22 mars 2008

Pascal Bussy - Kraftwerk, le mystère des hommes-machines (2004)

Nul n'est en droit d'ignorer Kraftwerk. Du moins, tel est le cas pour qui veut comprendre la musique moderne. Depuis bien longtemps le respect dû à ce groupe est acquis et légions sont les artistes rendant hommage au travail des « hommes-machines » de Düsseldorf. Leur musique, « techno-pop » selon leurs termes, a influencé des générations et des générations de compositeurs, évoluant dans des registres divers : rock, hip-hop, électro ou encore variété. Et, exercice magistral, fait d'une certaine façon le pont entre les recherches des compositeurs expérimentaux (de la spatialisation de Karlheinz Stockhausen à la répétition de Steve Reich) et la musique pop de grande consommation.

Entourant leur processus créatif d'un grand secret, déclinant à la chaîne les propositions de collaboration (David Bowie et Mickael Jackson notamment) et se murant dans un silence quasi-monastique, les membres de Kraftwerk, emmenés par les impénétrables Florian Schneider et Ralf Hütter, ont entouré leur oeuvre d'un épais voile de brouillard et de mystère. Suscitant par là admiration et curiosité. Pascal Bussy, journaliste de son état et responsable jazz chez Warner, tente dans son ouvrage de percer ce voile et de découvrir ainsi ce qui se cache derrière « Le mystère des hommes-machines ». Pour se faire, il recoupe de nombreuses interviews des membres du groupe et de leurs proches et les replacent dans un plan chronologique, rythmé par les sorties d'albums de Kraftwerk.


Le bouquin s'ouvre ainsi sur la rencontre au Conservatoire de Düsseldorf de Florian Schneider et Ralf Hütter, deux jeunes bourgeois, et sur les débuts de la scène rock allemande d'après-guerre. Les deux hommes partagent un goût prononcé et précoce pour la musique expérimentale. Le bruitisme de l'Italien Luigi Russolo, l'électroacoustique (musique composée à l'aide de sons enregistrés et/ou synthétisés) des Français Pierre Henry et Pierre Schaeffer. Sans oublier les oeuvres de l'Allemand Karlheinz Stockhausen ou de l'Américain Steve Reich. En 1968, Florian et Ralf forment Organisation, embryon de Kraftwerk, avec trois autres musiciens et dans une très grande proximité avec la formation Can.

Le groupe produit un album de rock progressif hypnotique en 1970, Tone float, puis se mue en Kraftwerk. Michael Rother (guitare) et Klaus Dinger (batterie), qui seront plus tard membres de Neu!, font partie de l'aventure. Nous sommes en pleine période « krautrock » (rock choucroute) et la scène Düsseldorfoise mène la danse. Sur ses deux albums éponymes (1971-1972), Kraftwerk ne déroge pas à la règle mais ne parvient pas vraiment se distinguer. En dépit de ses qualités évidentes, il demeure considéré comme un groupe de deuxième catégorie, éclipsé par les brillantes productions de Tangerine Dream, Ash Ra Tempel ou Can. C'est avec la rencontre du peintre et musicien Emil Schult puis la sortie d'Autobahn en 1974 que le virage artistique de Kraftwerk s'opère et leur permet de rencontrer un large succès.

Schult incite Florian et Ralf à adopter une identité visuelle forte. Ils commencent alors à se doter d'une image germanique très stylisée, qui va peu à peu devenir une de leurs marques de fabrique. La formation se fixe en un quartet. Les percutionnistes Wolfgang Flür et Karl Bartos composent la deuxième moitié de Kraftwerk, terme qui soit dit en passant signifie « Centrale électrique ». Avec Autobahn, le bon franchi dans le développement du groupe est considérable. Le quator se convainc que sa réussite passera plus certainement par la maîtrise des technologies les plus récentes que par le résultat d'un processus d'improvisation plutôt aléatoire. Schneider et Hütter se dotent d'un synthé « mini-moog » et s'y convertissent en mois de deux. A eux désormais, d'explorer tout son potentiel pop. Anecdote parmi tant d'autres. L'idée du premier morceau d'Autobahn viendrait d'une promenade qu'aurait fait le groupe dans la Volkswagen de Hütter, avec un magnétophone tenu à l'extérieur de l'habitacle pour enregistrer les bruits de la circulation.

L'album décline le thème de l'autoroute à travers des titres hypnotiques à la structure répétitive, tout en préservant l'aspect mélodique de la musique pop. Quelques paroles simples passés au vocoder sont égrénés sur une bande instrumentale où s'expriment à plein les synthétiseurs, percussions et sons électroacoustiques. Le disque se déploie entre la monotonie goudronnée de l'autoroute et celle de la vie ordinaire dans une sorte de romantisme électronique. Les « Beach Boys de Düsseldorf », surnom dont ils héritent rapidement, sont célébrés et leur album cartonne aux Etats-Unis.


Pascal Bussy met en perspective et questionne les témoignages du groupe et de leurs rares collaborateurs. Il parvient ainsi à nous faire plonger au coeur du processus créatif des Düsseldorfois. Pour autant, il ne perce pas à jour les personnalités complexes et équivoques de Florian Schneider et Ralf Hütter, clairement dépeint comme les leaders naturels du groupe. L'énigme subsistera. Le duo prend toutes les décisions pour Kraftwerk. Il fixe le timing des sorties d'albums, sélectionne ses collaborateurs et gère la communication. Il choisit par exemple de raréfier les performances scéniques, d'espacer les productions pour les affiner au maximum et de se cloîtrer dans son studio Kling Klang pour composer.

Dans Kraftwerk, le mystère des hommes-machines, nous sommes conviés à assister à chaque choix de Kraftwerk, à leurs longues périodes de composition et au travail minutieux mené sur leur image. A leurs réussites et accession au rang de star de la pop avec les albums Trans-Europe Express, Radioactivity ou Man Machine mais aussi à leurs demi-échecs avec Electric-Café ou The Mix. Je ne pourrais vous refaire toute l'histoire tant le parcours du groupe est riche. Pascal Bussy fait amende honorable et, avec son ouvrage, nous permet de parcourir la carrière de ce mythe fondateur de la musique. Un livre écrit sans brio mais avec rigueur et qui éclaire avec minutie l'oeuvre de quatre révolutionnaires. Ces hommes qui ont fait parler, pleurer, rire et crier les machines.


En bref : Percer le mystère des « hommes-machines » de Kraftwerk n'est pas tâche aisée. A défaut d'y parvenir totalement, si tant est que l'auteur est réellement souhaité le faire, ce livre nous permet de comprendre les choix du groupe et d'apprécier à sa juste mesure son impact décisif sur la musique moderne et contemporaine. Ne vous parlais-je pas de révolution ?





Allez faire un tour sur le site Internet de Kraftwerk, ça vaut le détour

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A lire aussi : Kraftwerk – Trans-Europe Express (1977)

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Acheter sur Amazon ou sur Ebay

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3 clips du groupe : "Trans-Europe Express", "Radioactivity" et "Die Roboter".










BUSSY (Pascal), Kraftwerk, le mystère des hommes-machines, Paris, 2004, Camion blanc, 245 pages, 20 euros.
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Brisa Roché - Concert à Bordeaux le 21 mars 2008

Une fois n’est pas coutume, programmation folk ce vendredi soir au Son’Art de Bordeaux avec la mystérieuse californienne Brisa Roché en tournée pour présenter son deuxième LP, Takes, dont l’effrontée pochette ne vous aura probablement pas échappé si vous avez un temps soit peu écumé les rayons des disquaires ces dernières semaines.

Avant cela, accueillons le jeune bordelais Mr Botibol. Déjà vu au BT 59 en première partie de Kill The Young, j’avais été impressionné par sa prestation mais n’avais pas pris la peine de la relater sur ces pages. Je répare ainsi mon erreur. Mr Botibol ressemble à ton pote, celui qui trimballe sa guitare à chaque soirée et qui envoûte les filles. A part que lui, il est né avec la voix de Jeff Buckley et il n’est pas mauvais du tout avec une gratte entre les mains. Alors forcément quand il chante, plus personne ne parle, du moins au début. Son folk proche dans l’esprit de celui d’ Elliott Smith et Ry Cooder balance entre graves chaleureux et aigus jusqu’au boutistes. Pas de reprise de Grace ce soir, pas la peine, le répertoire commence à se créer. A quand l’album de Mr Botibol ?

