17 avril 2012

Akufen - Battlestar Galacticlown (2012)

Avec les comebacks de Pépé Bradock et I :Cube, celui de Marc Leclair est l’un de ceux que j’attendais de pied ferme cette année. Alors qu’on annonçait un album de Horror Inc., c’est sous le plus connu de ses pseudonymes que le Canadien publie cet EP sur son label Musique Risquée. A part quelques remixes récents, cela faisait 9 ans qu’il n’avait pas sorti de disque en tant qu’Akufen, un blaze qui rappelle de très bons souvenirs, ceux de son époque Perlon et de son album, My Way, référence absolue en matière de micro-house. Le fait d’utiliser ce pseudo n’a rien d’innocent : alors que Horror Inc. est réservé à ses travaux les plus angoissés et mélancoliques, Akufen est nettement plus dancefloor et survolté. Contrairement au superbe Aurore EP de 2010, qui contenait de longs passages ambient et downtempo, Battlestar Galacticlown est quasi-exclusivement rythmé par d’impitoyables beats tech-house qui tabassent.

C’est une sorte de retour aux sources pour le Montréalais. Dans leur conception, ces cinq nouveaux titres ne sont pas très éloignés des excellents "Deck The House" ou "Late Night Munchies" de 2002. A la manière de Todd Edwards, Akufen utilise toujours la technique du cut-up et amoncèle, agence et organise l’interpénétration de milliers de samples microscopiques provenant de milliers de sources différentes – on sait qu’il avait passé 2 ans à enregistrer la radio pour réunir le matériau nécessaire pour son album, et qu’il aime aussi promener son micro au hasard de ses voyages pour capter quelques sons originaux. Sous ses airs foufous et erratiques, cette musique foisonnante est extrêmement structurée.

Il faut beaucoup de rigueur pour retomber sur ses pattes lorsqu’on construit une mélodie à partir d’une telle quantité d’éléments disparates, qu’il s’agisse de klaxons, de bêlements de chèvre, d’échantillons de jeux vidéo ou d’orchestre à cordes. Dans une instructive interview pour Resident Advisor, l’an dernier, Leclair expliquait justement combien il aimait, chez Steve Reich ou chez l’artiste mathématicien M.C. Escher, l’équilibre entre discipline et abandon. Même si l’on est forcément moins impressionné par la prouesse technique qu’il y a 10 ans, il faut bien constater que peu d’artistes se sont engouffrés dans cette brèche (peut-être parce que c’est beaucoup de travail…), en dehors d’autres Québecois comme Guillaume Coutu-Dumont, Stephen Beaupré et Knowing Looks, ou de l’indétrônable parisien Ark.

C’est donc très plaisant de retrouver ce son à la fois fun et sophistiqué, qui n’oublie jamais d’être funky grâce à des lignes de basse proprement énormes – celle de "Bos Indicus" ressemble presque à du Larry Levan. Les morceaux qui me plaisent le plus sont les plus jazzy, ceux qui contiennent le plus d’éléments acoustiques et les samples les plus longs, comme le fabuleux "You Like Red Beans ! (We Go Together)", traversé par de magnifiques saillies de guitare slide bluesy. Guitare que l’on retrouve sur le tout aussi bon "T’es Con, T’es Content", sorte de swing manouche technoïde, comme si les Triplettes de Belleville étaient télétransportées à Detroit – d’ailleurs les pionniers de la techno Kevin Saunderson, Juan Atkins et Derrick May n’étaient-ils pas surnommés les "Belleville Three", en référence à leur ville d’origine ?

C’est vrai que la pochette, réalisée par Zupton, a un côté un peu écœurant, mais elle correspond bien au caractère humoristique et ludique d’un disque truffé de bruitages de cartoons et qui se clôt sur un remix épique de musique de camion à glaces, logiquement nommé : "Chocolate, Strawberry, Peach, Vanilla, Banana, Pistachio, Peppermint, Lemon, Orange, Butterscotch, Ice Cream Cone" (!). En tout cas on ne peut pas accuser Marc Leclair de se prendre trop au sérieux.

En bref : Marc Leclair réendosse son plus célèbre avatar pour revenir aux fondements de son esthétique : une micro-house complexe et groovy à base de collage de samples frénétique et de basslines phénoménales. Avec en prime un soupçon de blues et une touche de swing déluré.


 

A lire aussi : Horror Inc. – Aurore (2010)
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Des extraits, en attendant mieux :



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16 avril 2012

Grimes - Visions (2012)

Comme avec Gonjasufi en 2010 j’ai ressenti à nouveau la sensation de me trouver complètement dépourvu, incapable de mettre un nom sur ce que j’entendais. Ce fut à la découverte de cet album, et surtout d’une artiste. Et pourtant Claire Boucher, seule derrière ce projet, est loin de faire l’unanimité. Il faut dire que sa musique est pour le moins étrange et ne laisse pas indifférent. Certains seront assez vite décontenancés par un r’n’b électronique qui ne ressemble en rien à ce que pourrait annoncer la pochette, magnifique par ailleurs. Sans parler de cyber-pop post-internet comme elle le fait elle-même, je peux dire que je suis intrigué.

On sait donc de Claire Boucher qu’elle est canadienne et solitaire. Mais son personnage médiatique est lui pour le coup un peu plus agaçant que son joli minois. Une fois hippie, l’autre punk, mais finalement très hipster. N’est pas chamane qui veut en terrains pop, et Grimes devra faire mieux que Cocteau Twins ou Fever Ray pour ses affiliations les plus proches. Exclusivement synthétique, Visions (son troisième album) est très homogène et donne une impression de grande maîtrise. Des beats électroniques, des boucles synthétiques, un falsetto vaporeux et des mélodies soignées, on peut dire que ça fonctionne.

