22 janvier 2009

Calexico + Depedro - Concert à Bordeaux le 21/01/09


La Rock School Barbey accueillait hier soir un concert très attendu, suite à la sortie l’année dernière de Carried to dust, dernier album en date des représentants du mythe crépusculaire de l’Ouest Américain, j’ai nommé Calexico. Grand groupe du paysage indé qui comme Tindersticks a connu son heure de gloire fin 90’s et qui depuis rame un peu pour se trouver un public, le combo de Tucson semble en 2008 avoir récupéré de sa superbe, comblant fans et newbies avec un onzième enregistrement plus délicat et nuancé que ses prédécesseurs.

Premiers constats statistiques : la salle est comble et le public plus âgé qu’à l’accoutumé. Peu étonnant quand on sait qu’en plus de dix ans de carrière, le groupe a su monter un réseau de fans internationaux grâce à un talent non feint pour le brassage des genres, du rock au blues en passant par le jazz ou la country. Un style finalement indéfinissable au profit d’un exotisme non putassier, parce que Calexico est peut-être le seul groupe à utiliser les grands espaces morriconiens et la ferveur latine sans tomber dans l’effet carte postale. Chez nous c’est Manu Chao qui s’en charge, avec plus ou moins de succès.
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En première partie, c’est l’espagnol Jairo Zavala alias Depedro qui s’y colle. Le genre de gars, si tu le croises dans la rue, tu penses qu’il est en situation irrégulière. Tout en rouflaquettes et guitare en bandoulière, il nous présente son projet le plus personnel à ce jour, seul ou accompagné des musicos de Calexico. Il joue des balades rythmées à la guitare, chantées en espagnol, du plus bel effet, et rejoint le groupe pour la suite des événements (Depedro joue sur Carried to dust, et à n’en pas douter, son CDD chez Calexico pourrait rapidement devenir indéterminé).

La bande à Joey Burns et John Convertino monte alors sur scène. Sept musiciens au total pour deux trompettes, une batterie, un trio accordéon / harmonica / mélodica, une contrebasse, moult guitares et surtout, presque la star de la soirée, cette pedal steel qui vous emmène définitivement très loin dans l’imaginaire. Instrument magique et planant, complètement maîtrisé par le grand Paul Niehaus, qui m’évoque alors Jason Molina et son "Farewell transmission". Malheureusement Sam Beam d’Iron And Wine n’est pas là, lui qui a également participé à l’album. Mais qu’à cela ne tienne, une constatation s’impose ce soir, tous ces musiciens sont vraiment exceptionnels.

De ballades pop sobres peut-être trop low tempo aux grandes envolées mariachis, Joey Burns illumine ce set essentiellement axé sur le dernier opus dont "Two silver trees", "The news about William" ou "Trigger" (plus besoin d’instrument, il suffit de siffler) sont de grands moments. De quoi en tous cas assurer facilement l’heure et demi de show, dont deux rappels et une reprise de Love, "Alone again or". Joey aura fait preuve d’une sympathie de chaque instant, multipliant les mercis et autres commentaires de soutien. Standing ovation pour le premier concert de l’année 2009, qui pour le coup démarre en trompettes.

"Alone again or" par Calexico et "La Memoria" par Depedro :

1 Comment:

Mickael Choisi said...

Salut Ju ! Content que ça t'ait plu aussi ! Par contre, j'ai un petit doute sur "Two Silver Trees, je pense pas qu'ils l'aient jouée...à vrai dire, je pense en être sûr :D ! Mais très bon compte-rendu, comme d'hab mister !

@+ mec (ah, et le concert, c'était hier, le 21 ;-) et Woven Hand, c'était le 11/12 et non le 12/08 ;-))

Mon compte-rendu ici sinon :
http://crystal-frontier.blogspot.com/2009/01/compte-rendu-du-concert-de-calexico-le.html