10 décembre 2010

Fred Neil - The Many Sides Of Fred Neil (1998)

Certaines de ses chansons, interprétées par d’autres, sont devenues de grands classiques, pourtant le nom de Fred Neil ne revient pas souvent quand il s’agit de citer les grands songwriters des années 1960. Et pour cause. Il aura fallu attendre presque trente ans pour que sa musique soit rééditée, en 1998. Trente années d’un oubli totalement incompréhensible pour ce crooner folk dont la splendide voix de baryton évoque un lointain ancêtre de Bill Callahan ou de Stuart Staples. Ce n’est qu’à la sortie de cette double compilation que le musicien fut redécouvert. A l’exception de son premier effort, Bleecker & Macdougal, l’objet regroupe à peu près toutes ses œuvres solo, à savoir l’ensemble de ses enregistrements pour Capitol : son album éponyme, les Sessions de 1967, un live et quelques inédits.

"Everybody’s Talkin’" reste, de loin, la chanson la plus célèbre de Fred Neil. Mais c’est dans une version miaulée par Harry Nilsson qu’elle sera immortalisée pour les besoins de la bande originale de Midnight Cowboy, de John Schlesinger. Celle de Neil est pourtant plus dépouillée, plus sombre, et infiniment plus touchante. Sa carrière aurait certainement été bien différente s’il avait été identifié comme l’auteur de ce tube indémodable, septième titre le plus joué en radio pendant trois décennies. Au lieu de ça, il connut un parcours accidenté, s'attacha à refuser tout compromis et finit par laisser tomber la musique, en 1971, pour aller s’occuper de la défense des dauphins en Floride, où il passa le restant de sa vie – "I’m going where the sun keeps shining through the pouring rain", disait la chanson.

"The Dolphins", c’est d’ailleurs le titre d’un autre classique du bonhomme, une chanson absolument magnifique dont le regretté Tim Buckley avait donné sa propre relecture. Bouillonnante, violente même sous sa douceur apparente, la voix de Neil – à tomber – y caresse de très fins arrangements de guitare vaguement influencés, on l’imagine, par la découverte des musiques indiennes et notamment de Ravi Shankar. "CynicrustpetefredJohn Raga," qui donne l’occasion au natif de Cleveland d’exprimer toute sa virtuosité sur sa 12 cordes, fut justement l’un des premiers raga enregistrés par un occidental.


D’abord chanteur dans une chorale gospel, Fred Neil débarque à New-York en 1958, cachetonne en tant que musicien de sessions, enregistre une poignée de singles et écrit des chansons pour Buddy Holly et Roy Orbison. Il écume les clubs de Greenwich Village comme le Café Wha ?, le Night Owl ou le Bitter End. C’est à cette époque qu’il offre à un certain Bob Dylan la possibilité de monter pour la première fois sur scène pour l’accompagner à l’harmonica – le Zimm reprendra plusieurs compositions de Neil dans les années qui suivront.

Il devient une star locale, adulée par toute une génération de musiciens, mais refuse le succès au moment où celui-ci s’offre à lui. Il décide de cesser de travailler, sauf en cas de besoin financier pressant. C’est ainsi qu’il refuse de chanter à Woodstock ou au Johnny Cash Show. Il ne produira plus aucun disque après le live Other Side Of This Life, paru en 1971. Presque toutes ses chansons, qu’elles relèvent du blues pur ou d’un certain psychédélisme qui commençait à faire fureur à New York en ce temps-là, expriment une pureté et une puissance émotionnelle vraiment particulières. J’ai un peu le même sentiment lorsque j’écoute Nick Drake. Celui d’une sensibilité tellement vive et exacerbée qu’elle n’en est presque plus humaine. Ecoutez "Green Rocky Road", "Felicity" ou n’importe laquelle de ses interprétations en concert, et vous saurez de quoi je parle. Dommage que le mot "légende" se soit vidé de son sens à force d'être utilisé à mauvais escient, car en ce qui concerne Fred Neil, il serait parfaitement justifié.

En bref : guitariste génial doté d’une incroyable voix de baryton, Fred Neil est surtout l’un des plus grands et des plus ignorés songwriters folk des années 1960, auteur des intemporels "Everybody’s Talkin’" et "The Dolphins", et de bien d’autres gemmes, toutes ou presque alignées sur cette double compilation.










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Gonjasufi - A Sufi And A Killer (2010)

Les terres désertiques ont toujours été le lieu où s’entrecroisent légendes et fantasmes mystiques. Le désert Mojave, quelque part au beau milieu du Nevada, n’y échappe pas ; y rencontrer un mirage au détour d’un chemin s’avérerait alors une expérience presque normale, bien que sûrement fantastique. Mais à présent, il est inutile d’aller si loin pour s’adonner à ce genre d’étrange expérience. En effet, un mirage s’est échappé de son désert pour s’offrir au monde, et s’exporter (presque) tout seul : Gonjasufi.

