09 mai 2007

Mark Murphy - Love is what stays (Henrik Schwarz remix) & Henrik Schwarz - Walk Music EP (2007)

Lors de mes emplettes à Paname le week-end dernier, je suis tombé sur deux excellents maxis de l'Allemand Henrik Schwarz. Deux disques très différents où s'expriment une fois encore la polyvalence et le talent de ce jeune producteur. Nouveau gourou de la deep-house à la teutonne, il avait déjà prouvé, fin 2006, avec sa contribution à la série de compiles DJ Kicks (!K7) qu'il voyait plus loin, plus large que l'électronique, jusqu'aux rivages argentés de la disco et aux îles bleues du jazz.

Il n'est donc pas surprenant de retrouver Henrik aux manettes d'un remix de Mark Murphy, légende américaine du jazz vocal des années 50 et 60, revenu en grâce l'année dernière avec un bel album sur Verve. Ce "Love is what stays (remix)", une perle de house jazzy, ne quitte plus ma platine. La voix suave de Mark Murphy se cale sur un beat pénétrant et une ligne de basse évoquant le hard-bop funky d'un Horace Silver. Mais l'originalité essentielle du morceau, dans sa version album (présente en face B), c'est la présence de l'orchestre symphonique de Berlin, transformé pour l'occasion en big-band Gershwinien. Menés par un piano solo, hautbois, clarinettes et violons remplacent donc saxophones et trompettes. Ces parties symphoniques, Schwarz les utilise avec parcimonie dans son remix. Il les espace au maximum pour en faire, au-delà de leur puissance mélodique, des éléments rythmiques structurants. Un travail totalement accessible et dansant bien que d'une érudition imposante.




Daté du 26 mars, "Walk Music" est moins jazzy, mais tout aussi fin. Une voix inhumaine, vraisemblablement enregistrée à l'envers, ponctue un morceau psychotique, voire complètement obsédant. Henrik Schwarz, toujours dans la retenue, éparpille des micro-samples de violons et de courtes nappes synthétiques, multiplie les va-et-vient rythmiques et les répétitions maniaques. Sur l'autre face, on retrouve la version "2003" du titre, où les violons s'effacent et la basse prend le dessus. Il s'agit d'une version live retouchée en studio, plus proche du son primitif du titre. Les aficionados des beats saignants trouveront donc leur bonheur en b-side. Les autres, les rêveurs impénitents en particulier, préféreront sans doute la mouture "2007" pour alimenter leurs très riches heures de scotche raffiné.



La page myspace d'Henrick Schwarz



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Philippe Carles, Jean-Louis Comolli, Free jazz black power (1971)

“Je pense qu'en Amérique les Noirs font preuve d'un don particulier dès qu'il s'agit d'exprimer leur propre conviction par l'intermédiaire de la musique. La plupart des Blancs ont plutôt tendance à considérer qu'il est indigne d'eux de montrer leurs souffrances, de montrer simplement tout ce qui touche aux sentiments et non à la technique... C'est pourquoi, à mon avis, l'homme noir a développé dans le domaine de la musique ce que l'homme blanc appelle jazz. Et je pense qu'à l'origine ce mot a été utilisé pour désigner une musique que l'homme blanc juge inférieure”

- Ornette Coleman -

Ni une nouveauté, ni une originalité. Plutôt un classique du genre. Free jazz black power démêle avec clarté les noeuds du free jazz et du militantisme black des fifties-sixties. Un bouquin passionnant et pédagogique, qui dépasse le cadre de la micro-histoire.


Philippe Carles est aujourd'hui rédacteur en chef de Jazz magazine et producteur à France Culture. Jean-Louis Comolli exerce sa plume dans les Cahiers du cinéma et Jazz Magazine, entre autres. Plutôt bien installés les bonhommes. Avant d'en arriver là, les deux comparses, quand ils avaient les cheveux longs et le joint à la bouche (!), faisaient chauffer leurs tourne-disques aux sonorités du jazz américain. Des grands noms à la pelle et une culture musicale déjà tatillonne. Leur collaboration, pour ce livre écrit à Paris en 1971, est oeuvre de passionnés. Finement documentée et soignée dans le style, elle marche dans les pas du critique américain Leroi Jones (plus tard Amir Baraka) et de son Blues People. A savoir, une vraie analyse du mouvement free. De sa portée politique, revendicative.


Les deux auteurs remontent aux work songs, chants des esclaves, pour établir une généalogie du free jazz. Même si, pour eux, le jazz a toujours été free, et les années 60 simplement une cristallisation de cette qualité, de ce désir/combat pour l'émancipation. Musique de lutte, d'indépendance, le jazz, et sa déclinaison free, sont mis en miroir du mouvement Black. A l'époque les black étaient panthers. En dépit d'une grille de lecture marxiste, l'ouvrage ne perd pas, plus de trente ans après, son acuité et sa précision. Etayé par de nombreuses déclarations et témoignages d'artistes. Archie Shepp et Ornette Coleman en tête. La mise en cause de l'oppression culturelle blanche domine le discours, acerbe et argumentée. Sérieux.