Ok passons aux choses sérieuses à présent. Que va nous réserver la diva annoncée de par le monde comme la Björk californienne, comme PJ Harvey en plus fun ? Première surprise, la belle est d’avantage vêtue que sur sa pochette, par contre, les yeux verts amande et les cheveux de jais sont les mêmes, c’est déjà ça. Repérée par le mythique label Blue Note pour ses talents de chanteuse de jazz, Brisa présente un CV romanesque. Née aux states en 76, elle n’aura de cesse de bourlinguer de par le monde avec sa famille, pour finalement s’installer à Paris, et sortir en 2005 un premier album jazzy rock folk, The Chase, enregistré avec Sebatien Martel et Eric Truffaz et gentillement accueilli par la critique.

Brisa est avant tout une personnalité à la joie de vivre débordante, qui adore écrire, peindre, sculpter, cuisiner… Aussi confie-t-elle dans un français attachant "Je suis pas virtuose. D’aucun instrument ! ". En revanche ses musciens le sont. Un batteur ponctuant ses sets par des percus style gorille, un bassiste en perpétuel duel amical avec le guitariste et une claviériste tout droit sortie d’un dessin animé japonais composent la bande. Leur style ? Le cinematic pop rock’n roll selon eux. Des références ? Bumcello, Beggars Banquet, Etta Jones ou The Concretes.

Deuxième surprise : le penchant psychédélique que j’avais râté à l’écoute des deux albums studio, le côté hippie de l’amérique insouciante des 60’s bercée par les vapeurs du Velvet. Entre deux titres, Brisa, mutine et décomplexée, raconte ses histoires de la veille, ses pensées de chambre d’hôtel, son enthousiasme de début de tournée, sa ville natale, anecdotes qu’elle ponctue généralement d’onomatopées délirantes, "Pshiiit, Pfouaaa, Wiiiizzz ! ". Burlesque et loufoque sans aucune substance illicite, Brisa transpire le naturel d’une étudiante Erasmus délurée, à part que c’est une femme affirmée et qu’elle traîne derrière elle tont un univers d’artiste.

Et si on parlait musique. Ok, Brisa n’est pas virtuose, mais son talent général est extraordinaire, et force est de constater que les titres écoutés il y a peu sont rentrés dans ma tête et ne veulent plus en sortir. Breath in speak out, Heavy dreaming, The Drum, Trampoline, Egyptian, tous issus de Takes et tous immédiats de simplicité et de positive attitute. Quand Brisa parle ou chante, j’ai le smile jusqu’aux oreilles. Demi tour sur moi-même. C’est encore plus contagieux que le chikungunya dans une moustiqueraie réunionnaise. Happy face jusqu’au bout de la salle, filles comme garçons.

Et puis il y a Whistle, l’hymne Brisa Roché, que vous avez forcément entendu passer en boucle sur Nova, joué deux fois ce soir et repris en chœur par l’assistance une fois le show terminé et les lumières rallumées, rappelant Brisa pour une dernière salutation aux bords des larmes. De joie, forcément. Instant magique au fond d’une cave bordelaise. S’il te plait, Brisa, quant tu repartiras dans ton pays loin là bas, emmène moi avec toi.

Le Myspace de Brisa Roché
Le Myspace de Mr Botibol

Brisa Roché vous présente son nouvel album :

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20 mars 2008

Merz - Moi et Mon Camion (en concert le 17 avril)

Que de bonheur ce jeudi matin! Dans les pages de mon Télérama, un petit article fait l'éloge de Merz, cet anglais ultra discret à la voix criarde et aux mœurs étranges. Voila bien longtemps, depuis 1997 pour moi, que j'attendais d'avoir des nouvelles, de le voir ressurgir sur la scène musicale. Il y a bien eu quelques singles après Many weathers apart, en particulier Lovely Daughter et Postcard from a dark star mais pas de raffut. Mais qui se cache donc dernière ce nom, Merz?

Conrad Lambert, né dans l'ouest de l'Angleterre, à Bristol (il y a une trentaine d'années?) et ayant vécu la plupart de sa jeunesse dans le nord, aime le voyage. Il se marrie en Mongolie et a une fille. C'est à peu près tout ce que l'on sait. En effet, après le brillant album au titre éponyme MERZ en 1999, il échappe au star system et tout simplement au monde qui l'entoure. Il cueille à droite, à gauche des sonorités, des émotions, de la chaleur humaine (on dit même qu'il aurait un temps officié comme coiffeur en Hongrie). Mais toutes ces suppositions, ce n'est que moi.

Tendons l'oreille à sa musique. Impossible de dire si c'est folk ou electro. Disons seulement qu'il y met tout son cœur. Ça sent la mélancolie - sans chimie , ce n'est pas maladif, ni noir. C'est un éclat de cristal dans une grotte sombre et froide. C'est folk en somme, après tout. Je dirais même, quand on écoute Lovely daughter, que c'est très familial. Du piano, un clavier et cette voix tangente à toutes les émotions. Un très bel Opus.

Qu'en est-il aujourd'hui? Merz revient, il est revenu. En témoigne son interview sur BBC2 par Dermot O'Leary le 13 février dernier où il raconte quelques unes de ses aventures, parle de son travail... en témoigne également la très récente sortie de son nouvel album Moi et mon Camion le 17 mars dernier, la publication de sa biographie sur le site dédié à cet effet Dog Day Press. Il se produit le 17 avril prochain à la Flèche d'Or. Je vous raconterai.

En attendant, jetez un oeil au clip de
Postcard from a Dark Star.



Le myspace de Merz (très utile)
Son site officiel

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Interview "Etre disquaire en 2008" - Nico de O’CD Marseille

A compter d’aujourd’hui Des oreilles dans babylone décide de se la jouer Jean Pierre Pernaut et d’entamer un petit tour de France à la rencontre d’un métier en voie d’extinction, le disquaire ! Plus que jamais au centre des débats sur la production musicale, le disquaire reste finalement le maillon le plus "humain" de la chaîne. Mort annoncée du cd, renaissance du vinyl, Internet ou téléchargement, qu’en pensent-ils vraiment ?

Premier interview de la série, Nico, 35 ans, disquaire à O’CD Marseille, créateur du blog musical Muzik In Mars et animateur radio sur Muzik In Mars Say Yeah !!!

