16 juillet 2009

Concours - Polar Strong, vinyles à gagner


"Un mur du son infranchissable", "Du garage soft speedé", "Habile mélange de flux électrique et de filtres déformant", " Incendiaire !", les mots n’ont pas manqué pour accueillir Young Virgin Ep le premier 45 tours du combo bordelais Polar Strong. Surtout quand l’objet est mis en boîte par le plus indépendant des labels hollandais, A Fistful Of Record, poussant l’intégrité jusqu’à ne sortir qu’en vinyle (éditions limités numérotés à la main) des premiers 45 tours d’artistes garage émergeants, pour les laisser filer ensuite (Jeff Novak notamment).


En partenariat avec Babylone Promotion, Dodb a décidé de vous faire gagner 5 exemplaires de ces vinyles rarissimes. Pour cela il suffit de répondre à cette question :

Jeff Novak est le leader d’un groupe chroniqué sur Dodb, lequel ?

et d’envoyer votre réponse et vos coordonnées à contact@desoreillesdansbabylone.com avant le 15 août, avec l’intitulé "Concours Polar Strong" dans l’intitulé du message. Bonne chance à tous.

Le Myspace de Polar Strong et celui de A Fistful Of Records

En écoute, "Stinky arm", un inédit :


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10 juillet 2009

The Dodos - Visiter (2008) / Time To Die (2009)


Dieu seul sait pourquoi, j’avais complètement omis l’an passé de vous parler de ce passionnant duo originaire de San Francisco alors que Visiter son deuxième opus après un anecdotique Beware Of The Maniacs en 2006 m’avait occupé les oreilles quelques paires d’heures. A ne pas confondre avec les plus sages Toulousains The Dodoz avec un Z comme Zorro, le binôme formé par le chanteur guitariste touche-à-tout Meric Long et le percussionniste de haute précision Logan Kroeber fait partie de ces formations folk-freaks qui expérimentent. En positionnant dans une complicité maîtrisée les percussions acoustiques sur un même pied d’égalité que les fingerpickings de guitare, les deux drôles d’animaux atteignent assez vite une sorte de transe afro-folk extrêmement riche et mélodique. C’était évident sur Visiter, ça l’est peut-être encore plus sur Time To Die. Retour en deux actes sur l’élaboration de ce prototype pop-folk déjà cher à Islands, Yeasayer, et bien entendu Animal Collective.

Nous sommes en 2008, deux amis hirsutes un peu foldingues décident de remettre au goût du jour le power duo minimaliste en plaçant la guitare au centre de l’album et en l’accompagnant de percussions africaines quasi kraut-rock. Au bout du compte, sans vraiment avoir fait exprès, les Dodos pondent 14 titres extraordinaires tout de même notés 8.5 chez nos amis Pichefolk. Utilisant différents accordements, des arrangements camouflés et un mixage de qualité (l’écoute au casque donne évidemment le tournis), ce disque en deux parties est porteur d’une jolie ferveur infectieuse. Il n’y a qu’à écouter, allez au hasard, "Fools", pour se sentir entraîné par des morceaux affichant une bonne vitesse au compteur, plutôt rare pour du folk expérimental.

Sur "Joe’s Waltz" il ne faut pas aller chercher bien loin pour retrouver la filiation Animal Collective. On y trouve des moments abstraits et primitifs, mais aussi des moments de fulgurance électrique (à 4’40"). Un peu plus tard il ne faut pas s’étonner si l’on trouve mandoline (un "Winter" d’anthologie), glockenspiel, toy piano, basse fuzzy ou encore harmonies féminines. Economie de moyens Ok, mais à aucun moment on ne fait l’impasse sur les idées mélodiques. Il y a définitivement peu de ratés sur ce disque qui emprunte autant à Akron/Family ("Jodi") qu’à Sufjan Stevens ("The season") en passant par les séminaux Magnetic Fields (l’énorme "Paint the rust"). Un coup de maître !

A peine un an plus tard, et en septembre prochain sur nos terres tricolores (le 15), ils sont de retour en mode trio cette fois-ci, s’étant octroyé les talents de Keaton Snyder, vibraphoniste électrique émérite. Un instrument en plus qui fait sonner la bande davantage comme un groupe. Et à l’écoute de ce nouvel opus une chose est sûre : on y retrouve beaucoup d’ambition et de production. Côté manettes, c’est Mr Phil Ek qui s’y colle. Largement connu et reconnu pour ses collaborations avec Built to Spill, The Shins, Fleet Foxes ou encore Band Of Horses, il est pour beaucoup l’auteur de cette "renaissance" du groupe (pas mal pour un Time To Die). Là ou en 2008 on pouvait encore prendre The Dodos pour une sympathique formation lo-fi communautaire, en 2009 on en est bien loin et nos deux (allez, trois) gentils oiseaux sont dorénavant au niveau de Grizzly Bear par exemple.

C’est flagrant sur "Longform", tant dans la voix que sur les arrangements luxuriants. Egalement sur "Fables" au doux refrain destructeur. Si les titres sont toujours aussi longs (entre 4 et 6 minutes en moyenne), ils sont en revanche bien moins nombreux (9 contre 14 sur Visiter). Manque d’inspiration ou volonté de revenir à un format d’album plus court et plus direct ? Pour ma part je n’ai aucun doute, spécialement à l’écoute de "Two medicines" l’un des sommets de ce nouveau disque, à la fois carillonnant, créatif et maîtrisé, et mené à une cadence des plus entraînante. Peut-être peut-on seulement être déçu par une fin d’album un peu sage, et un certain polissage de l’ensemble sonnant beaucoup moins fanfare chamanique qu’avant, sans doute le prix à payer sur le chemin de la professionnalisation.

En bref : en provenance de San Francisco, deux puis trois drôles d’oiseaux encore en plein apprentissage de leurs moyens livrent en seulement deux ans deux albums de proto folk denses et excitants dont on attend le successeur (disons en 2010 ?) avec impatience. A découvrir d’urgence si vous appréciez les noms cités plus haut.



