24 juillet 2008

Morgan Geist - Double night time (2008)

Pour son deuxième album solo en onze ans, Morgan Geist revient là où on ne l’attendait pas. Seuls deux maxis sortis ces dernières années laissaient entrevoir un virage du New Yorkais vers une disco-pop vocale et son intérêt croissant pour le songwriting. Auteur, avec Darshan Jesrani, d’un disque entièrement instrumental aux orchestrations riches voire baroques (le monumental Metro Area sorti en 2002), le producteur originaire du New Jersey emboîte le pas de son poulain Kelley Polar et de Hercules & Love Affair en invitant, sur la quasi-totalité des titres, le chanteur du duo canadien Junior Boys, Jeremy Greenspan, avec qui il avait déjà travaillé sur le maxi Most of all en 2006.

Double Night Time, disons le sans plus attendre, est un peu frustrant. Neuf titres seulement, dont quatre déjà parus en maxi, c’est un peu léger après une telle absence. Cette pingrerie mise à part, force est de constater que Geist n’a rien perdu de sa superbe. Dès “Detroit”, ouverture magistrale, on retrouve son goût pour les atmosphères éthérées et cette oscillation permanente entre joie disco et mélancolie new-wave. Annoncé comme un hommage à ses premières amours musicales, ce nouvel opus lorgne avec insistance sur la synth-pop du Yellow Magic Orchestra, de Talk Talk et même des Pet Shop Boys, tout en explorant des terrains plus ambient, comme sur "Skypink blue", plage de prog-rock synthétique digne d’Ash Ra Tempel. Si Greenspan convainc sur le très 80’s “City of smoke and flame”, qu’il a co-écrit, son timbre un peu effacé et sa diction maniérée peuvent indisposer et même pourrir le travail de Geist. A dire vrai, on aurait apprécié quelques plages instrumentales supplémentaires, telles cet éclatant "Lullaby" et sa trompette vibrante ou ce fabuleux track de techno déviante et nappée qu’est "Palace Kife". Mais un choix a été fait, qu’il plaise ou non, et ce choix est brillamment assumé.

En bref : Plus pop qu’à son habitude, Morgan Geist n’en reste pas moins l’un des maîtres du disco moderne. Epaulé par Jeremy Greenspan des Junior Boys, il livre un deuxième album étonnant qui s’éloigne de la puissance symphonique de Metro Area mais nous fait pénétrer plus avant dans l’intimité de ce créateur discret et un rien nerdy. De la belle ouvrage.


Le Myspace de Morgan Geist
Le site et le Myspace du label Environ

A lire aussi : Morgan Geist - The Driving Memoirs (1997)

Trois titres pour vous faire une idée de cet album à paraître le 15 septembre prochain sur Environ. “Lullaby” et “Most of All”, qui datent de 2002 et 2006, et “Detroit”, un inédit complet :






1 Comment:

Antoine said...
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