Bonjour, comme on l’entend ici ou là, le cd est-il vraiment mort ?
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Non, le CD n’est pas mort... Il n’est plus le format musical en vogue qu’il était, c’est tout, et c’est énorme... Le vinyle revient à la mode, le fichier MP3 et sa ribambelle de lecteurs ont pris la place du podium remplaçant les baladeurs ronds et leurs galettes argentées. Aujourd’hui les produits musicaux de masse sont téléchargés (illégalement pour une majeure partie, légalement pour ceux qui souhaitent avoir un fichier sonore de qualité). Ils ne sont donc plus achetés chez un disquaire traditionnel. À moins que celui-ci propose des prix abordables. C’est-à-dire inférieurs ou égaux à ceux pratiqués par les plateformes de téléchargement.
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Quelle est la place du vinyle chez le disquaire en 2008 ?
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Chez O’CD, le vinyle n’a pas sa place. C’est un choix, une direction qui paraît plus cohérente avec le marché de l’occasion. Les vinyles n’ont pas la résistance physique d’un CD qui possède une couche de protection matérielle. Chez les autres disquaires, l’attrait du format, l’aspect ludique revient très à la mode profilant une nouvelle clientèle pour les galettes noires.
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Le web est-il une menace ou un outil supplémentaire pour les disquaires ?
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Pour ma part, je pense que le web est un outil indispensable. Il permet à tout passionné de débattre, découvrir et d’élargir son monde musical. Un disquaire est là pour conseiller, diriger un client potentiel vers un artiste qui manque de lisibilité médiatique. Le web peut aider le disquaire à poursuivre sa mission d’éducation musicale.
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De plus en plus de labels ont des shop en direct sur leur site internet. Une nouvelle concurrence ?
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Nous vivons une période sacrément troublée. Tout le monde est touché. Les labels (indés) ont pris en pleine claque le manque de lucidité des majors concernant le net et le fichier MP3. Et cela malgré les avertissements des créateurs du MP3 et conseillers techniques en tout genre. Ce manque de vigilance a donné naissance à Napster et à de nombreux logiciels Peer To Peer. Pendant tout ce temps, les labels n’ont pas voulu revoir leurs marges à la baisse. Ce n’est que très récemment que l’on trouve des prix cassés sur des références de qualité, dans les bacs de disquaires. Entre temps, et pendant que les consommateurs se réfugiaient derrière leur connexion haut débit, des tas de disquaires indépendants voyant leur chiffre d’affaire dégringoler, leur marge fondre, ne pouvant plus assurer les charges fixes, ont fermé boutique. Une situation ridicule et irrespectueuse dont les seuls responsables sont les majors qui n’ont pas voulu réajuster leur politique commerciale pour ne pas stopper la clientèle des disquaires.
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Le téléchargement de musique sur Internet : un bien ou un mal ?
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Il existe donc deux types de téléchargements, le légal et l’illégal. Le légal se fait via des magasins en ligne qui sont souvent associés à un type de fichier compatible à un lecteur spécifique (Apple, son Itunes Music Store et son Ipod). Ces fichiers sont verrouillés pour ne pas propager les achats sur des réseaux Peer To Peer. On appelle ces verrous, des DRM.
L’illégal se présente sous forme de réseau qui se crée en téléchargeant un logiciel qui permet de piocher à droite et à gauche des fichiers se trouvant dans les disques durs des membres du réseau. Je considère le téléchargement comme un atout pour les artistes en manque de lisibilité. Malheureusement, les analyses qui sont faites montrent bien que les fichiers téléchargés sont les blockbusters qui tournent en boucle chez les FM et dans les chaînes audiovisuelles dites « musicales ».
L’outil, le support numérique n’a pas encore trouvé le moyen de s’emparer de la vocation du disquaire. L’éducation musicale, l’ouverture vers des artistes de talents souvent mis sur le bas-côté de l’aspect commercial de la musique.
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Myspace, Youtube, Facebook… t’en penses quoi ?
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Ces sites sont, encore une fois, des outils. Ils sont souvent mieux utilisés que le Peer To Peer. Je citerai dans le même genre Deezer ou Last.fm.
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Comment peut faire un disquaire pour se renouveler en 2008 ?
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C’est là toute la question. Ce n’est pas tant sa fonction qui doit changer mais la forme qu’elle doit prendre. Une question qui reste encore sans réponse claire. Plusieurs tentatives ont été menées de par le monde, mais aucune n’a suffisamment de recul pour pouvoir être la recette miracle, si tenté qu’il y en ait une.
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Est-il difficile d’être disquaire en 2008 ?
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Avec une concurrence comme les grandes chaînes qui ont des deals privilégiés avec les fournisseurs que sont les majors. Avec des difficultés que rencontrent les labels indépendants. Avec une direction artistique qui perd de sa valeur en se polissant trop souvent pour être rentable en perdant le côté expérimental. Le métier de disquaire n’est pas facile.Ajouter la tornade mal domptée qu’est le haut débit et tous les outils que le web propose sans que l’on sache prendre le temps de les utiliser pour s’ouvrir vers de l’artistique, je peux dire qu’être disquaire comme on l’imaginait il y a encore dix ans, c’est devenu impossible.
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Où trouves-tu tes nouvelles inspirations musicales ?
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Je lis une foule de bios, des magazines spécialisés, je me balade sur des sites, des pages Myspace. Et je parcours de nombreux forums de discussion sur le web. Toutes ces informations, je les regroupe, les digère et j’en fais ma propre synthèse pour pouvoir les distiller auprès de ma clientèle.
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La musique est-elle moins bonne qu’avant ?
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La musique a toujours eu deux vocations. La première est artistique, la seconde s’assimile à de la distraction. Le côté distraction ludique est véhiculé par les FM et par les chaînes dites « musicale ». Les titres sont souvent de bonnes grosses productions au son compressé. Ces titres sont plus étudiés pour être des sonneries de portables que pour être une œuvre artistique. Ce sont des titres à durée de vie minimale, à l’effet de mode de très courte durée, laissant leurs places au prochain wagon de hits. D’ailleurs on ne parle plus de Top 50, mais des Tops Sonneries. De l’autre côté, il y a l’aspect artistique. C’est un aspect de moins en moins médiatisé. Pas assez vendeur, moins rentable car moins facile à l’écoute. Ce sont des titres qui demandent à l’auditeur de l’effort, de la réécoute, une assimilation du monde créé par l’artiste.L’effort étant en perte de vitesse dans notre société hyper consommatrice, il est donc regrettable de constater que cette vocation louable, qui fait avancer la musique assimilée à une forme artistique, soit en si mauvaise posture.
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Quelle est ta playlist du moment ?
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Il suffit à tout lecteur de se pencher sur mon site Muzik In Mars pour découvrir mes coups de cœurs et conseils musicaux en tout genre. C’est, un outil que j’utilise pour aller plus loin dans ma démarche de conseil face à ma clientèle de plus en plus avide de connaître autre chose que les dix singles qu’ils écoutent en long et en travers en allumant la FM.
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Un message particulier à faire passer ?
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La musique est une passion, elle demande du temps, de l’effort. Elle demande aussi aux auditeurs le sens du courage, de la recherche, de l’initiative d’écoute et de l’engagement culturel. Elle a pour vocation de distraire mais aussi d’instruire. Pour finir, je me permettrai de rappeler le gimmick de la page Myspace de l’émission de radio que j’anime, Muzik In Mars Say Yeah !!! , la Musique est un art qui n’a de valeur que dans son partage…

Propos recueillis par Ju.

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Xavier Rudd - White Moth (2008)

Souvenez-vous, il y a un an et demi, Charles (où es-tu?) inaugurait le blog avec l'artiste multi instrumentaliste Xavier Rudd. Plus de 200 chroniques plus tard, retour aux sources avec la sortie de White Moth, 5ème opus bien plus riche que son prédécesseur Food in the belly, trop instrumental à mon goût. Je ne vous ressortirai donc pas l'historique Wikipédia de cet australien de 30 ans, tout le monde sait à présent que son style s'inscrit dans la plus pure tradition des nouveaux artistes surf, parmi lesquels trônent Ben Harper (le grand père), Jack Johnson (le père) ou encore John Butler Trio (le fils). Parce que dans la vie il n'y a pas que l'indie pop ultra underground ou l'électro hype supra branchouille, cette chronique est nécessaire.

Entièrement produit par lui même, avec quand même un petit coup de pouce de la société géné... euh, de Dave Ogilvie (Bowie, NERD...), White Moth est un bain de jouvence. Roots et bucolique dans l'ensemble, l'album renferme tout de même son lot de morceaux de bravoure (absents sur les précédents opus), dont Stargaze, qui fait faire son entrée au didgeridoo et qui donne le ton et l'incroyable Footprint, manifeste écolo rock de haute voltige au final pyrotechnique grisant de maîtrise. Malgré ces quelques énervements tribaux et rythmés, White Moth se révèle musique de hamac, sans aucune connotation péjorative. Sur les thèmes de la protection de l'environnement et de la défense des minorités, Xaver Rudd déverse son groove et distille ses good vibes avec une aisance irréprochable. Choices et White Moth sont les deux ballades ensoleillées qui présentent en ce sens le plus de qualités.