Repéré sur le morceau "testament" du second album de Flying Lotus, signé par le classieux label Warp, et soutenu par Mainframe et The Gaslamp Killer, voilà quelqu’un qui sait s’entourer. Cet homme, qui nous semble davantage sorti de nulle part, nous prend la main pour une visite d’un labyrinthe exotique, enfumé et divinement psychédélique. A Suffi and a Killer, sorti le 08 Mars 2010, peut presque être considéré comme une nouvelle drogue: agréable et déroutant, de part un irrésistible mystère, qui survit même au bout qu’une quarantaine d’écoutes (et plus) : une fois consommé, on ne peut s’en passer.

Sumach Ecks, de son vrai nom, se destinait d’abord au baseball avant une blessure qui le fit se tourner vers une nouvelle passion : le hip hop. Cependant, ces couches de sonorités tortueuses s’aventurent autre part, mélangeant des influences soul, rock, folk, et bien d’autres encore. L’album part donc dans de nombreuses directions. Ce réel désordre est à la fois son majeur atout, et sa supposée limite : le tout est d’apprécier de se perdre.

Les immenses dreads et la peau vieille contribuent à tracer la silhouette mystique du personnage. Mais c’est surtout le timbre de la voix particulier qu’on retiendra. Un ton plutôt rocailleux, qui nous transporte dans un voyage spatial, un tour culturel des ruines du monde, ou encore un road-trip temporel quelque peu magique. Talentueux, il réussit à nous hypnotiser dans une masse de sons justes et confus, à la fois extrêmement modernes et très anciens. Les morceaux sont courts, oscillant entre deux ou trois minutes. Cela détruit toute lassitude, et forme un ensemble d’enchevêtrements dynamiques. Si certaines chansons sont moins marquantes, "She Gone", "Ancestor", "Kobwebs", "Candylane" ou encore le single "Kowboys & Indians" sont de véritables gorgées de bonheur.

La musique de Gonjasufi parait intemporelle ; ce dernier fait reste à vérifier. Mais une chose est sûre, c’est l’une des meilleures découvertes de l’année. Une explosion de musiques, d’images, et d’identités, parfois dérangeantes, toujours surprenantes, formant un album fascinant et addictif, un tour du monde en une heure, et peu couteux.

En Bref : un talent, des influences, un entourage : une équation qui a largement portée ses fruits, pour un album enthousiaste d’imagination.




Le site et le Myspace

A noter : Gonjasufi sera aux Transmusicales de Rennes, le samedi 11 décembre. On pourra aussi y retrouver son copain The Gaslamp Killer (le même soir) et une foule d’autres noms qui donnent envie d’y être. Cet album est disponible en version remixée, sous le nom de The Caliphs Tea Party.

"DedNd" :



"Kobwebz" :


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09 décembre 2010

Concours - Gang Of Four en concert au Trabendo le 18/03/11, places à gagner


On peut parler d’un événement. Les icônes anglaises du post punk Gang Of Four seront de retour en 2011 avec un nouvel album intitulé Content (sorti le 25 janvier) et une date exceptionnelle au Trabendo de Paris mi-mars. Les plus anciens d’entre nous connaissent l’influence sur toute la scène noisy qu’a pu avoir un disque comme Entertainment ! en 1979, et depuis leur réunion en 2004 (après la dissolution de 1984) la bande de Leeds continue à faire parler d’elle et de son rock viscéral.

A cette occasion, Dodb et Alias souhaitent vous faire gagner l’une des 4 places mises en jeu. Pour cela il suffit de répondre à la question suivante :

Citez un artiste chroniqué sur Dodb qui aurait pu être influencé par Gang Of Four ?

Et d’envoyer vos réponses avant le 10 février prochain à contact@desoreillesdansbabylone.com. Bonne chance à tous !

Le Myspace

Réserver sa place

Un petit live de "Damaged Goods" à Atlanta en 1980 :



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07 décembre 2010

Wombs - Unitopians (2010)

L'un des grands plaisirs de la vie, c’est celui de tomber par hasard -ou plutôt par chance- sur des perles musicales, des pièces authentiques qui sortent du commun, qui font vibrer oreilles, cœur et âme de par leur originalité, leur créativité, leur folie, leur "petit truc en plus". Bref, si vous êtes ici ,vous savez sûrement de quoi je parle. Cet immense plaisir, je l’ai eu en écoutant ce deuxième disque d'un groupe au nom quelque peu étrange : Wombs, qui a d'ailleurs posté toutes les chansons de ce chef-d'oeuvre en téléchargement gratuit ici, et dont j'ai trouvé la pochette à la fois amusante et intrigante. J’allais découvrir que l’album ne l’était pas moins.

L’entrée en matière est directement envoûtante avec "Topiary Living", morceau qui fait l’effet d’un envol en douceur, ou d’un voile qui se pose légèrement autour de vous, comme un cocon près à vous entourer d’un univers qu’on pressent déjà comme atypique, voir mystique. Cette chanson aérienne et mélodieuse, un peu déchirante, attise déjà notre sensibilité de même que notre curiosité.