Le site officiel, le Myspace , Visiter en streaming et Time To Die aussi

A lire aussi : Grizzly Bear - Veckatimest (2009)

Le monumental "Fools" issu de Visiter et "Acorn factory" issu de Time To Die :




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09 juillet 2009

Lindstrom & Prins Thomas - II (2009)

A la différence du très électronique Where You Go I Go Too de son pote Lindstrøm, les dernières productions de Prins Thomas montraient une attirance grandissante pour un son “live”, plus instrumental, qui, tout en restant foncièrement disco, montrait le désir du Norvégien d’élargir son champ d’activité. Lindstrøm lui-même, lors de récentes interviews, affirmait aussi son envie de “sonner comme un groupe” et de s’engouffrer dans cette brèche électro-acoustique. Il n’y a donc rien de surprenant à ce que le deuxième album commun des barbus cosmiques (sorti fin mai) sonne davantage comme un hybride kraut-funk que comme une nouvelle épopée space-disco. Rien d’étonnant non plus à voir fleurir les critiques peu enthousiastes un peu partout sur la toile, évoquant ici “la musique d’ascenseur”, là le côté “longuet” de ces plages de 7 à 13 minutes. Et pourtant...

Ces critiques me semblent un rien facile et inappropriées. C’est vrai, II n’est pas le genre de disque qui prend aux tripes. Plutôt un disque d’ambiance, de ceux qui accompagnent une rêverie, un voyage, un égarement solitaire. Aucun de ses titres ne s’adresse aux pistes de danse. N’en doutons pas, si les Scandinaves avaient voulu nous pondre une série d’hymnes mécaniques et de brûlots moroderiens, ils l’auraient fait sans aucun problème. La nature apaisée de cet opus relève donc d’un choix, certes discutable, mais qui a le mérite de présenter une nouvelle facette d’un binôme fasciné par les seventies et particulièrement par le krautrock et le rock progressif. Les références à Harmonia, Can, Brainticket et même aux Pink Floyd semblent cette fois avoir été privilégiées, les compères laissant de côté leur passion pour l’italo-disco.


Bien sûr, les synthés sont omniprésents. Mais leur utilisation relève moins de l’escalade euphorique que de l’installation d’un climat d’une douceur qui n’a pas grand chose de norvégien. Rien n’est ici conçu pour frapper l’auditeur en pleine face. Pour peu que l’on s’arme d’un peu de patience, c’est au fil d’écoutes répétées que se révèlent la finesse des harmonies et des arrangements et, finalement, le charme et la grâce de ce nouveau périple. Tous sur le même modèle, les morceaux se développent et s’enrichissent lentement autour d’un thème simple, qu’il soit imposé par le piano (“For Ett Slikk Og Ingering”), la basse (“Cisco”) ou la guitare acoustique (“Gudene Vett + Snutt”). Viennent ensuite les avalanches de bongos, les tourbillons analogiques et le nappage synthétique. La seule constante, c’est cette batterie qui doit un peu au kraut, et beaucoup au soft-rock californien à la Fleetwood Mac.

Je comprends que certains fans se sentent trahis en découvrant que leurs fournisseurs préférés de bombes disco donnent dans une telle fusion aux atours tiédasses. J’espère seulement qu’ils sauront surmonter leur déception et explorer les recoins de ce disque riche qui réserve quelques belles surprises, comme les choeurs et la guitare folk de la fin de “Flue Paa Veggen” (quelle belle langue que le Norvégien !), le final grandiloquent de “Cisco” ou celui, apocalyptique et noyé dans le phaser, de “Rett Pa”.

En bref : Lindstrøm & Prins Thomas délaissent le dancefloor le temps d’une jam marathon, convoquant kraut, funk et rock progressif pour un festin opiacé ancré dans les années 70. A réserver toutefois aux adeptes de longs voyages contemplatifs.



Lindstrøm & Prins Thomas - Cisco.mp3

A lire aussi : Lindstrøm & Prins Thomas - Tirsdsagsjam EP (2009) et Lindstrøm - Where You Go I Go Too (2008)

Les Myspace de Lindstrøm et de Prins Thomas
Le site du label belge Eskimo Recordings

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The Dead 60’s - Space Invader Dub (2005)

L’été est souvent l’occasion de rompre avec la routine. Emploi du temps, lieux, habitudes, rencontres, tout est différent. Aussi, j’ai pu me rendre compte qu’à intervalles réguliers depuis quatre ans, un disque hors de mes sentiers battus réapparaissait inexorablement sur ma platine les beaux jours venus. Et à ceux qui croient en lisant le titre qu’il s’agit encore une fois d’un énième groupe brit pop dont je me suis fait le porte parole, je vous dis détrompez-vous, nous avons à faire là à une formation hors norme, dissoute depuis 2008 dans la plus grande indifférence, qui s’était fait spécialiste à l’époque d’un revival dub ska dans le punk rock, façon Madness, Specials et Clash. Hors le résultat est sans appel, ce disque bonus puisque c’en est un, est un pur concentré de dub à la hauteur je pense de ce qui se fait de mieux dans le genre.

En 2005, le quatuor indépendant The Dead 60’s originaire de Liverpool débarque avec un premier album éponyme, pochette jaune pour les USA, rouge pour l’Europe. Sur cette dernière édition, les boys déjà peu avares en sonorités dub sur l’album dit "classique" ont eu la bonne idée d’enregistrer dans la grande tradition ska /reggae un album bis au titre qui claque, version dub, 100% instrumental. Et alors que l’album, le vrai, affiche 35 minutes agréables et originales mais pas franchement révolutionnaires, le disque bonus est un petit sommet dans la grande lignée des productions Mad Professor. Les responsables de ce 10 titres en sus ? Les Dead 60’s eux-mêmes aux instruments, quasi non reconnaissables, et aux manettes le producteur Central Nervous System dont on sait relativement peu de choses, si ce n’est qu’il officie principalement pour le label Deltasonic.