Prenez "Oblivion" par exemple. Pure morceau de pop ambiante, très féminin, à la fois délicat et brutal. Ce Visions pour un album sensé être mélancolique est finalement assez dansant (jusqu’à "Eight" et son penchant presque Ed Banger). Des morceaux il y en a plein et des très différents. Tous ne se valent pas non plus, mais de manière générale les mélodies sont assez bien troussées. Après on aime la voix ou pas. En tous cas à écouter, ce climax musical qu’est le refrain à une note de "The colour of moonlight", joli morceau de dubstep céleste et spectrale.

En bref : on adore ou on déteste ce r’n’b futuriste et dansant par une canadienne perchée qui pour ma part a plutôt bien réussi son coup.




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Interview - Seventeen Evergreen

Le meilleur album pop psyché de l’année est pour l’instant l’œuvre du duo américain Seventeeen Evergreen. Sans faire de vagues, ces hippies écolos humanistes et amateurs de science-fiction travaillent dans leur coin à l’abri des regards pour notre plus grand plaisir. Immanquablement, on a voulu en savoir plus et poser quelques questions à Caleb Pate, l’une des deux têtes pensantes du groupe.

Qu’avez-vous fait pendant 5 ans depuis votre dernier album ?

On a construit un studio dans la grande chambre d’une maison en briques qui était abandonnée dans les collines de San Francisco. La crise a eu de bons côtés pour nous. On y a écrit et enregistré le nouvel album. On l’a fini il y a bientôt deux ans et il ne sort que maintenant.

Qui a réalisé la pochette de l’album et que représente t-elle ?

La pochette vient d’une de mes idées et Antoine Boilevin l’a superbement illustrée tout en maintenant le lien avec celle de l’Ep et de ce que nous aimons. L’idée de départ vient d’une installation de type "Arche de Noé" qui se trouve en Norvège. C’est une sorte de cave qui répertorie toutes sortes de graines et dont le but est de sauvegarder la biodiversité des cultures. C’est aussi l’idée que l’humanité se détruit elle-même et qu’avec un peu de prévoyance on peut éviter cela ou au moins essayer de maintenir la vie sur cette planète. Antoine a utilisé les instruments de musique comme métaphore pour cette noble, dérisoire mais importante tentative de survie.

Steady On… est un album beaucoup plus dansant que Life Embarrasses Me... Etait-ce un choix délibéré ?

Non pas vraiment, l’album est juste un instantané de ce que nous avions envie d’écrire à un moment T. Notre musique a différents tempos, humeurs et aspects. Le côté dansant est juste l’un d’entre eux. On a été inspirés par certains morceaux dansants qu’on a joué en public et on a pensé que ça serait cool de les jouer en mode album et de les étirer pour que le côté hypnotique et cérébral s’allie à des expériences plus corporelles.

Est-ce que Steady On.. est un concept album ?

Pas vraiment, même si c’est vrai qu’une continuité de thèmes traverse la plupart des morceaux et de l’artwork. L’idée qu’en 2012, tout le monde se sent plus fort grâce à la science et les technologies, pour le meilleur comme pour le pire, et que nous sommes à un moment où les mondes de la pseudo science-fiction et de la pataphysique se rejoignent pour de vrai. Sommes-nous tous des scientifiques ? En tous cas nous avons beaucoup de travail à faire encore.

Pourquoi n’y a-t-il que huit morceaux sur cet album ?

Le disque fait quasiment 40 minutes. Il y a de très nombreux exemples de grands classiques qui sont en dessous des 40 minutes, même en dessous de 30 parfois. Nous avons enregistré d’autres titres qui sont disponibles sur l’Ep Psyentist qui est sorti en novembre, mais nous avons pensé que l’album était mieux comme ça avec ce tracklisting là.

Steady On.. est à la fois facile d’accès et expérimental. Comment avez-vous fait ça ?

Déjà merci pour la remarque ! On adore la musique pop tout comme expérimenter en studio. On reconnait que notre musique pop préférée est basée sur les expérimentations.

Comptez-vous tourner en France et en Europe prochainement ?

Oui, à la fin de l’été ou en automne. D’ailleurs on cherche des dates !

Est-ce que Seventeen Evergreen peut jouer acoustique ?

Oui, on l’a déjà fait et on le refera.

Est-ce que c’est important pour vous d’avoir le contrôle total sur la production de l’album ?

Jusqu’à présent oui. On pourrait travailler avec un producteur extérieur si l’entente était bonne et s’il pouvait nous aider à rendre notre musique et nos envies meilleures que si on les faisait nous-mêmes. Ou alors pour essayer quelque chose de complètement nouveau.

Qu’est-ce que vous allez faire maintenant ?

Là tout de suite, une moitié de Seventeen Evergreen va aller faire une petite ballade à vélo avant qu’il ne pleuve et plus tard je retrouverai l’autre moitié pour une session de studio où nous expérimenterons des sons étranges pour une radio du coin, puis nous ferons une mixtape et enfin on va se pencher sur la dernière version de notre nouveau clip qui sortira d’ici quelques semaines.

Le site officiel

Le trailer psychédélique de l’album :



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14 avril 2012

Beth Jeans Houghton & The Hooves Of Destiny -  Yours Truly, Cellophane Nose ( 2012)

Sortir un premier album est toujours un grand saut. On risque très rapidement de se glisser dans un genre musical et de ne plus pouvoir en sortir. Si on s'y sent à l'aise, tant mieux, le public reconnaîtra les sons qui lui plaisent tout en se laissant griser par la subversion que tout grand artiste sait imposer à son genre fétiche. Mais si on a l'esprit un peu plus lunaire, les cases musicales sentent vite un air de renfermé et il est préférable de prendre des chemins de traverse. C'est sans doute ce qu'à pu se dire Beth Jeans Houghton en nous concoctant ces dix morceaux.

