19 mars 2008

Hot Chip - Live au Trabendo (Mars 2008)

Ambiance disco-chic ce lundi soir au Trabendo. Les jeunes anglaises bottées déambulent à droite à gauche pour découvrir le lieu en exhibant leur robes légères à pois. Pas moins de 50% de nanas en effet. Les soi-disant NERDs n'ont pas dit leur dernier mot.

Retard inhabituel cependant pour nos voisins d'outre-Manche. Dix minutes qu'on se chauffe dans la salle biscornue lorsqu'un petit jeune fringué chichement fait son apparition, la tête molle, oscillante comme Mr Oizo, les cheveux qui suivent avec un léger lag, comme s'ils flottaient sur une bulle d'air. Genre Slow-motion.

Il s'installe aux platines, et avec son petit pc, il décape le silence "cocktail" et l'assomme de basses. Il érige quelques scratchs comme pour surmonter sa timidité naturelle. Ca ne prend pas même si on voit bien quelques têtes remuer au premier rang. C'est juste un mouvement d'air. Ah, voila qu'il se cale, position surfeur, on sent qu'il mijote quelque chose. Le fameux "crescendo" électro. Un gros coup maladroit sur le cross-fader avec un sursaut de sa personne mais c'est raté, personne ne bouge et il remballe. L'atmosphère reste électrique. Les anglais se ravitaillent au stand en attendant leurs nouvelles idoles. Amstel fait carton plein. 45 minutes passent.

Extinction des feux. Un peu de fumée soufflée timidement sur scène. Quelques faisceaux bleus, en formation triangulaire, déchirent cette brume artificielle et laissent deviner de façon asymptotique les silhouettes (anticharismatiques) de nos 5 British. Ca balance des percus, on attaque une chevauchée électronique d'1h30. Au programme: leur nouvel album Made in the Dark, quelques morceaux, par-ci par-là, récupérés sur leur précédent The Warning. Rien d'extraordinaire dans la programmation donc, peu d'imagination pour la prestation, ils sont encore jeunes. Scéniquement parlant. 3 guitares , 3 claviers, quelques micros encombrent la minuscule scène qui les accueille.
Les fans s'y sont agglutinés. Les jeunes filles expriment douloureusement leur désir aigu pour des idoles en maturation par des cris plaintifs et enjoués. C'est pourtant bien difficile d'ailleurs, c'est d'ailleurs bien difficile, je me répète plusieurs fois intérieurement, de considérer ces 5 NERDs comme de futurs icônes.

En bref, les baffles crachent bien leur son, très propre - merci l'ingé son - la foule s'agite et bat des bras, ça transpire et ça danse presque mais c'est trop calqué sur l'album, très appréciable, je ne renie pas, ceci dit. On préférera rester chez soi.

"Over and over", le clip:


Le myspace de Hot Chip

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17 mars 2008

Interview - Poney Poney

Poney Poney, au départ, c’était Antoine Hilaire en one-man-band. Mais dès son deuxième concert, le chanteur/guitariste s’est fait tirer son IPod, qui lui servait de batteur et de bassiste. Florent Lyonnet et Samuel Nicolas l’ont alors rejoint. Quelques morceaux sur des compiles, des remixes et un paquet de scènes plus tard, le trio pop et électro commence à se faire un nom. On a même pu écouter son remix de Don Rimini sur le sampler du magazine Tsugi de février. Et c’est aujourd’hui que sort, en Angleterre seulement, le premier EP officiel des Parisiens, Cross the fader (Perspex Recordings). Le fruit d’une collaboration avec un vieil ami : Xavier de Rosnay, de Justice. Antoine nous en dit un peu plus sur son groupe et ses projets.

International Pony, Poni Hoax, Ponypony Runrun, New Young Pony Club, Poney Poney, etc... Mais que se passe-t-il avec les poneys ?

Aucune idée, tous ces gens ont dû trouver ce mot mignon en même temps. Ca fait un petit moment que je me le trimballe, je l'aime bien donc. Malgré les amalgames parfois malheureux, on garde le cap. Je trouve que le côté cool est surtout dans le double nom plutôt que dans l'image de l'équidé.

Comment as-tu rencontré tes acolytes Florent et Samuel ?

Sam était dans la même fac que moi, on s'est échangé des cassettes de démos de nos groupes. Florent a commencé à sortir avec une amie à moi et on a vite sympathisé et commencé à jouer ensemble dans une cave avec un ami, Benji, qui a d’ailleurs enregistré des morceaux de Poney Poney.
Au bout d'un moment, il a semblé normal de monter un vrai groupe Poney Poney plutôt que pondre un titre de temps en temps sous ce nom, vu que les groupes de fac, c'était fini.

Comment en êtes-vous venus à sortir votre EP Cross the fader sur le label anglais Perspex ?

Anu Pillai, le boss et leader de Freeform Five, a été l'un des premiers à nous proposer une sortie, bien avant que quiconque ne s’intéresse à nous. On s'est dit qu'on avait tout intérêt à bosser, pour une première sortie officielle, avec une personne aussi motivée, quitte à disposer de moins de moyens.

Le fait que le disque ne sorte qu'en Angleterre n'est pas un peu frustrant ?

C'est un choix de notre part. Le label est petit, donc pas besoin de licencier le morceau pour l'Europe ou le Monde. 1000 exemplaires, ça devrait se vendre rien qu'en Angleterre ou à l'import sur Internet.

Que contient ce premier EP ?

Un titre original, "Cross the Fader" et deux remixes par Bitchee Bitchee Ya Ya Ya et Headman. La version digitale contient aussi un remix d'un ancien titre, "Junior" par nos copains de Chateau Marmont.

A l'origine, votre son est plutôt pop/new wave, mais vous vous faites connaître avec des titres plus électro, comme votre remix de Don Rimini. Comment expliques-tu cela ? Signe des temps ou évolution logique ?

Le remix pour Don Rimini est notre premier, on était curieux de s'essayer à l'exercice et on a donc pondu ce truc assez bizarre et hors formats. Coup de bol, il a été gardé par l'artiste et son label. Je pense que si le remix a fonctionné un peu, c'est plus grâce à son petit côté anti-conformiste pour un artiste dancefloor. Après, il y a un vrai amalgame avec des groupes électro, à cause de notre parti pris de production ou de nos potes. On devrait pousser ce côté pour la scène, mais l'album sera plus large musicalement.
Même nos remixes ont toujours une structure de chanson. Le choix des sons colle plus à l'époque, mais tout ça reste de la pop.


C'est Xavier de Rosnay (Justice) qui a produit Cross the fader. Qu'a-t-il apporté à votre son ?

