15 octobre 2008

Songs: Ohia - Magnolia Electric Co (2003)

Comment ai-je pu vivre sans ce disque? Il y a encore quelques mois, Songs : Ohia n’était pour moi qu’une série de pochettes intrigantes croisées ici ou là dans un disc shop. Et sans savoir pourquoi, un jour, je commande The Lioness et Magnolia Electric Co. Deux disques différents dans la carrière de Mr Jason Molina, et deux disques tout bonnement indispensables. Alors que le premier donne lieu à une mélancolie minimaliste et névrosée en collaboration avec ses amis d’Arab Strap, le deuxième (qui est en fait le dixième) est tout simplement le disque folk des 00’s. Huit morceaux intransigeants, élégants et envoûtants du niveau de ce que Neil Young a fait de mieux (ici période Zuma). Car même si Will Oldham et Bob Seger sont invoqués, c’est bel et bien l’ombre du Loner australien qui plane au dessus de ce disque, c’est peu dire.

Entouré pour l’occasion de neuf musiciens dont trois chanteurs, Magnolia… bien que vampirisé par le génie de Molina est une œuvre collective où l’on peut entendre les douces voix de Scout Niblett et Lawrence Peters égrainer en mid tempo les textes du songwritter désormais débarrassé de son obscurité et de son pessimisme. Sa voix à lui, expressive et passionnée (les sept minutes poignantes et inspirées de "Hold on Magnolia") est d’une limpidité exemplaire. Un effet rendu possible par un enregistrement quasi live et un mixage serein de Mr Steve Albini himself. Dès les premiers slides énormes de pedal steel sur "Farewell transmission" (morceau le plus puissant jamais écrit par Molina), la machine americana est lancée, toujours fière et porteuse d’un romantisme exacerbé par des riffs de Les Paul. Magnolia Electric Co ou l’histoire d’un changement de direction qui prend aux tripes et qui tient en haleine à chaque seconde. Passionnant.

En bref : le génie Molina sort son disque le plus osé à ce jour, auréolé d’une lumière à caractère unique, l’un des cinq disques folk des dix dernières années assurément.
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"Farewell transmission", forcément :

1 Comment:

Matador said...

Coïncidence, j'ai passé la même commande, après de nombreuses écoute sur deezer. J'en pense la même chose que vous. Je trouve ça simplement magnifique, surtout Magnolia Electric co. - en dépit de cette pochette hideuse -, et surtout John Henry split my heart. Si je pouvais composer une chanson aussi épique! Je ne sais pas si c'est le disque folk de la décennie, en tout cas je n'espère pas trouver mieux, je n'en ai pas du tout besoin, je suis comblé avec ce disque.