En somme, un classique à ne pas bouder, dense et partisan. Une critique de la société ségrégationniste américaine et de l'emprise de la critique blanche sur le monde du jazz de l'époque... La rencontre entre musique, histoire et luttes sociales. Un essai politique fin plus qu'une exégèse musicale hermétique et datée.

Carles (Philippe), Comolli (Jean-Louis), Free jazz black power, Paris, Gallimard (Folio), 1971, réédition 2003, 435 pages.

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08 mai 2007

Radicalfashion - Odori (2007)

Curieux objet que nous propose le petit label électro de Chicago, Hefty records. Odori, projet du pianiste japonais Hirohito Ihara, nous convie à une ballade aquatique ultra-sensorielle. La rencontre d'Erik Satie et d'une électro organique. Pour nous accueillir, quelques gouttes d'eau enfantent dans leur chute d'un écho métallique. Et se font de plus en plus denses. Mes pieds sont déjà dans l'eau. Ni radical, ni fashion, Hirohito Ihara se met au travail au piano, en fan avoué de Ravel. D'une douce mélancolie. De rares grésillements électroniques se superposent. La piano reste à l'honneur.

Avec la complicité du compositeur américain Carl Stone, sur les titres “Thousand” et “Usunibi”, le vague devient plus expérimentale. Musiques électronique et classique se tutoient, communiquent. Le piano s'évapore. Instant d'apnée dans les profondeurs. Je nage. Et curieusement vole l'instant d'après. Porté, transporté par la musique.

Ihara crée les ambiances les unes après les autres. Véritable peintre sonore impressionniste. Des voix samplées se font leur place dans “Shunpoudoh” pour nous surprendre d'un rythme cahotant. Sur “Photo dynasmo” la partie vocale est plus fantomatique et évasive. Nous entraînant dans des brouillards et des vapeurs hasardeux. Une forêt embrumée. J'erre dans un monde mystérieux, dont les intonations m'évoquent la couverture glaciale de l'album Last resort du danois Trentemoller.

L'accouplement d'un jeu de piano classique et de sonorités électroniques audacieuses est parfait, synbiotique. Hirohito Ihara nous berce, nous fait disparaître, nous rend vulnérable, nous égare. Dans une nimbe de fluides. La balade s'achève avec “Mask”, dernière plongée dans les profondeurs qui voit la mélancolie du japonais se distinguer à nouveau. Beau, doux et vibrant. Cocoonesque.


Un disque poétique d'électronica impressionniste. Bruitisme et sons concrets épousent les envolées lyriques du piano d'Hirohito Ihara avec sensibilité et justesse. Tout simplement merveilleux. A écouter dans votre bulle.









Pour faire un peu de promo à la très surprenante maison chicagoanne Hefty, je vous invite à jeter une oreille dans le très ambiancé Arriving at night, du jeune australien Victor Bermon. Plutôt soigné.


Radicalfashion






Hefty records






Victor Bermon
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06 mai 2007

My brightest diamond - Bring me the workhouse (2006)

Une fois n’est pas coutume pour un premier album, Bring me the workhouse touche directement là où ça fait mal. Shara Worden de son vrai nom est une américaine pure souche, membre quasi permanent de l’équipe de Sufjan Stevens mais surtout issue d’une famille de musicos de première catégorie. Cet étrange mélange d’une éducation musicale nourrie au biberon de la formation classique et à la bière du rock indépendant accouche ici d’un disque qui parle à l’âme au travers de titres hors du temps et des modes.

Avec classe, ce petit bout de femme fait preuve d’une présence vocale et d’une inspiration époustouflante. C’est peut-être cela que l’on appelle le talent. Car c’est sa voix qui interpelle dès les premiers rugissements où on se croit à entendre ni plus ni moins qu’un Jeff Buckley réincarné en dame, avec toute sa grâce. A la fois introspection, confession et poème, BMTW nous récite des souvenirs d’enfance, des ambiances, des joies comme des peines. On y trouve le lyrisme d’une Beth Gibbons, la composition d’une Kate Bush, du Björk même.

Artiste au champs musical large, elle compose en même temps un quartet à cordes intitulé Thousand shark’s teeth et se livre cette année à l’exercice périlleux du remix de ses propres titres sur Tear it down que je n’ai pas encore eu la chance d’écouter. Désespérément folk et profondément moderne, BMTW a conquis critiques et public par ses rythmes lancinants et addictifs. Aucune chance que vous ne soyez pas séduits vous aussi.