C'est un super mixeur, il sait très bien placer tous les éléments d'une chanson dans les oreilles, il est de goût très sûr et aime profondément les choses pop et épurées. Et puis, oser mettre un larsen aussi gros et aussi long à la fin de notre premier single, c'est vraiment le genre de choses amusantes à faire qu'un producteur plus classique n'aurait pas proposé.

Tu connais Xavier et Gaspard depuis longtemps. Comment as-tu vécu leur ascension foudroyante ?

Leur succès est arrivé de façon assez progressive, depuis le premier maxi et les premiers sets de dj à l'étranger. C'est super marrant de mesurer le chemin parcouru et maintenant d'assister à des demandes d'autographes dans le métro. Mais surtout ça fait très très plaisir qu'une aussi bonne musique fonctionne auprès du grand public.

Il y a deux semaines, vous étiez invités par Sébastien Tellier à jouer à l'Institute of Contemporary Arts de Londres. C'était comment ?

C'est Stage of The Art, le promoteur, qui nous a invité, pas Sébastien Tellier. En tout cas, c'était une bonne expérience : 3ème show pour nous à Londres, probablement le meilleur. Jouer dans une salle rock classique nous a plutôt bien convenus; d'habitude on se produit dans des clubs plus électro et l'ambiance est plus chaotique.

Quel est précisément ton rôle au sein de Tahiti Boy ?

Je joue de la guitare et je chante quelques parties. Tahiti Boy écrit toutes les chansons, donc les cinq autres membres et moi- même avons pour rôle de mettre notre grain de sel dans l'interprétation - forcément - et de prendre part aux arrangements sur certains titres. Au niveau humain, j'ai pour mission de pousser le groupe à aller coûte que coûte s'en coller une bonne après les concerts.

Tes coups de coeur musicaux du moment ?

J'adore Vampire Weekend, qui mérite mieux que cette étiquette de renouveau du rock de la semaine. C'est juste un très bon groupe d'art school. Ladyhawke, aussi : une jeune Stevie Nicks des 00s, fantastique, qui va au bout des références eighties très usées mais en conservant beaucoup de fraîcheur. J'ai aussi hâte d'entendre l'album de Santogold.
Le Ghost Days de Syd matters est à pleurer de beauté; l'album de Tahiti Boy @ The Palm Tree Family qui sort en mai prochain est vraiment bluffant - et pourtant je suis plutôt impliqué. Il y a aussi les nouvelles chansons en ligne sur le Myspace de l'énigmatique John John.

Tes projets ?

M'acheter enfin un ordinateur pour pouvoir enregistrer des démos de chez moi. Réussir à payer mes impôts. Terminer l'album qu'on aurait envie d'entendre. Moins fumer. Remarque, non.

Propos recueillis par Dave

L’original de Cross the fader en écoute sur leur Myspace
Pour les remixes, c’est ici

Prochaines dates de Poney Poney en France :
27 mars au festival des Inrocks (Paris, lieu tenu secret)
16 mai au Summum (Grenoble), première partie de Justice
20 mai au Nouveau Casino (Paris), avec Das Pop et The Little Ones
26 mai à la Maroquinerie (Paris), première partie de Midnight Juggernauts
8 août au Pantiero Festival (Cannes)
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15 mars 2008

Violent Femmes - Violent Femmes (1983)

Parce que je ne peux continuer à citer leur influence impunément, je me dois de faire les présentations. Il était une fois, à une époque où nous n’étions encore qu’embrions, sévissait sur un campus de Milwaukee un duo d’ados composé de Brian Ritchie (Mr basse) et Victor De Lorenzo (Mr batterie). Leur rencontre avec le chanteur et guitariste Gordon Gano en 1981 amènera à la création de cet éponyme, et d’une douzaine d’autres galettes de qualité variable. Contre toute attente, cette année là (dixit Cloclo), Violent Femmes a l’effet d’une bombe sur l’indie rock US et devient un classique inspirant aujourd’hui encore quantité de formations.

Comme souvent sur un premier album, le trio livre tout ce qu’il a sur 10 morceaux tous aussi incandescents. Aucun d’eux n’est à jeter, le charme est incroyable, le bon goût omnipotent. Sur les thème pré pubères de la frustration sexuelle ou de la solitude, Violent Femmes est sec, acoustique, direct et inspiré. Je me retrouve alors bien obligé de vous énumérer les tubes. Blister in the sun, premier titre, premier groove intemporel, en avance de 10 ans au moins. Kiss off, impeccable twist Kinksien au refrain imparable "I do it all the time, yéyé, I do it all the time yéyéyé". Add it up et son intro psalmaudiée tranchée par un démarrage en trombes de guitares en furie. Juste trop la classe. Gordon Gano n’a jamais semblé aussi inspiré que sur ses légers scat "Mamamamama motheeeer !". Encore une petite dernière, Gone Daddy Gone et son solo de xylo, urgemment précurseur lui aussi.

Allez, je m’arrête là pour la liste mais sachez que ce soit pop, folk, rock, punk ou jazzy, Violent Femmes traîte tout au même niveau, celui de la perfection adolescente qui n’a pas pris une ride. La plus grande originalité aura finalement été d’avoir, en 1980, conjugué folk et rock avec une réelle énergie punk, tout comme le fera par la suite le Gun Club. Gordon Gano, producteur 20 ans plus tard des deux premiers Louise Attaque (qui revendique ouvertement l’héritage Violent Femmes) aura marqué son temps et engendré de nombreux descendants. Le best of des années 80 avec The Pale Foutains.

En bref : En 1983, trois ados américains développent le folk punk mélodique 10 ans avant les autres. Devoir de mémoire indispensable.
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A lire aussi : The Pale Fountains - Longshot for your love (1998)

2 vidéos vous feront comprendre la puissance de Violent Femmes, la première, un live à Londres en 1984 où Gordon Gano donne des frissons sur Add it, et la deuxième, où Win Butler d’Arcade Fire reprend en transe et au speaker le Kiss off du groupe. Deux instants magiques :




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13 mars 2008

MGMT - Oracular Spectacular (2008)

Il existe des albums dont on peut anticiper la destinée dès la première écoute, presque aveuglé par leur lustre. Oracular spectacular, premier jet des jeunes New-yorkais de MGMT, est de ceux-là. Déclarés par leur label Columbia priorité numéro un pour l'année 2008, les deux néo-hippies vont à coup sûr cartonner mais de là à crier au chef d'oeuvre, prudence. Pour autant, il faut rendre à César ce qui lui appartient. Andrew Vanwyngarden et Ben Goldwasser, les dits Césars du groupe, font preuve d'un indéniable talent et donnent naissance à un premier disque pop sans égal. Les pieds plantés dans le sable et le regard perdu dans les étoiles. Ils appellent ça de la world country ou du mystic future seventies (!).


