11 février 2009

Herman Düne - Concert à Bordeaux, Espace Tatry le 10/02/09


Quelques semaines après Sporto Kantès, voici venu l’autre duo dont Radio Nova s’est maintes fois fait le prescripteur, à savoir la fratrie Düne désormais réduite à sa plus simple expression, André ayant pris la poudre d’escampette auprès de son projet Stanley Brinks. Restent donc le grand barbu David Ivar, à présent seul et unique compositeur, et son frangin Neman, percussionniste attitré au flegme imperturbable. Seul le guitariste / bassiste Turner Cody se prête au jeu de l’accompagnement pour soutenir un groupe sur lequel les médias dits spécialisés ont pas mal tiré l’année passée. La faute à un Next Year In Zion jugé ennuyeux pour certains, et surtout à un rapprochement d’avec le major EMI, à mille lieux de l’esprit baba no-fi des débuts. Et si ce huitième album n’a certes pas été à la hauteur d’un Not On Top ou même d’un mieux produit Giant, il reste toujours une jolie collection de folk songs ramenées à l’essentiel. En tous cas et malgré la crise de croissance, le public n’a pas lâché son duo franco-suédois préféré et l’Espace Tatry se remplit comme il faut.

Comme je l’ai déjà fait remarquer, et contrairement aux précédentes tournées, le groupe est très resserré. Cuivres et chœurs féminins sont absents du set, bien que présents sur disque. Et pour le coup, Herman Düne redevient un peu ce groupe minimaliste, sobre et intime des débuts. On ne peut pas dire que Neman fasse des miracles à la batterie, tout juste accompagne-t-il délicatement son frère par des rythmiques chaloupées et autres effleurements de peaux. David Ivar quant à lui semble comme toujours habité par ses chansons, surtout lorsqu’il se retrouve seul sur scène pour interpréter une version éthérée de "She knows better than me". Dérangé je pense par la bruyante assistance du bar, mais inflexible, il laisse aller son humeur calypso le temps de titres qui se ressemblent trop, mais qui font le boulot. Trois accords de ukulélé sur le désormais classique (because bourrage de crâne) "My home is nowhere without you" et ça suffit. Soli de gratte feutrés, percussions cotonneuses, Herman Düne dans ses meilleurs moments m’évoque Van Morrisson, alors que mon voisin de gauche pense à Bruce Springsteen, allez comprendre !

En tous cas s’il n’est certes plus question d’anti-folk, mon avis est que le groupe sous forme de duo (allez, de trio, n’oublions pas Turner Cody) revient agréablement à l’essentiel, surtout sur scène où la sympathie et la simplicité des Düne n’ont pas bougé d’un iota. C’est bien là le principal.

Les Myspaces d’ Herman Düne, Allez les filles et Espace Tatry

A lire aussi : Herman Düne - Not On Top (2005)

"I wish that I could see you soon" à Taratata, avec choeurs et cuivres :
Crédit Photo Pierre Wetzel ©

1 Comment:

Anonyme said...

Herman Düne, j'y étais aussi, et agréablement surpris par l'intensité de la prestation guitare d'Ivan. Premier concert auquel j'assiste du plus célèbre de nos groupes "frenchies folkeux", je n'aurais pas imaginé un seul instant que cet univers si sage sur CD (devrais-je dire MP3) dégage une telle énergie en live. S'il est vrai que la formule classique basse/batterie/guitare rendait cette éventualité crédible, la précision et l'efficacité de la rythmique du grand barbu m'ont quand même bluffé et à juger par les réactions du public, je n'étais pas le seul !! Contrairement à ce que je pouvais penser, Herman Düne est un groupe à ne surtout pas rater sur scène, si tant est que le mélange alt-country, Funkadélic et mélancolie vocalo-nasale vous parle.

Hervé.