Un disque assez rare donc, qui s’écoute comme on sirote une Margarita sous un soleil de juillet. Eh si je manque de mots pour décrire ce genre que je pratique peu (lignes de basse rondes, oui mais-encore ?) je fais appel à vos commentaires avisés pour me confirmer mon coup de cœur, ce disque étant généralement bien reçu lors de passages impromptus en soirée. Le groupe a sorti son deuxième album Time to take sides en 2007 avec une orientation bien plus pop. Il a coulé depuis, mais il nous reste l’éponyme, et surtout, ce petit dub unique sorti de nulle part. A déguster sans modération.

En bref : méconnaissables là où personne ne les attendait, les Dead 60’s et un génial producteur inconnu signent un bel ouvrage dub à découvrir.




A lire aussi : Lee Scratch Perry - Arkology (1997)

Télécharger le disque

Numérisé par mes soins depuis le vinyle, "Tower block dub" et "Too much Tv dub" :




Au passage, pour vous faire une idée, "Ghostfaced killer" issu du "vrai" album :

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08 juillet 2009

Pepe Bradock - Swimsuit Issue 1789 (2009)

Puisqu’une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, la sortie de la collection de remixes de Pépé Bradock sur BBE coïncide avec celle, plus confidentielle, de son nouvel EP sur son propre label, Atavisme. Je ne vais pas vous refaire l’historique du bonhomme, l’un des rares génies (oui, carrément) de la musique house, qui continue, à l’approche de la quarantaine, à joncher son parcours de bombes sans pour autant se prendre pour une star. Si, médiatiquement, le Pépé est plutôt du genre profil bas, il n’en va donc pas de même de ses productions, qui font l’objet d’un culte encore intensifié par une science de la rareté très au point. Exemple avec ce Swimsuit Issue 1789 uniquement pressé sur vinyl à tirage limité, et évidemment déjà épuisé sur la plupart des sites de vente en ligne. Il faut dire que les trois morceaux proposés sonnent comme autant de classiques instantanés, qui augurent du meilleur pour son prochain LP qui ne devrait plus trop tarder.

En face A, "Path Of Most Resistance" regroupe tout ce que l’on peut aimer chez Bradock : un côté house-garage à l’ancienne, un clap qui claque, des synthés enveloppants dans lesquels il fait bon s’emmitoufler… Le track dégage un feeling estival, une impression d’espace et de sérénité qui rappellent "Life", l’un de ses anciens faits d’armes. "CU @ Minna & Lafayette", en B1, perpétue cet esprit, quelques petits samples de piano et quelques cordes en plus. Enfin, le Français nous a réservé une bizarrerie de son cru avec un "Unapologetic Weightlessness" aussi trippé que son titre. Dénuée de beat, cette succession de vrilles synthétiques sonne comme le babil enfantin mais angoissant d’une assemblée d’extra-terrestres. Une belle conclusion pour un maxi impressionnant, l’un de ses meilleurs depuis longtemps.

En bref : trois classiques house par un Pépé Bradock au sommet de son art. A jouer "super loud", comme nous y invite le sticker de la face B !



Pépé Bradock – Path Of Most Resistance.mp3

Le Myspace
Le site d’Atavisme

A lire aussi : Pépé Bradock – Confiote de Bits / A Remix Collection (2009)

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07 juillet 2009

Iggy Pop - Préliminaires (2009)

Iggy Pop et Michel Houellebecq réunis pour un disque. Belle affiche. Pour ma part, je n’aurais pu trouver rencontre plus alléchante et intrigante. Que pouvait donc bien donner l’association – aussi inattendue qu’excitante – du mythique iguane et de l’écrivain français ? Quid d’un album annoncé sous influence de La possibilité d’une île, dernier roman en date de notre libidineux littérateur ?

Beaucoup, dès les premières écoutes, ont été surpris voire offusqués de découvrir un album à l’ambiance plus posée et suave qu’à l’accoutumée. « Merde ! Iggy nous fait du jazz maintenant ! ». Plutôt que jazz, je parlerai volontiers d’un certain blues-rock, joliment cuivré et aux accents baroques me rappelant sur certains titres un autre monstre sacré, Lou Reed. L’Américain livre un de ses plus beaux tours de chant, tout en langueur et en distinction. Sans pour autant renier sa culture rock – qu’il exprime assez nettement dans la seconde moitié du disque - le reptile se fait crooner et expose davantage sa corde sensible.

L’ouverture est sans appel. Pour nous accueillir – ou plutôt nous cueillir (délicatement), sur quelques notes d’orgue velouteuses et quelques discrètes pointes de guitare basse, Iggy Pop nous gratifie d’une magnifique reprise des « Feuilles mortes » de Prévert, originellement chantée – pour l’anecdote – par le plus qu’oublié Jacques Douai en 1947 et non par Yves Montand qui se targuait pourtant d’en avoir été le premier interprète. Je vous parlais de crooner, ce premier titre, livré dans la langue de Molière, en est l’éclatante démonstration, sublimement parachevé par un magnifique solo de clarinette. Enchaîné avec l’éblouissante quoique trouble « I want to go to the beach », il nous dévoile un chanteur charnu, fragile et chaud. Une facette plutôt cachée de l’icône américain.

« King of the dogs », avec ses cuivres fanfarons et son piano cabaret, verse dans un registre plus glamour et baroque à mon goût mais non moins appréciable. Il y a pour moi dans ce titre indéniablement du Transformer. Ceci étant dit, on pourrait abonder inlassablement en références légendaires au fil des 12 morceaux du disque. Cela serait à mon avis oublier trop facilement devant quel mythe et quel grand vocaliste nous faisons face.