La petite histoire des deux Américains est plutôt singulière et en même temps, emblématique de notre époque. Andrew et Ben se rencontrent en 2002 à l'Université de Middletown, dans le Connecticut. Ils se rejoignent dans leur goût pour le mystique, le paganisme et les sons hypnotiques. Les garçons écrivent ensemble et se produisent sur le campus. Pour chaque concert, ils composent un nouveau titre, généralement d'esprit très noisy. Des dizaines de chansons voient ainsi le jour mais bizarrement, le binôme ne conserve aucune trace de ces créations. Autant de trip musicaux éphémères. Les MGMT (qui se prononce par ailleurs « management ») tentent de percer et enchaînent les performances live dans les salles et bars new-yorkais. Effet pschitt, leur carrière ne parvient pas à décoller, cependant, les fans commencent à se compter par dizaines. Un poignée de ces irréductibles, entre folie et clairvoyance, crée le label Cantora Records spécialement pour le groupe et publie un EP de six titres. Columbia repère les deux jeunes hommes et en 2007, les voilà embarqués dans la tournée US de Of Montréal.


Le premier EP des MGMT contient les deux titres phares d'Oracular Spectacular. D'une part, « Time to pretend », leur chant-credo, et « Kids », démentielle disco-pop collégienne aux basses consistantes. Il n'y a pas à tergiverser, c'est nouveau, séduisant et parfaitement produit. « Time to pretend » répand le rêve de gloire des deux New-yorkais sur un son noisy agrémenté de pointes électroniques dynamisantes. Etre une rock'n roll star pour pouvoir fuir en France, baiser des modèles, prendre de la coke et bien évidemment mourir jeune. C'est un peu éculé mais on oublie vite, totalement hypnotisé par les volutes de la musique.

« Kids » condense dans le texte tous les fantasmes des années collège, entre insouciance et tristesse. Là encore, le son des MGMT nous submerge, ses arrangements électroniques en première ligne. Les voix d'Andrew Vanwyngarden et Ben Goldwasser empruntent les traces de David Bowie et croisent parfois la route de Luke Steele des Sleepy Jackson. Et la magie s'opère. Les guitares acoustiques rencontrent des synthétiseurs lanscinants et des sons digitaux, le tout dans la plus grande harmonie.


Je ne vais pas vous refaire le coup du « merveilleux kaléidoscope musical » mais l'heure est évidemment à la réappropriation et au réagencement des héritages. Oracular Spectacular en donne une preuve supplémentaire. L'album égrène ses influences psychédéliques, folk hippie, disco, électro et pop pour un résultat d'une grande qualité et originalité. Et on ne tombe pas des nues en découvrant que Dave Friedman, responsable de certaines sorties de The Flaming Lips et de Mercury Rev, est le producteur de cet ovni. Au-delà des titres « Time to pretend » et « Kids », MGMT alterne pop songs imparables (« Weekend wars »), balades seventies (« Pieces of what ») et plages instrumentales atmosphériques et romantiques (sur « Of moons, birds and monsters »).

Le buzz (!) est déjà en marche alors ne vous faites pas de souci vous allez encore entendre parler de MGMT. Peut-être un peu trop. Détonations prévue en avril dans l'hexagone.


En bref : Deux néo-hippies en goguette brisent le continuum espace-temps pour produire un brillant album de pop du 21eme siècle. Beau comme un camion.




Le myspace de MGMT

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A lire aussi : Oh no ono - Yes (2007)

Les clips de « Time to pretend » et « Kids », aussi azimutés que la musique du groupe :






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Gonzales - Working together / Boys Noize mixes (2008)

Selon le Myspace de Gonzales, son père n’est pas content de lui. Il trouve que son nouveau disque est « trop commercial ». Quant à sa mère, elle pense qu' « il tente de détruire sa propre carrière ». Peut-être qu'un coup de remixes les fera changer d'avis ? Car Soft Power, l'album à paraître de Gonzo, a déjà ses dérivés, à commencer par les remixes du single Working together. Et pour le plus grand bonheur des amateurs de la scène éléctro allemande, ils émanent de... Boys Noize.

Tous ceux qui ont pu voir ce Berlinois - de son vrai nom Alex Ridha - en live le confirmeront : il est démentiellement bon ! Alors préparez vous physiquement et psychologiquement car vous devriez frétiller tel Zébulon en pleine danse démoniaque, et rester la bouche grande ouverte à l’écoute de ce maxi. En face A, le “Vocal mix” respecte globalement les couplets, tout en déstructurant le morceau et en y ajoutant un clavier aux forts accents de Rockwell feat. Michael Jackson (à moins que ce ne soit mon inconscient qui me joue des tours ?). C'est sûrement la version qui surprendra le plus les fans de Boys Noize, même s’ils reconnaîtront sa patte au premier coup d'oreille.
En revanche, il me semble que pour le “Dub mix”, Alex Ridha est allé plus loin, comme s'il s'était retenu sur la première tentative, pour nous livrer un petit miracle d’électro-house dansante, chargée en cuts et en distortions, où il ne conserve qu'un micro-sample de la voix de Gonzo. Son talent de remixeur, déjà démontré par ses réappropriations de Bloc Party (“Banquet”), Feist (“My moon my man”) ou Justice (Phantom Pt II”), est plus criant que jamais. En somme, nous tenons ici deux énormes claques qui risquent d'enflammer les dancefloors de la planète entière. Dans les bacs le 31 mars, une semaine avant l’album.

A signaler, une version de “Slow Down”, autre chanson tirée de Soft power, a été réalisée avec Teki Latex (en écoute sur IHEARTCOMIX ). Le Canadien avait déjà travaillé avec le rappeur sous hélium, puisqu’il lui avait écrit Dance With You pour son premier album, Party de plaisir.
Ici, la voix de Gonzales a été robotisée, lui faisant ainsi perdre son côté “crooner”. Du coup, la mixture devient nettement plus hip-hop. Teki lâche son flow comme à son habitude, avec ce second degré qu'ils partagent tous deux. Ce titre me paraît plus efficace que la version album, plus radiophonique, tout en en conservant l'esprit original.
Pour conclure, et sans trop en révéler, une version "We are the world" de "Let's Ride", instru disco de l'album, a été enregistrée, avec plus d'une dizaine d'artistes. Gonzales en parle ici dans une interview.

En bref : Le bouillonnant producteur allemand Boys Noize s'empare d'une chansonnette façon 80's de Gonzales pour en faire deux remixes électro-house incendiaires.