Cette jeune chanteuse aux cheveux blonds cendrés que les hasards biographiques situent entre Newcastle et la Californie nous livre un horizon allant de la folk à la pop psyché. Ce contraste apparaît dès la pochette de l'album : un extérieur sombre couvert d'êtres hybrides mi-femmes mi-lions laissant place à des couleurs seventies dans le livret intérieur. Oui un ensemble bien étonnant mais d'une grande cohérence grâce à la voix puissante de cette nouvelle diva, dont certaines envolées lyriques réveilleront certains souvenirs aux fans de Kate Bush.

Dès l'inaugural "Sweet Tooth Bird", le ton est donné, Beth Jeans Houghton livrera une course à travers cet album. Son parcours sera entouré par ses musiciens, et choristes à l'occasion, de The Hooves Of Destiny, qui ont tous le même tatouage pour marquer leur fidélité à cette aventure. Cette cadence imposée par la batterie se poursuivra dans "Humble digs", "Atlas" et "Veins" et s'imposera comme un des rythmes dominant de l'album. Toujours dans cette tonalité, "Liliputt" montre comment ce rythme et le violon qui accompagne la chanteuse font ressortir le prisme le plus négatif de cette voix, comme si elle était condamnée à la fuite, à l'errance, au désespoir. Ces sentiments prennent encore plus d'intensité dans le beau clip dirigé par Ben Jeans Houghton où les images de la chanteuse fuyant dans la nuit s'entremêlent à une évocation de tableaux.

Irradiant à partir de cet ensemble principal, des morceaux plus doux montrent un univers serein. "Dodecahedron" et "The barely skinny bone tree" dévoilent une chanteuse plus posée, le second titre où elle est accompagnée d'une guitare folk lui donnant même un air lunaire. C'est dans ces chansons qu'on se surprend à écouter les paroles pleines de poésie, un univers où les métaphores végétales, biologiques, et humaines se confondent.

Entre cette errance et cette douceur, "Nightswimmer" et "Franklin Benedict" offrent dans une troisième voie une pop plus joyeuse où les aspects psychés et lyriques sont les plus manifestes. Si le spleen semble être son territoire favori, elle n'hésite pas à rire elle-même aux éclats avec cette bombe lancée à la toute fin de l'album, "Carousel", un titre quasi-punk qui semble mis là par erreur si le reste de l'album ne nous avait pas habitué à ces extravagances. Spleen, sensibilité et extravagance qui pourraient rapprocher Beth Jeans Houghton de l'univers du Prince Miiaou.

En bref : Beth Jeans Houghton nous propose ici un album quasi inclassable entre pop, folk et psyché mais d'une grande qualité. Avec sa voix diaphane aux multiples tonalités, elle explore principalement une mélancolie pleine de poésie.




Le Myspace de Beth Jeans Houghton

Yours Truly, Cellophane Nose en écoute sur Deezer


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12 avril 2012

The Stranglers - Espace Julien, Marseille (10/04/12)

Hugh Cornwell en congés depuis bientôt 25 ans et Jet Black sous défibrillateur, c'est donc une moitié de formation originelle d'Etrangleurs qui se produit ce soir à l'Espace Julien, dans le cadre d'une vraie tournée, et quasi exhaustive des grandes villes françaises de province.
Qu'à cela ne tienne, si nous sommes forcément un peu orphelins du phrasé racé et très tongue-in-cheek du guitariste aristocratique -même si Boz Barne est impeccable et à cent coudées au-dessus de l'insupportable Paul Roberts,- et alors que les coups de boutoir de Ian Ballard ne font pas toujours oublier le swing du bon vieux Jet, restent les deux éléments mélodiques prédominants des Stranglers, les claviers tenus par l'inusable Dave Greenfield, et la basse martelée et frottée par l'imputrescible JJ Burnel -60 ans ; on hallucine en le voyant !

Un JJ Burnel devenu au fil des années le leader charismatique de son groupe, par la force des choses et du fait de sa francophonie, il se fait cabotin sur les terres de ses ancêtres : on n'échappe ainsi pas au couplet sur les élections à venir, le temps qu'il fait, en sus du bulletin de santé de Jet.

Le set, une fois terminé le rituel d'ouverture "Waltzinblack" a le bon goût de revisiter les heures glorieuses des infernaux quatre premiers disques ;  la moitié du set est ainsi dédié aux moments forts de Rattus Norvegicus (1977), No More Heroes (1977), Black And White (1978) et The Raven, l'album viking de 1979.
Avec parfois des choix surprenants comme ce tiercé d'ouverture envoyé sans temps mort : "Burning Up Time"/"Sometimes"/"The Raven" - les deux premiers titres ne comptant pas parmi leurs plus cités, et aussi certaine relecture d'une obscure face B d'époque, j'ai nommé ce hurleur "Shut Up" que tout le monde avait oublié. Ah, et dans la série single mythique de la première heure, on a aussi droit à "5 minutes".
Alors, on aurait certes aimé entendre des "Down In The Sewer", "Dead Ringer", "Peasant In The Big Shitty", "Nuclear device", ou (snif !) les insurpassables "School Mam", "Genetix" ou "Toiler On The Sea" (leur plus grand titre ?) du... Men In Black, mais le groupe a le bon goût de proposer les indispensables singles vintage que furent "Peaches" et "Duchess" qui comptent aussi parmi leurs meilleurs titres, et aussi dans un registre plus apaisé l'incontournable "Golden Brown" -seul titre où la basse de Burnel jouée au pouce peut respirer 5 minutes (pas fait exprès...) et un autre classique serti de sa guitare espagnole, "European Female".

