30 juillet 2008

Demon Fuzz - Afreaka ! (1970)

On retiendra tout d'abord l'étonnante pochette bondage ! Mais qui se cache derrière ce groupe de freaks, dont on ne sait finalement peu de choses ? Si ce n'est qu'il s'agissait d'un orchestre noir du début des 70's, auteur de cet album unique ainsi que d'un 45 tours (plutôt rares, on s'en doute !) édités en leur temps, plus un deuxième LP ultra collector tombé aux oubliettes. Tout cela sonnait à la croisée des chemins d'une jam entre Hendrix, Funkadelic, Sly and The Family Stone, bref tout ce qui comptait dans la musique noire de l'époque !
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Constitué de 5 longues pièces, tantôt instrumentales, tantôt chantées, Afreaka ! (tout est dit dans le titre) est encore aujourd'hui d'une étonnante modernité, tant ces freaks là mettaient un point d'honneur à faire sonner leurs instruments, les emmenant quelquefois vers une voie inédite. D'ailleurs, c'est bien simple, les guitares brisées et crades de l'intro de "Past Present And Future" auraient pu être jouées par des embryons de Sonic Youth sans problème ! Ensuite, l'orgue, les guitares, les cuivres (les Demon Fuzz sont au nombre de 8 !) interviennent, et l'on pense aussi parfois à Zappa, dans les déclinaisons acid jazz que s'octroie le groupe.
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Dès "Disillusioned Man", le chant "black" fait son entrée, et dès lors il n'est plus question que de digressions acides, et ceci est annonciateur des géniaux Meters, déjà en gestation et auteurs de disques, mais dont les grands oeuvres ne vont pas tarder à émerger. "Another Country" donne l'occasion à la section rythmique de briller ; tout ceci est très groovy !
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La deuxième face, plus introspective, est également écologique et "Hymn To Mother Earth", d'une certaine façon, est annonciatrice des futurs albums empreints de spiritualité de Marvin Gaye dont l'indémodable classique qu'est What's Going On (1971). Vive la musique noire, vivent les freaks !
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En bref : on ne dira pas de ce disque qu'il fut fondateur tant le nombre de disques sonnant ainsi fut légion à l'époque , il n'empêche que ce disque, véritable OVNI et incunable de l'époque - avidement recherché par nombre de collectionneurs avisés - est à (re)découvrir toutes affaires cessantes !




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"Message to Mankind" qui ne se trouve pas sur l'album mais sur le single.

5 Comments:

Dave said...

Merci pour la belle découverte!

HIPHOP said...

pour la pochette, on hésite vraiment entre un catcheur brésilien et un travailleur du sexe, spécialisé dans le latex (mais le bondage est effectivement suggéré hors champ, puisque le monsieur semble avoir les mains liés dans le dos) . ah petit coquin de Nickx!!
en tout cas tous ces bons groupes à l'unique album (cf ta chronique récente sur les ballistics brothers) ça me laisse penseur. Il faudrait pouvoir expliquer ça.

Nickx said...

Attention, Ballistic Brothers compte 2 albums à son compteur !

Sinon, précise ta pensée HIPHOP ; veux-tu dire par là qu'un groupe qui n'a enregistré qu'une oeuvre clairsemée mais essentielle vaut plus qu'un groupe bavard qui n'a enregistré que des merdes ?

Je ne suis pas loin de partager ton avis !

Bel et Long Acrostiche Ne Craint pas l'Homme Erudit !

HIPHOP said...

je comprends bien ce que tu dis ; je voulais dire que ça m'a toujours fasciné les artistes qui ont une œuvre très resserrée : Rimbaud, Vermeer (une vingtaine de tableau variant autour d'un même thème), Tarkovsky (7 films), Charles Laughton (1 film, 1chef- d'oeuvre). ça peut-être lié à un certain type de dynamique créatrice, mais aussi parfois à des raisons purement matérielles (en cinéma, par exemple, beaucoup de réalisateurs talentueux s'arrêtent au premier long métrag, faute de producteur). je trouve qu'en musique le phénomène est répandu (toi même tu dis souvent : mais au fait que devient tel ou tel artiste ?). Pourquoi certains durent, explorent, se renouvellent, et d'autres non ?

Ju said...

A noter que Janus Records a réédité un vinyl, disponible chez Gilbert pour 11 euros.