BS




Ecouter:
Working Together - Boys Noize dub mix

Working Together - Boys Noize vocal mix

Le clip de l’original :


Le myspace de Boys Noize
Le Myspace de Teki Latex

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12 mars 2008

Aqua Nebula Oscillator - Aqua Nebula Oscillator (2008)

Ayant épuisé tout mon champ lexical du psychédélisme dans la chronique Voyage du label Pan European Recording, je sentais la chose ardue. C'était sans compter sur la puissance évocatrice du quartet ANO, déjà présent sur la compile citée plus haut. Fondé à Londres en 1999 par les frères David et Simon Os, ANO trimballe avec lui de lourdes espérances: "nouveau meilleur groupe rock français" selon certains confrères. Ajoutez à cela le batteur et co-producteur Juan Trip (notable hippie pyrénéen), enfermez le tout dans une cave parisienne sombre et poisseuse, laissez moisir quelques années et vous obtenez un premier album hors du monde, non simulé et cathartique. Je m'explique.

Retournons un peu à l'école. Psychédélique en grec signifie "qui révèle l'âme". Le but étant de recréer de façon consciente (la musique) les perceptions sensorielles distordues (le LSD du chimiste Albert Hoffman), les éléments qui composent ce disque sont sauvages, éparpillés, multiples mais peu colorés. Car c'est ici la version américaine du psyché qui est utilisée (morceaux longs, sombres et improvisés) et non la vision britannique façon Beatles qui revient d'Inde des fleurs plein les cheveux. Là tout est noir, crade, décadent. Le côté obscur de la force en quelque sorte. Et les quatre membres du groupe parisien ne font pas semblant. Ils sont Dark Vador et Dracula à la fois. Et du fond de leur catacombe de nous asséner des rythmes en spirales, aux échos sans fin et aux pouvoirs insoupçonnés.

D'entrée l'emblématique "Ready to fly" est chargé de pulsations cardiaques, de cloches lointaines et de voix fantomatiques. Leurs concerts, déjà mythiques, confirment que l'attitude est aérienne, électrique et transcendantale. "St Trip", marche mortuaire éclatée hisse David Os au range de gourou de début de siècle. "Shadow knows", répétitif et ténébreux ne vous fera pas vous sentir mieux. On pense au rock psyché de Sun Ra, aux rythmes chaloupés des Velvet, à la puissance d'Hawkind. Crucifié sur l'hôtel de la musique 70's par le punk anglais, le lyrisme hérétique du genre ne laisse pourtant aucune place au doute quant au caractère chamanique de l'ensemble, mais surtout à la grande qualité musicale des compositions. Reste à écouter "Vision", tube cauchemardesque d'une bande de hippies redescendus sous terre, pour se convaincre que la machine est bel et bien lancée. Reste à savoir combien d'âmes oseront prendre le risque de choisir le côté obscur.

En bref: Odyssée musicale horrifique et abyssale assénée de main de maître par une bande de hippies gothiques. A délivrer uniquement sur ordonnance.
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ANO en live, monté par Juan Trip:

A lire aussi : Voyage - Facing the history of french modern psychedelic music (2008)
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Interview - Ashkenaton

Ashkenaton a au moins un trait en commun avec le légendaire juif errant. Il n'a pas encore perdu sa mort mais il erre à travers le monde et se donne à voir de temps en temps. Sa dernière apparition se situe dans la nuit du 7 mars au Molodoï, à Strasbourg. Ce grand escogriffe au dos courbé, le nez et les ongles crochus, coiffé d'une ineffable kippa (voir la photo), est arrivé aussi vite qu'il est reparti. Juste le temps d'un concert de hip-hop (de feuj), histoire d'engloutir des bières et de tirer sur quelques joints. Le soir de sa venue, je n'ai pas eu moyen de m'entretenir avec lui, il rôdait déjà sur les chemins. Pour l'instant, il n'existe qu'un MySpace avec six morceaux, un seul concert à son actif et pas encore d'album. Alors, Ashkenaton a bien voulu nous éclairer par mail sur son personnage plutôt énigmatique. Une interview exclusive, pleine de malice sous la kippa.

C'est quoi du hip-hop de feuj ?

Le rap pour moi, c'est juste un beat, un rappeur, des paroles... Ensuite tu en fais ce que tu veux, il y a toujours eu des juifs qui rappaient, les Beastie Boys, MC Serch, Necro, Paul Barman, Booba, il y avait meme Remedy sur la compil' du Wu-Tang aujourd'hui il y a toute une vague plus alternative avec Socalled, Gonzales, Y-Love, Matisyahu... comme il y a toujours eu des blancs, des latinos, des antillais, des africains, des arabes... Le rap, ou le hip-hop, c'est toi qui exprimes un truc qu'il y a en toi, c'est personnel, tout ça pour dire qu'il y a pas "du hip-hop de feuj", il y a des feujs qui rappent parmi lesquels, moi... Je pense pas du tout avoir la même attitude qu'un SoCalled par exemple, même si je suis très très admiratif de ce qu'il fait.

Ashkenaton, c'est du gangsta rap, mais juif. Comme Ice Cube qui prend les clichés anti-noirs et qui les pousse à l'excès pour les dénoncer, et montrer ce que valent ces préjugés, où ils mènent. Si tu as des idées sur les Juifs, tu crois qu'on est porté sur les thunes, qu'on a du pouvoir, qu'on est distant avec les non-juifs... Et bien avec Ashkenaton tu vas t'en prendre plein la gueule, c'est pire que ça, c'est le Juif au nez crochu qui te vole tes sous, et ta meuf, qui graisse la patte aux politiques, et qui après ça se fout de toi, le Juif que tu détestes, quoi.

Ensuite il y a mon crew qu'on a pas encore beaucoup entendu, c'est les Sages de Sion. On est une sorte d'Etat major du complot du rap juif. C'est un truc de malade d'autant plus que beaucoup de membres peuvent pas montrer leur visage parce que, dans la vraie vie, certains travaillent vraiment dans la finance et dans des grands cabinets d'avocats, ils sont haut placés...

Comment t'es venu l'idée de faire du hip-hop ?

C'est une musique que je kiffe, j'écoute ça depuis que je suis ado, c'est générationnel. Après il y a un gros contraste entre l'image à la 50 cent du rappeur posé, bodybuildé, et celle du juif malingre du ghetto qui déblatère, j'essaie aussi d'en jouer.

Quelles sont tes sources d'inspiration ?

L'Holocauste, la Shoah, l'ultraviolence généralisée, la bêtise du monde, la haine qu'il y a en moi, celle qu'il y a autour de moi, Philip Roth, la mort, les pogroms, le Wu-tang, Black Moon, les discours extrémistes, le fait que la vie soit dure pour tout le monde.
Il y a un bouquin français que j'ai découvert récemment, ça s'appelle Zimmer, de Louis Bloch. C'est un type qui a édité ça à compte d'auteur, c'est complètement cynique, et drôle, son expression va très loin dans la violence, je me reconnais complètement dans son délire

Tu travailles comment ? Seul sur ton PC ?

Il y a mon "homegoy" NYP qui m'assiste énormément, il a notamment fait le beat de "Riche comme crésus". Dédicace à lui et à Don $hoah des Sages de Sion qui partagent la scène avec moi. Peut-être que dans les temps futurs j'essaierai d'enregistrer plus proprement, en studio, on verra.