On le voit, peu de place pour les titres lents et plus mélodiques ; La Folie (n'était "Golden.."), Aural Sculpture et Dreamtime (à l'exception de... "Always The Sun" évidemment, mais quid de "Nice In Nice"?) seront savamment ignorés.
Et le nouvel album dans tout ça ? Eh bien, ce Giants, guère réussi par ailleurs à l'exception de son morceau-titre, de l'opening instru et de l’inénarrable pochette ("on m'a volé mon pendu !"), il est réduit à la portion congrue de quatre titres sur 10.
Quoi qu'il en soit, on ressort d'un concert des Stranglers beaucoup plus exténué et repu que d'un concert de Portishead, Et le rappel qui est ponctué d'un "No More Heroes" bienvenu et de la reprise de "All Day and All Of The Night" ne faillira pas à la règle - les hommes en noir se sont auparavant fendus du hit de Bacharach "Walk On By" déjà gravé en son temps en single.
Dieu que tous les groupes de puceaux boutonneux qui abreuvent les charts anglais devraient en prendre de la graine.

Un extrait de "Hanging Around":



L'intro du concert de la tournée, ici le Bikini à Toulouse :


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11 avril 2012

Concours - Django Django en concert à Bordeaux, places à gagner

C’est l’un de nos gros coups de cœur de ce début d’année, et le groupe anglo irlando écossais est de passage à Bordeaux le jeudi 26 avril à Barbey. L’occasion de vérifier sur scène l’efficacité d’un premier album sans failles qui devrait logiquement se retrouver dans de nombreux tops de fin d’année. Alors si vous voulez écouter live les hits que sont "Default", "Waveforms" ou "Wor", c’est à cette question qu’il va falloir répondre :

Dans quel groupe adoubé par Dodb jouait John McLean, frère de David McLean des Django Django ?

Merci d’envoyer votre réponse à contact@desoreillesdansbabylone.com avant le mardi 24 avril minuit avec votre nom et prénom. Bonne chance à tous !

Lire la chronique de Django Django - S/t (2012)
Le site de Barbey et celui du groupe



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Souleance - La Belle Vie (2012)

Ce n’est pas tous les jours qu’on met la main sur un album français aussi funky et léché que celui-là. D’une fraîcheur calibrée pour l’été, La Belle Vie porte bien son titre, puisque l’on sent d’emblée qu’il a été confectionné avec le plaisir comme seul guide - sans esbroufe, et sans aucune prétention de révolutionner quoi que ce soit ni d’étaler son érudition. Soulist et Fulgeance sont pourtant des experts en matière d’excavation de vinyls. Alexis Eleftheriadi alias Soulist, est d’ailleurs bien connu pour ses sélections rare grooves, qu’il distille dans son émission sur Radio Campus (Future Basics, tous les mercredis à 21h30) ou lors des soirées parisiennes What The Funk. Il a également fait énormément de premières parties de concerts (The Roots, James Brown, Common…). Amateur de sons analogiques, le Caennais Pierre Troel, alias Fulgeance, s’illustre depuis 2007 sur des EPs de bass music et de hip-hop instrumental à la Brainfeeder. Son premier LP solo, To All Of You, est sorti l’an dernier.

Joignant leurs forces en 2009 sous le nom de Souleance, ils ont depuis signé 3 bons maxis et font leur retour en fanfare ce mois-ci avec un nouvel EP (La Gourmandise) et donc ce premier album, tout de même composé pour un petit tiers d’anciens morceaux. On a d’ailleurs plaisir à retrouver le boogie vrombissant de "Cool FM" (que ne renierait pas Dâm-Funk), le breakbeat 80’s agrémenté de clochettes disco de "Le Monde", ou l’électronica teintée de chanson brésilienne (avec cuica et berimbau) de "Passarinho". "Manana", aussi, avec ses faux-airs de Nicolas Jaar. Je regrette juste l’absence de "Chemise", leur très bon edit du classique disco "She Can’t Love You". Si les nouveaux tracks sont dans le même esprit fun et ensoleillé que les anciens, le duo a pris en compte les exigences du format album et a varié les BPM et les ambiances.

Il y a de belles pièces downtempo pour chiller, comme "Rendez-Vous" ou la trop courte "La Plage", qui mêle un thème à la John Barry à une guitare bossa-nova et au bruit du ressac des vagues sur le sable fin. Il y a des grooves bien gras taillés pour les house parties et les barbecues – je vois bien Ju se griller quelques côtelettes au son de "Boobs" ou de l’énorme ligne de basse rehaussée de flûte de "La Romance". Il y a aussi du hip-hop de très bonne facture, notamment sur "Pride (ft. Rashaan Ahmad)" et "Unseen (ft. Homecut)". De belles instrus avec des cuivres, des refrains soulful et des beats sophistiqués. La classe américaine. Et que dire du jam super funky et talkboxé "Le Plaisir", qui invite le génial multi-instrumentiste Shawn Lee à la batterie, ou du morceau-titre, splendide, qui fait penser à Exile ou Nujabes.

Avec un solide socle black music en commun, les deux compères sont complémentaires, ce qui leur permet de multiplier les approches et de livrer un disque complet. L’un est plutôt DJ, l’autre plutôt producteur. L’un amène les samples et les scratches, l’autre les structures rythmiques et les synthés analogiques, même si les rôles peuvent parfois s’inverser. On peut dire qu’ils se sont bien trouvés. Procurez-vous leur album. Achetez français.

En bref : un avant-goût d’été avec le duo français Souleance et sa funk électronique mâtinée de hip-hop. De beaux samples, des synthés à la californienne, des invités de prestige : un premier album impeccable et qui donne le sourire.




