01 mai 2009

Crystal Antlers - Tentacles (2009)

Il est décidément difficile cette année de ne pas tomber dans l’un des nombreux pièges de cristal que la musique indé nous a réservés. Le buzz autour de celui qui nous occupe ici est un exemple en la matière : quelques concerts explosifs, un Myspace qui tourne et un premier Ep encensé par Pitchfork, le trio gagnant en somme. Pourtant le combo ne vient même pas de Brooklyn mais de Long Beach, Californie, et ce n’est pas Dave Sitek qui est à la production mais bel et bien le claviériste Ikey Owens (The Mars Volta), en tous cas en ce qui concerne l’Ep. Enfin, attrapez vos mouchoirs, ce premier album marque la fin d’une histoire puisque crise oblige, c’est aussi le dernier du fameux label de Chicago Touch & Go.

A quoi tient donc cette réputation explosive ? Parce qu’à l’écoute l’album se présente plutôt difficile d’accès, carrément cacophonique pour les non-initiés, marquée par un son volontairement crado en permanente mutation. Alors pourquoi ça marche ? Parce que la pochette est magnifique, mais pas seulement. Enregistrées en une semaine par Joe Goldring et sans quitter le studio, les treize chansons des "cornes de cristal" sont non produites et captées live - à peine a-t-on rajouté quelques bois, cuivres et pianos - gorgées d’effets et de réverb. Le style, entre la prog (malgré des morceaux très courts), la noise (beaucoup, beaucoup de bruits), le grunge (le chant, que dis-je, le hurlement de Johnny Bell) et la pop (compositions complexes, changements de tempo incessants) est carrément épileptique.
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Mais voilà, écoutes après écoutes (et finalement pas tant que ça), le disque dévoile toutes ses richesses et se montre même brillant. Foutraquement dense, explosif et tourmenté, il regorge de riffs cachés (Andrew King à la guitare), toute basse en retrait et chant en avant (Johnny Bell également à la basse). D’ailleurs quelle voix ! Cela faisait longtemps que l’on ne m’avait pas bougé les trippes à ce point. Autre force de ce disque tournoyant, les morceaux n’attendent pas et commencent dès les premières secondes. Seule "Several tongues" s’autorise sept longues minutes de réverb.


Pour le reste ce disque n’est pas de ceux dont on peut extraire un tube, ni même un titre représentatif. Il est à prendre comme un tout, même si l’on peut classer "Painless sleep", "Vapor Trail" et "Foot of the mountain" comme des interludes utiles (?). Mais au milieu de tout ça, "Andrew", "Tentacles", "Dust" ou encore "Memorized" ne cesseront de vous surprendre à chaque écoute.

En bref : selon certains plus décevant que l’Ep qui l’annonçait mais pourtant diablement original. Une grande jam lo-fi entre le Pink Floyd et No Age, difficile d’accès mais indispensable cette année. Un groupe est en train de se créer, Tentacles en est sa genèse.
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Le Myspace

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Le clip de "Andrew" :

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