Comment s'est passé ton premier concert ? Tu n'as pas eu peur de te faire frapper ?

Peur de me faire frapper ? Non, tu penses qu'il faudrait me frapper ? Pourquoi ? Il y a eu des bonnes réactions de la part du public, c'était plutôt positif, apparemment beaucoup de gens étaient dubitatifs aussi, si ça les fait réfléchir ou réagir, ça me va aussi.

Aujourd'hui une scène, demain un album ?

Je sais pas, j'ai pas de plan de carrière, je fais ça parce que ça me plaît et que ça me fait rire.

Ça fait quoi de flirter avec la célébrité, les putes et le cash facile ?

Rien de neuf pour moi, en tant que feuj, il m'est aisé de me procurer champagne, caviar et bain à bulles. Le succès c'est pas ce qui t'oriente, comme l'a dit Devin The Dude, il s'agit juste de cracher tes problèmes avec le monde dans le micro et les gens seront à tes cotés.
Je me sens proche de la démarche d'un Slim Thug, car j'ai déjà mes bizness, ma vie, mes revenus. Le rap, c'est un nouveau truc que je rajoute par dessus, si ça marche tant mieux, sinon j'ai d'autres cordes à mon arc.

Est-ce que tu sors uniquement avec des juives ?

Non, je suis névrosé à la Philip Roth, je kiffe que sur les shiksés (ndlr : femmes non-juives). Les juives, ashkénazes, elles me font penser à ma mère.

Et les séfarades, t'en penses quoi ?

Elles sont souvent bonnes, plus sexys que les ashkénazes.

Propos recueillis par Antoine

Son MySpace

Remerciements à Pauline ainsi qu'à toute l'équipe du Goat 'n roll Show


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10 mars 2008

Interview - dOP

Les Parisiens de dOP sont des nouveaux venus sur la scène électronique française. En un an, une petite pelletée de maxis au groove incandescent ont alimenté la curiosité des amateurs de house charnelle et d’électro expérimentale. Sortis à un mois d’intervalle, God bless the child (Milnormodern) et Lighthouse (Orac), leurs deux derniers EP, montrent à quel point on devra compter sur ce trio, dont les sonorités rappellent souvent Matthew Herbert ou Nôze. Audacieuses percées jazz, colorations africaines et vigueur micro-house : ce dOP-là ne pique pas les yeux, mais chatouille agréablement les oreilles. Clément Zemstov (programmation), Damien Vandesande (claviers et cuivres) et Jonathan Illel (chant) se sont collectivement prêtés au jeu de l’interview par mail.

Que signifie votre nom, et sa typographie ?

Notre nom est libre d'interprétation. C’est un acronyme très courant. Notre logo a été dessiné par Akroe, un fabuleux artiste/graphiste parisien.

Qui êtes vous ? Quel a été votre parcours ?

Nous sommes trois musiciens aux parcours très différents. Nous avons traîné dans pas mal de familles musicales (free jazz, dancehall...) et nous continuons à travailler dans des styles très différents comme le rap et la musique institutionnelle. Nous sommes également en train de terminer notre première musique de long-métrage.

Comment travaillez-vous en studio ? Sur quels instruments ? Quelles machines ?

Nous sommes en studio tous les jours du matin au matin. Nous avons la chance de ne faire plus que de la musique. En ce qui concerne nos méthodes, c'est très variable. Mais nous avons une approche très traditionnelle. Nous jouons la plupart des parties : claviers, cuivres, percussions, voix, batteries, etc... Nous n'utilisons pas de plugins et nous n'arrivons toujours pas à faire marcher le midi.
Mais on a quand même des ordinateurs avec Live et Pro Tools. On ne peut pas dire que nous soyons un groupe très “technologique”.

Quelles sont vos principales influences ?

Du free jazz au soundsystem jamaïcain.

Votre dernier ep, God bless the child, développe des sonorités très africaines, très maliennes en particulier. Dans quel esprit avez-vous conçu ce disque ?

Nous avons passé pas mal de temps au Mali et nous avons enregistré, composé et produit plusieurs disques là-bas. La musique mandingue est une de nos grandes sources d'inspiration. Nous avons un ami d'enfance commun, Toumani Sangare (de Kourtrajmé Africa), qui nous a permis de nous rendre sur place et de rencontrer les bonnes personnes. Nous avons eu la chance de rencontrer des artistes incroyables tels que Check Tidiane Seck, Ali Farka Touré et Salif Keita, et de travailler avec eux.
Sur God bless the child, le morceau “Foly” est un featuring avec Sibiri Samake. Il est le chef des griots des chasseurs. Ce morceau était pour nous une manière de rendre hommage à notre amour de la musique malienne et du Mali. Nous avons enregistré Sibiri il y a quelques temps à Bamako. Son fils joue le grain grain, une percussion métallique traditionnelle.

Vous avez annoncé la sortie de votre premier album, Between the blues, pour septembre 2008 . A quoi peut-on s’attendre ?

C'est un mensonge. Pour être honnête, nous allons certainement remettre notre album à 2009. Nous avons sincèrement envie de le soigner plus que tout, d'acquérir plus d'expérience en live - nous commençons à peine à jouer régulièrement. Notre premier titre électronique est sorti il y a tout juste un an (un remix de Nôze sur Milnormodern). Nous allons encore faire quelques maxis et collaborations tout au long de l'année.

Vous avez travaillé plusieurs fois avec Nôze. Comment les avez-vous rencontré et comment avez-vous décidé de travailler ensemble ?

Nôze tient une place importante dans notre histoire. Nicolas Sfintescu est la personne qui nous a enseigné les “7 arts” de la techno. Sans lui, nous ne serions pas là aujourd'hui. Et nous partageons les mêmes studios - que nous quittons aujourd'hui pour en intégrer de nouveaux d'ici quelques semaines. Nous travaillons énormément ensemble, sur de multiples projets. Ezechiel nous fait également l'honneur de participer à de nombreux morceaux. Ce sont d'incroyables musiciens, showmen et amis !!! On va d’ailleurs commencer à donner quelques shows ensemble et, croyez-moi, vous ne devez pas rater ça !

A part Nôze, quels sont les musiciens, de France ou d’ailleurs, qui sont proches de vous musicalement ?

Il y a d'abord les artistes de Jena, en Allemagne, tels que Treplec, Krause Duo et Wighnomy Brothers. Mais aussi nos amis de Kassel : Schmeisser, Jonny et Tietz. Clément est proche du batteur de jazz Brian Blade.

