23 septembre 2008

Psychic Ills - Dins (2006)

Il y a peu, je n'aurais eu que peu de renseignements à distiller sur ces auto-proclamés Malades Mentaux, si ce n'est qu'ils sont l'un de ces énièmes groupes intéressants issus de la fertile Grosse Pomme ! Depuis peu et via le Web -leur site off étant famélique- , j'ai appris qu'un petit frère de ce premier essai que fut Dins est attendu courant novembre dans les bacs, que l'objet s'intitulerait Mirror Eye, chouette !

Ce que l'on savait quand même de Psychic Ills, c'était que ce groupe préalablement était auteur d'un seven inch et d'un EP tous deux intitulés Mental Violence (ben, voyons !) forcément cultes et épuisés depuis des lustres mais réédités néanmoins sur la compile Early Violence (2007), et que leurs trognes aperçues sur le site off The Social Registry indiquaient autant un conglomérat de babas drogués que de chevelus barbus renfrognés ; ah, autre gimmick intéressant, il y avait une fille également au sein de la bande !

Sur cette étrange galette qu'est Dins, les fantômes des ressucités My Bloody Valentine et leurs voix etherées côtoient tout ce que la pop droguée a pu engendrer ces 20 dernières années, de Spaceman 3 à Spiritualized (forcément !) en passant par les Dandy Warhols du début ou bien les séminaux Mercury Rev !

En bref, ces zozos empruntent autant au shoegazing de la fin des 80's qu'aux jams hallucinées de leurs contemporains US : peu de morceaux au sens propre du terme, plutôt des variations hypnotiques sur un thème, les plus manifestes étant cet insinueux "January Rain" ou bien encore ce "Another Day Another Night" qui clôt l'album dans un fracas d'écho et de spectres vocaux !

Paroles inaudibles, car volontairement noyées sous le mix, mais sans se départir d'un certain sens de l'humour - ainsi comment ne pas voir en cet aveu laconique qu'est "I Knew My Name" la réponse quelque peu savoureuse au If I Could Only Remember My Name (71) de David Crosby 30 ans plus tard !- ce premier album des Psychic Ills s'inscrit dans une longue tradition opiacée de la musique indé US : de longues psalmodies sous des brisures de guitares !

En bref : Attention, le genre de musique qui s'insinue de plus en plus lors des alcotests ! Effets indésirables tels que la somnolence mais aussi des fulgurances de trépignements à envisager. Espoir US à surveiller de près.




Le Myspace des Psychic Ills

A relire aussi ces chroniques de Spiritualized ou de Mercury Rev.

"January Rain" en live


8 Comments:

HIPHOP said...

salut Nickx,
je te pose une vraie question : y a-t-il de mauvais groupes psyché ?
On pourrait se demander si le psychédélisme en musique n'est pas une pose, un cache-misère, le symptôme d'une absence d'inspiration, des procédés faciles qui tournent à vide, quand on voit le nombre de prétentions psychédéliques dans la musique! C'est un peu comme quand un publicitaire a pas d'idée, il va pomper dans l'esthétique des années 70. Le psychédélisme c'est Hendrix, Pink Floyd, etc., c'est quand même il y a plus de trente ans. À l'époque ça avait une signification politique énorme.
bises
J

Nickx said...

A ta question, cher HIPHOP, je réponds un oui catégorique !

Car il serait vain et naïf de croire que tout ce qui n'est que bidouillage, pédales d'effets, planeries tourbillonantes et impros en roue libre n'aboutissent qu'à des bons disques, loin de là !

Et comme tu le dis, il faut se méfier des groupes qui pensent dissimuler leur cruel manque d'inspiration sous une production et des effets savants !

C'est un peu comme pour l'électro, pour un Kraftwerk fondateur, combien d'avatars qui se contentent de faire tourner leur Korg en boucle de manière fumeuse sans rien apporter au genre !

