04 septembre 2009

The Arctic Monkeys - Humbug (2009)

Pour sa grande rentrée, Dodb ne va pas vous présenter le groupe inconnu de l’année mais ne va faire qu’emboîter le pas à la quasi-totalité de ses collègues, juste pour donner son humble avis sur le nouvel opus du plus sûr espoir rock anglais depuis 2006. A l’époque, Whatever people say I am, that’s what I’m not avait eu l’effet d’une bombe. Brûlot spontané délivré de main de maître par un quatuor passant encore sous la barre des vingt ans, il ouvrait la voix à un avenir musical tout tracé. Quant l’année suivante les quatre de Sheffield reviennent avec le très pop Favorite worst nightmare, la presse se joue rapidement de l’expression consacrée d’album de la maturité. Alors que non. Si l’adage doit vraiment être utilisé, c’est davantage sur ce dernier qu’il peut s’accorder. Et force est de constater que la maturité ça n’est pas très excitant.

Tout le monde le sait, le bouche à oreilles a bien fonctionné, le roukmout Josh Homme (QOTSA) s’est chargé de la moitié des enregistrements de ce Humbug dans son propre studio, James Ford le producteur habituel s’étant quant à lui occupé de l’autre moitié. Eh finalement, la patte désertique que l’on était en droit d’attendre se montre assez timide. Certes le son s’est légèrement américanisé, mais c’était déjà le cas sur la parenthèse The Last Shadow Puppets qui n’en finit pas de révéler ses qualités avec le temps, qui l’eut cru ? Tout juste "Potion approaching" et "Pretty visitors" témoignent du rythme saccadé cher à Josh. Pourtant dans l’ensemble l’innovation a bien eu lieu, et l’on a droit à un album lourd, rugueux et plus sombre qu’à l’accoutumé.


Ce qui est un peu dur à comprendre, c’est quand on lit dans les lignes des deux duettistes de la presse rock française (qui leurs consacrent chacun leur couverture) que le groupe aurait enregistré le double de chansons pour finalement n’en retenir que 10, soient 39 minutes de musique. Un peu gênant quand finalement un titre sur deux semble réellement inspiré. Cependant même mitigé, Alex Turner (né en 1986) reste un poète contemporain et un vrai songwritteur. En servant moins de tubes et en ralentissant le tempo, il installe une tension presque étouffante.

A retenir donc, les deux morceaux introductifs dans une veine plus habituelle que sont "My propeller" et "Crying lightning". Du Arctic Monkeys comme on l’aime, évident comme bonsoir, malgré un début de retenue."Fire and the thud" à la rigueur, "Dance little liar" aussi pour sa slide et sa lancinance sans oublier the last but not least "The Jeweller’s hands" qui emmène assez loin et clôt le disque en beauté. Etrangement, je me dis que je vais l’aimer de plus en plus avec le temps cet album.

En bref : les Arctic Monkeys se prennent au sérieux et ils ont raison. Le résultat est cependant moins direct et moins fun qu’avant. C’est peut-être tant mieux.




Le site officiel et le Myspace

A lire aussi : The Wave Pictures - Instant Coffee Baby (2008)

"Potion approaching" en live :

8 Comments:

Fabien said...

La grande rentrée de dodb c'est ton retour de vacances :-)

Ju said...

La grande rentrée dodb c'est une expression pour insuffler de l'énergie à l'équipe. Cohésion les mecs, cohésion !

Chris said...

sinon ne trouvez vs pas que Alex Turner chante différemment jusqu'à en plagier Morrissey sur Cornerstone par ex? un peu gênant ça...alors que l'album est très bon sur la "longueur"

Nickx said...

J'ai adoré le 1er album, et décroché sur le second ! Le Last Shadow Puppets sonne super, mais ce n'est pas un album, car es chansons font défaut ! Je n'ai pas encore écouté cet album, à part des extraits par l'intermédiaire de Ju, et je trouve ça bof, bof...A voir.......

Francky 01 said...

Hello DODB !

Je n'ai pas encore écouté le dernier Arctic Monkeys. Ni le deuxième non plus d'ailleurs. Pour le premier, j'ai attendu longtemps, presque ans après sa sortie.
Rappelez vous : 2006, énorme buzz autours de ce jeune groupe. Presse, radio, internet, impossible de les éviter. On parlait presque plus du record historique des ventes de l'album en première semaine que de son contenu. Cette "hype" massive m'a fait fuir. Après ce ramdam passé, j'ai succombé à la tentation.
Sympa mais bon.....
The clash jammant avec The Specials et chanté par un phrasé à la The Steets rock !!!

A + !!!!

Nickx said...

Comme toi Francky, je n'ai pas succombé à la hype, loin s'en faut ! Du reste, pour qu'un groupe anglais de jeunes branleurs me fasse succomber à la hype, il faut se lever tôt !

J'ai pris ça, une fois le soufflet retombé, et le 1er LP demeure aujourd'hui un classique indémodable, à la façon des groupes que tu cites !

Depuis, et je suis d'autant plus à l'aise pour dire ça que je n'ai donc pas fait partie des "découvreurs",

je troupe que ce groupe, par ailleurs excellent live, et plutôt meilleur que la moyenne, voit son passé de jeune groupe branleur désespérément anglais dans le son, le rattraper !

J'ai l'impression qu'ils ont tout dit et tout montré avec Whatever...

SysTooL said...

Vraiment beaucoup aimé cet album!!

Il a pas l'air comme ça, mais après 2-3 écoutes, il m'a vraiment séduit... et là je l'écoute tous les jours très volontiers!!

Un des albums de l'année, tout simplement!! Cohérent de bout en bout, inspiré et énergique

Systool

Mickael Choisi said...

Il devrait bientôt me parvenir, mais les quelques extraits entendus m'ont vraiment plu, un peu moins up tempo il m'a semblé, ça a l'air assez carré...Je les aime bien, ces petits jeunes.