Playlist du moment :

01. Nôze - "L'inconnu du placard" (Get physical).
02. Brian Cares - "Conclusion"
03. Dennis Ferrer - "Church Lady" (Objectivity)
04. Sety - "Joia" (Circus Company)
05. Krause Duo - "Go" (Milnormodern)
06. Charles Schillings feat. Chic - "Be Gone" (Pschent)
07. Farley Jakckmaster Funk - "French Tongue" (House Records)
08. Cassy - "Soul Savior" (Perlon)
09. Cat'z dog'z feat. dOP - "Sunset in the East" (Dirty Bird)
10. Ian Simmonds - "The dog" (Music Krause)
11. Timbaland/Timberlake/Furtado - "Give it to me " (Restricted Access)
12. Andomat 3000 - "Delirious tremens" (Einmaleins)
13. Raz Ohara "Counting days" (Get physical)
14. Dj Koze "The Geklöppel Continues" ( Kompakt)
15. Salif Keita "Yamore Souvent" (Universal)
16. The Beatles "Because" (Capitol)
17. Serge Gainsbourg "New York" (Mercury)

Propos recueillis par Dave

Leur MySpace
Les sites de Milnormodern, Orac et Circus Company


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06 mars 2008

Interview - Dusty Kid

Petite interview de Paolo Alberto Lodde, alias Dusty Kid, la nouvelle sensation électro venue d'Italie, auteur du très bon maxi Luna, chroniqué ici il y a quelques semaines. Pas de scoop mais quelques info sympathiques sur ce jeune homme tout aussi sympathique.


Quand as-tu commencé à t'adonner à la musique électronique ? Comment composes-tu ?


Gamin, je jouais du piano. A 13 ans, on m'a offert un petit séquenceur pour m'enregistrer et j'ai tout de suite commencé à bidouiller. Ensuite je me suis payé un synthé et c'était parti. En général, pour la composition, je pars simplement de petites séquences stupides que je réalise avec mon synthétiseur. J'ai une approche vraiment ludique de la musique. Les titres que je produis sont toujours en phase avec mon état d'esprit du moment et mes sentiments.

Quelles sont tes influences ?


J'écoute un tas de musiques différentes, à l'exception du hip hop produit aujourd'hui et du heavy metal. Parmi mes albums préférés et inspirateurs, je peux citer le Nebraska de Bruce Springsteen, The private psychedelic reel / dig your own hole album des Chemical Brothers, The cross of changes d'Enigma 2, 666 de The aphrodite's child ou encore le Requiem 626 de Mozart. En fait, ces disques sont un peu mon « top five » musical.

Existe-t-il une culture électro bien enracinée en Italie ?


Pas du tout... les gens ne sont pas informés et ne s'intéressent pas à l'électro comme dans le reste de l'Europe. Néanmoins, nous avons de grands artistes et songwriters en Italie. En ce moment, avec le revival italio-disco, c'est une bonne occasion de redécouvrir quelques perles italiennes. Pour ma part, je me suis replongé dans les années 80 il y a quatre ans et j'adore ça.

Pourquoi le pseudonyme « Dusty kid » ?


En fait, c'est un producteur italien avec lequel je travaillais qui m'a donné ce nom. A l'époque, dans son studio, il y avait une grand pièce remplie de vieux vinyls poussiéreux (« dusted records ») et je passais mon temps à l'explorer, à la recherche de quelques pépites. Au bout, d'un moment, tout le monde dans le studio a fini par m'appeler « Dusty Kid ».

Qu'est-ce que tu écoutes en ce moment ?


Ces jours-ci, je me fais tourner en boucle Midlake, Glenn Gould et F.U.S.E. (ndlr Richard Hawtin), un DJ Canadien largement influencé par la techno de Detroit.

Quels sont tes projets ?


Avant tout, finir mon album ! Je devrais le sortir en avril a priori...

Propos recueillis par Fabien

Le myspace de Dusty Kid
A lire aussi : Dusty Kid – Luna EP (2007)




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Justice - D.V.N.O (2008)

Easy easy! Je vais pas vous la faire genre "Tu connais pas Justice ? T'as pas dansé sur "DANCE" l'été dernier ?"... Simplement pour vous annoncer que le nouveau clip du duo de frenchies est sorti ces derniers jours et c'est (bien sûr !) D.V.N.O ! Ce titre est celui se rapprochant musicalement le plus de DANCE sur leur album + le clip est encore mieux que celui de DANCE = "Make the girls sweat even more" !




Bon OK ça ressemble à de la copie de DANCE (artwork de So Me + anim. de MachineMolle) : le son (sauf peut-être le beat, plus marqué, comme dans le remix de Mstrkrft), la couleur, le style... Mais au moins là vous pourrez dire : "C'est bon, mais je le savais déjà" !

Le myspace de Justice


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05 mars 2008

Voyage - Facing the history of french modern psychedelic music (2008)

Saluons ici l'anachronique initiative du jeune label français Pan European Recording de regrouper sur compilation, même si je n'aime pas le mot, la fine fleur tricolore d'un courant musical largement passé de mode, le psychédélisme. Loin de moi l'idée de vous énumérer les stéréotypes populaires de rigueur, le LSD n'étant plus disponible en pharmacie de nos jours. Arthur, bassiste de Turzi et créateur du dit label s'est donc mis dans l'idée d'écumer les caves essentiellement parisiennes et d'y dénicher non pas de petits champignons blancs, quoi que, mais de jeunes groupes bien actuels hypnotisés par des sonorités bien passées. L'ambitieux projet qui devait dans un premier temps s'intituler "Mort pour la France", partait du pessimiste constat que le combat psychédélique en ces temps de consumérisme effréné était perdu d'avance. Ca aurait effectivement pu être le cas si les formations s'étaient laissé aller à un simple revival seventies mais c'était sans compter sur les différents talents novateurs de cette troupe d'artistes psycho freaks qui deviennent en un seul disque porte parole des oubliés.

Malgré les divergences flagrantes (ombre pour certains, lumière pour d'autres), les 15 flashs hallucinogènes qui nous sont servis témoignent d'une cohérence invraisemblable. Tantôt flippant, tantôt planant, le genre ne laisse guère de marbre. Difficile en effet de rester vautré et de limiter le disque à un simple fond sonore. Voyage attrape, Voyage griffe, Voyage absorbe et Voyage fascine. Véritable vecteur de plénitude et de chaos, les sonorités hautement toxiques de ce premier volet envoûtent et flanquent le vertige, dilemme paradoxal d'une musique qui traite allègrement angoisse et évasion sur un même pied d'estal. Turzi et Aqua Nebula Oscillator, les deux têtes d'affiche de ce vénéneux pavé, déroulent à merveille le tapis rouge sang à toute une troupe de formations chamaniques, au sein desquelles j'aurais particulièrement été frappé par One Switch To Collision, Wolf Rayet ou Juan Trip. Encore que c'est déjà injuste pour les autres, dont les transes lancinantes leurs vaudraient bien mieux que le tranchant rôle de second couteau. 15 révélations que j'vous dis.

