31 octobre 2008

Black Science Orchestra - Walter’s Room (1996/2008)

Nickx vous a déjà parlé avec justesse de Rude System des Ballistic Brothers, et comme à Dodb on aime énormément l’électro anglaise des 90’s, je ne me prive pas de vous faire part de la réédition (datée du 27 octobre) de cet autre bijou de l’époque signé Black Science Orchestra. Derrière ce pseudo à la Sun Ra se cache Ashley Beedle, également fiché pour ses projets X Press 2, Black Jazz Chronicles ou... Ballistic Brothers. Oui madame. Enregistré avant le premier forfait des frères d’armes (London Hooligan Soul), l'album n’est finalement paru qu’un an après, suite à des problèmes d’autorisation pour les samples.

Ainsi nommé en hommage à l’un des pionniers de l’extended mix disco, Walter Gibbons, Walter's Room a fait date pour son mélange inédit de house et de rare grooves, opérant une sorte de fusion entre François K, John Coltrane et le Salsoul Orchestra. En piochant dans le hard-bop, le garage et les standards de Philadelphie, Beedle et ses comparses inventent tout bonnement ce que des critiques en mal de reconnaissance nommeront “future jazz” ou “nu house” dans les années qui suivront. Alternance de plages downtempo d’une exquise suavité et de beats à 120 bpm garnis de lignes de basses pimpantes et de cuivres, ce premier et unique opus du BSO a pavé la route à une cohorte d’orfèvres soulful dans le monde entier. La plupart des titres, semblables à des Romanée Conti, ont merveilleusement vieilli, à l’image de l’édénique “Bless The Darkness” ou de “New Jersey Deep”, un fantastique track dancefloor parsemé d’envolées de guitares à la Shuggie Otis. La finesse des orchestrations, mêlant samples et “vrais instruments”, s’apprécie d’ailleurs sous un jour nouveau en ces temps de revival disco.

A l’époque, Ashley Beedle était l’un des seuls en Europe, avec peut-être ses compatriotes de Faze Action, à posséder la formule alchimique de ce son électro chaud et dynamique que trustaient les New Yorkais et Chicagoans. Débutant sa carrière de DJ à la fin des années 1980, en pleine folie acid, notre homme s’ouvre au disco sous l’influence de Norman Jay, dont il écoute les shows sur la radio pirate Kiss FM. Originaire des Barbades, il est par ailleurs très sensible au reggae et à l’afrobeat, dont sont teintés nombre de ses travaux. En 1990, il fonde le Black Science Orchestra avec de vieux potes, Rob Mello et John Howard. Le trio se fait connaître grâce à une paire de tubes qui apportent une belle exposition à la scène house britannique, alors embryonnaire. A la sortie de Walter’s Room, le line-up a changé, Ashley étant dès lors accompagné de Marc Woolford et de la claviériste Uschi Classen.

C’est toute cette évolution que Junior Boy’s Own propose de suivre grâce à un disque bonus regroupant leurs premières productions, des inédits, et quelques remixes rares qui croupissaient depuis bien longtemps dans les “wishlists” des utilisateurs de Discogs. Citons à titre indicatif “Where were you”, remix des Trammps et première prod du BSO, plébiscitée par le “Godfather of House” Frankie Knuckles en personne. Ou le déluge de trompette et de flûte du remix d’Heller et Farley. Mais à quoi bon s’étendre davantage ? Les mp3 ci-dessous devraient achever de vous convaincre (màj: du moins s'y j'arrive à les faire fonctionner...).

En bref : Epluchez donc la discographie d’Ashley Beedle et essayez de me dénicher une merde. Impossible ! Des Ballistic Brothers au BSO, tout ce qu’a pu toucher le Britannique s’est transformé en or. Walter’s Room, ici luxueusement réédité, est encore un classique house mâtiné de jazz et de disco. Une classe folle, cet Ashley !




Bless the Darkness

New Jersey Deep

A noter : Le Volume 2 d’une série de compilations retraçant l’épopée de Junior Boy’s Own, maison fondée par Andrew Weatherhall et Terry Farley, est également paru il y a peu. L'occasion de redécouvrir le plus important label londonien des 90’s, qui signa les premiers Underworld et Chemical Brothers.

A lire aussi : Ballistic Brothers - Rude System (1997)

1 Comment:

M.Ceccaldi said...

on se disait récemment avec Nicks que les Massive Attack avait pris un coup de vieux, mais que Ballistic Brother ne nous lassait pas. merci d'avoir dégoté ce disque.