Comme si les titres allaient par binôme, Twist et Come let go sont les deux élans reggae de l'album. "Put your hands up!". Ambiance mystique de feu de camp nocturne, collaborations aborigènes et guitare slide, White Mooth semble sortir tout droit de la forêt. Plus classique (excepté Message stick), la fin du disque donnera irrémédiablement envie (je parle d'expérience, deux fois déjà) de se poser sur le pieu, laisser tourner la chaîne et s'endormir au son des vagues et du phrasé tout en douceur de Xavier, désormais et à jamais artiste passionné et accompli. Même si elle n'a à priori rien à voir musicalement avec Dick Dale et autres Beach Boys, cette génération d'artistes engagés ne serait-elle pas en train de réinventer la surf music? Respect.

En bref : Toujours aussi peacefull, Xavier Rudd revient avec des compositions world plus inspirées que jamais dont il ne faudrait surtout pas se priver.
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Stargaze
et Come let go en live :





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19 mars 2008

Los Chicros / Aqua Nebula Oscillator à la Flèche d'Or (Paris)

Petit message express pour signaler aux Parisiens et autres habitants de la capitale qu’aura lieu ce soir (19 mars) un sympathique live à la Flèche d’Or. En tête d’affiche, les Français Los Chicros, croisés sur la sélection 2004 de CQFD. Le quator parigo aux sonorités pop-psychés sera bien accompagné. Au programme, Thomas Mery, ex-leader du groupe de rock Purr reconverti dans la chanson folk, mais surtout Aqua Nebula Oscillator dont nous avons parlé très récemment à l’occasion de la sortie de leur premier album sur le tout nouveau label Pan European Recording.

Dans la lignée des MC5 ou de Silver Apples, le groupe, resté pendant des années dans l’underground, délivrera ses grooves massifs et ses sons psychédéliques dans un esprit très 70’s. Mais attention, on sera vraisemblablement loin du Flower Power, et comme aime à le rappeler Aqua Nebula Oscillator, “si tradition il y a dans Aqua nebula, ce serait plutôt celle du cauchemar hippie”. Rendez-vous avec la face cachée du hippisme en somme.

La fin de soirée sera assurée aux platines par Arthur Peschaud, membre de Turzi et fondateur de Pan Europen Recording. Alors pour tous les amateurs de psyché français et ceux qui ne connaîtraient pas encore cette scène française productive, il n’y a pas à tergiverser. C’est à 20h, à la Flèche d’Or et l’entrée est gratuite. Que demande le peuple ? Du LSD peut-être...

Los Chicros party à 20h à la Flèche d’Or, 102 bis rue de Bagnolet, Paris.

Myspace de Los Chicros
Myspace d’Aqua Nebula Oscillator

A lire aussi : Aqua Nebula Oscillator (2008)


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Hot Chip - Live au Trabendo (Mars 2008)

Ambiance disco-chic ce lundi soir au Trabendo. Les jeunes anglaises bottées déambulent à droite à gauche pour découvrir le lieu en exhibant leur robes légères à pois. Pas moins de 50% de nanas en effet. Les soi-disant NERDs n'ont pas dit leur dernier mot.

Retard inhabituel cependant pour nos voisins d'outre-Manche. Dix minutes qu'on se chauffe dans la salle biscornue lorsqu'un petit jeune fringué chichement fait son apparition, la tête molle, oscillante comme Mr Oizo, les cheveux qui suivent avec un léger lag, comme s'ils flottaient sur une bulle d'air. Genre Slow-motion.

Il s'installe aux platines, et avec son petit pc, il décape le silence "cocktail" et l'assomme de basses. Il érige quelques scratchs comme pour surmonter sa timidité naturelle. Ca ne prend pas même si on voit bien quelques têtes remuer au premier rang. C'est juste un mouvement d'air. Ah, voila qu'il se cale, position surfeur, on sent qu'il mijote quelque chose. Le fameux "crescendo" électro. Un gros coup maladroit sur le cross-fader avec un sursaut de sa personne mais c'est raté, personne ne bouge et il remballe. L'atmosphère reste électrique. Les anglais se ravitaillent au stand en attendant leurs nouvelles idoles. Amstel fait carton plein. 45 minutes passent.

Extinction des feux. Un peu de fumée soufflée timidement sur scène. Quelques faisceaux bleus, en formation triangulaire, déchirent cette brume artificielle et laissent deviner de façon asymptotique les silhouettes (anticharismatiques) de nos 5 British. Ca balance des percus, on attaque une chevauchée électronique d'1h30. Au programme: leur nouvel album Made in the Dark, quelques morceaux, par-ci par-là, récupérés sur leur précédent The Warning. Rien d'extraordinaire dans la programmation donc, peu d'imagination pour la prestation, ils sont encore jeunes. Scéniquement parlant. 3 guitares , 3 claviers, quelques micros encombrent la minuscule scène qui les accueille.
Les fans s'y sont agglutinés. Les jeunes filles expriment douloureusement leur désir aigu pour des idoles en maturation par des cris plaintifs et enjoués. C'est pourtant bien difficile d'ailleurs, c'est d'ailleurs bien difficile, je me répète plusieurs fois intérieurement, de considérer ces 5 NERDs comme de futurs icônes.

En bref, les baffles crachent bien leur son, très propre - merci l'ingé son - la foule s'agite et bat des bras, ça transpire et ça danse presque mais c'est trop calqué sur l'album, très appréciable, je ne renie pas, ceci dit. On préférera rester chez soi.

"Over and over", le clip:


Le myspace de Hot Chip

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17 mars 2008

Interview - Poney Poney

Poney Poney, au départ, c’était Antoine Hilaire en one-man-band. Mais dès son deuxième concert, le chanteur/guitariste s’est fait tirer son IPod, qui lui servait de batteur et de bassiste. Florent Lyonnet et Samuel Nicolas l’ont alors rejoint. Quelques morceaux sur des compiles, des remixes et un paquet de scènes plus tard, le trio pop et électro commence à se faire un nom. On a même pu écouter son remix de Don Rimini sur le sampler du magazine Tsugi de février. Et c’est aujourd’hui que sort, en Angleterre seulement, le premier EP officiel des Parisiens, Cross the fader (Perspex Recordings). Le fruit d’une collaboration avec un vieil ami : Xavier de Rosnay, de Justice. Antoine nous en dit un peu plus sur son groupe et ses projets.

International Pony, Poni Hoax, Ponypony Runrun, New Young Pony Club, Poney Poney, etc... Mais que se passe-t-il avec les poneys ?

Aucune idée, tous ces gens ont dû trouver ce mot mignon en même temps. Ca fait un petit moment que je me le trimballe, je l'aime bien donc. Malgré les amalgames parfois malheureux, on garde le cap. Je trouve que le côté cool est surtout dans le double nom plutôt que dans l'image de l'équidé.

Comment as-tu rencontré tes acolytes Florent et Samuel ?

Sam était dans la même fac que moi, on s'est échangé des cassettes de démos de nos groupes. Florent a commencé à sortir avec une amie à moi et on a vite sympathisé et commencé à jouer ensemble dans une cave avec un ami, Benji, qui a d’ailleurs enregistré des morceaux de Poney Poney.
Au bout d'un moment, il a semblé normal de monter un vrai groupe Poney Poney plutôt que pondre un titre de temps en temps sous ce nom, vu que les groupes de fac, c'était fini.

Comment en êtes-vous venus à sortir votre EP Cross the fader sur le label anglais Perspex ?

Anu Pillai, le boss et leader de Freeform Five, a été l'un des premiers à nous proposer une sortie, bien avant que quiconque ne s’intéresse à nous. On s'est dit qu'on avait tout intérêt à bosser, pour une première sortie officielle, avec une personne aussi motivée, quitte à disposer de moins de moyens.

Le fait que le disque ne sorte qu'en Angleterre n'est pas un peu frustrant ?

C'est un choix de notre part. Le label est petit, donc pas besoin de licencier le morceau pour l'Europe ou le Monde. 1000 exemplaires, ça devrait se vendre rien qu'en Angleterre ou à l'import sur Internet.

Que contient ce premier EP ?