Quelques que soient les dominantes des morceaux, du rock rageur « Nice to be dead » au blues garage aux guitares grasses « He’s dead / She’s alive », via des phases d’inspirations new wave (l’excellente « Party time ») ou jazz, règne une atmosphère erratique, menaçante, légèrement déroutante et indubitablement mélancolique. Isolé et pénétré par ses vies antérieures, comme pouvait l’être le personnage de Daniel 24 dans La possibilité d’une île, Iggy Pop, bien que fièrement dressé de toute sa hauteur, expose ses plaies et ses multiples personnalités

Pour la première fois, le chanteur a travaillé seul, ne rencontrant pas ses musiciens et à de très rares occasions Michel Houellebecq, l’auteur des textes. Incontestablement, cet ermitage lui a été bénéfique. Débarrassé de ses Stooges, il nous revient dans les habits d’un crooner blues inquiétant et caverneux, bien servis par les mots et les obsessions du Français ainsi que par des arrangements n’ayant pas souffert la distance.

En bref : En mode loup solitaire et plus envoûtant que jamais, l’iguane change de peau et se mue en ténébreux crooner blues. Pas un vague album à tendance jazzy d’une icône déchue, un disque bluffant d’un grand Iggy.




Le site web dédié à Préliminaires.

A lire aussi : Danger Mouse and Sparklehorse – Dark night of the soul (2009)

“King of the dogs” en live à France Inter :


“Les feuilles mortes” également à France Inter :

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06 juillet 2009

Juliette Armanet en concert aux Trois Baudets (Paris)


Fidèle à l'idée que je me fais de notre site, et pour faire profiter à certains de notre renommée internationale, voici un petit message totalement amical et emprunt de copinage. Pour la première fois sur scène avec un groupe, Juliette Armanet - par ailleurs documentariste émérite - foulera les planches mythiques de la salle des Trois Baudets, à Pigalle, le 17 juillet prochain. Dans ce lieu qui a accueilli bon nombre de grands noms de la chanson française lors de leurs débuts (Gainsbourg, Vian, Brel entres autres...), la jeune femme y déroulera un répertoire axé chanson - c'est la tradition aux 3B - accompagnée d'un backing band en forme de triplette (guitare, batterie, feedback/mpc). Au programme de la musique hermaphonique - ne me demandez pas de vous expliquer - et une découverte à faire pour les amateurs de douces mélopées.

Entrée 12/15€ (1 place achetée - 1 place offerte)
Le site web des Trois Baudets.

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Pepe Bradock - Confiote De Bits / A Remix Collection (2009)

Au même titre que Motorbass, Chateau Flight ou que son compère Ark (avec qui il officiait au sein de Trankilou dans les 90’s), Julien Auger alias Pépé Bradock fait partie de cette génération de DJ français qui a grandi avec le hip-hop et découvert la house et la techno au moment où émergeait un mouvement rave français. Pas franchement passionné par ce que l’on appelait la french touch, cet ancien guitariste jazz-funk a tout de même signé, en 1999, un énorme hit underground avec “Deep Burnt”, l’un de ces tracks dont on ne peut se lasser, avec son sample de Freddie Hubbard et ce mélange de tragédie et de joie intense qui caractérise souvent les morceaux importants. Créateur et patron du label Atavisme, Pépé ne se cantonne pas à la house et multiplie les maxis expérimentaux et les incursions dans l’afro-soul ou le broken beat, en gardant toujours un pied sur le dancefloor.

Comme DJ Koze il y a quelque mois, le très rare vétéran frenchie nous fait le coup de la rétrospective de remixes, et l’objet hérite du titre loufoque de Confiote de Bits. Remarquez, après le St Glin-Glin EP, Escalope de Dingue, Un Pépé en Or ou encore 6 Millions Pintades, il n’y a franchement pas de quoi être surpris ! Cette collection de 18 remixes, éditée par les Britanniques de BBE, couvre les douze dernières années d’activité du Pépé et s’ouvre avec l’une de ses relectures les plus monumentales, celle de "Mouth", du duo chicagoan Iz & Diz, sortie en 2002. “Aucun son électronique n’a été utilisé pour ce remix, juste des sons humains traités digitalement”, précisaient à l’époque les liner notes du maxi. Difficile de ne pas penser à Matthew Herbert à l’écoute de cette superposition de micro-samples vocaux au rendu ultra-soulful, qui s’achève par un improbable solo de kazoo. Pépé utilise le même procédé pour le moins impressionnant et plus éthéré “Love Vibe” des mêmes Iz & Diz.


L’un des plaisirs de cette compilation est de retrouver quelques belles pages de l'histoire de la musique électronique hexagonale, comme “Discobole” (1997), premier track né de l’association de Gilb’R et I:Cube sous le nom de Chateau Flight. Un morceau de disco-house filtrée encore très connoté “french touch”, tout comme le “Venus”, de Cheek (alias Gilb’R), dont nous est ici donnée une version funky et décapante. La house vocale et sexy de “Sense of Danger” et “I Am Falling" de Charles Webster, même dans les mains expertes de Pépé, a en revanche quelque peu vieilli. Ce qui ne l’empêchera pas de ravir les amateurs de sons new-yorkais à la Strictly House ou King Street.

Dans un registre plus chill, les relectures de Roy Ayers ou d’Alex Gopher se démarquent nettement, la première grâce à ses somptueuses cordes et son mille-feuilles percussif, la seconde par sa batterie jazzy et ses nappes atmosphériques, qui évoquent certaines prods de chez Ninja Tune. Enfin, comment ne pas considérer le remix de Cesaria Evora comme l’un des sommets de cette collection, avec ses handclaps légers et ses petites pointes de synthé acidulées ? Parmi les autres artistes revisités figurent Pete Namlook, Incognito ou International Pony (il manque juste la version de “Do Your Duty” de Candi Staton), mais j’en ai déjà trop dit... Les amateurs de house savent ce qu’il leur reste à faire !