Si Gone away vous embarquera très loin dans sa langueur passagère, Dragonfly lui emboîtera le pas. Changement de genre avec les hurlements cardiganiens de Freak out et surtout le brouillard magique qui plane sur Disappear. La tristesse assumée de The good and the bad guy devrait sincèrement vous achever et vous faire replonger pour de nombreuses autres écoutes, toutes plus enrichissantes les unes que les autres.




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05 mai 2007

Assassin – Académie mythique (2006)

Si vous aviez oublié que « dans le hip-hop y’a des gens concernés » - ce que je peux tout à fait comprendre, ayant moi-même la mémoire courte et une tendance à rejoindre les « déclinologues » du rap français -, si, donc, vous êtes des francorapophiles frustrés – n’ayons pas peur des néologismes -, je ne peux que vous conseiller de vous replonger dans la discographie d’Assassin. Ou le groupe qui a élevé le rap au niveau de la dissertation (ou l’inverse).

Et plutôt que de faire la chronique d’un des albums de ce groupe pionnier du rap hexagonal – je ne saurai lequel choisir -, remercions-les d’avoir mâché le travail avec Académie mythique, un best-of sorti l’année dernière et qui retrace, en 16 titres, une décennie de rap militant. De « Note mon nom sur ta liste » (1989) à « Au fond de mon cœur » (2000).

Mais surtout – et c’est là que je veux en venir – le CD est accompagné d’un DVD contenant video-clips et lives du groupe. En fait ce sont surtout les clips qui m’intéressent ici, et ce pour deux raisons : 1) ils sont carrément méconnus par rapport à ceux de NTM ou IAM (je ne parle pas de Diam’s, veuillez m’excuser…). 2) ils déchirent grave. C’est dit.

Ca commence avec « L’écologie : "Sauvons la planète !" » (1993). Outre le fait que Rockin’Squat et Solo y assènent des lyrics il est vrai indémodables mais avec tout de même quinze ans d’avance sur les politiques, le clip est franchement bloquant, alternant extraits en noir et blanc de rappeurs encapuchonnés gesticulant dans une cave, et images en couleur d’éléphants braconnés ou d’essais nucléaires. « L’homme [qui] organise sa destruction » est incarné par le visage bouffi d’un fumeur de cigare bagousé pouvant tout à la fois représenter « un monde […] préférant le profit » : la fumée envahit peu à peu l’écran autour du bout incandescent du cigare, tandis qu’une toux insistante se fait entendre.

On enchaîne avec « L’odyssée suit son cours » (1995), de loin mon préféré. Dans le tube cathodique, un Doctor L fardé – clown ou magicien ? – nous aspire dans le laboratoire de la folie : la caméra, malmenée, navigue dans un décor aseptisé où une faune grimaçante et détraquée s’agite autour d’un lit d’hôpital…

Dans « Shoota Babylone » (1996), le même Doctor L invite deux enfants dans un train fantôme, pour une plongée de trois minutes et demie dans les souterrains du monde moderne. Dédale parsemé de pièges et de tentations. Voyage initiatique autant que pédagogique : « Quand on parle de Babylone, on le prend comme symbole pour illustrer le monopole qu'exercent les structures dirigeantes en métropole, à l'égard des minorités qui forment une majorité sur ce globe. »

On ne s’attarde pas sur « Undaground Connexion » (1996), très bon titre en featuring avec Supernatural, mais dont le clip n’est pas à la hauteur. Passons directement à « Touche d’Espoir » (2000), réalisé par Jan Kounen (Doberman, mais aussi le très peu réussi Blueberry). Un anneau de lumière descend sur Paris : Rockin’Squat, rappeur « connecté au cosmique », se transforme en une panthère noire qui va déambuler dans la capitale, du Père-Lachaise à l’Assemblée nationale, en passant par les couloirs du métro où officient b-boys et graffeurs.

Enfin, l’efficace « Sérieux dans nos affaires » (2001) juxtapose images nocturnes en sépia et fragments de « plus de quinze ans de carrière, la justice nique toujours sa mère » : extraits de concerts, passages en studio et autres tournages de clips. Des mots tagués apparaissent à l’écran pour venir appuyer les lyrics.

Il y a bien aussi, en bonus, le clip d’un titre solo de Rockin’Squat (cela dit, est-ce qu’Assassin ce n’est pas déjà un peu Rockin’Squat en solo, depuis le départ de Solo, justement ?…) : mais ce « Libre » (2004) n’est pas au niveau des morceaux historiques du groupe, donc je m’arrête là.