Un titre original, "Cross the Fader" et deux remixes par Bitchee Bitchee Ya Ya Ya et Headman. La version digitale contient aussi un remix d'un ancien titre, "Junior" par nos copains de Chateau Marmont.

A l'origine, votre son est plutôt pop/new wave, mais vous vous faites connaître avec des titres plus électro, comme votre remix de Don Rimini. Comment expliques-tu cela ? Signe des temps ou évolution logique ?

Le remix pour Don Rimini est notre premier, on était curieux de s'essayer à l'exercice et on a donc pondu ce truc assez bizarre et hors formats. Coup de bol, il a été gardé par l'artiste et son label. Je pense que si le remix a fonctionné un peu, c'est plus grâce à son petit côté anti-conformiste pour un artiste dancefloor. Après, il y a un vrai amalgame avec des groupes électro, à cause de notre parti pris de production ou de nos potes. On devrait pousser ce côté pour la scène, mais l'album sera plus large musicalement.
Même nos remixes ont toujours une structure de chanson. Le choix des sons colle plus à l'époque, mais tout ça reste de la pop.


C'est Xavier de Rosnay (Justice) qui a produit Cross the fader. Qu'a-t-il apporté à votre son ?

C'est un super mixeur, il sait très bien placer tous les éléments d'une chanson dans les oreilles, il est de goût très sûr et aime profondément les choses pop et épurées. Et puis, oser mettre un larsen aussi gros et aussi long à la fin de notre premier single, c'est vraiment le genre de choses amusantes à faire qu'un producteur plus classique n'aurait pas proposé.

Tu connais Xavier et Gaspard depuis longtemps. Comment as-tu vécu leur ascension foudroyante ?

Leur succès est arrivé de façon assez progressive, depuis le premier maxi et les premiers sets de dj à l'étranger. C'est super marrant de mesurer le chemin parcouru et maintenant d'assister à des demandes d'autographes dans le métro. Mais surtout ça fait très très plaisir qu'une aussi bonne musique fonctionne auprès du grand public.

Il y a deux semaines, vous étiez invités par Sébastien Tellier à jouer à l'Institute of Contemporary Arts de Londres. C'était comment ?

C'est Stage of The Art, le promoteur, qui nous a invité, pas Sébastien Tellier. En tout cas, c'était une bonne expérience : 3ème show pour nous à Londres, probablement le meilleur. Jouer dans une salle rock classique nous a plutôt bien convenus; d'habitude on se produit dans des clubs plus électro et l'ambiance est plus chaotique.

Quel est précisément ton rôle au sein de Tahiti Boy ?

Je joue de la guitare et je chante quelques parties. Tahiti Boy écrit toutes les chansons, donc les cinq autres membres et moi- même avons pour rôle de mettre notre grain de sel dans l'interprétation - forcément - et de prendre part aux arrangements sur certains titres. Au niveau humain, j'ai pour mission de pousser le groupe à aller coûte que coûte s'en coller une bonne après les concerts.

Tes coups de coeur musicaux du moment ?

J'adore Vampire Weekend, qui mérite mieux que cette étiquette de renouveau du rock de la semaine. C'est juste un très bon groupe d'art school. Ladyhawke, aussi : une jeune Stevie Nicks des 00s, fantastique, qui va au bout des références eighties très usées mais en conservant beaucoup de fraîcheur. J'ai aussi hâte d'entendre l'album de Santogold.
Le Ghost Days de Syd matters est à pleurer de beauté; l'album de Tahiti Boy @ The Palm Tree Family qui sort en mai prochain est vraiment bluffant - et pourtant je suis plutôt impliqué. Il y a aussi les nouvelles chansons en ligne sur le Myspace de l'énigmatique John John.

Tes projets ?

M'acheter enfin un ordinateur pour pouvoir enregistrer des démos de chez moi. Réussir à payer mes impôts. Terminer l'album qu'on aurait envie d'entendre. Moins fumer. Remarque, non.

Propos recueillis par Dave

L’original de Cross the fader en écoute sur leur Myspace
Pour les remixes, c’est ici

Prochaines dates de Poney Poney en France :
27 mars au festival des Inrocks (Paris, lieu tenu secret)
16 mai au Summum (Grenoble), première partie de Justice
20 mai au Nouveau Casino (Paris), avec Das Pop et The Little Ones
26 mai à la Maroquinerie (Paris), première partie de Midnight Juggernauts
8 août au Pantiero Festival (Cannes)
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15 mars 2008

Violent Femmes - Violent Femmes (1983)

Parce que je ne peux continuer à citer leur influence impunément, je me dois de faire les présentations. Il était une fois, à une époque où nous n’étions encore qu’embrions, sévissait sur un campus de Milwaukee un duo d’ados composé de Brian Ritchie (Mr basse) et Victor De Lorenzo (Mr batterie). Leur rencontre avec le chanteur et guitariste Gordon Gano en 1981 amènera à la création de cet éponyme, et d’une douzaine d’autres galettes de qualité variable. Contre toute attente, cette année là (dixit Cloclo), Violent Femmes a l’effet d’une bombe sur l’indie rock US et devient un classique inspirant aujourd’hui encore quantité de formations.

Comme souvent sur un premier album, le trio livre tout ce qu’il a sur 10 morceaux tous aussi incandescents. Aucun d’eux n’est à jeter, le charme est incroyable, le bon goût omnipotent. Sur les thème pré pubères de la frustration sexuelle ou de la solitude, Violent Femmes est sec, acoustique, direct et inspiré. Je me retrouve alors bien obligé de vous énumérer les tubes. Blister in the sun, premier titre, premier groove intemporel, en avance de 10 ans au moins. Kiss off, impeccable twist Kinksien au refrain imparable "I do it all the time, yéyé, I do it all the time yéyéyé". Add it up et son intro psalmaudiée tranchée par un démarrage en trombes de guitares en furie. Juste trop la classe. Gordon Gano n’a jamais semblé aussi inspiré que sur ses légers scat "Mamamamama motheeeer !". Encore une petite dernière, Gone Daddy Gone et son solo de xylo, urgemment précurseur lui aussi.

Allez, je m’arrête là pour la liste mais sachez que ce soit pop, folk, rock, punk ou jazzy, Violent Femmes traîte tout au même niveau, celui de la perfection adolescente qui n’a pas pris une ride. La plus grande originalité aura finalement été d’avoir, en 1980, conjugué folk et rock avec une réelle énergie punk, tout comme le fera par la suite le Gun Club. Gordon Gano, producteur 20 ans plus tard des deux premiers Louise Attaque (qui revendique ouvertement l’héritage Violent Femmes) aura marqué son temps et engendré de nombreux descendants. Le best of des années 80 avec The Pale Foutains.

En bref : En 1983, trois ados américains développent le folk punk mélodique 10 ans avant les autres. Devoir de mémoire indispensable.
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A lire aussi : The Pale Fountains - Longshot for your love (1998)

2 vidéos vous feront comprendre la puissance de Violent Femmes, la première, un live à Londres en 1984 où Gordon Gano donne des frissons sur Add it, et la deuxième, où Win Butler d’Arcade Fire reprend en transe et au speaker le Kiss off du groupe. Deux instants magiques :




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13 mars 2008

MGMT - Oracular Spectacular (2008)

Il existe des albums dont on peut anticiper la destinée dès la première écoute, presque aveuglé par leur lustre. Oracular spectacular, premier jet des jeunes New-yorkais de MGMT, est de ceux-là. Déclarés par leur label Columbia priorité numéro un pour l'année 2008, les deux néo-hippies vont à coup sûr cartonner mais de là à crier au chef d'oeuvre, prudence. Pour autant, il faut rendre à César ce qui lui appartient. Andrew Vanwyngarden et Ben Goldwasser, les dits Césars du groupe, font preuve d'un indéniable talent et donnent naissance à un premier disque pop sans égal. Les pieds plantés dans le sable et le regard perdu dans les étoiles. Ils appellent ça de la world country ou du mystic future seventies (!).