C’est sur le morceau suivant que nous rencontrons la voix haut-perchée, parfois fluette, carrément étrange, du chanteur John Ryan Manning. Atypique, elle surprend et peut au début déranger : puis on s’habitue à ses différentes facettes et ses intenses nuances qui s’accordent extrêmement bien avec les autres instrumentations. "God is my copilot" commence par des sons calmes, minimalistes, feutrés. Puis, sans prévenir, elle part dans une montée fulgurante grâce à un cri déchirant sur une toile de fond qui paraît doucement s’énerver, avant que le calme ne revienne : c’est sur ce principe qu’est basée la plus grande partie de l’album, oscillant entre douceur et puissance, accélération et volupté.

Les mélodies sont fabuleusement bien construites, ordonnées et maîtrisées de façon pourtant simple, même dans ce qui ressemble à première écoute à des mouvements de foule désordonnés. Les instruments s’emboîtent pour créer un monde étrange et fantasque. Ils se déroulent en cascade, nous surprennent, paraissent s’amuser, généralement rejoints par des chœurs. Les rythmes s’enchevêtrent, se mêlent et se démêlent, dans un ensemble énigmatique, envoûtant, aux sonorités baroques.

Mais attention, il ne s’agit ni d’une musique prétentieuse, ni d'un groupe qui se prendrait trop au sérieux ; au contraire, on devine à travers cet album le bonheur de créer, de jouer et de se jouer de nous. Ecouter Unitopians c’est comme entrer sur une île pour rejoindre une grande et heureuse famille accompagnée d’êtres étranges, pourquoi pas mythologiques. Dans cette joyeuse bande on retrouve Jayon Gerycz, le batteur d'un non moins excellent groupe, Cloud Nothing.

"Cone bearing Trees" interpelle et se distingue des autres morceaux ; son intensité est telle qu’il mérite qu’on s’y attarde. Cette montée en puissance instrumentale est basée sur un violon énervé, durement conduit par Ana Vasquez, ininterrompu dans une course folle, accompagné d'une batterie dont le dynamisme n'a de cesse de s'accélérer. L’ensemble est enveloppé de mélodies aériennes qui donnent de la hauteur à la vitesse.

On finit par s’attacher à cet univers unique bien que court : l’album ne dure certes que 40 minutes, mais ce sont 40 minutes exposant un panel de diversité, un caractère atypique et de multiples facettes que l’on redécouvre à chaque écoute.

En bref : une joyeuse créativité pop dans un album ingénieux, l'une des perles de l’année -pourtant orpheline de label-, qui atterrit telle une boule de neige en or pour nous accompagner dans cette grise période hivernale.




Le Myspace

"Topiary Living", clip un peu étrange, par John Ryan Manning lui-même:



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Francis Inferno Orchestra - Meet Me In Salt Lake City (2010)

Déniché par hasard en traînant sur Soundcloud, "Meet Me In Salt Lake City" est l’un de ces morceaux sortis de nulle part qu’on est tout fier d’envoyer aux potes. Tellement simple et efficace qu’il pourrait presque en paraître naïf, c’est le premier disque du Francis Inferno Orchestra, pseudo un rien pompeux de l’ Australien Griffin James, 20 ans, déjà auteur d’une poignée d’edits disco assez savoureux pour des artistes de la scène locale. Mais c’est ici de deep-house ultra-académique qu’il s’agit, puisqu’on retrouve les inévitables claps, voix féminines, piano et grosse ligne de basse qui constituent l’ossature de la moitié des productions du genre. La magie tient ici à peu de choses : une mélodie pénétrante, une certaine fraîcheur, et beaucoup d’élégance dans l’assemblage des sons.

Bien sûr, aucun des deux remixes ne parvient à surclasser l’original. Je passe rapidement sur celui, orienté boogie-funk, du duo Soul Clap, qu’on a connu plus inspiré. Quant au Néerlandais Eddie C, il reste au plus près de l’original et y incorpore des percussions qui n’ajoutent pas un grand intérêt à l’affaire. L’autre bombe de l’EP, c’est donc "Me & You", en face B. Un brûlot disco midtempo qui rappelle les travaux de Walter Jones, The Revenge ou encore Mark E, avec basse slappée et samples vocaux en mode repeat. Dépêchez-vous de vous procurer cet EP, quelque chose me dit que les stocks ne seront pas éternels !

En bref : l’un des plus beaux tracks deep-house de l’année, signé par un petit gars de Melbourne dont on devrait beaucoup entendre parler en 2011.



Le Myspace et le Soundcloud du Francis Inferno Orchestra
Le Myspace, le site et le Soundcloud de l’excellent label Under The Shade



Meet Me in Salt Lake City (Original Mix) by Francis Inferno Orchestra


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06 décembre 2010

Clown & Sunset - Inès LP (2010)

2010 laissera probablement un bon souvenir à Nicolas Jaar. L’année aura suffi au jeune homme pour s’imposer parmi les producteurs les plus surveillés de la planète grâce à quelques brillants EP. Avant d’entamer 2011 avec Space Is Only Noise, son premier album à paraître sur Circus Company, le New Yorkais d’origine chilienne se paie le luxe d’une dernière sortie avec la première compilation de son propre label, Clown & Sunset, disponible uniquement en téléchargement et sur clé USB. Si l’on peut regretter ce snobisme digital, il est difficile de nier la qualité intrinsèque de l’objet, qui donne l’occasion de découvrir les deux artistes en devenir qui gravitent autour du prodige. Ou du moins, c’est ce qu’affirme le communiqué de presse.

