Suite de l'interview audio du musicien canadien Gonzales, à l'occasion de la sortie de son nouvel album Soft Power.A lire aussi : Interview Gonzales 1/4 ; Interview Gonzales 2/4
La chronique de Soft Power
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Suite de l'interview audio du musicien canadien Gonzales, à l'occasion de la sortie de son nouvel album Soft Power.Le parcours d'Arthur Pochon est digne d'un véritable érudit de la musique. Diplômé du Conservatoire de Paris et du département de musicologie du Boston College, le garçon balade son saxophone dans de nombreuses formations de la capitale française, jazz, nu-jazz, bossa nova, et travaille dans une major avant de publier ses premières compositions en 2001. Il signe chez le label Lounging Records (inconnu au bataillon) et sort un premier album confidentiel avant d'enquiller quelques titres pour les Hollandais de Rush Hour puis pour Connaisseur recordings.
Art Bleek livre ici un maxi loin de ses territoires jazz de prédilection mais terriblement magnifique. Trois titres classieux entre deep-house et minimale, démonstration d'un sens aigu de la mélodie et de l'écriture. Vraiment impressionnant. Sur la troisième piste du EP, Arthur Pochon en vient à tutoyer effrontément Carl Craig et se pare d'un son « Detroitish ». La garçon ne se dégonfle pas et soutient la comparaison.
« Euphorized », qui occupe la première face du disque de ses huit savoureuses minutes, est une pure pièce de deep-house rutillante et entraînante. Dire de ce titre qu'il porte bien son nom relève de la plus pure tautologie lorsqu 'émerge du laptop du Français un thème imparable aux sonorités pressées, toutes aussi furtives que délicieusement arrondies. Le rythme est frénétique et insaisissable. La première réaction est physiologique, le corps comprend et succombe. Dans un second temps, c'est la virtuosité de l'homme qui interpelle. L'éclat de sa composition nous aveugle, la pièce est parfaitement maîtrisée. Et sans répit, Art Bleek nous hisse dans ses profondeurs digitales, à la fois immatérielles et caressantes. C'est deep et la frappe est chirurgicale. L'aiguille pénètre sans forcer, le fluide se répand. La chaleur monte doucement.
Passé ce fabuleux moment de débauche abyssale, la face B du maxi ne provoque ensuite pas tout à fait la même transe, mais elle donne humblement la preuve de l'habileté de son géniteur. « Night Station » est plus aride et sèche qu' « Euphorized ». Son beat obsessionnel martèle sans répit le crâne, à en devenir lascinant. Lorsque les clochettes de « Snow Landscape » lui succèdent, nous devenons légers, illuminés, radieux. Hilares. Nous sommes au Pays des merveilles, pioupioutements d'oiseaux, atmosphère bienveillante, tout est là. Sur ce paysage sonore onirique, Art Bleek invite alors un beat jazzy que ne renieraient pas les pères de la techno de Detroit. Les deux parties communient. L'enchantement prend. La démonstration du Français est sans bavure.
En bref : Un Parisien classe, sous influence jazz, compose une pièce deep-house de choix. Un met raffiné et éclatant en bouche. Immanquable.
Le myspace d'Art Bleek (maxi en écoute)
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Quand il y a deux mois j'ai appris que Why ? était programmé dans ma petite salle fétiche, je n'avais alors qu'une vague idée au sujet de la formation californienne en question. L'achat compulsif et l'écoute prolongée de Alopecia leur 3ème LP avait doucement fait monter l'excitation en moi, prenant peu à peu conscience du caractère quasi culte (le mot est lâché) acquis au fil des années par son leader, le MC reconverti Yoni Wolf, ancien cLOUDDEAD et co fondateur de l'excellent et exigeant label Anticon (Alias, Dosh, Sole...). Depuis 1998 le groupe à géométrie variable mais familiale s'est appliqué à livrer une poignée d' Ep orientés hip hop mais toujours teintés de de rock indé. Sur le haut du panier, deux LP discrets mais acclamés, l'imprononçable Oaklandazulasylum et le très Wilsonien Elephant Eyelash en 2005. Hors en cette année 2008, grâce à l'une des sept dates programmées en France, j'allais pouvoir me faire ma propre idée et vous rapporter mes impressions.
Petit post pour grand talent. Bénéficiant d'une plus large diffusion que son prédécesseur The soft and the hardcore (produit par Calvin Johnson), Wider s'offre enfin de plus larges horizons (je sais elle était facile). Pour les présentations, Tender Forever c'est en fait Mélanie Valéra, jeune bordelaise exilée aux states afin de concocter depuis 2005 une sorte de folktronica intime et ouvert. Ouvert parce que les assemblages lo-fi des débuts, même s'ils sont encore légion, laissent la porte ouverte à un r'n'b Timberlakien (In the backyard) sans jamais tomber dans le vulgaire, bien au contraire. 