La petite histoire des deux Américains est plutôt singulière et en même temps, emblématique de notre époque. Andrew et Ben se rencontrent en 2002 à l'Université de Middletown, dans le Connecticut. Ils se rejoignent dans leur goût pour le mystique, le paganisme et les sons hypnotiques. Les garçons écrivent ensemble et se produisent sur le campus. Pour chaque concert, ils composent un nouveau titre, généralement d'esprit très noisy. Des dizaines de chansons voient ainsi le jour mais bizarrement, le binôme ne conserve aucune trace de ces créations. Autant de trip musicaux éphémères. Les MGMT (qui se prononce par ailleurs « management ») tentent de percer et enchaînent les performances live dans les salles et bars new-yorkais. Effet pschitt, leur carrière ne parvient pas à décoller, cependant, les fans commencent à se compter par dizaines. Un poignée de ces irréductibles, entre folie et clairvoyance, crée le label Cantora Records spécialement pour le groupe et publie un EP de six titres. Columbia repère les deux jeunes hommes et en 2007, les voilà embarqués dans la tournée US de Of Montréal.


Le premier EP des MGMT contient les deux titres phares d'Oracular Spectacular. D'une part, « Time to pretend », leur chant-credo, et « Kids », démentielle disco-pop collégienne aux basses consistantes. Il n'y a pas à tergiverser, c'est nouveau, séduisant et parfaitement produit. « Time to pretend » répand le rêve de gloire des deux New-yorkais sur un son noisy agrémenté de pointes électroniques dynamisantes. Etre une rock'n roll star pour pouvoir fuir en France, baiser des modèles, prendre de la coke et bien évidemment mourir jeune. C'est un peu éculé mais on oublie vite, totalement hypnotisé par les volutes de la musique.

« Kids » condense dans le texte tous les fantasmes des années collège, entre insouciance et tristesse. Là encore, le son des MGMT nous submerge, ses arrangements électroniques en première ligne. Les voix d'Andrew Vanwyngarden et Ben Goldwasser empruntent les traces de David Bowie et croisent parfois la route de Luke Steele des Sleepy Jackson. Et la magie s'opère. Les guitares acoustiques rencontrent des synthétiseurs lanscinants et des sons digitaux, le tout dans la plus grande harmonie.


Je ne vais pas vous refaire le coup du « merveilleux kaléidoscope musical » mais l'heure est évidemment à la réappropriation et au réagencement des héritages. Oracular Spectacular en donne une preuve supplémentaire. L'album égrène ses influences psychédéliques, folk hippie, disco, électro et pop pour un résultat d'une grande qualité et originalité. Et on ne tombe pas des nues en découvrant que Dave Friedman, responsable de certaines sorties de The Flaming Lips et de Mercury Rev, est le producteur de cet ovni. Au-delà des titres « Time to pretend » et « Kids », MGMT alterne pop songs imparables (« Weekend wars »), balades seventies (« Pieces of what ») et plages instrumentales atmosphériques et romantiques (sur « Of moons, birds and monsters »).

Le buzz (!) est déjà en marche alors ne vous faites pas de souci vous allez encore entendre parler de MGMT. Peut-être un peu trop. Détonations prévue en avril dans l'hexagone.


En bref : Deux néo-hippies en goguette brisent le continuum espace-temps pour produire un brillant album de pop du 21eme siècle. Beau comme un camion.




Le myspace de MGMT

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A lire aussi : Oh no ono - Yes (2007)

Les clips de « Time to pretend » et « Kids », aussi azimutés que la musique du groupe :






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Gonzales - Working together / Boys Noize mixes (2008)

Selon le Myspace de Gonzales, son père n’est pas content de lui. Il trouve que son nouveau disque est « trop commercial ». Quant à sa mère, elle pense qu' « il tente de détruire sa propre carrière ». Peut-être qu'un coup de remixes les fera changer d'avis ? Car Soft Power, l'album à paraître de Gonzo, a déjà ses dérivés, à commencer par les remixes du single Working together. Et pour le plus grand bonheur des amateurs de la scène éléctro allemande, ils émanent de... Boys Noize.

Tous ceux qui ont pu voir ce Berlinois - de son vrai nom Alex Ridha - en live le confirmeront : il est démentiellement bon ! Alors préparez vous physiquement et psychologiquement car vous devriez frétiller tel Zébulon en pleine danse démoniaque, et rester la bouche grande ouverte à l’écoute de ce maxi. En face A, le “Vocal mix” respecte globalement les couplets, tout en déstructurant le morceau et en y ajoutant un clavier aux forts accents de Rockwell feat. Michael Jackson (à moins que ce ne soit mon inconscient qui me joue des tours ?). C'est sûrement la version qui surprendra le plus les fans de Boys Noize, même s’ils reconnaîtront sa patte au premier coup d'oreille.
En revanche, il me semble que pour le “Dub mix”, Alex Ridha est allé plus loin, comme s'il s'était retenu sur la première tentative, pour nous livrer un petit miracle d’électro-house dansante, chargée en cuts et en distortions, où il ne conserve qu'un micro-sample de la voix de Gonzo. Son talent de remixeur, déjà démontré par ses réappropriations de Bloc Party (“Banquet”), Feist (“My moon my man”) ou Justice (Phantom Pt II”), est plus criant que jamais. En somme, nous tenons ici deux énormes claques qui risquent d'enflammer les dancefloors de la planète entière. Dans les bacs le 31 mars, une semaine avant l’album.

A signaler, une version de “Slow Down”, autre chanson tirée de Soft power, a été réalisée avec Teki Latex (en écoute sur IHEARTCOMIX ). Le Canadien avait déjà travaillé avec le rappeur sous hélium, puisqu’il lui avait écrit Dance With You pour son premier album, Party de plaisir.
Ici, la voix de Gonzales a été robotisée, lui faisant ainsi perdre son côté “crooner”. Du coup, la mixture devient nettement plus hip-hop. Teki lâche son flow comme à son habitude, avec ce second degré qu'ils partagent tous deux. Ce titre me paraît plus efficace que la version album, plus radiophonique, tout en en conservant l'esprit original.
Pour conclure, et sans trop en révéler, une version "We are the world" de "Let's Ride", instru disco de l'album, a été enregistrée, avec plus d'une dizaine d'artistes. Gonzales en parle ici dans une interview.

En bref : Le bouillonnant producteur allemand Boys Noize s'empare d'une chansonnette façon 80's de Gonzales pour en faire deux remixes électro-house incendiaires.

BS




Ecouter:
Working Together - Boys Noize dub mix

Working Together - Boys Noize vocal mix

Le clip de l’original :


Le myspace de Boys Noize
Le Myspace de Teki Latex

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12 mars 2008

Aqua Nebula Oscillator - Aqua Nebula Oscillator (2008)

Ayant épuisé tout mon champ lexical du psychédélisme dans la chronique Voyage du label Pan European Recording, je sentais la chose ardue. C'était sans compter sur la puissance évocatrice du quartet ANO, déjà présent sur la compile citée plus haut. Fondé à Londres en 1999 par les frères David et Simon Os, ANO trimballe avec lui de lourdes espérances: "nouveau meilleur groupe rock français" selon certains confrères. Ajoutez à cela le batteur et co-producteur Juan Trip (notable hippie pyrénéen), enfermez le tout dans une cave parisienne sombre et poisseuse, laissez moisir quelques années et vous obtenez un premier album hors du monde, non simulé et cathartique. Je m'explique.

Retournons un peu à l'école. Psychédélique en grec signifie "qui révèle l'âme". Le but étant de recréer de façon consciente (la musique) les perceptions sensorielles distordues (le LSD du chimiste Albert Hoffman), les éléments qui composent ce disque sont sauvages, éparpillés, multiples mais peu colorés. Car c'est ici la version américaine du psyché qui est utilisée (morceaux longs, sombres et improvisés) et non la vision britannique façon Beatles qui revient d'Inde des fleurs plein les cheveux. Là tout est noir, crade, décadent. Le côté obscur de la force en quelque sorte. Et les quatre membres du groupe parisien ne font pas semblant. Ils sont Dark Vador et Dracula à la fois. Et du fond de leur catacombe de nous asséner des rythmes en spirales, aux échos sans fin et aux pouvoirs insoupçonnés.