Le site du label britannique First Word Records

A lire aussi : Katalyst – Deep Impressions (2011)




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06 avril 2012

Pepe Bradock - Imbroglios Part 1 (2012)

A chaque fois c’est pareil, dès qu’on annonce un nouveau Pépé Bradock, je suis excité comme un gosse et je n’ai qu’une idée en tête, me rendre chez mon disquaire et acheter la chose, sans même l’écouter. Cette confiance aveugle n’ayant jamais été déçue, je n’ai aucune raison de changer de méthode. En 16 ans, depuis son premier EP avec Ark, je crois bien que Julien Auger n’a jamais sorti quelque chose de mauvais, ni même de médiocre ou de moyen. Dans une indépendance farouche et avec une élégante discrétion (surtout ces dernières années), il a construit l’une des œuvres les plus cohérentes et originales de la musique house. Enormément de DJs le citent comme l’une de leurs principales influences, et pas seulement en France. Bref. Le nouveau Pépé est arrivé et, ô joie, c’est le premier volume d’une série de 4 EPs à paraître, comme d’hab’, sur son propre label, Atavisme. Le macaron est agrémenté de cette note énigmatique : « Opération Veaux Carnivores : Original Motion Picture : Pépé Bradock’s Remixes »…

Les quatre nouveaux titres correspondent bien aux canons habituels de Bradock : totalement hors-format, ils débordent d’idées, d’humour, de changements de rythme et d’événements parasites. "Katoucha ?" est comme une suite de "Path of Most Resistance" (2009), c’est-à-dire un hymne house musclé à gros clap porté par de belles harmonies de synthé et bourré de petites saillies oniriques et jazzy, avec un léger arrière-goût de Todd Edwards. "12Turn13" est le nom d’un club de Brooklyn, mais le titre lorgne davantage vers une techno dark façon Detroit, sur laquelle vient se poser une ribambelle de micro-samples tous plus intrigants les uns que les autres.

"Inconsequent Pussy" et "Attaque de Boulangerie" présentent une autre facette du producteur, qui a toujours eu un sérieux penchant pour la musique expérimentale. La première donne une idée de ce que pourrait donner une collaboration entre Moodymann et Pierre Henry : piano soulful, beat housey en sourdine, ronronnements de chat, avalanche de sons concrets aigus et dérangeants… Complètement dingue. "Attaque de Boulangerie" est au moins aussi étrange, mais dans une veine plus ambient et hypnotisante. C’est une sorte de musique de film noir déviante, dont tous les éléments semblent flotter, jusqu’à l’arrivée d’un beat qui, au lieu de se développer comme on pourrait s’y attendre, s’évanouit au bout de quelques secondes seulement. Le constat est sans appel : encore un sans-faute du Pépé.

En bref : premier épisode d’une série de 4 EPs, le nouveau Pépé Bradock est évidemment une bombe de house loufoque et d’expérimentations jazzy et concrètes. Inégalable.





A lire aussi : Pepe Bradock - Confiote de Bits / A Remix Collection et Swimsuit Issue 1789 (2009)




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Nicholas - Still Playing House (2012)

Cela fait à peine deux ans que le nom de Nicholas a commencé à apparaître sur des compiles et des EP de petits mais très respectables labels comme On The Prowl ou Quintessentials. A ses débuts, le jeune Italien, originaire de Pérouse, donnait dans le nu disco funky, dans l’esprit d'un Mark E. Guidé par son attirance pour les sons clinquants et l’atmosphère des clubs du début des 90’s, Nicholas Iammateo a peu à peu basculé dans un son plus housey et plus roots, quitte à verser dans une sorte d’hommage permanent à l’âge d’or de la house new yorkaise. En ont résulté quelques excellents maxis et surtout Back On Track, une consistante collection de remixes justement consacrée à Nu Groove, légendaire label de la Big Apple de 1988 à 1992. Apparemment, la concoction de cette compilation n’a pas étanché sa soif de dance exubérante, puisque Nicholas revient avec un album de 13 tracks (plus 2 remixes de Gerd et Hunee) dont le titre, certes pas révolutionnaire, a le mérite de ne pas mentir sur la marchandise.

Still Playing House est l’œuvre d’un fétichiste qui a grandi dans l’admiration d’artistes comme Bobby Konders, Joey Negro, Kenny Dope ou les frères Burrell. Il y accomplit quasiment toutes les figures imposées du genre, de sorte que s’il était évalué par des juges de patinage artistique, sa note technique serait quasi-parfaite. On y trouve des titres de piano-house, des voix de diva, un prêche ("Hold Us Back"), un speech sur l’universalité de la musique, et même l’inévitable sample de Martin Luther King ("Change")… Pour résumer, on ne peut pas faire moins original. Et cette accumulation de tracks en 4/4 peine à ressembler à un album. En dehors du slow-disco de "Flow", aucune respiration ne nous est accordée. Du coup, je suis incapable d’écouter le disque en entier.

Reste que chaque titre pris individuellement, sauf le médiocre "Look Beyond", vaut son pesant de pesos. Dans sa version originale comme sur le remix de Gerd, le piano d’"All Night Long" est irrésistible, tout comme les nappes et les touches de trompette d’"I Want To Thank You", ou le vibraphone et la basse dodue de "Change". "Call Me" n’est pas mal non plus, mais ne parvient pas à faire oublier l’edit de Dixon du "Call Me" de Mark E, qui utilise le même sample de Diana Ross ("Ain’t No Mountain High Enough"). Quant à "Miss You", elle parcourt les quelques kilomètres qui séparent New York du New Jersey pour quelques minutes de mélancolie soulful très inspirées par Kerri Chandler. Au final, il y a donc de quoi gaver tout bon amateur de house rétro, même si un peu de fantaisie n’aurait pas nui à toute cette affaire.

En bref : ce jeune Italien n’a qu’une obsession, faire revivre les grandes heures de la house new yorkaise du début des 90’s. Et il y parvient plutôt bien sur cet album en forme d’hommage hédoniste et bon enfant.