On nous présente Nikita Quasim et Soul Keita comme de très talentueux nouveaux venus sur la scène électronique. La première serait d’origine russo-afghane, et âgée de 19 ans, le second aurait 17 ans ( !) et vivrait en Ethiopie. Moi je veux bien. Mais cette histoire a quelque chose de louche. D’abord, aucune information n’est disponible sur les deux musiciens, en dehors de celles, lapidaires, fournies par le label. Pas de photo, ni d’interview. Encore moins d’apparitions en live. Ensuite, les productions des deux prétendues signatures de Clown & Sunset sont tellement proches de celles de son fondateur lui-même que, selon moi, la supercherie est évidente : Nicolas Jaar est le seul et unique auteur de cette compilation. Quasim et Keita n’existent pas. De nombreux sites sont pourtant tombés dans le panneau, y compris le très influent Resident Advisor…

En dehors du plaisir de berner quelques critiques peu attentifs, pourquoi s’inventer ainsi deux alter-égos ? Simplement pour distinguer les différentes facettes de son travail. Sous le nom de Soul Keita, il développe son obsession déjà bien connue pour l’éthio-jazz, comme le montre le final de "Dusties N 808", qui marie un beat hip-hop à un solo de saxophone rappelant fortement Mulatu Astatke. En tant que Nikita Quasim, il propose des sons plus délicats, évanescents… la fameuse « touche de féminité » du métrosexuel, en somme. Mais impossible d’être dupe, sa patte est bien là, sur tous les titres : piano omniprésent, mélodies mélancoliques jouées à une main, textures granuleuses et aquatiques, jeu permanent sur le silence et les décalages rythmiques… Ceux qui connaissent Jaar, et notamment son récent Marks & Angles, s’y retrouveront facilement.

Les techniques de fabrication n’ont certes pas changé, mais le beat a encore ralenti. La plupart des tracks lorgnent vers l’ambient et sont agrémentés de dizaines de sons concrets : portes qui grincent, éboulis de pierres, crissements de gravier… Des ajouts qui n’ont rien de décoratif, mais participent à l’étrangeté et au côté organique de morceaux comme "Goin’ Bad" ou le très fin "Dubliners". Le LP offre aussi des moments plus groovy, comme le petit bijou broken beat "Love You Gotta Lose Again", déjà entendu début octobre sur le 10’’ du même nom. Nicolas Jaar conclut donc en beauté cette année exceptionnelle, même si l’on devine qu’il garde ses meilleures cartouches pour l’album.

En bref : Nicolas Jaar trompe son monde avec cette vraie-fausse compilation dont il est sans doute l’unique auteur. Au menu, dix plages downtempo obsédantes, imprégnées d’éthio-jazz, de soul et de hip-hop. Idéal pour patienter jusqu’à février et la sortie de son premier album.



Le site et le blog de Clown & Sunset
Le site et le Myspace de Nicolas Jaar
Sa sélection pour la radio Beats In Space, avec quelques inédits

A lire aussi : N. Jaar - Time For Us (2010) et N. Jaar - Marks & Angles (2010)





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05 décembre 2010

Bang Gang - Ghosts From The Past (2008), album à gagner


Il n’y a pas de mal à avoir la mémoire courte. Chacun fait ce qu’il peut. Aussi quand on prend le temps de se poser et de regarder derrière soi on se souvient de très bons disques. Ghosts From The Past, troisième album de l’Islandais Bardi johannsson sorti en 2008, fait parti de ces albums que l’on redécouvre avec une joie non dissimulée. Une pop fantomatique faîte d’idées noires retranscrites en lumière par des orchestrations on ne peut plus classieuses. Si vous aviez oublié on vous conseille d’y revenir, vraiment !

Pour vous faciliter la tâche, Dodb vous propose de gagner l’un des 3 albums mis en jeu. Pour ce faire il suffit de répondre à la question suivante :

Citez un autre disque d’origine islandaise déjà chroniqué sur Dodb ?

Et d’envoyer vos réponses avant le 5 janvier 2011 à contact@desoreillesdansbabylone.com avec vos coordonnées postales. Bonne chance à tous.

Pour le plaisir des yeux et des oreilles, "Ghosts from the past" et "The world is grey" :





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03 décembre 2010

The Tallest Man On Earth - Concert au Krakatoa de Bordeaux le 30/11/10


Le Suédois Jens Kristian Mattson alias l’homme le plus grand sur terre n’a pas du être surpris par le froid, lui il connait. En revanche il fallait de la motivation au sudiste que je suis pour ressortir à cette heure-là. Mais bon, avouons-le, rater le passage en terres bordelaises de l’énième successeur de Dylan eut été une grossière erreur de débutant. Sans prendre trop de risque, on peut saluer l’unanimité avec laquelle a été reçu son deuxième album The Wild Hunt cette année. A n’en pas douter il devrait même figurer à juste titre dans bon nombre de classements de fin d’année. Le chouchou de Pitchfork, récemment signé chez Dead Ocean, avait déjà emballé son monde en 2008 avec son excellent premier long, mais là c’est quand même la consécration. Personne ne peut le nier.

