03 avril 2009

Ghinzu - Mirror Mirror (2009)

Forts de deux albums déja très bons (Electronic jacuzzi puis Blow et, entre autres, sa superbe chanson éponyme), les Belges de Ghinzu, menés par le leader charismatique John Stargasm, récidivent avec ce nouvel opus aussi décalé et singulier que les deux précités.

Ca débute avec un titre fort de la trempe de "Blow" : ce "Cold love" qui fera partie, à n'en pas douter, de la cohorte des titres marquants de cette année 2009. Percutante, frappée du sceau d'un rock toutes guitares dehors, savamment épaulées par des claviers aussi discrets qu'efficaces, et relevée par l'organe vocal majestueux du sieur Stargasm, cette chanson introduit de la meilleure des manières un album sans failles. On retrouve ici une partie de l'emphase de Muse, à la différence que Ghinzu garde en lui cette excentricité, cette versatilité et cette force de frappe qui font la différence en sa faveur. Et même quand il adoucit quelque peu son propos ("Take it easy", dont le seul défaut est d'être, d'un point de vue vocal, trop proche des Strokes, ou encore un "Mother allegra" spatial et dénudé), le quintet belge reste performant.

J'avoue une préférence pour les morceaux puissants, assez nombreux sur cet album, à commencer par "Mirror miror", "This war is silent", "Kill the surfer", et... "Je t'attendrai", chanté en français, alerte et surprenant. J'admets en outre un faible pour les mid-tempos tels que "The dream maker" ou "The end of the world", ou encore l'aérien "Interstellar orgy".
_
Mais ce qu'il faut retenir des oeuvres signées Ghinzu, c'est le côté imprévisible, cette capacité à passer des humeurs les plus belliqueuses à des parties plus posées, à associer avec bonheur des sonorités diverses et révélatrices d'une forme de schizophrénie dans la composition. Schizophrénie rimant ici avec génie, cet album en étant l'irréfutable preuve.

En bref : Ghinzu transforme l'essai des deux premiers opus et parvient ici à asseoir une identité que l'on ne retrouve que chez les plus grand, comme Radiohead. Ce faisant, il impose un style qui génère quelque chose d'unique, et par là-même, un disque brillant qui ne peut que faire date.



__

_

Le Myspace

A lire aussi : Mud Flow - Ryunosuke (2008)

La longue montée de "Cold love" en live au Bataclan :

8 Comments:

Rouliane said...

Aaaah je l'attendais cette chronique ! Depuis que j'ai cet album il tourne en boucle chez moi, tout autant que les deux précédents lors de leurs achats. Oui, j'avoue avoir un grand faible pour Ghinzu, notamment depuis l'excellentissime Blow, qui reste pour moi leur plus brillant.
Pour en venir à cet album, j'ai d'abord été déçu par des titres comme Mother Allegra ou The End Of the World, tout en étant complètement conquis par les plus bruts tels que Mirror Mirror, Je T'attendrai et Kill The Surfers. Cela dit, au fil des écoutes, ces chansons un peu plus posées ont fini par me séduire également, bien que je pense que des Sweat Love, Horse, ou Seaside Friends soient un niveau au dessus.

Tout ça pour dire, un album d'une grandeur une fois encore saisissante, qui laisse espérer encore mieux pour la prochaine fois, mais surtout un grand moment lors du concert (billet pour Marseille en poche) !

PSYCHOCANDY said...

Merci beaucoup! Aaa, c'te chance pour Marseille! Je les au vus, mais c'était il y déja 2 ans, à Amiens.
Assez d'accord avec ton message, en tout cas! A bientôt...

Will

Rouliane said...

En relisant je réalise que je t'ai même pas félicité pour ta chronique que je trouve on ne peut plus vraie, et qui fait franchement plaisir pour un fan de Ghinzu comme moi.
;)

PSYCHOCANDY said...

Eh bien je te remercie à mon tour Rouliane! Bonne journée à toi...

Will

Nickx said...

J'ai fini par écouter Ghinzu....ils passent bientôt à l'Espace Julien, mais ça sera sans moi......pas accroché....

Anonyme said...

J'arrive pas encore à me l'avouer à moi même tellement mon attente était grande depuis Blow, mais il faut que je me fasse une raison: Ghinzu m'a déçu... Ce Mirror Mirror est pour ma part bien en dessous des 2 autres. C'est pourtant pas faute d'avoir essayé de l'aimer (en temps que fan de Ghinzu!) mais il manque vraiment de quelque chose... Je pourrais pas dire quoi mais c'est plus le même Ghinzu... Voilà, je suis limite triste, il me reste plus qu'à attendre le prochain en espérant ne pas attendre 5 ans et qu'ils auront retrouver leur "groove".

Anonyme said...

NICO

Et bien ... d habitude j ecoute tres peu de groupe rock, j ai toujours l impression d entendre la meme chose, du vu et revu, formater pour la radio et le reste ...
J ai entendu le groupe jouer un petit live sur Inter, ca a été une révélation, ca sonne tres juste, l intro puis la voix ... la partie instrumentale est une pur merveille, le son de la batterie, mmmm ... quel bonheur.
Mirror Mirror tourne en boucle dans la voiture aux cotés de Seventh One et Isolation ;-)
J ai trouvé Blow il y a une semaine et j avoue que je l apprécie aussi beaucoup, peut etre d avantage que Mirror Mirror ... Comment dire, des que j entends les premières notes le sourire me viens comme par enchantement. simplement excellentissime :-)

merlin said...

Je trouve Mirror Mirror extrêmement décevant. Déjà le plagiat raté des strokes ("Take it easy" effectivement). Les sauvageries de Blow se sont transformées en guimauve sentimentale, dommage.