09 juin 2009

Eels - Hombre Lobo, 12 Songs Of Desire (2009)

Un nouveau disque de Eels est toujours un événement en soi. D’abord parce que l’artiste mène son petit bonhomme de chemin depuis 1995 de manière assez irréprochable - c’est le fan qui parle - et ensuite parce que cela fait quatre ans que l’on attend le successeur du chef d’œuvre (sisi) Blinking Lights And Other Revelations, double album à l’inspiration sans fond, injustement oublié, pas assez programmé. Mark Oliver Everett, plus simplement E, est devenu depuis tout ce temps un frère dont on connait les défauts et qualités. Si dans le fond, le Californien barbu s’amuse à explorer les genres (un Souljacker électrique en 2001, un Shootenanny! folk pop en 2003), c’est pour nous resservir à chaque fois la même forme : voix éraillée caverneuse, basse à la Macca et caisse claire sur-étouffée. C’est grosso modo ce style Eels qui ne change pas d’un chouïa sur Hombre Lobo.

Enregistré dans ses propres studios californiens avec Kool G Murder (basse, clavier, guitare) et Knuckles (batterie, percussions), ce septième effort qui emprunte son graphisme à une célèbre marque de cigare (Cohiba) est en fait un autre de ces pseudos concept albums, sur les aspirations et frustrations du personnage Dog Faced Boy de Souljacker. C’est de lui que l’on parle dès le premier titre "Prizefighter" qui commence assez sec et avec du rythme, "Come on baby take a walk with me", le ton est donné. Un peu plus tard vous l’aurez compris, ce Dog Faced Boy lâchera la partie animale qui est en lui et deviendra loup, aux dépends de son côté humain. Le rêve, être dans la peau d’un autre, l’animal, des thèmes très Eelsiens qui nous sont ressassés avec plus ou moins de brio depuis Beautiful Freak.

C’est le gros reproche que je ferais à ce dernier opus. Autant on y rentre vite, très vite même, les premières écoutes sont impressionnantes de facilité. Autant on s’en lasse vite, et on ressort ses prédécesseurs. Trop facile ce Hombre Lobo ? Peut-être. Déjà dans la structure du disque on ne peut pas faire plus simple, c’est une ballade / un morceau rock, une ballade / un morceau rock… Cet ordre est uniquement perturbé par la ballade "All the beautiful things" qui suit… la ballade "My timing is off". Les morceaux rock sont donc "Lila breeze", "Tremendous dynamite" et "What’s a fella gotta do", agréables mais somme toute assez classiques. Pour les comptines folk il fait compter sur "That look you give that guy", judicieusement choisie comme premier single avec l’étrange et inclassable "Fresh blood", mai aussi les moins bons "In my dreams" et "The longing". Seule la presque ska "Beginner’s luck" arrive encore à m’enthousiasmer après plusieurs écoutes. On aurait aimé mieux.

En bref : Davantage collection d’agréables B-sides que véritable nouvel album, Hombre Lobo est un disque moyennement inspiré dont personne n’aurait parlé s’il n’avait été de ce génie incontesté qu’est Mr E. Et ce dernier nous avait habitués à mieux. Sans rancune.




Le site officiel et le Myspace

A lire aussi : Eels - Concert à La Cigale

"Prizefighter" en enregistrement, l’un des meilleurs morceaux de l’album :

5 Comments:

tuysbx said...

Entre ballade et blues rock ! Un bel album.

M.Ceccaldi said...

c'est quoi une basse à la macka ?

Ju said...

Macca est le surnom de Paul Mc Cartney. Il avait un son de basse très caractéristique au sein des Beatles grâce à une basse violon de marque Hofner qui lui convenait tout à fait puisqu'elle était symétrique, et lui gaucher.

Je n'ai pas réussi à vérifier si Eels utilise effectivement cette basse là mais en tous cas ça me la rappelle.

Tu peux voir l'instrument en question en mouvement ici:
http://www.youtube.com/watch?v=Q7jMdKc0jq0

A+
Ju

benoit said...

J'ai adoré cet album ! on peut le considérer "mineur" dans la disco de Eels, mais ça reste un vrai bonheur à écouter et à réécouter je trouve.

Victor said...

"The look that you give that guy" me fait penser à un mélange entre l'intro de "Le Coup de Soleil" de Richard Cocciante et de "Strawberry Fields Forever" des Beatles. Vous trouvez pas?