A noter : les versions présentées ont été revues et corrigées par Bradock pour la sortie de la compilation. Aucune édition en vinyl n’est malheureusement prévue pour le moment.

En bref : la plupart des meilleurs remixes d’un flamboyant représentant de la house française, actif depuis plus de quinze ans. Un son unique, intemporel, gorgé de groove et de soul : la musique du Pépé reste fraîche comme une jouvencelle !



Iz & Diz - Mouth (Brad Peep’s Remix For Friends).mp3
Cesaria Evora - Angola (Bateau Ivre Rework by Pépé Bradock)

A lire aussi : section House

Le Myspace de Pépé Bradock
Le site de son label Atavisme
Le site de BBE

Juste pour le plaisir, LE classique de Pépé Bradock, "Deep Burnt" (1999)

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05 juillet 2009

Ghost - Freedom of thought (2009)

Comme le disait à juste titre Dave, le hip hop britannique ne traverse pas actuellement sa période la plus faste et prospère. Et à quelques exceptions près, le versant instrumental du genre n’est guère plus épargné que sa facette rap. Aussi voit-on notre plaisir décuplé lorsque, ponctuellement, un artiste parvient à se sortir de la nasse. Ainsi en est-il du producteur et Dj londonien Ghost. Après un premier disque extrêmement bien reçu – Seldom seen often heard en 2006 – le dénommé Simon Williamson récidive avec Freedom of thought, sorti il y a quelques mois sur le label rosbeef Breakin’ bread.

Avec ses plages instrumentales finement ciselées et variées, ses rap percutants aux délicieux accents brit’ et ses éclairs jazzy, Ghost ne met pas trois plombes à nous convaincre de la qualité de ses productions. Dj expérimenté et remixeur chevronné, souvent comparé à DJ Shadow ou J Dilla, le garçon a indéniablement plus d’une corde à son arc et a accumulé avec les années une bonne somme d’inspirations. Lignes de violons épiques, guitares wah wah à la coule, basses funky libineuses, arpèges de piano épurés, incursions de saxo ou de phases electronica, l’éventail est large et plutôt goûtu. Avec tout cela, il en devient difficile de distinguer un titre plutôt qu’un autre et l’on se laisse bercer par les sonorités feutrées et minutieusement sculptées du britannique, entrecoupées çà et là de titres rappés par ses camarades anglish Verb T, Finale ou Dubbledge.


Parmi les 18 titres en présence, on peut néanmoins retenir le morceau « Return journey », son vague à l’âme de piano et ses basses titanesques. La comparaison avec DJ Shadow prend ici tout son sens. En effet, les deux hommes semblent partager un même don pour tisser des ambiances abyssales et concocter de fluides mélodies sur fond de beat hip hop. L’orchestration est riche et d’une totale pureté. Ghost nous gratifie même d’un très rock et héroïque solo de guitare.

« Elevate » et sa coulée de sons digitaux féériques, peut donner une autre preuve de l’étendue du talent du garçon. Le blanc-bec Jehst s’en donne à cœur joie et fait résonner son rap british gouailleur – je ne me lasserai jamais de ce succulent accent - sur les lignes scintillantes et atmosphériques du Dj. La production est impeccable, c’est en plein dans le mille !

De nombreux titres, pour ne pas dire l’essentiel des titres, démontrent les qualités de composition du Britannique. Sans originalité démente et sans grain de folie il faut le concéder, il déroule un album plein, ambiancé et propice aux divagations, où la morgue de ses invités rappeurs le disputent à ses vapeurs musicales réglées comme des horloges.

En bref : Dans la catégorie des faiseurs de beat hip hop voilà un homme sur qui il faudra compter. Pour son deuxième album, le Londonien Ghost signe un disque dense à l’instrumentation pléthorique. Du beau boulot, à ne pas ignorer.




Le myspace de Ghost

Le site web de Breakin’ bread

A lire aussi : Speech Debelle – Speech therapy (2009)

Un mix de 30 minutes de Ghost ici.

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Sonic Youth - The Eternal (2009)

Sonic Youth le groupe, serait donc plus important que ses disques. A bien y réfléchir, ce pourrait être la formule idoine pour résumer la carrière atypique et parfois controversée du quatuor new-yorkais. Car finalement, y a-t-il dans la discographie foisonnante du combo bruitiste un disque, une période qui se détachent véritablement ? à tout le moins, l'album qui mettrait tout le monde d'accord ?

Les connoisseurs ont tendance à citer Daydream Nation (1988), album inécoutable s'il en est ; et pourquoi pas Sister, d'ailleurs, issu de la même époque (1987) ! Il y a aussi les adeptes de la période plus produite, plus léchée, qui inclut Goo (1990) et Dirty (1992), choix pertinent évidemment... pour ma part, j'avouerai une préférence pour Washing Machine (1995) et A Thousand Leaves (1998) ; on le voit, on n'en sort pas.

Alors pourquoi nous faire croire que cet album, le 16ème en studio, pourra être celui qui mettra tout le monde d'accord, au moment où Sonic Youth délaisse, après un long partenariat, la maison Geffen fourre-tout pour la plus indie-rock Matador de leurs camarades de jeu, les brillants Yo La Tengo ?

Parce qu'on en revient à un son plus carré, moins bêtement lo-fi, façon Goo ? Hmmm....pas suffisant ! Car si ce nouveau disque n'est pas moins bon (ou plus mauvais) que Murray Street (2002), Sonic Nurse (2004) et Rather Ripped (2006), les trois derniers albums avec Jim O'Rourke (qui a quitté le navire depuis), il n'a pas de quoi leur en remontrer non plus.

