27 avril 2007

Kraftwerk - Trans-Europe Express (1977)

Je vous en ai parlé et reparlé, saoulé certains aussi mais j'y reviens pour votre plus grand bonheur et celui de nos lecteurs.
Kraftwerk - Kraft Werk = Centrale Electrique - naît en Allemagne vers 1970 sous l'impulsion de 2 jeunes musiciens. La composition du groupe a varié à plusieurs reprises depuis sa création. Ceci est certainement dû aux longues périodes de travail qu'ils s'accordent dans leur "laboratoire" de Cologne comme ils aiment l'appeler.
La musique de leurs débuts s'apparente davantage à une aventure rock / pop expérimentale, commune à bon nombre de groupes allemands de l'époque, aventure qui prendra le nom de krautroc ou rock choucroute.

C'est avec l'apparition des boites à rythme, des synthétiseurs, l'implication de Francois Kevorkian et une motivation sans pareille que les jeunes de Kraftwerk s'ouvrent à la musique électronique. Cette touche technologique, qu'ils revendiquent ouvertement - par l'intermédiaire des "machines à produire des sons", ils amorcent la problématique de la place de la technologie dans notre univers humain/urbain - leur réussit puisqu'ils enchainent album sur album (Autobahn (1972) fait un véritable tabac, se placant très rapidement dans les charts du monde entier).
On raconte que Bowie passait des nuits entières défoncé au volant de sa Mercedes à parcourir les autoroutes allemandes ('autobahn') sur le fond sonore dudit album.
En 1977 parait Trans-Europe Express, mastodonte incontournable de la musique électronique - l'album apparaît toujours dans le top 50 des meilleurs albums de tous les temps.
La ballade débute par un magnifique élan crescendo "Europe Endless". Le rythme s'accompagne de chants et de sons d'instruments à corde distordus. Le principe est simple: un rythme, une mélodie, quelques paroles placées ici et là, le tout bien orchestré et soutenu. Europe Endless donne le ton de l'album, un brin "sacré" si vous me pardonnez l'expression; comme si la messe débutait. Hall of mirrors - sublime et hypnotique - s'impose, solennel avec un brillant départ au clavier vers la 5ième minute.
Que du bon dans cet album avec un époustouflant "Showroom Dummies" - traduisez mannequin de vitrine - en troisième position au rythme rapide et aux choeurs lanscinants. Le morceau atteint son apogée sonore -il vous crispe- avec ce grincant clavier vers la 3ième minute. Les paroles identitaires completent le message, clair: nous ne controlons pas tout, et certainement pas l'évolution technologique - cette longue et interminable chose en train de traverser l'Europe.
Trans-Europe Express occupe la place stratégique du milieu d'album. La formule est identique. Le solo aigu, strident, angoissant donne toute sa cohérence au morceau. Ce track est suivi par Metal on Metal, une tension continue et fatiguante qui s'incruste durablement dans votre esprit pour le plaisir. Le groupe rend finalement hommage à Franz Schubert avec un morceau soigné à la mélodie douce, aux sons tendres et harmonieux.

Pour moi, Kraftwerk a inventé et élevé la musique électronique au rang de musique à part entière, valant la peine d'être considérée.
Pour les sceptiques, le style est daté, ne vous arrétez pas à ça. Prenez quelques minutes, comme je l'ai fait, vous serez touché.

5 Comments:

Fabien said...

Ah, on l'attendait ce petit post sur Kraftwerk... Maintenant il ne te reste plus qu'à nous parler de l'incontournable "Autobahn" et la boucle sera bouclée.
Un disque vraiement essentiel que ce "Trans-europe express", du coup pas grand chose à ajouter si ce n'est : merci.

Dave said...

Tout à fait d'accord, sauf que la boucle ne sera bouclée que quand on aura parlé du "Radioactivity" de 1975, que j'affectionne tout spécialement.
Bon week-end à toutes les oreilles...

Fabien said...

Bien vu mon Dave !

Charles said...

Je l'attendais aussi cette petite chonique. Je connaissais rapidement autobahn que j'avais lancé sur radioblog, plutôt intrigué. J'ai hâte d'écouter cet album avec ton éclaircissement !
Bises.

Yannick said...

Petit problème à mon sens : on ne parle que des morceaux ou les vocaux sont en anglais, les morceaux originaux en allemands me paraissent plus porteurs de l'esprit de Ralf et Florian (et accessoirement des autres).
Néanmoins, ce groupe restera le groupe de musique electronique par excellence au niveau de la musique dans son contexte et de l'image renvoyée par la formation...