-le tout net : Ce nouvel effort surpasse non seulement le précédent, mais mérite également de figurer parmi le Top 5 de l'oeuvre de Cave ! Ce constat est d'autant plus éloquent que votre serviteur n'aime jamais tant le Nick que quand il se fait crooner et délaisse les aspérités musicales pour des sons plus doux empreints de classicisme feutré !

Le classicisme feutré se pose un peu là en l'occurence, puisque Dig.... est tout simplement ce que les Bad Seeds ont produit de plus garage, de plus destroy dans le son depuis des lustres, sans doute depuis les lointaines époques de The Mercy Seat (1988) ou de Let Love In (1994). Et comme toujours chez Nick Cave, la mélodie, l'harmonie sont néanmoins à l'honneur !

Dès le morceau titre, irrésistible, et scandé par ces vieux grognards que sont Harvey ou Casey, l'on comprend que le propos est au rentre-dedans ; le tout alors que la voix de Cave est d'une clarté et d'une justesse exemplaire, loin des borborygmes d'autrefois ! Guitares un peu crades, batterie souple, orgue aigrelet et limite baveux, tous les ingrédients d'un bon cru rocker sont présents ! Sur "Today's Lesson", ma préférée, Nick Cave et ses hommes font une démonstration d'unité de groupe ; tout est à sa place, les choeurs, les breaks, les glissandos de basse, hourrah !

La première face confine au sans-faute, avec notamment cet excellent et tribal "Night of The Lotus Eaters" à la basse tourbillonnante, à la distorsion menaçante. "Albert Goes West" clôture l'affaire sur un rythme endiablé, avec des "tou-dou, tououou-dou-dou" roboratifs !

La face B, sans doute plus austère et moins excitante, contient néanmoins son lot de perles, parmi lesquelles "We Call Upon The Author"où Cave se fait à nouveau imprécateur, ou bien le désabusé mais dur au mal "Midnight Man" que parachèvent de belles notes d'Hammond.

En bref : On ne reste que très rarement sur notre faim avec un album de Nick Cave, et ce nouvel opus en est la preuve : voici un groupe plus soudé et inspiré que jamais. Un Bad Seeds qui renoue avec la vieille tradition électrique.

1 Comment:

Ju said...

Ah,le bon vieux Nickx ressort de sa cave pour un Nick Cave ! Désolé (voix Michel de Nisot). Ecouté qu'une seule fois au casque dans un train bordeaux / avignon, ce disque m'avait paru de très bonne facture effectivement.