A lire aussi : I:Cube – Cubo Edits (2012)

Nicholas sur Soundcloud
Le site du label 4 Lux





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04 avril 2012

Seventeen Evergreen - Steady On Scientist ! (2012)

C’est un heureux hasard qui m’a fait retomber il y a quelques jours sur le nom Seventeen Evergreen. Une coïncidence qui a fait remonter en moi le souvenir de l’une de mes toutes premières chroniques sur ce blog, il y a cinq ans déjà. Le duo de San Francisco sortait alors Life Embarrasses Me On Planet Earth premier album définitivement hippie et cinématographique qui a régulièrement tourné sur ma platine depuis. Je les croyais morts et pourtant ils reviennent dans le même anonymat qu’avant avec un superbe album de pop psychédélique, l’un des plus beaux qu’il m’ait été donné d’entendre en 2012 pour le moment.

Dès la première écoute le constat est sans appel. Caleb Pate et Nephi Evans n’ont rien perdu de leur verve et le son est impeccable (100% auto composé, joué et produit). Pendant ce long quinquennat de silence ils n’ont eu de cesse d’explorer leur musique, les genres, les possibilités de leurs guitares et l’électronique. Sur les thèmes de l’espace et de la densité, ou pour faire plus simple de la duplicité de la vie, ils ont composé un album space-pop de plus, perdu entre le late-80’s et le early 90’s. Pourtant ce n’est ni rétro ni trop penché sur les modes actuelles.

Comprenant qu’il vaut mieux livrer huit morceaux irréprochables que douze moyens, Seventeen Evergreen ne s’épanche pas. En à peine 36 minutes la messe est dite et on rappuie sur Play au moins deux fois d’affilé. D’ailleurs dès l’ouverture et le single "Polarity song" on sait à quoi s’attendre. Un beat électronique lourd, un clavier en boucle, et un effet général "feel good" à la MGMT qui ne laisse pas indifférent. Derrière c’est "Bucky" qui démarre en électro menaçante mais qui s’habille finalement en rengaine 8 bits, hand-claps millimétrés et clavier Kavinsky. Ca en deviendrait presque cheezy.

Puis c’est au tour de "President Clavioline" de partir bien loin, au niveau d’un Beta Band ou d’un Electric Prunes. La voix y est aussi perchée, l’orgue vintage et la guitare sèche sonnent carrément 60’s. Autant dire qu’on tient déjà là trois excellents morceaux sur trois. Et "Wasting time/Castlefield" continue de tracer l’album de manière dansante et habité comme le meilleur des pourtant décriés Empire Of The Sun. Sur "Del Paso heights" on retrouve stricto senso la ligne de basse de "Time to pretend" pour un morceau béat. "Fluorescent kind" se la joue plutôt instrumental, rythmé et atmosphérique. "Dancespider" et "Burn the fruit (Pegasus)" sont exactement du même acabit. Voilà, on est au bout et on rappuie sur Play, juste pour vérifier.

En bref : un duo de San Francisco déjà responsable en 2007 d’un super album psyché-pop remet le couvert et livre un parfait petit frère complètement perché mais accessible.





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03 avril 2012

Spectrals - Bad Penny (2011)

S’il est un disque qui ne mange pas de pain c’est bien celui-là. Destiné à la détente, il s’enfile en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire et dévoile sans bling-bling ni bang-bang une jolie petite collection de titres pop typés 60’s. Aussi bien que, même sorti en 2011, Bad Penny continue son bonhomme de chemin aujourd’hui. Tout juste accompagné par son frère à la batterie pour l’occasion, c’est le jeune anglais (21 ans) Louis Jones qui tient la barre tout le long de ce disque attachant et finalement très soulful.

Pour ce qui est de la voix on nage en plein Alex Turner façon The Last Shadow Puppets, un petit écho en plus. Du côté des guitares pour le moins cristallines on pense plutôt à l’Angleterre des années 80 façon Prefab Sprout. Enfin pour l’ambiance et la production c’est davantage un gentil Phil Spector que l’on entend (Louis Jones est un grand fan). Le disque dans son ensemble est lui très homogène, sans hauts ni bas, sans cesse nonchalant et candide.

Au registre des petites perles à écouter avant les autres : la poésie pop de "Many happy returns", le crooning fun de "Get a grip" ou le très anglais "Confetti". Presque ringard sur le thème de l’amour, le jeune Louis Jones sonne pourtant indémodable. Emprunt d’une douce mélancolie ("Lockjaw") il en devient même touchant.

Mais ce dont on se rend compte avec les écoutes, c’est que l’album est baigné dans une douce ambiance jazzy doo-wop. C’est flagrant sur "Luck is there to be pushed" avec son piano jazzy, sa basse et son strum délicat. Musique de fond pour certains, production au cordeau pour d’autres, Bad Penny semble en tous cas assez mûr et réfléchi pour être plaisant. A noter que Stephen Duffy de Duran Duran s’est chargé du visuel de la pochette.

En bref : dans un mood un peu jazzy mais surtout très brit pop, Louis Jones effleure les oreilles averties sans faire de vagues.





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Art Blakey and the Jazz Messengers - Moanin (1958)

Voilà du jazz qui saura séduire le lecteur moyen indie pop-rock de DODB, même le plus récalcitrant. La formule s'appelle Hard-Bop : vélocité des premiers bopeurs + retour aux sources de la musique afro-américaine (blues et gospel), le tout dans une combinaison consacrée (deux soufflants, trompette et ténor sax, piano, contrebasse et batterie). Tellement véloce que Horace Silver, pianiste participant aux premières moutures historiques du groupe, trouvait ça "funky"... Le tout au service de mélodies simples et directes, loin de la conception que les non amateurs se font du solo de jazz comme paraphrase infinie et illisible. L'album réunit, en effet, les titres les plus connus des Jazz Messengers et du Hard-Bop en général : "Moanin" et "Blues March".