D'entrée l'emblématique "Ready to fly" est chargé de pulsations cardiaques, de cloches lointaines et de voix fantomatiques. Leurs concerts, déjà mythiques, confirment que l'attitude est aérienne, électrique et transcendantale. "St Trip", marche mortuaire éclatée hisse David Os au range de gourou de début de siècle. "Shadow knows", répétitif et ténébreux ne vous fera pas vous sentir mieux. On pense au rock psyché de Sun Ra, aux rythmes chaloupés des Velvet, à la puissance d'Hawkind. Crucifié sur l'hôtel de la musique 70's par le punk anglais, le lyrisme hérétique du genre ne laisse pourtant aucune place au doute quant au caractère chamanique de l'ensemble, mais surtout à la grande qualité musicale des compositions. Reste à écouter "Vision", tube cauchemardesque d'une bande de hippies redescendus sous terre, pour se convaincre que la machine est bel et bien lancée. Reste à savoir combien d'âmes oseront prendre le risque de choisir le côté obscur.

En bref: Odyssée musicale horrifique et abyssale assénée de main de maître par une bande de hippies gothiques. A délivrer uniquement sur ordonnance.
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ANO en live, monté par Juan Trip:

A lire aussi : Voyage - Facing the history of french modern psychedelic music (2008)
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Interview - Ashkenaton

Ashkenaton a au moins un trait en commun avec le légendaire juif errant. Il n'a pas encore perdu sa mort mais il erre à travers le monde et se donne à voir de temps en temps. Sa dernière apparition se situe dans la nuit du 7 mars au Molodoï, à Strasbourg. Ce grand escogriffe au dos courbé, le nez et les ongles crochus, coiffé d'une ineffable kippa (voir la photo), est arrivé aussi vite qu'il est reparti. Juste le temps d'un concert de hip-hop (de feuj), histoire d'engloutir des bières et de tirer sur quelques joints. Le soir de sa venue, je n'ai pas eu moyen de m'entretenir avec lui, il rôdait déjà sur les chemins. Pour l'instant, il n'existe qu'un MySpace avec six morceaux, un seul concert à son actif et pas encore d'album. Alors, Ashkenaton a bien voulu nous éclairer par mail sur son personnage plutôt énigmatique. Une interview exclusive, pleine de malice sous la kippa.

C'est quoi du hip-hop de feuj ?

Le rap pour moi, c'est juste un beat, un rappeur, des paroles... Ensuite tu en fais ce que tu veux, il y a toujours eu des juifs qui rappaient, les Beastie Boys, MC Serch, Necro, Paul Barman, Booba, il y avait meme Remedy sur la compil' du Wu-Tang aujourd'hui il y a toute une vague plus alternative avec Socalled, Gonzales, Y-Love, Matisyahu... comme il y a toujours eu des blancs, des latinos, des antillais, des africains, des arabes... Le rap, ou le hip-hop, c'est toi qui exprimes un truc qu'il y a en toi, c'est personnel, tout ça pour dire qu'il y a pas "du hip-hop de feuj", il y a des feujs qui rappent parmi lesquels, moi... Je pense pas du tout avoir la même attitude qu'un SoCalled par exemple, même si je suis très très admiratif de ce qu'il fait.

Ashkenaton, c'est du gangsta rap, mais juif. Comme Ice Cube qui prend les clichés anti-noirs et qui les pousse à l'excès pour les dénoncer, et montrer ce que valent ces préjugés, où ils mènent. Si tu as des idées sur les Juifs, tu crois qu'on est porté sur les thunes, qu'on a du pouvoir, qu'on est distant avec les non-juifs... Et bien avec Ashkenaton tu vas t'en prendre plein la gueule, c'est pire que ça, c'est le Juif au nez crochu qui te vole tes sous, et ta meuf, qui graisse la patte aux politiques, et qui après ça se fout de toi, le Juif que tu détestes, quoi.

Ensuite il y a mon crew qu'on a pas encore beaucoup entendu, c'est les Sages de Sion. On est une sorte d'Etat major du complot du rap juif. C'est un truc de malade d'autant plus que beaucoup de membres peuvent pas montrer leur visage parce que, dans la vraie vie, certains travaillent vraiment dans la finance et dans des grands cabinets d'avocats, ils sont haut placés...

Comment t'es venu l'idée de faire du hip-hop ?

C'est une musique que je kiffe, j'écoute ça depuis que je suis ado, c'est générationnel. Après il y a un gros contraste entre l'image à la 50 cent du rappeur posé, bodybuildé, et celle du juif malingre du ghetto qui déblatère, j'essaie aussi d'en jouer.

Quelles sont tes sources d'inspiration ?

L'Holocauste, la Shoah, l'ultraviolence généralisée, la bêtise du monde, la haine qu'il y a en moi, celle qu'il y a autour de moi, Philip Roth, la mort, les pogroms, le Wu-tang, Black Moon, les discours extrémistes, le fait que la vie soit dure pour tout le monde.
Il y a un bouquin français que j'ai découvert récemment, ça s'appelle Zimmer, de Louis Bloch. C'est un type qui a édité ça à compte d'auteur, c'est complètement cynique, et drôle, son expression va très loin dans la violence, je me reconnais complètement dans son délire

Tu travailles comment ? Seul sur ton PC ?

Il y a mon "homegoy" NYP qui m'assiste énormément, il a notamment fait le beat de "Riche comme crésus". Dédicace à lui et à Don $hoah des Sages de Sion qui partagent la scène avec moi. Peut-être que dans les temps futurs j'essaierai d'enregistrer plus proprement, en studio, on verra.

Comment s'est passé ton premier concert ? Tu n'as pas eu peur de te faire frapper ?

Peur de me faire frapper ? Non, tu penses qu'il faudrait me frapper ? Pourquoi ? Il y a eu des bonnes réactions de la part du public, c'était plutôt positif, apparemment beaucoup de gens étaient dubitatifs aussi, si ça les fait réfléchir ou réagir, ça me va aussi.

Aujourd'hui une scène, demain un album ?

Je sais pas, j'ai pas de plan de carrière, je fais ça parce que ça me plaît et que ça me fait rire.

Ça fait quoi de flirter avec la célébrité, les putes et le cash facile ?

Rien de neuf pour moi, en tant que feuj, il m'est aisé de me procurer champagne, caviar et bain à bulles. Le succès c'est pas ce qui t'oriente, comme l'a dit Devin The Dude, il s'agit juste de cracher tes problèmes avec le monde dans le micro et les gens seront à tes cotés.
Je me sens proche de la démarche d'un Slim Thug, car j'ai déjà mes bizness, ma vie, mes revenus. Le rap, c'est un nouveau truc que je rajoute par dessus, si ça marche tant mieux, sinon j'ai d'autres cordes à mon arc.

Est-ce que tu sors uniquement avec des juives ?

Non, je suis névrosé à la Philip Roth, je kiffe que sur les shiksés (ndlr : femmes non-juives). Les juives, ashkénazes, elles me font penser à ma mère.

Et les séfarades, t'en penses quoi ?

Elles sont souvent bonnes, plus sexys que les ashkénazes.

Propos recueillis par Antoine

Son MySpace

Remerciements à Pauline ainsi qu'à toute l'équipe du Goat 'n roll Show


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10 mars 2008

Interview - dOP

Les Parisiens de dOP sont des nouveaux venus sur la scène électronique française. En un an, une petite pelletée de maxis au groove incandescent ont alimenté la curiosité des amateurs de house charnelle et d’électro expérimentale. Sortis à un mois d’intervalle, God bless the child (Milnormodern) et Lighthouse (Orac), leurs deux derniers EP, montrent à quel point on devra compter sur ce trio, dont les sonorités rappellent souvent Matthew Herbert ou Nôze. Audacieuses percées jazz, colorations africaines et vigueur micro-house : ce dOP-là ne pique pas les yeux, mais chatouille agréablement les oreilles. Clément Zemstov (programmation), Damien Vandesande (claviers et cuivres) et Jonathan Illel (chant) se sont collectivement prêtés au jeu de l’interview par mail.

