18 janvier 2016

Serge Gainsbourg - L'Homme a Tête de Chou (1976)

Parfois il peut s'avérer utile de démystifier un artiste. Moins pour l'exercice de style  que pour le rappel de certaines vérités. Parce que son héritage est colossal même s'il ne comporte guère que 16 albums en quelque trente ans de carrière, parce que le grand Serge demeure l'un des rares frenchies pris au sérieux outre-Manche et outre-Atlantique, et que son influence peut s'entendre à peu près partout, on a tendance à manquer d'objectivité avec lui : Gainsbourg, le Zidane de la pop, de la chanson d'ici (et sans le coup de boule ni les collusions occultes avec le Qatar qui plus est), a donc été déifié jusqu'à écoeurement : Que peut-on dès lors retenir de notre vache sacrée ?


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11 janvier 2016

David Bowie - Aladdin Sane (1973)

Préambule, il y avait ce compagnon collégien qui présentait cette particularité de mimétisme physique avec son idole, comme souvent je l'ai remarqué, les adorateurs et ou fans exclusifs de l'Artiste. Reviennent alors quelques noms d'anonymes en tête, et plus universellement de personnes  plus connues dont celui évident de Jérôme Soligny.

Direction les racines pop et les galettes RCA, les premiers Iggy (produits et coécrits par... Bowie), Transformer du Lou, (produit et écrit etc)..., et assez vite l'intégrale du caméléon, dont très vite ce classique sans âge.... sur lequel le compagnon émettait de sérieux doutes sur sa fonction catchy

Grave erreur, Aladdin Sane est sans nul doute l’un des albums les plus fédérateurs et les plus accessible de Bowie, en dépit ou plutôt de la versatilité de ses influences et des voies empruntées.
Impossible déjà d'aborder Aladdin Sane sans mentionner la pochette flash éclair la plus célèbre du rock, celle qui de Nick Cave à Jay Jay Johanson en passant par... Kiss a été déclinée tant et tant de fois. L"androgynie à son sommet.

C'est dans cet écrin, et entouré pour la dernière fois en studio (ou quasi, il y aura l'album de reprises Pin Ups plus tard dans l'année) de ses Spiders from Mars, que Bowie envoie la purée glam : que n'a-t-on dit ou écrit sur ces "Watch that man", 'The Jean genie"dont l’allusion à Jean Genet n’était semble-t-il que phonétique , "Cracked actor" où affleurent les influences Warholiennes, une reprise survitaminée du "Let's spend she night together", totalement à son avantage,  les hommages aux amis et héros contemporains tels Marc Bolan ("The prettiest star"). Lesquels côtoient des titres étonnamment baroque, cabaret, "Brechtiens" ; car c'est là la nouveauté Bowiesque : une nouvelle texture sonore apportée par le grand piano du nouveau venu Mike Garson.

Il faut entendre ce dernier déverser des cascades de notes, sur les très décadents "Aladdin sane" (qui justifie à lui seul la possession de ce disque), "The prettiest star" "Time", "Lady grinning soul"". Bowie a-t-il jamais mieux chanté et sur une palette aussi vaste que sur ce 6ème opus solo ?

Car le bougre, en parfaite phase avec quelque style que ce soit, aborde la musique noire : par un excellent doo-wop ("Drive-in Saturday") tout d'abord, puis par un morceau très ambitieux, qui annonce les splendeurs soul de Young Americans ou de Station to Station à venir ; un "Panic in Detroit" aux percussions et aux choeurs féminins irrésistibles.

Comme un trait d'union de son oeuvre passée et à venir, David Bowie offre beaucoup plus qu'un disque parfois qualifié à tort de transition : il signe de sa patte intemporelle 41' de bruit blanc et de tripes noires, du rock le plus primesautier à la pop la plus ouvragée et exigeante.
Le testament de Ziggy Stardust assurément. Mais pas celui de Bowie qui n'est pas prêt d'être mort.

En bref : chacun ira s'abreuver à sa guise dans cette oeuvre on ne peut plus immense. Ici se mêlent rock et cabaret, testostérone et décadence dans une intelligence, une cohésion rarement atteinte. 