Sa première partie les habitués la connaissent, c’est la Suédoise également (bien qu’installé en France depuis 7 ans) Amanda Bergman alias Idiot Wind (nos lecteurs auront repéré là un fameux titre du Zim, encore). Seule avec son piano, toute timide et fragile, elle impressionne par son jeu de touches et par sa voix d’une délicatesse infinie. Le ton est posé, cette soirée va mettre à l’honneur les émotions et l’intimité.

Place au prétendu géant donc, et surtout à son armada de guitares. Il lui en faudra pas moins de quatre (sèches et électriques), toutes équipées de capot entre les 5èmes et 8èmes "frets", comme quoi on peut être le plus grand et avoir de petits bras. Jens il faut le dire est un amoureux de l’instrument. Il joue presque tout en "fingerpicking" avec un talent insolent, allant jusqu’à créer un morceau original rien qu’en s’accordant, ou même à jouer à une main. Et lorsque sur deux morceaux (dont un au rappel) il s’approprie le piano d’Amanda avec un air de ne pas y toucher, c’est pour mieux nous tirer les larmes dès les premières mesures. Après tout selon lui, le piano n’est qu’une étrange guitare.


C’est donc seul (je le pensais innocemment accompagné à l’écoute du disque) que Jens présente ses compositions minimalistes et épurées, non sans un certain sens de l’humour. Conscient de ne pas donner dans un registre très gai (des histoires tristes ou décalées), il n’hésite pas à jouer là-dessus, s’en excuser, et même rejouer une deuxième fois un même morceau sous une forme plus enjouée. Sa voix rocailleuse est somptueuse est beaucoup moins nasillarde que sur disque selon moi. Que ce soient "King of spain", "The gardener" ou encore "The wild hunt" (équitablement piochés dans la discographie du Monsieur), le Suédois au look Into The Wild joue un folk américain de très haute volée sans se montrer larmoyant de trop. Cerise sur le gâteau : ce duo intense en complicité (sensualité ?) avec Idiot Wind sur le titre "Thrown right at me". Pas une seule personne dans la salle ne semble être déçue. Tout le monde est tombé amoureux du charme et de la sincérité de The Tallest Man On Earth. Nous aussi.

Les Myspace de Idiot Wind et The Tallest Man On Earth

A lire aussi : Tindersticks - Concert au Krakatoa de Bordeaux le 07/02/09

"The wild hunt" :



"King of Spain" en live :



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01 décembre 2010

Tricky - Concert au Rocher de Palmer de Bordeaux le 27/11/10


La nouvelle salle bordelaise est pleine à craquer pour accueillir le Pape du trip hop en ce froid samedi soir de novembre. C’est bon signe. Pour ma part c’est une première, on m’en a beaucoup parlé (j’en ai entendu des vertes et des pas mûres), mais jamais je n’avais vu l’enfant terrible de Bristol en live. C’est chose faite. Et si mon impression a été bonne plutôt, voire carrément positive, j’ai cru comprendre que ça n’a pas été le cas de tout le monde. Tricky divise, c’est un fait, mais Tricky intrigue aussi. Que s’est-il donc passé ?

Bon, déjà, le concert commence à l’heure. A priori ça n’a pas toujours été le cas dans la carrière d’Adrian Thaws de son vrai nom. Deuxième constat sans importance : exit les dreads au profit d’un crâne tout chauve et luisant. Soit. Assagi le Tricky ? Peut-être. C’est en tout cas ce que l’on pourrait penser à l’écoute de ses deux derniers albums, dont le très court Mixed Race sorti cette année. Comme à son habitude, il passe une bonne moitié du concert dos au public à fumer des pétards (certainement ce qui a du en énerver certains) et c’est le plus souvent sa chanteuse italienne Francesca Belmont qui s’occupe de pousser la voix (fort belle d’ailleurs).

Sans aucun mot pour le public, Tricky compense finalement ses limites vocales par une présence scénique inexplicable. Stigmatisé par une vie d’artiste que l’on imagine mouvementée, le bonhomme semble imprévisible et prêt à péter un plomb à chaque instant. Mais non. Le set se déroule de manière cadrée, le son est excellent (une constante à Palmer), Tricky use et abuse de son micro à échos, et le backing band bien que peu expressif fait le taf. Tout comme Nickx l’avait vécu à l’Espace Julienne à Marseille, nous avons eu droit à une reprise débridée du "Ace Of Spades" avec invasion de scène par le public. Un moment assez jouissif même si certainement très calculé. Tricky s’arrêtera finalement au bout d’une heure et demie de concert pour aller tailler la bavette au bar avec les plus résistants. Et ça c’est sympa de sa part.

Le site officiel et le Myspace

A lire aussi : Tricky - Knowle West Boy (2008)

Le tout nouveau clip de "Ghetto Stars" :



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30 novembre 2010

Horror Inc. - Aurore (2010)

Tout, dans la trajectoire de Marc Leclair, semble traduire une volonté d’éviter le succès et de se faire le plus discret possible. Révélé sous le nom d’Akufen grâce à My Way (2002), l’un des albums électroniques les plus marquants de la décennie passée, le Montréalais n’a pas enchaîné les sorties et écumé les festivals comme beaucoup d’autres l’auraient fait. Après quelques maxis et un mix Fabric, il a délaissé la house pour emprunter une toute autre direction sur Musique pour trois femmes enceintes, admirable pièce d’ambient, en 2005. Et depuis, rien. Cinq grosses années de silence, probablement consacrées à la gestion de son label Musique risquée, et tout juste ponctuées par de très rares performances live.