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02 mai 2007

Pantha du Prince - This Bliss (2007)

Nous ne sommes qu'en mai. Pourtant j'ai déjà envie de considérer 2007 comme un grand cru dans le domaine des musiques électroniques. L'heure est à l'ouverture, après le rigorisme des années minimales. Non pas que le séduisant adage "less is more" ne soit plus d'actualité. Mais à la délicieuse répétition métronomique de la tech minimale, dont les Allemands sont rois, s'incorporent peu à peu les attributs de la techno dite émotionnelle, qui revient très fort alors qu'elle n'était plus qu'un cadavre il y a encore trois ans. Voici donc le retour des nappes profondes, des cordes et du lyrisme assumé!

Une nouvelle génération de dj's/producteurs incarne, souvent sans le savoir, ce mouvement qui s'affirme au fil de disques qui pourraient rapidement devenir des classiques. Hendrik Weber aka Pantha du Prince (aka Panthel...) est l'un d'eux. Mais lui sait où il va - le sait-il trop? Car monsieur est un intellectuel, qui n'hésite pas à citer Warhol et Beckett parmi ses principales influences. Sur son site perso, il est question de "romantisme digital". Or l'essence du romantisme de Baudelaire, Delacroix ou Chopin, c'est de se laisser submerger par les sensations, puis, grâce à une maîtrise irréprochable des moyens, d'ordonner et d'harmoniser ces vagues d'émotions... mettre de l'ordre dans son chaos intérieur, en somme. Tout au long de This Bliss perdure effectivement cette impression d'une musique qui s'échappe et se rattrape sans cesse. Bien sûr, ce n'est pas du Chopin... Loin s'en faut. Mais cet album, sorti chez Dial Records et distribué par l'inévitable Kompakt, scrute à sa façon les mêmes terres mélancoliques et les mêmes cieux opaques.

Si toute cette théorie vous irrite, contentez-vous de faire tourner votre platine et de confier votre cerveau à cette épopée druggy et comateuse, idéale pour les nuits insomniaques et les petits matins frissonnants. Laissez fondre votre cortex dans les basses rondes et distantes, les rythmiques heurtées et l'élégant psychédélisme d'Eisbaden et Moonstruck. Confrontez-le ensuite aux carillons mystiques de Walden 2. Si vos deux hémisphères en réclament encore, jetez-les dans l'abysse de Saturn Strobe, le meilleur titre de l'album, avec ses violons progressifs et orgasmiques. Avalez enfin quelques petites Seeds of Sleep en guise de somnifère. Et allez vous coucher, humilié et heureux: Pantha du Prince vous a vaincu.

En bref : l'album de nuit parfait pour les amateurs de musique électronique allemande.



www.panthaduprince.com
www.myspace.com/panthaduprince

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28 avril 2007

Slam - Azure EP (2007)

Décidément je mets l'Ecosse à l'honneur. Après Calvin Harris et Bert Jansch, et dans un registre bien différent, laissez-moi vous parler quelques instants de Slam. Et de leur nouvel EP, « Azure ».


Derrière le nom anodin se cachent un duo de djs originaires de Glasgow, Stuart McMillan et Orde Meikle, déjà grandes figures de l'électro britannique. Des pensionnaires de jolies maisons telles que la Fabric de Londres ou le Pressure de Glasgow. Auteurs de quelques bons titres pour le compte du label Soma, les deux bonhommes remettent le couvert avec « Azure », une évasion électronique en deux parties. Des nappes impressionnantes, un rythme obessionnel, le tout servi par un crescendo sonore volumineux. C'est envoûtant et grisant.
Le scotch (pour les initiés) pointe son nez très rapidement et l'envie de dodeliner de la tête le regard vide devient vite irrépressible. Appréciable et réglé au millimètre. Les amateurs du genre aimeront.
fab.

Pour vos yeux et vos oreilles, une vidéo (enregistrée au Pressure de Glasgow en février 2007) et le son "Azure" (Part 1 et 2).







Le site du label Soma : http://www.somarecords.com/
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Bert Jansch - Bert Jansch (1965)

Et encore une légende de la folk music. Moins connu du grand public que les Woody Guthrie, Bob Dylan et autres Pete Seeger, Bert Jansch n'en a pas moins marqué des générations de musiciens au fil de sa vingtaine d'albums studio. Jimmy Page (Led Zepellin), Nick Drake ou encore Neil Young figurent aux rangs des adeptes et héritiers du folk singer écossais. Pour le chanteur canadien, Jansch n'était pas moins que l'égal de Jimi Hendrix, version guitare acoustique. En somme, un virtuose.

