23 janvier 2009

Fires Of Rome - You Kingdom You (2009)


Bon, que dire de ce disque ? Nouvel avatar d'une scène new-yorkaise décidément très prolifique au début des années 2000, on y retrouve ce concept finalement astucieux du power-trio, (il n'y en a pas tant que ça), cet aspect fourre-tout qui peut tout à la fois servir comme desservir le combo mené par Andrew Wyatt - pas de lien de parenté avec son illustre devancier ;  NYC se trouvant sur la carte loin de Canterbury. 
 
Que trouve-t-on donc pour se sustenter dans cette auberge espagnole ? Eh bien, et c'est bien là l'anicroche, autant de matière à s'enthousiasmer qu'à fuir, même si la qualité d'ensemble demeure attrayante. Fires Of Rome donne l'impression de ne pas savoir sur quel pied danser, ou bien de vouloir goûter à toutes les ivresses. C'est parfois furieusement dansant et réminiscent des rythmiques syncopées des Wire ou  Gang Of Four de jadis ; ainsi cela fonctionne comme sur l'enlevé "Set In Stone" et son refrain très années 80. 
On trouve également du glam super efficace comme sur ce "Love Is A BurningThing" qui, sous ses airs de manifeste renverrait jusqu'à Ziggy Stardust dans les cordes. D'ailleurs l'on jurerait entendre Mick Ronson à la six-cordes. Dans le même esprit glitter, on imagine sans peine Andrew Wyatt et son binôme avoir écouté en boucle T Rex ("But You're Such A Cherry"). 

Là où ça se gâte, c'est sur les refrains qui singent le Genesis du pire (pléonasme) ; car il y a cette voix maniérée de Wyatt qui rappelle hélas un peu trop celle de Peter Gabriel ("It Makes Me Weak") Et que dire de cet abominable pastiche de Talking Heads, ("Bronx Bombardier"), qui donne envie d'éradiquer de nos discothèques, et ce de façon définitive, tous les héritiers funk  du groupe légendaire de la Grosse Pomme qui n'ont jamais tenu leurs promesses sur la durée. .Le chanteur a en effet cette propension à en faire des tonnes, et cette manière de plomber des titres qui partent pourtant sous de bons auspices ("Monkey In A Cage" démarré acoustique, mais vite rejoint par un vibrato dégoulinant) qui rendent l'affaire parfois vaine.

Ce n'est en définitive que lorsque le groupe se contente de torcher des pop-songs excitantes, ("Love..." donc, mais aussi "Songs As Yet Unsung", "Set In Stone") que les Fires Of Rome recueillent l'adhésion.

On ressort donc de l'écoute de ce curieux lp avec une impression de saccharine collée aux dents, un effet de trop plein de fraises Tagada qui et c'est bien là le paradoxe, ne parviennent pas tout à fait à  écoeurer.  Les intentions et les capacités mélodiques sont là.
Qu'un deuxième album hélas jamais paru aurait peut-être permis de canaliser.

 
En bref : un album qui enfonce, certes de manière agréable, des portes ouvertes. Et un groupe qui sous ses airs assumés de poseur ne manque évidemment pas de panache. Néanmoins la démarche artistique gagnera à être plus originale et à choisir son camp entre 80's triomphantes et prog-funk parfois douteux.
Le Myspace _ L'album en streaming

3 Comments:

M.Ceccaldi said...

as-tu écouté Foals ? j'ai beaucoup aimé, mais j'ai une angoisse tout à coup. Cet explicite héritier des talking heads tiendra t-il le coup sur la durée ?

Nickx said...

Non, juste comme ça ! Il faudra que j'approfondisse !

A+

Ju said...

Jamais entendu parler de Fire of Rome... vais jeter un oeil.
Quant à Foals, que j'avais vu en concert l'anée dernière (http://www.desoreillesdansbabylone.com/2008/11/foals-friendly-fires-wild-beasts.html), j'ai les mêmes craintes que toi Jéjé. Alors que j'hésitais jusque là à rentrer Antidotes dans mon top 10 2005, je me suis dit qu'effectivement, ce n'est pas dit que ce soit en groupe qui dure. Impression qui plus est renforcée par le caractère de cochon du chanteur, pas franchement sympathique. Mais Antidotes reste à écouter...
A+
Ju