Car franchement, que nous apprend The Eternal ? Que Steve Shelley est un excellent batteur, c'est même le musicien le plus convaincant de la bande ; mais ça, on le savait déjà ! Il a le mérite de le prouver une fois encore sur "Sacred Trickster" et "Anti-Orgasm" qui ouvrent tous deux l'album sur les chapeaux de roue. Mais dès "Leaky Lifeboat", c'est la cata : on a droit à des "la-la-la" du couple Thurston/Kim qui, on s'en doute, feront moins date que ceux de Ira et Georgia (Yo La Tengo), comprendre qu'on les fredonnera moins volontiers sous la douche.

Alors, bien sûr, il y a la rythmique qui bastonne, les guitares qui cisaillent et s'entrecroisent sur des "Antenna" ou "No Way" qui doivent beaucoup aux chevauchées électriques du Crazy Horse du Loner ; mais enfin, il faut quand même s'envoyer un nombre de morceaux parfaitement anodins, quand ils ne sont pas pénibles ("Massage The History", soi-disant le sommet du disque, faudra qu'on m'explique !?) avant de tomber ENFIN sur une chanson mémorable, façon "Kool Thing", "The Diamond Sea", ou un "Karen Coltrane" d'antan, et c'est ce formidable "Walkin Blue" et son épatante mélodie binaire, que Lee Ranaldo (pas fou) s'octroie 

Et là Sonic Youth de rappeler, qu'au-delà du groupe arty prise de choux qu'il peut être aux yeux de ses détracteurs - voir à ce sujet l'article manquant de finesse du pourtant excellent Ungemuth dans le R&F # 503- il sait incarner aussi ce band humble qui, en oubliant de désaccorder ses guitares, compose des chansons pop parfaites. Fait d'armes devenu rare chez SY, et qui tend au syndrome slow hand : les anglophones onanistes comprendront.

En bref : pourquoi s'embêter à des formats de 4,5' bien écrits, et qui flattent l'oreille ? Quand on peut se complaire dans d'interminables morceaux où l'on s'écoute jammer sans direction? Tel pourrait être l'adage Sonic Youth. Qui, sans s'en référer au son, sait pourtant disposer d'un trio de compositeurs crédible.




le site, le Myspace

La video de "Sacred Trickster" :


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04 juillet 2009

DatA - Skywriter (2009)

Il y a des disques dont on attend peu de choses, tel était le cas du premier album de DatA. Certes, le Parisien avait fait amende honorable l'an passé avec Rapture, un très joli maxi façon flashdance, truffé de synthétiseurs et éminemment grisant. Mais qu'augurer de la fatidique épreuve du format long et de toutes les qualités qu'elle requiert ? A vrai dire, je voyais déjà venir au large le ratage et la galette irritante du fluokid éphémère – le pléonasme. Que nenni, le jeune homme s'en sort avec un certain brio et laisse entrevoir par moments quelques fulgurances de transe électronique rondement ficelées.

Presque sans surprise, on retrouve sur Skywriter tous les penchants musicaux du garçon entrevus sur ses précédentes productions, certains titres provenant par ailleurs directement de ses EP antérieurs. Les vannes des eighties sont grandes ouvertes, le déferlement de synthé est continu et les breaks de guitares électriques au rendez-vous – souvenez-vous du solo de “Rapture”. Mais il y a un peu plus chez ce DatA, une sorte d'effronterie et d'absence de complexe rendant ses compositions directes et réellement prenantes.

David Guillon, puisqu'il se nomme ainsi, oscille entre plages électro vocales groovy, “One in a million” par exemple, et tracks électroniques pures dans la droite ligne de ce qui a pu se faire en France depuis les incontournables Daft Punk jusqu'aux affreux Justice. “Nightmare” étant à ce titre la synthèse des influences de ces deux groupes repères. On en vient ainsi par moment à se dire qu'au final la veine n'était peut-être pas tarie par la nausée de basses séquelles engendrées depuis des années dans le sillage du duo versaillais. En effet, DatA tire son épingle du jeu et parvient à plusieurs reprises à nous faire décoller. Ce qui n'est déjà pas si mal pour un disque dont on n’attendait rien, vous en conviendrez.

Pour ce faire, il nous balance quelques très belles plages instrumentales – que je préfère nettement aux titres vocalisés – plutôt raffinées et envoûtantes. Pour ouvrir l’album, « Verdict » nous embarque dans une odyssée mélancolique entêtante introduite par quelques fines notes de piano classique et mise sur orbite par de pénétrants synthé moroderiens. Dans le même genre, « Renaissance theme » est tout aussi efficace et érectile. Le ton est ici plus héroïque et magistral mais l’ivresse synthétique est bien là. On notera par ailleurs le solo de guitare transi façon hard rock 90’s surgissant au milieu du titre.

Si l’on ajoute à cela un « Electric Fever » aux basses rebondissantes façon Mylo et une kyrielle de titres électro-pop bien foutus – « Skywriter » et « So much in love » notamment – on obtient au final un album plus qu’honorable qui nous poussera sans aucun doute à surveiller de près les prochains faits d’armes du jeune Parisien. To be continued…

En bref : Vous l’aurez compris, voilà un disque que l’on n’attendait guère mais qui se révèle une belle surprise. Certes pas révolutionnaire, DatA tient cependant la distance et nous réserve quelques envolées jouissives d’électro vintage. Amateurs de synthé 80’s, vous allez être servis…




Le myspace de DatA

A lire aussi : DatA – Rapture EP (2008)

L'album en streaming : DatA - Skywriter


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03 juillet 2009

The Young Gods - Only Heaven (1995)

A la sortie de ce 5ème LP, The Young Gods, trio suisse, qui a connu son heure de gloire indé avec The Young Gods (1989) et L'Eau Rouge (1991) notamment, est un peu dans l'impasse. Comment renouveler son fonds de commerce, poursuivre dans d'autres voies, sans pour autant renier ce son bruitiste métalleux qui a participé à son succès ?
Réponse : en adoucissant le tempo, et en courant le risque après quelques déflagrations soniques de premier ordre, d'arrondir les angles en proposant sur quelques plages ambient finement troussées, quelques unes des plus belles mélodies de sa discographie.