Personnage kerouac-ien, Bert Jansch parcourt l'Europe au début des années soixante, de bars en bars, d'une gerbe nocturne à un concert improvisé, le sac et la guitare sur le dos. Lorsqu'il s'installe à Londres au milieu des sixties, la scène folk de la capitale anglaise est fleurissante. Très vite, il squatte les pubs de Soho pour quelques boeufs. Notamment le « Les cousins bar » de Greek Street pour des performances régulières. En journée, il profite de la ville et fait tourner quelques vynils sur sa platine. Ravi Shankar, Charlie Mingus ou encore John Coltrane.
Avec un ami ingénieur du son, dénommé Bill Leader, il enregistre quelques titres de son cru. Leur appart comme studio improvisé. La « tape » atterrit chez Atlantic records grâce à Bill qui la cède... contre 100 livres sterling. En un an, 150 000 copies de ce premier album sont écoulées. Bon coup pour Atlantic. Certains des titres sont aussi repris par des artistes pop, comme Donovan, et monopolisent la tête des charts britanniques.
Ce soudain succès commercial ne bouleverse pas Bert Jansch qui continue de se produire dans des rades et peaufine son répertoire folk. Notamment en compagnie de la chanteuse Anne Briggs ou du musicien John Renbourn, qui, au moment de leur rencontre, verse dans l'« early music », du 12e-16e siècles. Bert Jansch formera un groupe, Pentagle, qui tournera pendant cinq ans dans le monde entier. Il n'aura de cesse jusqu'à aujourd'hui de sortir des disques, monter sur scène et perpétuer une musique folk authentique, désabusée et désanchantée. Son premier album, réussite inattendue, est le témoignage du génie à l'oeuvre. Dans sa plus grande simplicité et pureté.
Le premier titre, « Strolling down the highway », invite dans le grand sud américain (pour donner un peu dans le cliché) à la rencontre d'un folk singer à la Pete Seeger. Un petit air à la limite de la country et la voix fragile du jeune Bert Jansch. La voix s'efface sur le deuxième morceau du disque et laisse place à la virtuosité du guitariste. La mélodie est lanscinante presque complaignante. Je m'y complaît sans hésitation. L'album alterne titres chantés et instrumentaux. Le tout dans la plus grande harmonie, loin d'éroder mon attention ou mon plaisir. Au contraire, l'album est remarquablement homogène et propice à une écoute intégrale.
S'enchaînent des titres d'une profonde mélancolie et d'une rare beauté. Je pense à « Do you hear me now? » ou « Rambling's gonna be the death », titre à l'entame dylanesque et à la complainte toujours lascive. On croise par moment des intonations de voix qui, sans aucun doute, ont largement influencées le chant de Jimmy Page. Dans ma réédition de l'album figurent deux bonus. Un medley instrumental tout bonnement magnifique et une version live en 1964 du titre « Angie », plus anecdotique.

Pour être laconique, je ne vous dirai que cela : amis du folk, écoutez ce disque immanquable.
fab.

Trois titres en libre-service :

"Needle of death" :


"Do you hear me now" :


"Instrumental medley" (1964) :


Le lien vers le site de Bert Jansch : http://www.bertjansch.com/

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27 avril 2007

Kraftwerk - Trans-Europe Express (1977)

Je vous en ai parlé et reparlé, saoulé certains aussi mais j'y reviens pour votre plus grand bonheur et celui de nos lecteurs.
Kraftwerk - Kraft Werk = Centrale Electrique - naît en Allemagne vers 1970 sous l'impulsion de 2 jeunes musiciens. La composition du groupe a varié à plusieurs reprises depuis sa création. Ceci est certainement dû aux longues périodes de travail qu'ils s'accordent dans leur "laboratoire" de Cologne comme ils aiment l'appeler.
La musique de leurs débuts s'apparente davantage à une aventure rock / pop expérimentale, commune à bon nombre de groupes allemands de l'époque, aventure qui prendra le nom de krautroc ou rock choucroute.

C'est avec l'apparition des boites à rythme, des synthétiseurs, l'implication de Francois Kevorkian et une motivation sans pareille que les jeunes de Kraftwerk s'ouvrent à la musique électronique. Cette touche technologique, qu'ils revendiquent ouvertement - par l'intermédiaire des "machines à produire des sons", ils amorcent la problématique de la place de la technologie dans notre univers humain/urbain - leur réussit puisqu'ils enchainent album sur album (Autobahn (1972) fait un véritable tabac, se placant très rapidement dans les charts du monde entier).
On raconte que Bowie passait des nuits entières défoncé au volant de sa Mercedes à parcourir les autoroutes allemandes ('autobahn') sur le fond sonore dudit album.
En 1977 parait Trans-Europe Express, mastodonte incontournable de la musique électronique - l'album apparaît toujours dans le top 50 des meilleurs albums de tous les temps.
La ballade débute par un magnifique élan crescendo "Europe Endless". Le rythme s'accompagne de chants et de sons d'instruments à corde distordus. Le principe est simple: un rythme, une mélodie, quelques paroles placées ici et là, le tout bien orchestré et soutenu. Europe Endless donne le ton de l'album, un brin "sacré" si vous me pardonnez l'expression; comme si la messe débutait. Hall of mirrors - sublime et hypnotique - s'impose, solennel avec un brillant départ au clavier vers la 5ième minute.
Que du bon dans cet album avec un époustouflant "Showroom Dummies" - traduisez mannequin de vitrine - en troisième position au rythme rapide et aux choeurs lanscinants. Le morceau atteint son apogée sonore -il vous crispe- avec ce grincant clavier vers la 3ième minute. Les paroles identitaires completent le message, clair: nous ne controlons pas tout, et certainement pas l'évolution technologique - cette longue et interminable chose en train de traverser l'Europe.
Trans-Europe Express occupe la place stratégique du milieu d'album. La formule est identique. Le solo aigu, strident, angoissant donne toute sa cohérence au morceau. Ce track est suivi par Metal on Metal, une tension continue et fatiguante qui s'incruste durablement dans votre esprit pour le plaisir. Le groupe rend finalement hommage à Franz Schubert avec un morceau soigné à la mélodie douce, aux sons tendres et harmonieux.