Le titre d'ouverture "Moanin", fut un tube (qui finit par donner son titre à l'album sur un second pressage), mais il a pour moi un statut très singulier. Avec le solo de Lee Morgan, c'était la première fois que j'entendais des sons aussi étincelants et excitants, c'était la première fois que j'entendais les possibilités d'une trompette jazz, en terme de hauteur de son et de phrasé. La première fois peut-être aussi que j'allais vers un musicien non parce qu'il était reconnu par un sens commun de la critique (je n'avais jamais entendu parlé de lui) mais à partir des sons qu'il produisait. Il est là le son des Jazz Messengers, pas seulement dans le jeu de question-réponse entre le piano et les cuivres qui ouvre le morceau, mais aussi dans cette trompette staccato, aux aigus si précis et piquants, ce phrasé souple, rythmé par de fines altérations, qui font le style soul et funky de Lee Morgan, reconnaissable entre tous.


"Are you real" joue des possibilités de décalage entre les deux cuivres, sur une mélodie pop simple et rayonnante, composée par le ténor sax Benny Golson. Après avoir dansé sur "Moanin", vous vous retrouvez à chanter à tue-tête une mélodie du bonheur. La face A s'achève sur un titre délicieusement évocateur, "Along came Betty", dont le thème, joué à l'unisson par les cuivres, a été inspiré par une jeune femme prénommée Betty, et plus particulièrement par sa démarche. Il s'agissait pour le groupe de capter "l'effet musical de sa grâce et de sa féminité". Le tempo et le jeu lié des cuivres suggèrent cette démarche, tandis que les chorus dressent un portrait plus détaillé de la jeune femme et de son pouvoir de séduction. Là encore la trompette de Morgan est épatante.

La face B s'ouvre sur l'affolant "The drum thunder suite", où les maillets foudroyants de Blakey deviennent le centre organisateur d'une suite de trois thèmes qui nous propulsent à Hollywood, entre film noir, film de gangsters et suspens hitchcockien. C'est l'autre merveille de l'album. Mais il y a aussi le fameux "Blues March", où comment parvenir à faire swinguer une marche militaire, clin d'oeil aux fanfares de la Nouvelle Orléans.

Le dernier titre - seul standard de l'album : "Come rain or come shine"- prouve que les ardeurs hardbop sont compatibles avec un beau standard bien mélodieux.

En bref : le disque de Hard-Bop parfait, mélodieux, dansant, gorgé de tubes et de sonorités éclatantes.





"Moanin", version album :


"Moanin", version live, Belgique, 1958 :


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02 avril 2012

Howler - America Give Up (2012)

American Give Up est imparfait. Jordan Gatesmith a une sacré tête à claques. Son groupe n’invente rien. On va certainement les entendre en boucle tout l’été et très vite les oublier. Et pourtant America Give Up est bourré de tubes, Jordan Gatesmith a une belle voix grave, et on va prendre un malin plaisir à cruiser tout l’été au son de ce groupe très américain (pourtant préféré en Angleterre) qui -il faut le dire- n’aurait jamais existé sans les Strokes. Autopsie d’un plaisir coupable.

Une guitare surf, une intro calme et trompeuse, une mélodie farceuse, deux guitares qui se répondent et "Beach sluts" est lancé. Catchy et brut de décoffrage, Howler semble aimer la college power-pop. Même le graphisme de la pochette rappelle au Flying W de nos gentils Weezer. Ca semble aussi bien fait pour l’amateur de rock que pour faire danser les kids autour de la piscine.

Puis "Back to the grave" enfonce le clou. Ca sonne comme du Ramones, c’est jeune et on retrouve l’urgence typique d’un premier album. 32 minutes pour 11 morceaux soit un format de type punk-rock. Les riffs sont semi-lourds et le jeune Gatesmith (19 ans) s’amuse à aligner les hits concis et entêtants comme s’il devait tout dire en un seul coup. En dessous du par évidemment.

L’ambiance ne retombe que rarement et évoque vraiment Is This It sur le Stroksien au possible "Wailing (Making Out)". A couter aussi : le shoegaze de "Free drunks" et la surf-music "Black lagoon". En fait à bien chercher on ne s’ennuie jamais sur ce qui à priori devrait être le seul disque d’Howler à avoir. Le premier. L’outrancier. L’imparfait.

En bref : ne pas se fier au look et à la réputation mais apprécier ce disque power-pop américain comme il se doit, c'est-à-dire comme une bande originale d’été californien, cheveux au vent et vitres ouvertes.





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28 mars 2012

2011 ou l’année folle des Flaming Lips

Jamais le mythique groupe d’Oklahoma City n’aura été aussi prolifique qu’en 2011. Tout en démesure et en projets plus frapadingues les uns que les autres, la bande à Wayne Coyne semble ne jamais s’être arrêté d’expérimenter et de sortir des objets musicaux inconcevables en marge du classique format album. Alors certes il y a derrière tout ça une belle idée mercantile (des coffrets ultra limités à des prix exorbitants, essentiellement destinés aux fans hardcore) mais il y a surtout une créativité folle, on s’en doute fortement dûe à l'absorption de drogues hautes en couleurs. Petit résumé d’une année Lipsienne riche en psychédélisme bariolé :

"7 Skies H3", la chanson de 24 heures pour Halloween (31/10/11)

Pour célébrer Halloween comme il se doit, les Flaming Lips ont composé ce morceau de 24 heures, disponible intégralement en streaming mais également en édition limitée (13) sous la forme d’un crâne humain USB pour la modique somme de 5000$! J’avoue ne pas l’avoir écoutée en entier.