Que signifie votre nom, et sa typographie ?

Notre nom est libre d'interprétation. C’est un acronyme très courant. Notre logo a été dessiné par Akroe, un fabuleux artiste/graphiste parisien.

Qui êtes vous ? Quel a été votre parcours ?

Nous sommes trois musiciens aux parcours très différents. Nous avons traîné dans pas mal de familles musicales (free jazz, dancehall...) et nous continuons à travailler dans des styles très différents comme le rap et la musique institutionnelle. Nous sommes également en train de terminer notre première musique de long-métrage.

Comment travaillez-vous en studio ? Sur quels instruments ? Quelles machines ?

Nous sommes en studio tous les jours du matin au matin. Nous avons la chance de ne faire plus que de la musique. En ce qui concerne nos méthodes, c'est très variable. Mais nous avons une approche très traditionnelle. Nous jouons la plupart des parties : claviers, cuivres, percussions, voix, batteries, etc... Nous n'utilisons pas de plugins et nous n'arrivons toujours pas à faire marcher le midi.
Mais on a quand même des ordinateurs avec Live et Pro Tools. On ne peut pas dire que nous soyons un groupe très “technologique”.

Quelles sont vos principales influences ?

Du free jazz au soundsystem jamaïcain.

Votre dernier ep, God bless the child, développe des sonorités très africaines, très maliennes en particulier. Dans quel esprit avez-vous conçu ce disque ?

Nous avons passé pas mal de temps au Mali et nous avons enregistré, composé et produit plusieurs disques là-bas. La musique mandingue est une de nos grandes sources d'inspiration. Nous avons un ami d'enfance commun, Toumani Sangare (de Kourtrajmé Africa), qui nous a permis de nous rendre sur place et de rencontrer les bonnes personnes. Nous avons eu la chance de rencontrer des artistes incroyables tels que Check Tidiane Seck, Ali Farka Touré et Salif Keita, et de travailler avec eux.
Sur God bless the child, le morceau “Foly” est un featuring avec Sibiri Samake. Il est le chef des griots des chasseurs. Ce morceau était pour nous une manière de rendre hommage à notre amour de la musique malienne et du Mali. Nous avons enregistré Sibiri il y a quelques temps à Bamako. Son fils joue le grain grain, une percussion métallique traditionnelle.

Vous avez annoncé la sortie de votre premier album, Between the blues, pour septembre 2008 . A quoi peut-on s’attendre ?

C'est un mensonge. Pour être honnête, nous allons certainement remettre notre album à 2009. Nous avons sincèrement envie de le soigner plus que tout, d'acquérir plus d'expérience en live - nous commençons à peine à jouer régulièrement. Notre premier titre électronique est sorti il y a tout juste un an (un remix de Nôze sur Milnormodern). Nous allons encore faire quelques maxis et collaborations tout au long de l'année.

Vous avez travaillé plusieurs fois avec Nôze. Comment les avez-vous rencontré et comment avez-vous décidé de travailler ensemble ?

Nôze tient une place importante dans notre histoire. Nicolas Sfintescu est la personne qui nous a enseigné les “7 arts” de la techno. Sans lui, nous ne serions pas là aujourd'hui. Et nous partageons les mêmes studios - que nous quittons aujourd'hui pour en intégrer de nouveaux d'ici quelques semaines. Nous travaillons énormément ensemble, sur de multiples projets. Ezechiel nous fait également l'honneur de participer à de nombreux morceaux. Ce sont d'incroyables musiciens, showmen et amis !!! On va d’ailleurs commencer à donner quelques shows ensemble et, croyez-moi, vous ne devez pas rater ça !

A part Nôze, quels sont les musiciens, de France ou d’ailleurs, qui sont proches de vous musicalement ?

Il y a d'abord les artistes de Jena, en Allemagne, tels que Treplec, Krause Duo et Wighnomy Brothers. Mais aussi nos amis de Kassel : Schmeisser, Jonny et Tietz. Clément est proche du batteur de jazz Brian Blade.

Playlist du moment :

01. Nôze - "L'inconnu du placard" (Get physical).
02. Brian Cares - "Conclusion"
03. Dennis Ferrer - "Church Lady" (Objectivity)
04. Sety - "Joia" (Circus Company)
05. Krause Duo - "Go" (Milnormodern)
06. Charles Schillings feat. Chic - "Be Gone" (Pschent)
07. Farley Jakckmaster Funk - "French Tongue" (House Records)
08. Cassy - "Soul Savior" (Perlon)
09. Cat'z dog'z feat. dOP - "Sunset in the East" (Dirty Bird)
10. Ian Simmonds - "The dog" (Music Krause)
11. Timbaland/Timberlake/Furtado - "Give it to me " (Restricted Access)
12. Andomat 3000 - "Delirious tremens" (Einmaleins)
13. Raz Ohara "Counting days" (Get physical)
14. Dj Koze "The Geklöppel Continues" ( Kompakt)
15. Salif Keita "Yamore Souvent" (Universal)
16. The Beatles "Because" (Capitol)
17. Serge Gainsbourg "New York" (Mercury)

Propos recueillis par Dave

Leur MySpace
Les sites de Milnormodern, Orac et Circus Company


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06 mars 2008

Interview - Dusty Kid

Petite interview de Paolo Alberto Lodde, alias Dusty Kid, la nouvelle sensation électro venue d'Italie, auteur du très bon maxi Luna, chroniqué ici il y a quelques semaines. Pas de scoop mais quelques info sympathiques sur ce jeune homme tout aussi sympathique.


Quand as-tu commencé à t'adonner à la musique électronique ? Comment composes-tu ?


Gamin, je jouais du piano. A 13 ans, on m'a offert un petit séquenceur pour m'enregistrer et j'ai tout de suite commencé à bidouiller. Ensuite je me suis payé un synthé et c'était parti. En général, pour la composition, je pars simplement de petites séquences stupides que je réalise avec mon synthétiseur. J'ai une approche vraiment ludique de la musique. Les titres que je produis sont toujours en phase avec mon état d'esprit du moment et mes sentiments.

Quelles sont tes influences ?


J'écoute un tas de musiques différentes, à l'exception du hip hop produit aujourd'hui et du heavy metal. Parmi mes albums préférés et inspirateurs, je peux citer le Nebraska de Bruce Springsteen, The private psychedelic reel / dig your own hole album des Chemical Brothers, The cross of changes d'Enigma 2, 666 de The aphrodite's child ou encore le Requiem 626 de Mozart. En fait, ces disques sont un peu mon « top five » musical.

Existe-t-il une culture électro bien enracinée en Italie ?


Pas du tout... les gens ne sont pas informés et ne s'intéressent pas à l'électro comme dans le reste de l'Europe. Néanmoins, nous avons de grands artistes et songwriters en Italie. En ce moment, avec le revival italio-disco, c'est une bonne occasion de redécouvrir quelques perles italiennes. Pour ma part, je me suis replongé dans les années 80 il y a quatre ans et j'adore ça.

Pourquoi le pseudonyme « Dusty kid » ?


En fait, c'est un producteur italien avec lequel je travaillais qui m'a donné ce nom. A l'époque, dans son studio, il y avait une grand pièce remplie de vieux vinyls poussiéreux (« dusted records ») et je passais mon temps à l'explorer, à la recherche de quelques pépites. Au bout, d'un moment, tout le monde dans le studio a fini par m'appeler « Dusty Kid ».

Qu'est-ce que tu écoutes en ce moment ?


Ces jours-ci, je me fais tourner en boucle Midlake, Glenn Gould et F.U.S.E. (ndlr Richard Hawtin), un DJ Canadien largement influencé par la techno de Detroit.

Quels sont tes projets ?


Avant tout, finir mon album ! Je devrais le sortir en avril a priori...

Propos recueillis par Fabien

Le myspace de Dusty Kid
A lire aussi : Dusty Kid – Luna EP (2007)




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