Combien d’années de pratiques sont nécessaires pour s’affirmer musicien accompli ? Jonathan Troupin a joué de la guitare pendant douze ans ; le Belge, grand amateur de Joe Satriani, ne fait donc plus partie de la catégorie des débutants. Ingénieur du son depuis 2000 – le garçon est né en 1983 –, il utilise ses multiples expériences sonores au service de la musique électronique. Après avoir forgé ses premières armes au sein de divers labels, Jonathan alias Jona, intègre en 2006 Get Physical, dont The Learnings marque son passage au niveau supérieur. Il en tire ses premières leçons : ne pas avoir peur de faire des erreurs, elles font partie du processus d’apprentissage. Avec son nouvel EP "Manta", il s’aventure dans une techno-house dense et angoissante.
Comme quoi des fois, il est bon de se laisser happer par un nom ou une pochette. Deuxième fois qu'il passait sous mes yeux, je n'allais pas le rater. Ni trop sucré ni trop grandiloquent, le quintet originaire de Reading s'avère être pour ceux qui le connaissent, avec Vampire Weekend, le groupe anglais à écouter en ce moment. Sorti en février dernier dans le quasi anonymat, parce qu'aux antipodes de la nouvelle tendance britannique nu rave, cette petite mort orchestrée en musique se révèle impressionnante dès la première écoute. Et comme The Coral ou Arcade Fire, qui pourraient être leurs parents adoptifs, leur premier album est parfait, accessible à tous et immédiatement immédiat. Comme si à 20 ans ils avaient déjà assimilé toutes les ficelles de l'écriture pop classique, des Beatles aux Kinks. Des airs entendus il y a 10 minutes, et pourtant déjà si familiers, comme portés par les fantômes de ces derniers. Je n'avais pas ressenti ça depuis longtemps. Véridique. 
Notre jeunesse blasée, née après les grandes apparitions, contrainte à n'écouter que des sons post-anything, peut se réjouir et s'émouvoir d'entendre la nouvelle énergie vitale d'Arcade Fire se répandre en floraison saisonnière dans toute sa sphère d'influence nordique, de ses pairs canadiens (Wolf Parade), à la Suède (Happiness), en passant ici par un gué islandais. En tant que premier symptôme, discret mais remarquable, Hjaltalín, groupe qui monte en son pays (Iceland Airwaves et passages TV) mais invisible ailleurs, est déjà bien précieux. Pourtant le groupe a tout de la formation twee, de virtuoses classiques aux envies de pop régressive, loin des clair-obscurs de la troupe montréalaise.
Soldat de l’ombre de la deep-techno, Brock Van Wey, alias Bvdub, vit à San Francisco. N’espérez pas pour autant, si vous passez dans le coin, le croiser dans les clubs de la cité californienne: le tatoué préfère rester seul dans sa chambre, devant ses machines. Là, il se plonge dans ses souvenirs, tente de s’accrocher aux instants évanouis, aux sensations sans cesse fuyantes. Et pour stopper l’insupportable écoulement du temps, il le fige dans une musique d’une épanouissante tristesse, entre dub futuriste - même s’il s’en défend- et house rêveuse.
Seth Troxler vient d’une ville au nom trop invraisemblable pour qu’on le taise : Kalamazoo, Michigan. Une bourgade située au milieu de nulle part, mais tout de même à mi-chemin entre Detroit et Chicago. A 15 ans, après avoir emménagé à Detroit avec sa famille, il récupère un paquet de disques de son père, des classiques house et disco des labels Dance Mania, Metroplex ou DJ International. Un peu plus tard, il découvre les expérimentations minimales de Richie Hawtin, puis de labels européens comme Perlon, qui le marquent durablement. Très précoce, il signe ses premiers tracks avant sa majorité sur Spectral, Items & Things, FXHE... A chaque sortie, son style s’affine. Aujourd’hui, le producteur habite Berlin et sort chez les Français de Circus Company un maxi qui garnit déjà les DJ bags dans le monde entier.
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Qui de nos jours écoute encore Dalton & Dubarri à la maison? Qui s'en souvient même? Se retrouver avec un disque comme ça entre les mains et vouloir en savoir d'avantage c'est se résoudre à attraper son dico d'anglais et plonger au plus profond des archives seventies, comme on peut. On y apprend que le blanc bec en costume noir sur la pochette s'appelle Gary Dalton et que son look iconoclaste n'a d'égal que son multi instrumentalisme chronique (bassiste, guitariste, clarinettiste et chanteur). Son compère en blanc, c'est Kent Dubarri, chanteur et percussionniste soul blues de son état. Ne figurant pas sur la photo, l'organiste Rick Allen, non des moindres apparemment, rajoute sa touche Hammond B-3 à un show qui sonnait déjà pas mal Californie hippie. 
Ceux qui ont connu Field Music avec leur premier album éponyme (2005) avaient sûrement vite oublié leur pop légèrement psyché, post-punk et arty, distante et confuse. Pourtant le groupe a sorti, l'année suivante, une collection de faces-B qui pourrait en faire le meilleur groupe pop anglais, loin du circuit agaçant des groupes pop punk jetables: humble, inspiré, solidaire. On entend sur cette compilation un vrai travail, minutieux, de l'écriture à la production. Une finition à la précision métronomique pour des chansons en costume trois pièces. Or on sent derrière nos orfèvres des moyens limités; le résultat tient sa beauté non pas de la richesse des matériaux, mais dans l'art et la manière de les accorder.