C’est en catimini qu’Akufen fait aujourd’hui son retour sous un de ses anciens pseudos, Horror Inc. Trois titres, c’est a priori fort court après une si longue absence. Qu’importe, l’EP s’avère magistral de densité et de cohérence. "Aurore" débute comme un track lambda de tech-house, bourré de bleeps dissonants. Mais c’est évidemment une fausse piste. Très vite, des échos de guitare traversent l’espace sonore comme des fantômes, bientôt rejoints par des violons qui, à mesure qu’ils se chevauchent, forment un véritable orchestre. L’expert du collage n’a visiblement rien perdu de sa superbe, même s’il utilise des samples plus longs et moins nombreux que par le passé.

De l’"Aurore", le Canadien passe directement au "Crépuscule", qui prend les formes angoissantes d’un jazz boiteux, emmené par un piano glaçant et saupoudré de voix à la Burial. Un titre magnifique mais franchement cafardeux, à écouter à dose homéopathique. Ce n’est qu’après cette tranche de rigolade que résonnent les premiers carillons du titre le plus impressionnant de l’EP, "Dans La Nuit", qui s’étale sur plus de 11 minutes et se découpe en deux parties. La première, plutôt housey et dotée d’une ligne de basse ultra-funky, évoque Pantha Du Prince ou Four Tet. Puis le beat se dissout et laisse sa place à un piano, qui distille une mélodie inquiétante. C’est alors que le morceau bascule, par l’entremise d’une contrebasse dodue, en une sorte de be-bop hanté, sur lequel vient se greffer un éblouissant solo de trompette.

Horror. Inc et Akufen sur Myspace

En bref : le virtuose montréalais Marc Leclair revient après cinq ans d’absence avec trois titres aussi somptueux qu’angoissants, dont l’immense "Dans La Nuit", l’un des morceaux de l’année, entre jazz et house onirique. Indispensable.








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29 novembre 2010

Concours - Concert A Place To Bury Strangers à Bordeaux, places à gagner


Le jeudi 9 décembre prochain, les programmateurs d’Allez les filles font venir au BT59 LE groupe le plus bruyant de New-York pour un concert qui s’annonce d’ores et déjà d’anthologie. La bande d’Oliver Ackermann (un spécialise des effets guitaristiques taillés au millimètre) a déjà sorti deux Ep cette année (Ego Death et I Lived My Life To Stand In The ShadowOf Your Heart) et la recette reste inchangée : rythmiques tapageuses et riffs ultra saturés pour un mur du son qui se veut imposant mais pas tape à l’œil. Pour couronner le tout les Américains de Young Prisms seront de la (première) partie.

A cette occasion, Dodb et Allez les filles vous proposent de gagner 2 places pour ce concert. Pour cela il suffit de répondre à la question suivante :

Quel disque de 1989 chroniqué sur Dodb aurait pu influencer A Place To Bury Strangers ?

Et d’envoyer vos réponses avant le mardi 7 décembre au soir à contact@desoreillesdansbabylone.com. Bonne chance à tous.

Le Myspace du groupe

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"Ego death" :



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27 novembre 2010

Bee Gees - Odessa (1969)

C'était bien avant les pattes d'eph' et les cols pelle à tarte de l'ère disco. Au commencement, et comme tant de groupes britanniques avant eux, les Bee Gees donnaient dans l'orfèvrerie pop. Et qu'un exil aux antipodes les ait quelque peu fait oublier de leurs contemporains ne change rien à l'affaire. Voici en tout cas un cas pas loin d'être unique (Beach Boys inclus) de fratrie dorée et de musiciens à tout faire.

C'est d'abord au sein de leur pays d'accueil austral que les frères Gibb (Barry en lead plus guitare, Robin lead chevrotante et Maurice, basse, orgues, arrangements) accompagnés de deux connaissances locales (Vince Melouney à la guitare et Colin Petersen à la batterie) fourbirent leurs premières armes, avant que la notoriété ne les rattrape et les fasse s'exporter. Les années 60 pour la fratrie qui nous occupe, c'est une grosse poignée d'albums, dont au moins quatre d'entre eux, The Bee Gees 1st (1967), Horizontal et Idea, tous deux de 1968, et donc l'objet qui nous occupe, ne sauraient faire défaut à vos discothèques.