Le psychédélisme, basé essentiellement sur la temporalité des rythmes binaires s'accorde ici subversivement avec le free rock et le fuzz électrique. Passionnants, les synthés vintage témoins d'une époque révolue se passent de mot. Evoquer des références serait sans doute vain. Encore que Tim Blake (Hawkind) ait déjà prêté de sa personne pour animer Les nuits psychédéliques organisées par le label sur la capitale. Pourquoi est-ce que j'habite aussi loin? Tout ça pour dire que sans nostalgie, reprise ou énième réédition, la scène rétro moderne psychédélique française est bel et bien présente. Au fond des garages, certes. Pour le moment, j'espère.

En bref : Manifeste sonore subliminal d'une génération de frenchies prêts à retourner le 13th Floor Elevator dans sa tombe et à lui faire tourner le joint. La résistance est en marche.
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Le clip (que vous devriez apprécier) de Koudlam - I was dawn, pas sur la compil mais également chez Pan European :


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04 mars 2008

The Format - Dog problems (2006)

Après Vampire Weekend on continue dans la légèreté pop raffinée avec The Format, duo arizonien pas forcément d'actualité. Répudiés par Atlantic qui tentait de les faire rentrer dans leur moule après leur premier effort de qualité Interventions and lullabies, The Format leur lance à la gueule le plus beau des pieds de nez en double effet Kisscool: un blaze qui a lui seul dénonce le formatage ambiant, et surtout un simple disque bourré de tubes en puissance qui laisse à chacun le luxe de choisir le sien. Nate Ruess et Sam Means (soutenus il faut le dire par une vingtaine de musicos) réussissent le pari de chasser sur les terres des arrangements surréalistes de Queen, de les traiter au second degré et surtout d'éviter le ridicule. Et c'est ainsi que décomplexés, The Format nous embarque.

Là où Mika s'était aventuré sans vraiment prendre de risque, Nate Ruess ne parodie pas Freddy Mercury mais s'empare sans prétention de sa voix, de son style opéra rock populaire, de son registre cuivré et surtout de ses mélodies à tiroirs. Dog problem, titre éponyme, en est le plus bel exemple. Sur une ambiance cabaret, le rythme monte, descend, remonte et le visionnage du clip (génial!) donne pleinement conscience de l'humour et du côté festif de la chose. Je ne tomberai pas par la suite dans l'énumération des titres potentiellement tubulaires tant ils font légion. Je me contenterai cependant de préciser que tous méritent le détour, que ce soit pour leurs choeurs sirupeux, leurs ritournelles naïves ou leur optimisme extravaguant. A condition de jouer le jeu.

Ce disque à la pochette pop sucrée témoigne de bout en bout d'une folie radieuse et d'un plaisir non dissimulé. Plus extravaguant que Clap Your Hands et d'avantage ironique que The Thrills, The Format a le goût d'un milk-shake concocté par The Shins et Pele si vous vous en souvenez (notamment sur Snails). Dommage enfin que les guitares soient un peu à la traîne. Personne n'est parfait, et The Format, en rejetant le formatage, ne deviendra certainement pas un grand groupe mais possède ce qu'il faut pour vous filer la pêche pendant trois bons quart d'heure. Largement.

En bref: 12 titres bubble gum qui rebondissent sur les moustaches de Freddy Mercury et nous font passer un très agréable moment.
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Le Myspace et surtout le site
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Immanquable, le clip de Dog problems et celui de Compromises, plus classique:



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Nôze : nouvel album le 26 avril !

Une fois n’est pas coutume, je me fends d’un petit billet pour vous annoncer la sortie, encore lointaine, d’un disque que je n’ai pas en main. Mais comment me retenir de hurler que Songs on the rocks, le troisième album de mon duo électronique préféré, est prêt ? Prévu pour le 26 avril, il ne sortira pas sur Circus Company, maison habituelle de nos larrons, mais sur le label allemand Get Physical, qui cartonne actuellement avec M.A.N.D.Y., Booka Shade et Samim, entre autres. Nôze passe donc à la vitesse supérieure en intégrant une écurie à la réputation internationale et au potentiel marchand de première importance.

L’ampleur de cette sortie, ainsi que sa célébration lors d’une release party qui s’annonce orgiaque (le 16 mai au Bataclan), permettront sûrement à Nicolas Sfintescu et Ezechiel Pailhes d’atteindre la renommée qu’ils méritent dans leur pays d’origine, où ils sont étrangement moins reconnus qu’ailleurs. Il suffit de regarder leur agenda, sur Myspace, pour s’apercevoir qu’ils écument les clubs du monde entier (prochaines dates : Helsinki, Athènes, Miami, Sao Paulo...) mais ne jouent que très occasionnellement sur le sol français.

A l’écoute de “L’inconnu du placard” (qui vient d’être mis en ligne), titre inaugural de Songs on the rocks, on réalise avec contentement que Nôze n’a pas dévié de sa ligne de conduite. L’ambiance est toujours profondément décadente, irrévérencieuse, digne d’un bordel de la Belle Epoque. L’alliance de beats house tintinnabulants, de choeurs funky et de borborygmes à la Tom Waits, qui caractérisait déjà certains morceaux du précédent opus, est plus que jamais d’actualité. Excellente nouvelle. Seront également servis on the rocks un remix “pop” de “Kitchen”, et la version originale de “Remember love”, qui fut l’un des plus beaux maxis house de 2007. Bref, tout cela s’annonce affolant. Il ne reste plus qu’à s’armer de patience.

Track list :

1. L'Inconnu Du Placard
2. Danse Avec Moi
3. Little Bug
4. Childhood Blues
5. You Have To Dance
6. Slum Girl
7. Ethiopo
8. Remember Love
9. Kitchen (Pop Version)

"Kitchen" live en 2006 :


Le Myspace
Le site de Get Physical

Lire la chronique de Nôze - Songs on the rocks (2008)
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03 mars 2008

Larry Levan - Larry Levan's Paradise Garage (1980)

Si le Petit Robert, par je ne sais quel hasard, me demandait de choisir une photo pour illustrer sa définition du DJ, je choisirais sans hésiter celle de Larry Levan. En amorçant la transformation du disco en house, cet homme a inventé le deejaying moderne. Songez simplement que Frankie Knuckles, considéré comme l’inventeur de la house, était un de ses disciples, et vous cernerez à peine l’aura du personnage et son influence sur la musique de ces trente dernières années. Si cela ne vous suffit pas, sachez que des dizaines de stars de la musique électronique (François Kevorkian, Todd Terry, Junior Vasquez, Masters At Work...) disent avoir reçu la révélation à l’écoute du maître lors d’une de ses centaines de performances au Paradise Garage de New-York.

