05 mars 2007

Midlake - The trials of Van Occupanther (2006)

Je crois que j'ai commencé cet article il y a près d'un mois avec la ferme intention de dire du mal de ces péquenots texans de Midlake. Balafrer ce disque de pop dégoulinante qui avait pour moi tout l'attrait d' un misérable chewing-gum nostalgique. Bref, le disque me semblait grandement inintéressant et plat. Propre mais sans âme.
Désormais, que dire ? Et bien simplement que je me suis fait avoir... sâlement avoir à l'épreuve de la réécoute. Je trouve du charme à ce disque. De la beauté même.
Donc Midlake, déjà, ça vient du Texas. Vous voyez le truc... une terre de cow-boys taciturnes à chapeaux. Et malgré cela, et le fait que tous les américains soient des cons finis. Et malgré le fait que le plus connu des texans soit aussi le président du pays. Malgré toutes ces raisons de ne pas comprendre les autres et de se comporter comme des cochons incultes. Malgré tout cela, les ptits gars de Midlake jouent à merveille une pop "bien ouvragée", comme on la qualifierait dans les milieux autorisés. Les milieux autorisés, comme vous le savez, on y a pas accès donc on les ignore.
Les mecs de Midlake, ce sont 5 jeunes types : les 2 Eric, McKenzie, Paul et Tim (le chanteur). The trials of Van Occupanther est leur second album. Le premier, Bamnan et Silvercock, étant sorti il y a deux ans, en 2004. Le disque ne déclenche alors guère d'enthousiasme et, à vrai dire, est un peu pourri. Les membres du groupe retournent à leur quotidien et reprennent leurs boulots loin de la musique. Prof ou réparateur informatique. Remis en scelle par le label Bella Union (qui a notamment produit Kid Loco), et avec la collaboration de Simon Raymonde, membre des Cocteau Twins, The Trials voit le jour et signe un joli retour.
L'album est acclamé par la presse et célébré comme l'un des meilleurs albums de ces dix dernières années. De quoi vous rendre sceptique. Exactement mon état d'esprit lors de ma première écoute. Et surtout, après ma première écoute. A première vue, c'est de la pop, oui. Bien faite de surcroît, et proprette comme j'aime à le dire. Mais rien de bien excitant.
Ce n'est qu'en réécoutant l'album que je découvre une noble mélancolie portée par de classieuses vagues instrumentales. Des vagues qui se savent parfois se faire audacieuses. "Roscoe" est le premier des onze titres. La voix complaignante de Tim Smith (original comme nom) est d'emblée en harmonie avec des riffs de guitares puissants, virils. Le deuxième titre est plus champêtre, mais la légèreté disparaît rapidement dans un vague à l'âme vocal, délicatement. The Trials of Van Occupanther égrène au fil des pistes une pop-rock folkisante toute en beauté, finesse et humanité. Organique parfois. Je crois que je pourrais me répandre facilement sur de nombreux détails de la musique de Midlake mais au lieu de cela je préfère déférer toutes ses douceurs à vos oreilles amatrices.
Le mécanisme buzz turbine à outrance et The Trials of Van Occupanther n'est certainement pas l'un des meilleurs albums des dix dernières années. Cependant, l'on cotoie parfois une inquiétante pureté à l'écoute de Midlake et de son chanteur Tim Smith. Une inquiétude que l'on ne peut repousser, comme envoûté. Plus étrange que le paradis.

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3 Comments:

Ju said...

Attention chronique engagée! Américains = pas bien! Sacré Fab, j'attendais avec impatience que tu la termines cette note pour voir justement si tu t'étais fait prendre au piège ou non. Mais bon au final je suis plutôt d'accord avec toi, à part que dès la première écoute ça m'a plutôt plu. Mais bon c'est sûr que c'est pas le meilleur disque des 10 dernières années non plus. Faut bien que le "milieu autorisé" trouve des formules pour mieux vendre. Alala...
On se voit ce weekend... à Dam!

Dave said...

Mes préjugés sur ces groupes fashions qui, chaque mois, selon les Inrocks et autres publications bobos, révolutionnent l'histoire entière du rock, sont encore plus forts que les tiens puisque, généralement, je les boycotte purement et simplement. C'est con, mais c'est MON style de con. Pourtant, je dois te remercier pour ta curiosité, puisqu'il s'avère que cet album mérite qu'on s'y attarde. Et je suppose que ce n'est pas un hasard si, en tête des extraits, tu nous as mis le très beau "Young Bride". Merci bien, l'ami Fab. Par contre, je te prierais d'être correct avec les Amerloques, même s'ils ne le méritent pas : la moitié de ma famille vit là-bas!
Bises et amusez-vous bien au pays du gouda et des plantes vertes!

Fabien said...

Ca fait plaisir de lire vos petits commentaires les mecs. Et oui, je me suis fait eu par cet album surprenant. En ce qui concerne les "States" , je vous laisse deviner qui je caricature... en tout cas certainement pas les ricains...