16 mai 2009

Miss Kittin & The Hacker - Two (2009)

Huit ans après leur acclamé First Album, le duo grenoblois Miss Kittin and The Hacker (Caroline Hervé et Michel Amato à la ville) remet ça ! On les avait quitté sur une bombe minimaliste techno spéciale dance-floor. Ce premier jet, rappelez-vous, était balancé dans un anglais approximatif façon Pravda, l'autre très bon duo français mixte du genre (quoique plus orienté rock), et des paroles délicieusement salaces, crues et connes, en tout cas hilarantes au possible - qui a oublié leur définitif tribute hum.... à "Frank Sinatra ?" - et on les retrouve dans un format un peu moins rentre-dedans, moins robotique, et sans doute plus mélodique .

Entre temps, les albums en solo des deux comparses, les 3 notamment de Miss Kittin (I Com, Radio Caroline et Batbox) leur ont ouvert d'autres horizons, leur ont permis de découvrir de nouveaux sons, d'acheter de nouveaux synthés.

Sans être particulièrement novateur (mais le précédent ne l'était pas non plus) ce nouvel effort donne à écouter une manière de pop synthétique généralement rêveuse qui louvoie sur les terres des excellents Ladytron ("1000 Dreams", " Party In My Head"). Bien que convenue, la direction opérée sur cet album n'est pas désagréable, loin s'en faut. Et ce que l'on peut regretter de l'atmosphère de backroom berlinois du premier album chère à Emmanuel (B.P.M à fond, techno lascive) que l'on ne retrouve guère que dans le tuant "Indulgence" et son electro minimale façon Suicide, est finalement compensé par des options plus mélodiques, plus soignées, moins crissantes à l'oreille pour le non habitué. Tel ce "Rayban", plus doux et qui rejoint en cela la reprise inattendue et alanguie du "Troisième Sexe" d'Indochine sur I Com.

Mais puisqu'il faut parler de reprise, force est de mentionner sur l'un des maillons faibles de ce disque, cette reprise synthétique totalement simpliste et inintéressante d'un des grands chefs d'oeuvre du siècle dernier, j'ai nommé le "Suspicious Minds" du King, bien loin de la formidable relecture de Fine Young Cannibals d'il y a une bonne vingtaine d'années. Quand on s'attaque à un tel morceau, il faut y mettre les arguments. C'est là l'une des rares fautes de goût d'un album moins roots que son prédécesseur, mais qui se laisse apprécier sans problème.

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En bref : certes pas le plus important album electro du millénaire, ni même de la décennie, en raison notamment de quelques facilités, mais un disque qui remplit son rôle : distraire, faire bouger, et par certains aspects, exciter. On est finalement contents de voir ce duo reconstitué.




A lire aussi : Laytron - Velocifero (2008)

le site off et le Myspace

"Indulgence" :

1 Comment:

Benjamin F said...

Faut que j'approfondisse mon écoute mais c'est sûr que sans être l'album de l'année, c'est plus intéressant que le dernier Miss Kittin en solo.
++