Pour moi, Kraftwerk a inventé et élevé la musique électronique au rang de musique à part entière, valant la peine d'être considérée.
Pour les sceptiques, le style est daté, ne vous arrétez pas à ça. Prenez quelques minutes, comme je l'ai fait, vous serez touché.


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Hocus Pocus - 73 Touches (2006)

Je me devais de faire une petite piqure de rappel pour tous ceux qui auraient survolé ou égaré ce disque. Je vais essayer de ne parler que du disque, sans a priori.
Un bon disque, rafraichissant. Un disque équilibré, sain, qui renouvelle à sa manière le paysage du rap français.

Les mélodies sonnent claires, sans abus de basses. Les paroles que les jeunes gars de Nantes déposent claquent. Ils sont bons, capables de changer de tonalité à tout instant, jouant de finesse et d'improvisation controlée. Un album comme un concert. Hocus Pocus évolue sur différents registres soul, hip hop, chanson. On apprécie notamment l'atmosphère jazzy de l'ensemble de l'album et les multiples collaborations avec des musiciens de tout ordre: violoncelle, guitare ("J'attends"...), et forcément piano etc.
Un léger scratch, utilisé avec justesse, teinte l'album d'une coloration réellement hip hop.
Les petits gars d'Hocus Pocus ne participent pas à la polémique rap. Ils font de la zic comme ils l'entendent, clamant et déclamant des paroles légères et personnelles. Les rimes percutent et interpellent. On est très vite pris au jeu. On attend la suite pour confirmer leur talent.
N'hésitez pas à laisser tourner le disque 2 ou 3 fois afin de vous imprégner.




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Clutch - From Beale street to Oblivion (2007)

Le vent souffle sur les prairies désertes du sud américain, une vache regarde passer les trains et soulever des tonnes de poussière rouge, le cow-boy du coin réajuste son couvre chef et continue tranquillement de mâcher sa chique, l’ambiance est posée. Cela faisait un bail que je n’avais pas été si agréablement surpris par un combo plutôt éloigné de mon terrain de prédilection. Je vous parle ici d’heavy rock psyché, du bon gros son qui tache, du stoner pur et dur.

Loin des foules et du succès, Clutch suit son petit bonhomme de chemin, 16 ans de carrière, 10 albums et plus de 2000 concerts que n’ont pas manqué de suivre une poignée de fans. Enfin pas des inconnus non plus, un bon million d’albums vendus et des tournées aux côtés de gros durs tels que Slayer, Sepultura ou encore System of a down. Pourtant le son des ptits gars issus du Maryland n’est pas aisé à qualifier. Indéniablement inspiré du psyché 70’s de Black Sabbath et du blues métal de ZZ Top, les arrangements approchent parfois de très près le funky jam (si si).

Mais revenons à nos moutons et autres vaches certainement pas à lait celles là. Pas très conciliants avec leurs maisons de disque précédentes, c’est cette fois ci Joe Baresi qui se colle à la production et le monsieur est dans son univers puisque déjà producteur des pouasseux Queen of the stone age. Il parvient à réunir ici sur une production parfaite ce qu’ont fait de mieux les Clutch au fil des albums, un son brut et propre, sobre et efficace, autour de riffs fiévreux et boogies à la fois. Sans fioritures, ça swingue, ça balance, ça slide et ça va même jusqu’à remplacer le traditionnel solo de guitare par l’harmonica local. Et l’utilisation du clavier 70’s de nous rappeler les racines psychés du rock stoner. Lynyrd Skynyrd n’en est que plus rassuré dans sa tombe. Puisque je vous le dis.