"Drive-in Saturday" :


 "Panic in Detroit" :


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23 décembre 2015

Top Dodb 2015


Nos lecteurs les plus fidèles auront sans doute remarqué que l'année 2015 n'a pas été la plus productive en terme de chroniques pour Dodb. La faute à de nouveaux projets chronophages et de nombreux changements chez les désormais six chroniqueurs actifs de l'équipe, aujourd'hui disséminée entre Montréal, Paris, Avignon et Genève. Mais la faible quantité de comptes-rendus ne saurait refléter le large panel de disques qui ont tourné ces douze derniers mois sur nos platines respectives. Et si le traditionnel indie-rock n'a pas particulièrement brillé par son originalité cette année (mis à part la révélation Algiers, le retour de Turzi et la confirmation de King Gizzard), nous avons adoré le jazz épique de Kamasi Washington, qui prend logiquement et haut la main la première place de ce classement, mais aussi la house discoïde de Syracuse, la vraie fausse bande sonore de Chassol ou encore les synthétiseurs de l'espace de Doug Hream Blunt. Sans plus attendre découvrez ci-dessous notre top 15 collectif de l'année ainsi que nos tops respectifs encore plus riches et variés.

Bonnes fêtes et à l'année prochaine !


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28 novembre 2015

Girl Band - Holding Hands With Jamie (2015)

On ne pouvait passer sous silence plus longtemps ce premier long effort des irlandais de Girl Band, témoignage musical primal d'un être au déséquilibre latent. C'est bien connu, la folie des uns commence là où s'arrête celle des autres, un relativisme de mise et nécessaire avant de plonger dans cette descente aux enfers, dont on ne peut ressortir sans stigmates. Âmes sensibles s'abstenir.


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23 novembre 2015

Kurt Vile - L'Epicerie Moderne (Feyzin) 21/11/15


Pour tout rocker, il y aura une date spéciale qui désormais comptera : celle du premier concert vécu après... DODB vous comptait il y a quelques jours son baptême d'un genre particulier à Montréal pour une déflagration sonique de Fuzz. La version hexagonale aura pour cadre la banlieue sud lyonnaise, et plus spécialement l'Epicerie Moderne, à Feyzin.


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19 novembre 2015

Fuzz - Concert au Théâtre Fairmount, Montréal le 17/11/15


C'est bien évidemment dans un état d'esprit particulier que nous nous rendons ma chère et tendre et moi au théâtre Fairmount en ce mardi 17 novembre 2015. C'est le premier. Le premier concert d'après. En ces temps malades où aller voir un show de rock n' roll peut s'avérer mortel, le déplacement prend vite des allures de résistance. Comme un besoin d'exorciser et de se défouler. Et pour le coup, quoi de mieux que Fuzz en live pour chasser le démon ? A ce jour pas grand chose.

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15 novembre 2015

Kraftwerk - Le Silo (Marseille) - 12/11/15


A peine 24 heures avant qu'il ne devînt potentiellement mortel de se rendre dans une salle de concert, et dans un timing très serré (ach, rikeur chermanik), nous sommes dans la place au moment même où les rideaux s'ouvrent lentement au son guttural de "Mensch Machine".

Devenus rares ces 20 dernières années et spécialement en France en dehors de quelques performances dans des prestigieuses venues (musées, expositions), les quatre de Düsseldorf, vrais créateurs de l'electronica moderne, s'offrent une série de dates françaises en ce second semestre 2015.


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11 novembre 2015

Allen Toussaint - Southern Nights (1975)

                      1938-2015

Les grands noms de la soul et du R&B sont certes moins âgés que les (rares) légendes du blues ou du jazz qui subsistent ; mais hélas ils ne sont guère plus nombreux en 2015.

Depuis le 10 novembre 2015, Allen Toussaint a rejoint les Marvin, Curtis, James, Isaac, Gil, Solomon ou autres Bobby passés de l'autre côté. Le jour de sa mort, il venait de donner un concert à Madrid.


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02 novembre 2015

Eyedress - Astral Travelling Man (2015)

La publication samedi dernier sur Bandcamp (en version digitale uniquement) du nouvel album d'Eyedress, Shapeshifter, me donne l'occasion de revenir sur l'incroyable année de Idris Vicuña, et notamment sur le bouleversant Astral Travelling Man « sorti » en avril dernier. En quelques mois, Eyedress aura ainsi publié, en plus des morceaux qu'il poste quasi quotidiennement sur ses comptes Soundcloud, pas moins de trois albums, dont une vraie fausse mixtape intitulée Winner's circle, hallucinant marathon hip-hop nocturne, mélancolique et orgiaque de plus de quarante titres, en réalité véritable album de son second avatar Babe Slayer (nom donné à son « label ») enregistré avec plusieurs vocalistes vraisemblablement issus de la scène de Manille aux Philippines où Vicuña est basé. Probablement faute d'argent et de structure, ces trois albums n'ont jamais été pressés sur disque. Ils ont simplement été rendus disponibles par son auteur sur différents réseaux sociaux (le garçon est présent – parfois même en double – sur Facebook, Soundcloud, YouTube, Twitter, Instagram, Tumblr et désormais Bandcamp). N'ayant qu'une existence virtuelle, nébuleuse (Winner's circle se compose entre autres de quelques extraits réorganisés d'Astral Travelling Man ainsi que de morceaux enregistrés à diverses époques) et éphémère (ils ont été retirés de ses comptes quelques semaines après leur parution), ces albums sont comme des fantasmes d'albums, des collections rêvées de chansons publiées sur un label tout aussi imaginaire et fantasmatique.