Dans le cas qui nous occupe, les Psychic Ills, il m'a semblé intéressant de donner un coup de projecteur à ce disque passé inaperçu il y a 2 ans, qui certes ne transcende pas le genre (d'ou la note qui n'est que de 3 et 1/2)mais qui donne éventuellement envie d'en savoir plus sur un groupe obscur, et dont l'actualité va bientôt les confronter à l'épreuve du toujours difficile deuxième album !

Après, tu connais mes convictions classiques : rien de mieux qu'un bon format pop avec plein de refrains à fredonner sous la douche, ce dont Dins, est très loin, j'en conviens !

Après, je crois que comme tout genre ou sous-genre, il apparaitra toujours évident de trier le bon grain de l'ivraie !

C'est la raison pour laquelle nombre de groupes psychés anciens ou actuels n'ont semble-t-il pas été chroniqués à ce jour sur DODB !

En ce qui me concerne, je ferai toujours un distinguo marqué entre le Mercury Rev des 2 premiers albums (avec David Baker)et celui qui nous sert la soupe depuis, entre Spiritualized et les poussifs Flaming Lips (de la poudre aux yeux selon moi), les Electric Prunes et n'importe quelle niaiserie garage qu'on essaie de nous refourguer à coups de rééditions de "disque jamais édité à l'époque" !

Voila. A+

HIPHOP said...

les poussifs Flaming lips, dis-tu?
jolies soirées familiales en perspective ...

Bises
J

Nickx said...

Ouais, franchement, je sais que je fais de la peine à Ju quand je dis ça, mais que ce soit sur disque, où c'est branlette et compagnie ou en live, où les 3/4 de la musique sont préenregistrés (comment faire autrement à 3 sur scène ?),

ben franchement, en voila un groupe mineur !

J'aurais pu citer aussi le Brian Jonestown Massacre ou les Dandy Warhols pour l'ensemble (quasi) de leur oeuvre, mais foin de la polémique !

'Toute façon, s'en fout à l'aune d'un Besnard Lakes ou d'un Black Mountain !

Et si le dernier grand disque psychédélique était en définitive la BO de Raymond Lefèvre sur Oxo,la Terre ?!

HIPHOP said...

C'est vrai que la denrée a quelque chose d'assez psyché...
Water Curses, le dernier maxi des animal collective, est pour moi un grand disque psyché que je pense bien chroniquer un jour ou l'autre.
Quand aux flaming lips je n'ai pas trop d'avis, n'ayant écouté que Yoshimi battles etc., que j'avais trouvé plaisant, avec des faiblesses peut-être. Quand à Zaireeka je trouve le projet trés excitant, mais ça ne suffit peut-être pas pour faire un grand groupe.
bises
J

Ju said...

Et ta soeur elle est poussive ??(-;

Tu devais te douter Nickx que j'allais devoir réagir à cette avalanche de critiques lipsiennes. "Branlette et compagnie sur disque", vraiment? Encore faut-il avoir écouté la discographie pré-Soft Bulletin (8 albums quand même!) pour se rendre compte de la multiplicité des genres (si tu aimes Beck tu ne devrais pas être insensible à certains titres), sans compter les véritables idées "funs" que sont Zaireeka et Cie, et enfin sans compter que Wayne Coyne est l'un des personnages les plus sympathiques de la musique contemporaine (voir le film Fearless Freaks pour s'en convaincre). Un groupe effectivement un peu arty (= qui a des idées) qui ne se prend pas au sérieux, ça fait toujours plaisir.

Pour ettayer mes propos, j'ai passé la matinée à vous concocter une peite playlist chronologique de mon cru: 1 titre par album des Lips, soit 10 titres à écouter d'une traite ce soir avant de vous coucher:

http://www.deezer.com/#music/playlist/12198147/1009925

J'attend vos commentaires demain matin.

Vivent les Lips et vive la musique libre !!! (-;

Ju

PSYCHOCANDY said...

Super blog! Que du bon ici, et ça colle parfaitement à mes goûts...

Will

PSYCHOCANDY said...

http://www.muzzart.fr/lezine/chronik/psychic-ills-dins.html

C'est de moi...