Pour le titre phare, Electric worry, je citerais Cyril Deluermoz de chez Rock and Folk qui à en croire ses allusions sait de quoi il parle : "Depuis les meilleurs titres des Georgia Satellites, des Del Fuegos et des Black Crowes, rarement un combo n’avait enregistré un morceau aussi énorme, combinant à la perfection un groove de vieux briscards du funk, un esprit bluesy échappé des juke joints du Mississippi profond et des riffs fondus dans les usines de Detroit ou de Chicago", rien que ça. Le reste de l’album, du même acabit, procure irrémédiablement l’envie d’hurler au et fort : Stone is not dead ! Et Clutch non plus.




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25 avril 2007

The Pale Fountains - Longshot for you love (1998)

Qu’évoquent les années 80 pour vous? Des synthés froids, des voix graves et plaintives, The Cure, New Order, Joy Division, la cold wave en somme. Une époque pas très marrante qui a pourtant connu la naissance de notre génération. C’est à ce moment là que 4 gars de Liverpool (ça vous rappelle quelque chose ?) emmenés par les frères Head ne trouvent rien de mieux que livrer une pop chatoyante, ensoleillée et, il faut dire, complètement anachronique. Les guitares sont légères, enveloppantes, exubérantes parfois, et sacrément volontaires. Autant dire que ça fait tache dans un paysage sonore plus occupé à écouter Sister of Mercy qu’une pop bossa nova jazzy. Incompris par leurs contemporains, les Pale Fountains craquent et sombrent dans la poudre blanche, presque classique.

Plus de 20 ans plus tard qu’en a t-on retenu ? 2 albums incontournables et cette compilation de faces B, singles et autres enregistrements publics généreusement éditée par Marina, label indépendant allemand. La reconnaissance arrive à point à qui sait attendre. Pour Michael Head et sa bande ce sera trop tard. Mélodies, orchestrations, cuivres, un véritable style personnel est présent, pas révolutionnaire, juste utopique et romantique. Très proche de Love et de ses élans de générosité tout en trompette, les titres choisis sont absolument parfaits. REM et Belle and Sebastian s’en seraient presque inspiré pour écrire leurs tubes raffinés.

Vous pouvez alors vous permettre d’écouter la discographie complète de ce groupe qui se résume à Pacific Street en 1984 (sublissime) et From the kitchen table en 1985 (plus travaillé). Bonus ici, des covers de John Barry (We have all the time), Burt Bacharah (Walk) et même Deniece Williams (Free). Essentiel pour le fan comme pour le néophyte curieux, ce pot pas si pourri que ça est un véritable secret caché de discothèque pop, une manière en quelque sorte de conjurer le sort des années 80.

Un titre à écouter, c’est bien sûr Thank you, le méga tube des Foutains, seul titre à avoir trouvé sa place dans le top 50 anglais, tout simplement parfait, presque un slow à la Pretenders embrassant la comédie musicale. Les mélodies si pop de The Norfolk hoads, Just a girl et Hey there Fred aussi. Enfin, le rythme entraînant de Palm of my hand, presque Elton John sur les bords, dans le bon sens du terme bien entendu. Que des tubes en fait.

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A lire aussi : The Damned - Strawberries (1982)

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Le clip de "Thank you", ultra kitch!! :



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24 avril 2007

Ridan - L'ange de mon démon (2007)

Plébiscité par la critique pour son premier album Le rêve ou la vie, Ridan, devait confirmer les excellentes impressions qu’il avait laissées avec des titres comme « L’agriculteur » ou « Partie de golfe ». Sorti fin mars 2007 L’Ange de mon démon renforce l’idée qu’un deuxième album est toujours plus difficile à construire et à structurer. Les mélodies à la guitare et au piano rappellent toujours Brassens et Renaud. La voix rauque, qui oscille entre rap et chanson, nous raconte toutes ces petites histoires du quotidien, attachantes, lancinantes et dérangeantes.

Ridan est né en 1975. Ses parents, originaires d’Algérie se sont installé en région parisienne où Nadir (Ridan à l’envers) a grandit entre poésie, rage et béton. Il se lance d’abord dans le rap et la production, il collabore notamment au disque 30 rappeurs contre la censure. Mais c’est avec une guitare acoustique et des paroles engagées qu’il affûte ses premières armes. Il raconte sa vie à fleur de bitume, l’intégration difficile, les flics, les souvenirs et les rêves et incarne les coups de gueule et de blues des jeunes. Il pose des mots durs sur une musique simple. La recette fonctionne et il est sacré en 2005 aux Victoires de la musique dans la catégorie « Album révélation de l’année ». Il vend par la suite 90.000 disques.

Pour son deuxième album Ridan continue dans la même veine. Des textes engagés, une rythmique simple qui s’est diversifiée et accélérée et une voix posée. Le début de l’album est très prometteur, très efficace. Avec « J’en peux plus » Ridan instaure les premières notes d’un dialogue qui dure jusqu’au milieu du disque mais qui malheureusement s’essouffle peu à peu après « Dans ma rue ».