On peut parler d'objet à l'aune de cette magnifique pochette de velours -il n'y en a pas eu tant- rouge et doré, qui renferme ce double album, dernier fait d'armes d'une très grande année 1969 -peut-être la meilleure cuvée de tous les temps- et aussi, testament d'un lien fraternel qui va s'effriter et partir en live ; les deux "accompagnateurs" des Gibb en feront également les frais.
Odessa, faux concept-album à la gloire d'une cité oubliée -celle qui donne son titre à l'album- et par delà, ode à un modèle finissant incarné par l'empire anglais (à la façon du ....Village Green...des Kinks) est une superbe collection de chansons en forme de hit-parade des styles musicaux les plus divers et variés que l'on pouvait trouver au carrefour des 70's, au sein des meilleures écuries anglo-américaines. Du Beatles millésimé 67-69 et empreint de majesté ("Black Diamond", Melody Fair"), du Band pur jus '"Marley Purt Drive" voire country crin-crin ("Give Your Best") échappé d'un album des Byrds, de la pop cabaret irrésistible façon Kinks ("Whisper Whisper", "Suddenly"), des chorales empruntées à l'art Beach Boysien ("Edison", "I Laugh in your Face") ou bien ce magnifique "You'll Never See My Face Again" que n'auraient pas renié les Zombies.

La touch Bee Gees dans tout ça ? D'abord une capacité de synthèse, un songwriting au-dessus de tout soupçon, puis le mélange de timbres vocaux qui pourra en irriter certains, en particulier en ce qui concerne le falsetto bêlant de Robin, finalement pas si éloigné de celui d'Arthur Lee. Heureusement, Barry et sa voix plus grave et lennonienne viennent contrebalancer les envolées lyriques du plus frondeur des frères Gibb, Maurice harmonisant derrière et distillant des arrangements savants.
Quelquefois, l'expérience confine au cheesy sur certains titres vraiment très orchestrés et ampoulés ("Lamplight", Sound of Love"...), essentiellement sur le deuxième disque. "Lamplight sera d'ailleurs objet de discorde quant au choix de single réfuté par Barry, émanation de Robin et aboutira au départ de ce dernier. Provoquant la première fin des Bee Gees, à coup sûr celle de leur âge d'or.
Mais les inconditionnels de pop baroque le savent : les Bee Gees bien que moins cités que leurs congénères (voir les groupes précités) étaient de la race des grands et pas seulement de ceux que l'on trouve sur les dance-floors à facette. Ce 6ème album témoin de leur savoir-faire en est la preuve irréfutable.

En bref : un des très nombreux albums méconnus de la décennie triomphante à (re)découvrir. Pour qui ignorait que les frères Gibb étaient autre chose qu'une bande de gouapes fashion, l'écoute de ces compositions racées fera date.





Le site officiel et le Myspace

"Whisper Whisper" :



"You'll Never See My Face Again" :


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24 novembre 2010

The Rebels Of Tijuana - Where Did This Trip Go Wrong ? (2010)

Il s'agit là d'un album tout en paradoxes ! Difficile de savoir au bout de quelques écoutes si cet album est teinté d'originalité ou inspiré d'un bout à l'autre. Original, il l'est par sa position dans la carrière du groupe. Et oui, le côté yéyé et très frenchy de leur premier Ep est réduit à l'état de cendres ici. Des textes en anglais sont posés sur des mélodies rock'n'roll : ce qui pourrait paraître d'une banalité presque affligeante fait ici office de surprise, plutôt alléchante d'ailleurs. De plus, il ne s'agit que d'un interlude anglicisant avant un nouvel Ep en français. Neuf titres, plutôt long pour un interlude, non ?

Mais il faut dire que le temps passe vite avec les Rebels of Tijuana : un concentré d'énergie sur un rythme tapageur et l'on ne sent pas s'écouler ces neuf titres que déjà on relance l'album pour une nouvelle écoute. Autre phénomène intéressant, la facilité avec laquelle les paroles nous rentrent en tête. Ainsi, quelques écoutes suffisent pour chantonner "Johnny The Rat" toute la journée.

Et si l'on s'habitue si vite à la musique que produisent les Rebels of Tijuana, c'est que l'influence s'y fait sentir d'un bout à l'autre. Pour peu que l'on ne soit pas trop blasé, il est aisé de trouver ça délicieux et de se laisser porter par ces effluves de Brian Jonestown Massacre, The Coral ou Paul Weller. Ces influences ne sont pas moindres, et adaptées avec brio ; le tout surplombé par un timbre rauque duquel se dégage un accent bien de chez nous qui rappelle ce que nous sommes en train d'écouter : des Français qui contribuent à l'effervescence d'un rock made in France.

Alors au fil de cet album, on se laisse porter par des titres au potentiel rock flagrant ("Sweet Black Angie "- au milieu de laquelle est introduite un rythme façon The Doors - , "Hacienda" - qui fait office de coup de cœur sur ces neufs titres - ), parfois un peu trop connus de nos oreilles bercées par les classiques ("City Night Light" qui nous rappelle les Stooges) mais souvent rattrapés par des titres au potentiel affectif certain ("Blowing Away").

En bref : ce que les Rebels Of Tijuana font, d'un genre à l'autre, ils le font avec conviction et c'est surtout cela qui fait que l'on s'attache si vite à cet album influencé mais très bien mené.