Ce club, c’était celui de Larry. Certes, sur le papier, Michael Brody en était le propriétaire. Mais ce sont bien les mixes de son résident star qui ont fait de cette discothèque du 84 King Street le temple planétaire de l’hédonisme, de 1976 à 1987. En théorie, il fallait une carte de membre pour s’immerger dans la faune enragée qui peuplait cet ancien parking et profiter du meilleur sound-system du monde, dont s’inspirera d’ailleurs le Ministry of Sound de Londres, en 1992. Mais les détenteurs du précieux sésame se laissaient facilement soudoyer. On ne venait pas au Paradise Garage comme aux autres clubs, pour choper et se pavaner. On venait pour le son. Lawrence Philpot, alias Larry Levan, enchaînait des heures durant les hits de disco et de funk, préalablement enrichis par ses soins de claps, basses slappées, claviers et percussions afro-latines, congas en tête. Les morceaux s’en trouvaient considérablement rallongés, dépassant souvent les dix minutes. Cet art du remix, directement inspiré des techniques du dub jamaïcain, il était alors le seul à le maîtriser. La musique hybride qui en résultait fut nommée “garage”, en référence au nom du club. Elle faisait plus qu’annoncer l’avènement de la house. A bien des égards, elle était déjà “house”.

Prenez la relecture de "How High" du Salsoul Orchestra, par exemple. Le beat syncopé, le sample de guitare bien répétitif, le solo de vibraphone : tous les éléments de la house sont bel et bien là. A contrario, l’utilisation presque symphonique des claviers sur "The greatest performance of my life" de la diva disco Loleatta Holloway, ou des cordes sur "Double cross" de First Choice, s’ancre dans une tradition disco pure et dure. A l’exception du très soul "Make it last forever" d’Inner Life, dont on trouve ici la rarissime version longue, tous les morceaux de cette compilation sont de véritables décapants pour dancefloor, avec une mention spéciale pour le remix de "I got my mind made up", d'Instant Funk, considéré comme l’hymne du Paradise Garage.

La sélection, signée François Kevorkian, s’avère irréprochable, mais elle reste anecdotique si l’on considère la quantité de bombes produites ou réarrangées par le DJ avant qu’une maladie cardiaque ne l’emporte, à l’âge de 38 ans. On peut notamment regretter l’absence du remix de "Get on the funk train" de Münich Machine (Giorgio Moroder et Pete Bellotte), baroque au-delà de toute imagination, ou du très explicitement lubrique "Is it all over my face" de Loose Joints, qu’Antoine a évoqué récemment en nous parlant d’Arthur Russel. Mais comme les témoignages de cette époque bénie sont d’une rareté invraisemblable, il convient de ne pas faire la fine bouche.

Seul Strut Records avait trouvé le moyen d’éditer, en 2000, un mix d’une vingtaine de titres enregistré dans l’enceinte même du club mythique. Un triple vinyle (ou double CD) complètement indispensable, mais aussi complètement introuvable depuis la mort du label britannique, en 2003. A moins de débourser 50 à 250 euros, selon l’état du disque, ou de se contenter du mp3. L’espoir de voir ce Saint Graal du garage réapparaître dans les bacs existe cependant, puisque Strut vient de renaître de ses cendres. Parions qu’il ne laissera pas pourrir ce trésor dans un placard.

En bref : Une trop courte illustration de ce que fut la frénésie du Paradise Garage, club new-yorkais où Larry Levan révolutionna le disco, inventa le garage et posa les bases de ce qui allait devenir la house music. Délicieusement frustrant.



Une minute au Paradise Garage (pour info, Larry Levan mixe "Over and over" de Sylvester) :


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01 mars 2008

Dinosaur - Kiss Me Again (1979)

Parmi les nombreuses créatures qui ont peuplé le paradis, les dinosaures ont aussi fait partie de la faune biblique. Cette affirmation repose sur une simple induction : le paradis terrestre est décrit dans le livre de la Genèse comme un jardin merveilleux où tous les animaux vivaient en harmonie sous la direction de l'homme. Alors pourquoi pas les célèbres reptiles du Jurassique ?
Cependant, les véritables connoisseurs savent pertinemment que cette information est totalement erronée ; elle intéresse au mieux quelques doux illuminés et créationnistes convaincus. Au contraire, Dinosaur est une espèce de l’ère disco du "Paradise Garage", l’oeuvre d’un compositeur, chanteur et producteur américain, Arthur Russel.

Après avoir grandi dans l’Iowa, il déménage à San Fransisco et intègre une communauté bouddhiste où il rencontre le célèbre poète de la beat génération, Allen Ginsberg. Violoncelliste de formation, il commence à travailler en accompagnant de son instrument la lecture des poèmes de Ginsberg. Russel se rend à New-york au cours des années 70, mais ce n’est qu’en 1979 qu’il écrit et produit sous le nom de Dinosaur, "Kiss Me Again". Le morceau est le premier single disco enregistré sous le label Sire Records. Dès 1980, il enregistre sous Loose Joint le tube "It Is All Over My Face" avec Steve D’Aquisto. On retrouve encore Russel derrière l’album 24/24 music, cette fois ci, sous le nom de Dinosaur L. Mais il serait difficile de ne pas rapprocher les productions de Russel du Paradise Garage, club disco underground new-yorkais. Larry Levan, dj attitré du club, est un des premier à mixer le "It is all over my Face". À l’écoute des travaux de Russel, il est difficile de ne pas penser au son de cette période faste du disco.

La guitare terriblement groove, la redoutable ligne de basse adossée à une batterie catchy, ainsi que le son d’un saxo étouffé, saccadé, auraient pu suffir à donner ses lettres de noblesse à "Kiss me Again". Emprunt d’une fierté notoire, c’est sans compter sur la voix claire et éloquente d’une diva soul qui survole la base instrumentale du morceau. Malgré le temps relativement long du morceau (12"), l'intérêt est sans cesse renouvelé soit par les phases instrumentales, soit par les temps chantés. La voix aurait pu épuiser et les instrus, ennuyer. Mais l'équilibre est maintenu par un très juste dosage, orchestration habile entre les différentes phases.

Peut-être aujourd'hui, le morceau incarne parfaitement l’objet kitsch sous son plus bel aspect, synthèse d’une esthétique alignant des éléments démodés, rétro et populaires. Parce que la force du morceau vient du caractère universel de son architecture et des éléments utilisés, "Kiss me Again" peut s'écouter d’une oreille distraite ou attentive. Sans opérer de distinctions de classes, de sexe et d’âge, ce son balaye les catégories.

On trouve enfin une presque utopie érotomane : le jardin d’Eden libéré de son serpent.

En bref : L’exercice d’abord élémentaire se transforme en un numéro sophistiqué, remarquable enluminure du « son » garage.





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