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01 octobre 2015

Yatha Sidra - A Meditation Mass (1974)

1974, Freiburg en Allemagne, les Fichter Brothers (anciennement Brontosaurus) aidés de deux amis créent le groupe Yatha Sidra et réalisent un album concept unique qui ne verra pas de successeur. Le thème ? On s'en doute grâce à la pochette et au nom du band, un voyage musical cosmique et extatique aux frontières du progressif et du new-age. Quatre tracks sobrement intitulées "Part 1", "Part 2", "Part 3" et (accrochez-vous) "Part 4", instrumentales à 90% du temps, comme une longue suite en deux thèmes, chacun divisés en deux parties. Si la musique de Popol Vuh, Jethro Tull ou Pink Floyd vous dit quelque chose, la suite devrait vous intéresser.


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22 septembre 2015

Festival Pop Montréal du 16 au 20 Septembre 2015


Pour la deuxième année consécutive, Des Oreilles Dans Babylone s'est rendu au traditionnel festival de Septembre à Montréal. Cette fois encore, c'était près de 200 artistes qui se sont relayés pendant cinq jours dans une trentaine de salles de la ville, principalement dans le quartier du Mile End. 200 artistes en 5 jours, autant dire qu'il a fallu faire des choix dans une programmation fournie qui n'a de pop que le nom puisque très éclectique. Nous en avons choisi neuf, et si vous êtes un habitué de ce blog vous devriez reconnaitre quelques bonnes vieilles marottes.


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31 août 2015

Omar Souleyman - La Machine du Moulin Rouge (Paris) - 14/08/2015



C’est dans un quartier aux reliefs scabreux que le nouvel ovni de la scène électronique avait décidé de poser bagages pour la release party de son dernier disque. Nouvelle signature du label berlinois Monkey Town Records, dont la maison abrite également les fondamentaux allemands de Mouse OnMars, Omar Souleyman est un drôle d’oiseau dont le nid est partie en fumée sous les assauts répétés d'un obscurantisme arriéré. Retour sur cette prestation folklorique estampillée World Music, pour que le l'humanité vive et ne se meurt davantage.


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20 août 2015

Interview - Jessica Pratt (2015)


© Pauline Alioua
A l'occasion de son passage dans nos vertes contrées (durant un mois de mars encore hivernal), on avait tenté de briser la glace chez l'énigmatique américaine Jessica Pratt. Chose peu évidente pour une jeune femme tout juste libérée de son passé, et dont l'apparente timidité noie en surface les brumes d'un regard autrement moins chétif. Entretient avec la fine fleur de la folk contemporaine.


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01 août 2015

Tame Impala - Currents (2015)

Dire que ce 3ème opus de la bande australienne la plus en vue du moment était attendu, appartient au doux monde de l'euphémisme. C'est ainsi plus de trois ans après la révolution Lonerism, et devant la densification du contingent de groupes estampillés "psyché" que Tame Impala tente une mue esthétique en glissant vers le monde sécurisé d'une pop chargée en glucose. Un bonbon qui colle aux dents avec les plaisirs et douleurs que cela peut entrainer.


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18 juillet 2015

Algiers - s/t (2015)


On pense bien sûr tout de suite aux séminaux TV on the Radio des deux premiers albums : mêmes textures sonores, même esprit tribal, le chant black (celui de Franklin James Fischer, figure de proue du trio), mêmes accointances new yorkaises. Et quand bien même le chanteur viendrait-il de Géorgie (Atlanta), ça n'en serait pas un problème. Tout ici suinte l'expérimentation, l'avant-garde telle qu'elle a pu être chérie et pratiquée par des combos aussi essentiels que celui précité, Animal Collective, Fiery Furnaces, ou bien Liars. Que ce drôle de combo formé il y a déjà cinq ans de cela....... à Londres, a dû forcément écouter.

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