La première face sera donc résolument martelée, délivrée à grands coups de percus entrechoquantes, de refrains hurlés, de stridences ultra-sonores (les aiguës infernales de "Speed Of Night"), tandis qu'un "Strangel" métallurgique se sera abattu avec fracas sur les oreilles de l'écouteur maso mais consentant. Notons au passage cette propension au mot-valise ainsi qu'à la métaphore délicate , après le "She Rains" extrait de leur T.V Sky (1992).

Trance technoïde donc sur ces titres, qui ne donnent ni plus ni moins que dans du Young Gods classique et néanmoins très réussi, qui sait durcir le son sur le très long et -forcément- trippant "Moon Revolutions", soit un déluge obsédant de 16 minutes de rythmiques abrasives. Bowie qui avait sérieusement flashé sur le trio saura d'ailleurs s'en souvenir sur son diptyque techno Outside / Earthling.
Le gros oeuvre, continue en face B, mais à l'exception du colossal "Kissing The Sun", devenu par la force de l'évidence un titre de bravoure live, -déjà cette déclaration d'intention, après le kiss the sky d'Hendrix - toute la musique va désormais lorgner du côté de l'ambient pop plus posé d'un Eno.

Preuve en sera donnée quelques mois plus tard avec un album de remixes, pertinemment intitulé Heaven Deconstruction. Et on ne saurait être plus clair sur le contenu incroyablement planant de cet avatar. Ainsi, "The Dreamhouse", qui est construit sur un tempo aquatique constitue-t-il l'idéal contrepoint à la furie de "Kissing The Sun" : vocaux d'abord murmurés, ambiance sourde qui grandit jusqu'à l'éruption finale. "Lointaine" et ses volutes ambient poursuit sur cette option rassérénée, avec toujours ces lyrics faits d'étrangeté, ("Lointaine/Où étions-nous ?/ Quand la vie se fit belle"). Le calme après la tempête. Le dernier titre est d'ailleurs remarquable en ce qu'il imprime cette accalmie bienfaitrice au disque et redéfinit avec bonheur une orientation acoustique qu'on ne connaissait guère chez les Young Gods : c'est la très belle ballade "Child In The Tree", que l'on peut jouer, guitare en main et sans artifice ; c'est assez rare pour être signalé, dans l'univers urbain et sombre du trio. Et au delà du timing sans faille destiné à clôturer l'album, c'est juste le paradis.

En bref : un disque de référence qui a influencé jusqu'à Bowie lui-même. Où de jeunes dieux pleins d'allant osent défier -et battre à plates coutures- Nine Inch Nails sur son terrain. De la poum-poum tchak aux mélodies non dénuées de classe. Un classique.




le site off, le Myspace

"Kissing The Sun":



"Lointaine":



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02 juillet 2009

Anjali - The World Of Lady A (2003)

Anciennement activiste chez les Voodoo Queens, la sculpturale pakistanaise, DJ de son état, et un temps go-go dancer chez les Cramps, livrait en 2003 son deuxième LP. Sous une très jolie pochette chamarée, die-cut sleeve s'il vous plait, et dont le médaillon offre les courbes enchanteresses de la miss sous une robe de mère Noël que l'on devine très accorte.

Bref, cette musicienne adepte des sons vintage offre dans ce disque là un savant cocktail d'hymnes à danser, sous une rythmique louchant vers le trip-hop, mais qui n'ignore en vérité rien des hymnes easy listening les plus langoureux des meilleurs scores seventies. Guitares réverbérées en diable limite surf, soupirs alanguis, sitars invitant au jerk le plus torride ("Stinging Sitars X 9" la bien nommée, offerte en sus de l'album), et la charmante voix de tête de Anjali qui évoque de loin une Beth Gibbons qui aurait enfin décidé d'être expressive. Avec "Turn It On", on a également à faire à un autre instrumental tonitruant qu'on eût tout aussi bien pu trouver chez un John Barry ou un Lalo Schiffrin millésimés.

La reverb claque particulièrement dès les premières intros du disque, on pense bien évidemment à "Misty Canyon" et à l'irrésistible "Asian Provocateur" (quel titre !) sous fond de bidouillage de bruits de jouets. Quant au single "Seven X Eight", les anglais le qualifieront d' "infectious"- tant il y a quelque chose de contagieux dans cette mélodie tourbillonnante. Mais tous les titres ne sont pas aussi endiablés.

Et de fait, les titres plus doux, mélanges d'exotisme et de groove ("A Humble Girl", "Sati") soutiennent moins la comparaison, même si le dulcimer mélancolique de "Hymn To The Sun", qui n'est pas sans évoquer le classique "The Persuaders" de Barry accroche sans forcer.
Ainsi, la très cheesy "Rainy Day" est une invitation à un corps à corps... moite, langoureux à souhait. Ou défi est lancé à tout mâle digne de ce nom, de rester de marbre face à cette avalanche de synthés dégoulinants et ces râles implorés de la belle.

De tout ce florilège où le passable ne le dispute que très rarement à l'excellent, l'un des peaks demeure sans conteste "Ain't No Friend" (tu parles, on va te croire !) qui résume assez bien à elle seule le son du disque, sexy, vaporeux et groovy.
Las, alors qu'un nouvel album enjôleur était annoncé en fin de décennie OO, le successeur de The World Of Lady A resterait lettre morte.

Nous reste cependant ce miracle de féminité susurrée qui, sous un enrobage de rythmiques des plus sexy, fait la part belle aux ambiances instrus vintage. Il y a là l'esprit mutin des plus aventureuses des égéries 60's, le tout sous une production circa Bristol early eighties. Savoureux.

En bref : le disque soul acid parfait qui émane d'une ex go-go girl musicienne. Sexy moite et envoûtant.