Le site pour écouter "7 Skies H3"

"I Found A Star On The Ground", 6 heures pour un morceau (22/09/11)

Les Flaming Lips jouent d’une traite ce morceau fleuve dont les paroles sont notamment composée de noms des personnes qui ont donné de l’argent aux associations chères au groupe. L’Ep est bien-sûr disponible en coffret collector stroboscopique ou entièrement téléchargeable. Sean Lennon y fait une apparition.

Le site avec les explications

"I Found A Star On The Ground" découpée en trois parties :


Sur scène avec Weezer pour créer les Weezer Lips (31/07/11)

Les Flaming Lips ont partagé la scène avec Weezer le temps de deux concerts pour jouer des morceaux partagés des uns et des autres, mais aussi du Black Sabbath.



Un Ep collaboratif sur la NASA et les acides avec Lightning Bolt (28/07/11)

Le duo primal Lightning Bolt a collaboré le temps de quatre titres avec les Flaming Lips pour accoucher d’un Ep de 4 titres aux noms tous plus barrés les uns que les autres : "I’m Working At NASA On Acid", "I Want To Get High But I Don’t Want Brain Damage", "NASA's Final Acid Bath" et "I Want To Get Damaged But I Won’t Say Hi".

"I’m Working At NASA on Acid" :


"I Want To Get High But I Don’t Want Brain Damage" :


"NASA’s Final Acid Bath" :


"I Want To Get Damaged But I Won’t Say Hi" :


Un Ep de trois titres sur clef USB au sein d’un fœtus en gélatine (09/06/11)

Après le crâne et le vagin, c’est au tour du fœtus en gélatine de voir le jour chez les Flaming Lips avec le Gummy Fetus Ep, qui contient donc comme d’habitude sa clef USB à l’intérieur. On y trouve encore des titres à rallonge : "Enthusiasm For Life Defeats Existental Fear Part 2", "Steven's Moonbow" et "Squishy Glass".

"Enthusiasm For Life Defeats Existental Fear Part 2" :


"Steven's Moonbow" :


"Squishy Glass" :


Un Ep en collaboration avec Prefuse 73 (25/05/11)

Les Flaming Lips s’associent à Guillermo Scott Herren pour sortir un Ep ultra limité et marbré de 4 titres.

"Supermoon Made Me Want to Pee" :


"Heavy Star Movin'" :


"Be Like That That That" :


"Guillermo's Bolero" :


Le Gummy skull, Ep de 4 titres dans un crâne en guimauve (21/01/11)

Le principe est simple, manger le crâne pour pouvoir manger le cerveau pour pouvoir trouver la clef USB qui contient l’Ep. Les crânes pèsent 3 kilos et valent 150$ chacun.

"Drug Charts" :


"In Our Bodies Out Of Our Heads" :


"Walk With Me" :


"Hillary's Time Machine Machine" :


Un Ep sous acide avec Neon Indian (25/03/11)

Edité en vinyle à 1000 exemplaires (sold out) la collaboration des Flaming Lips avec Neon Indian est un joyeux bordel blindé d’effets psychédéliques, gentiment composé sous acides. Les titres valent encore leur pesant d’or : "Is David Bowie Dying? ", "Alan's Theremin", "You Don't Respond", " Do You Want New Wave Or Do You Want The Truth Part 2".

L’Ep en écoute intégrale :



Zaireeka retravaillé en 12 pistes sur téléphones portables (15/01/11)

Zaireeka c’est ce fameux album divisé en 4 cd destinés à être joués simultanément sur 4 appareils distincts. Et ien les Flaming Lips ont eu l’idée lumineuse de le séparer en 12 pistes et de le rejouer sur 12 téléphones portables simultanément. Il fallait y penser.

Démo :


Résultat final :


A noter que les Lips ne se reposent pas sur leurs lauriers puisque l’année 2012 s’annonce également très charge avec (entre autres) la sortie d’une compilation d’inédits avec (entre autres) Nick Cave, Yoko Ono, Bon Iver ou Wilco pour une reprise des Beatles, mais aussi des reprises de Woody Guthrie et Sean Lennon sur Ipad, un documentaire sur The Soft Bulletin ou encore une comédie musicale sur le thème de Yoshimi. Les fans n’ont pas fini d’en avoir pour leur argent.

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27 mars 2012

Disappears - Pre Language (2012)

Avant que le soleil et la chaleur ne s’emparent de notre territoire, je voulais m’attarder une dernière fois sur un disque hivernal, en l’occurrence le troisième effort du trio Disappears en provenance de Chicago. La nouveauté de ce disque, immanquable, n’est autre que la fraiche arrivée au sein du groupe de Steve Shelley, batteur de Sonic Youth. De quoi redynamiser tout ça et commencer à s’assoir sur un style bien précis, le shoegaze krautrock.

Pre Language est donc un album sombre et anxiogène. Malgré quelques incursions mélodiques inaccoutumées pour le groupe, l’ensemble est extrêmement minimaliste et répétitif ("Joa", "Love drug"). La guitare est menaçante, la section rythmique tendue et rêche, et l’on pense beaucoup à Spacemen 3, Suicide et consorts. Néanmoins Disappears s’engage parfois dans un registre un peu plus pop ("Hibernation sickness", "Brother Joliene") et tend alors vers Pavement.

Travaillé sur les routes de tournée, Pre Language est immédiat et hypnotique. Sur les neuf titres que compte l’album la tension redescend rarement. Certains titres bouillonnent même d’une certaine sensualité noire. Je pense à l’excellent "Fear of darkness", à l’incroyable ouverture "Replicate" ou encore au titre qui donne son nom à l’album. La voix de Brian Care évoque bien souvent The Fall aussi. Une bien belle claque un lendemain de cuite.

En bref : distorsions angoissantes et éclaircies mélodiques pour un disque rock éclair.




Leur site officiel, blog et Soundcloud

Acheter  Pre Language chez l'International Records


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