Le single « Heureux qui comme Ulysse » fonctionne très bien et il devrait faire les beaux jours de France Inter mais c’est surtout avec des morceaux plus rythmés comme « Rentre chez toi » ou très calme comme « Dans ma rue » que Ridan montre tous son talent de cracheur de mots et de conteurs d’histoires. Ce deuxième album inégal, plus sombre que le premier reste très attirant même s’il faut de très nombreuses écoutes pour être entièrement charmé par toutes les chansons.


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21 avril 2007

Motorbass - Pansoul (1996)

Pansoul est un album nocturne. A son écoute montent les souvenirs émus d'escapades scintillantes sur les berges de la Seine. Les lumières défilent, orangées et jaunes vif, s'impriment dans la rétine au rythme d'une house surnaturelle. Les corps se délient, les têtes voyagent, moitié happées par la réalité urbaine, moitié emmitouflées dans une rêverie délectable. Ces instants bénis, nous les devons à deux ingénieurs du son Versaillais qui décident, en 1992, de se consacrer à la musique électronique après avoir vécu leur première rave. L'un s'appelle Philippe Cerboneschi, alias Zdar, et a déjà travaillé sur le premier album de MC Solaar. Il montera plus tard, avec Boombass, La Funk Mob, devenue Cassius. L'autre, Etienne de Crécy, s'est imposé comme un des producteurs français les plus adulés à travers le monde avec les deux volets du projet Superdiscount, son LP Tempovision et ses nombreux remixes.

A eux deux, ils forment Motorbass pour livrer un unique album, décisif pour la musique électronique française : Pansoul. Le nom de ce disque autoproduit traduit son ambition : une exploration exhaustive de l'électro soulful, nourrie de samples hip-hop et de basses bedonnantes. A sa sortie, en 1996, Pansoul n'est pressé qu'à 20000 exemplaires. Dès l'année suivante, il est introuvable. En 2003, enfin, Virgin le réédite, et les fans sevrés ont droit à un CD bonus incluant deux EPs des débuts, EP1 et Transphunk EP, plus quelques tracks à la coloration hip-hop.

La machine Motorbass démarre réellement avec Ezio, qui, d'abord épuré, gagne en profondeur grâce aux clochettes et autres harpes cristallines. Flying Fingers enchaîne avec ses scratches acérés, mais c'est selon moi à partir du quatrième titre, Les Ondes, que le moteur s'emballe. Neptune et Genius, notamment, déroulent une house classieuse version after. Wan Dence est plus daté, ainsi que Pariscyde, titre le plus brutal du disque et hommage aux Pharcyde, dont on peut entendre un court sample.

Pour beaucoup, Pansoul, sorti un an avant Homeworks, le premier album de Daftpunk, fut la pierre fondatrice de la "French Touch". Terme inepte pour un mouvement qui n'existe pas; une expression de journaliste, en résumé. Quel lien peut bien exister entre le groove de Motorbass et les symphonies romantiques et planantes d'Air ? Ils viennent tous de Versailles, certes. Mais en dehors de ça... Ici on ne rencontre pas - sauf sur Wan Dence - les boucles disco filtrées du sieur Alex Gopher ou les relents très 80s des Daftpunk. Plutôt une juste appropriation, "à la française", de la house made in Detroit. A (re)découvrir absolument.

En bref : la pierre inaugurale du mouvement house français des années 90.



News sur leurs travaux respectifs:
www.myspace.com/philippezdar
www.myspace.com/etiennedecrecy

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19 avril 2007

Superdog - Interview d'Yves Hecker

Au départ il y avait les Burpin Chicken, un trio emmené par Yves Hecker, animateur radio en herbe nourri à la brit pop. C’était il y a neuf ans et ça se passait en Alsace. Aujourd’hui en quator, et rebaptisé Superdog, leur deuxième album sort chez Warner et ils écument les salles de concert des deux côtés du Rhin. Première partie de Franz Ferdinand, des Servant ou encore de The Kooks. « Découverte » au Printemps de Bourges en 2005. Des lyrics en anglais et un son convaincant pour qui se sent l'âme pop. Pas mal tout ça en somme. L’occasion d’un exercice agréable pour un étudiant en journalisme. Mais aussi l’occasion de reparler industrie du disque et de pourfendre un peu les « majors » en compagnie d'Yves Hecker. Une petite interview audio donc. Et un enrobé en prime. C’est le mot, et je sais, ça fait très technique... Je laisse tout cela à votre candeur et à votre curiosité.
fab.

Interview intégrale :


Montage centré sur la signature de Superdog chez Warner :



Si le player ne marche pas, l'interview est stockée sur cette page : http://fabien.benoit3.club.fr/index.html
Pour la musique, c’est sur myspace que ça se passe : www.myspace.com/superdogmusic

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