Le Myspace

"Fire Till The Break of Dawn" :


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23 novembre 2010

Superpitcher - Kilimandjaro (2010)

Pour les plus pointus d’entre nous, l’allemand Aksel Schnaufler est qualifié de popeux de l’électro. Il n’empêche. Pour qui n’y connait rien, ou peu, en tech house allemande, ce disque est d’une infinie fraîcheur. Six ans se sont écoulés depuis son premier Lp de 2004 Here comes love (un titre purement pop) et personnellement je n’avais plus entendu parler de lui depuis son super side project Supermayer. Toujours chez Kompakt, le dandy blondinet livre un trip facile à vivre, mélancolique bien que réconfortant.

Après quelques gloussements d’oiseaux, le dub branleur "Voodoo" annonce la couleur. Un oreiller musical propice au chill qui ne peut qu’enchanter. Et puis un peu d’acide pop prend le pas. "Country boy" est tout aussi attachant. Sans crier gare, la grosse track du disque arrive quai n°3. Elle a pour nom "Rabbits in a hurry" et c’est un vrai labyrinthe qui n’est pas sans rappeler les Talking Heads, pour le coup bien passés à l’eau de Cologne. On est à peine redescendu lorsque la dance cotonneuse de "Friday night" fait son entrée. Encore une fois les effets pop sont nombreux, même si on prend sacrément des basses au casque.


Les deux titres suivants font presque office de pause. Mais Superpitcher ne vous laisse jamais bien longtemps sans substance et la lascivité du suavissime "Who stole the sun" vous plonge dans une transe immobile ambiance farniente les cocotiers en moins. Mon morceau favori reste encore à venir : "Black magic" ! De la soul moriconienne qui suspend temps et émotions le temps d’une boucle répétitive purement addictive.

En bref : à ceux qui disent que ce disque est chiant et sans saveur, je dis non. A ceux qui rentrent facilement dans cette électro bien allemande accessible et hédoniste, je dis oui !



La page de Superpitcher

"Black magic" et "Voodoo" :





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21 novembre 2010

Interview - Family Of The Year


Il en aura surpris plus d’un cet album. C’est sûr. Bien plus qu’un énième "collectif" folk périssable, la famille californienne de l’année a su se trouver un créneau musical qui lui va bien et qui nous nous enchante. Alors forcément on a voulu en savoir un peu plus. Chef de tribu sans l’être, Sebastian Keefe a bien voulu répondre aux questions de Nickx et ainsi nous dévoiler quelques scoops.

Question classique mais immanquable, quelles sont vos influences ?

Nous écoutons beaucoup de classiques : Bodb Dylan, George Harrison, Tom Petty, Joni Mitchell, mais aussi beaucoup de nouveaux trucs comme Kesha, Phoenix, Givers, Warpaint, Grizzly Bear, Hooray For Earth. C’est intéressant d’avoir une idée d’où se situe notre musique aujourd’hui.

Avez-vous du succès aux Etats-Unis ?

Et bien nous sommes assez fortunés pour avoir fait le tour du pays avec d’autres supers groupes, et à l’heure où nous parlons nous commençons à travailler sur un nouvel album. Jusqu’à présent nous avons été très bien reçus, et tous les encouragements de fans nous font nous sentir très chanceux. Donc oui, je trouve que nous avons du succès.

Votre groupe était-il un groupe de "campus" à la base ?

Non. Quelques uns d’entre nous se sont rencontrés à l’université, mais nous en avions déjà assez de la vie de campus lorsque nous avons créé le groupe.

Pourquoi votre album sort avec un packaging si différent en Europe ?

La version européenne de notre album comporte des chansons différentes de la version américaine donc nous avons pensé que ce serait une bonne idée de faire un artwork différent également. Tout simplement.

Quel est votre album de folk préféré de ces dix dernières années ?

Where The Humans Eat par Willy Mason, ainsi que son album suivant If The Ocean Gets Rough. C’est un ami proche, mais plus que tout c’est un excellent songwriter qui a beaucoup de sagesse à partager.


Etes-vous préparés à un succès massif ?

Nous l’espérons.

Avez-vous d’autres hobbies que la musique ?

James adore cuisiner. Joe aime jouer au foot. Christina aime faire du vélo. Et moi j’aime pêcher.

Etes-vous intéressés par la culture européenne, plus spécifiquement par la littérature ou le cinéma ?

L’histoire de l’Europe est très intéressante. Surtout celle des Romains et l’époque du moyen-âge. Joe aime aussi beaucoup la musique classique. Mais plus que tout nous sommes impatients de découvrir toutes ces villes historiques en tournée.

Que pensez-vous de la scène folk anglaise et mixte des années 70’s (Pentangle, Fairport Convention, Steeleye Span) ?

Honnêtement ces dernières années nous avons essentiellement écouté les grands classiques folk californiens. Joe et moi-même sommes de Wales et notre père ne nous a fait écouter de la folk anglaise que lorsque nous étions enfants.

Etes-vous électriques par choix, ou est-ce quelqu’un qui influence cette direction dans le groupe ?

Rien n’est vraiment fait exprès. Nous ne voulons pas paraître prétentieux, mais chez nous la musique sort naturellement sans effort de réflexion préalable. Des fois c’est affreux et des fois c’est très bon.

A lire aussi : Family Of The Year - Our Songbook (2010)

Le site officiel

Le tout nouveau clip de "Stupidland" :



Crédit Photo Steven Barston

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