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Speech Debelle - Speech Therapy (2009)

Voilà peut-être l’album qui va relancer le hip-hop britannique, qui à quelques exceptions près (Roots Manuva, The Streets...), n’est pas dans la période la plus prolifique, ni la plus faste de son histoire. A 26 ans, Speech Debelle livre un premier disque en forme de journal intime qui détonne fortement dans l’univers égotrippé et bling-bling du hip-hop. Et s’il est rare de parler d’humilité et de douceur au sujet d’un artiste du genre, la rappeuse de South London mérite largement ces qualificatifs. Dès les premières notes de guitare acoustique de “Searching”, il ne fait aucun doute que nous tenons là un album particulièrement atypique.

Il faut chercher du côté de Roots Manuva (présent sur “Wheels In Motion”) ou The Herbaliser pour trouver des albums comparables - et encore ! Des instrus très travaillés, sans aucun sample, des ambiances variant de la pop au jazz en passant par le dub, beaucoup de cuivres et de cordes : l’Australien Wayne Lotek a fourni à la jeune femme l’écrin parfait pour ses textes à fleur de peau et son flow léger et articulé. Le piano électrique et les touches d’orgue de “Daddy’s Little Girl” accentuent encore la force émotionnelle de ce titre où Speech Debelle évoque la douloureuse absence de son père. L’un des morceaux les plus poignants reste “Finish This Album”, qui fut le premier à être présenté à Big Dada avant signature. Elle y raconte, avec une sincérité désarmante, ses années de lutte pour faire produire Speech Therapy.

Mais les tracks les plus marquants, musicalement parlant, restent “The Key”, “Searching” et “Spinnin’”. Le premier, qui fait office de single, est une énorme bombe jazzy au parfum légèrement old-school, à laquelle clarinettes et contrebasse confèrent une atmosphère unique. “Searching”, qui ouvre l’album, mêle relents folk et beat saccadé, piano et cymbales pour un rendu ultra-intimiste, comme si la rappeuse nous chuchotait à l’oreille. Enfin, la “hip-pop song” “Spinnin’” (produit par Mike Lindsay de Tunng) se distingue par son refrain jubilatoire, entonné par un choeur enfantin - impossible de se l’enlever de la tête pendant des jours ! Signalons également la présence de Micachu, la valeur montante de la pop lo-fi, sur le très mélancolique “Better Days”. Quelques titres sont un peu en dessous du lot (“Bad Boy”, “Buddy Love”), mais globalement Speech Therapy est un très solide premier album, et Speech Debelle une magnifique découverte.

En bref : un premier essai hip-hop profondément atypique, flirtant avec la pop et le jazz, de la part d’une jeune britannique promise à un brillant avenir.



Speech Debelle - Spinnin.mp3

A lire aussi : Jazz Liberatorz - Fruit Of The Past (2009)

Le Myspace de Speech Debelle
Le site et le Myspace de Big Dada


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01 juillet 2009

Cymbals Eat Guitars - Why There Are Mountains (2009)

En voilà une belle surprise. Au paroxysme de l’indépendance puisque carrément autoproduit, ce jeune (la petite vingtaine) quartet en provenance une fois encore de New-York, Staten Island pour être plus précis, qui sans crier gare, livre l’un des plus beaux ouvrages de l’année. Un groupe, créé depuis 2005, d’abord en duo, pour des reprises sur le campus des meilleurs morceaux de Weezer, et maintenant pour le meilleur du rock indé. On ne va pas se le cacher, Pitchfork a bien entendu encensé l’objet (8.3 quand même) et c’est sous de bonnes augures qu’arrive ce premier album sorti fin 2008 de l’autre côté de l’Atlantique. Joseph d’Agostino (aussi connu comme Ferocious) le lead songwritteur et Matt Miller le batteur sont les deux heureux papas de cette troupe que l’on peut déjà surnommer CEG, et qui risque de vous surprendre par ses côtés imprévisibles.

Pas d’échauffement puisque les six minutes de "And the hazy sea" démarrent très fort. Grosse instrumentation, des voix déjà en furie, des breaks là où il faut, des passages doux, d’autres violents, tout ce qu’il faut en un titre pour résumer leur approche de la musique. Prenez la voix de "Some three", qui rappelle tellement celle de Stephen Malkmus, et ajoutez-y le côté branleur de ce même titre, et vous avez presque là un inédit de Pavement. Mais ce n’est pas tout. Parce qu’ "Indiana" ne ressemble déjà plus du tout à ça. Intro noisy (autre particularité du groupe), voix cristalline perdue dans les réverbs, petit piano Waltz, et un morceau qui explose à mi parcours en sunshine pop à la Flaming Lips (des débuts) avec cuivres Neutral Milk Hotel. De l’emphase oui, mais de l’emphase modeste.

Même "Cold spring" que l’on sent partir mou du genou trouve la force à mi-parcours de partir dans tous les sens, et même de proposer quelques soli. "Share" enchaîne sur un délire shoegaze calme en apparence mais là encore cuivres et cordes viennent relever la sauce au bout de quelques minutes un peu contemplatives. Passons l’interlude "What dogs sea" et "Wind phoenix" l’autre gros morceau de l’album s’engage. D’apparence exotique, il démontre à lui tout seul la beauté mélodique de ces morceaux. M’évoquant par moment les récents The Pain Of Being Pure At Heart, il se renverse également à 2’"30 dans un déluge de cordes électriques détraquées assez jouissives. Les deux derniers morceaux n’augmenteront pas le niveau déjà bien haut de l’ensemble. A noter qu’un nouvel Ep vient de sortir chez le label Transparent cette fois.

En bref : un tri sélectif parmi le meilleur de l’indé 90’s revisité à la sauce moderne par quelques potes de lycée qui s’y connaissent grave en mélodie et en exploits électriques.





A lire aussi : Pavement - Wowee Zowee (1995)

Le Myspace

"Some trees" pour le côté Pavement et "Wind phœnix" en live sur KEXP :


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