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05 juillet 2023
Michel Houellebecq - Présence Humaine (2000)
Les exemples d'écrivains s'étant lancés dans la musique et a fortiori à avoir transformé l'essai ne sont pas légion. On pense bien évidemment en premier lieu au formidable essai de Jack-Alain Léger alias Dashiell Hedayat et son Obsolète de 1971. L'histoire n'est jamais gagnée d'avance.
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03 juillet 2023
RVG - Brain Worms (2023)
2023 est l'année des sigles. Après CVC, voici RVG pour Romy Vager Group. Pas grand chose à voir pour ce qui est de l'humeur accorte, un peu l'opposé même. Romy native d'Adelaïde dont elle a fui l'esprit étriqué, en est déjà à son 3ème album sous cette bannière. Et a trouvé ses compagnons de jeu à Melbourne.
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29 juin 2023
Love And Rockets - Sweet F.A. (1996)
Cet album de Love And Rockets (le 6ème et avant-dernier) est le plus rasséréné de leur discographie. Aucun besoin de séduire ni de déployer la carte radiophonique. Depuis l'album éponyme de 1989 (pas le meilleur) qui les a vu cartonner et rallier les charts US, le trio de Northampton n'a plus rien à prouver et fait ce qu'il lui plaît. Un excellent album ambient (Hot Trip To Heaven) est depuis passé par là, rompant les schémas pop d'antan.
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22 juin 2023
The Electric Prunes - I Had Too Much To Dream (Last Night) (1967)
C'est l'histoire d'un garage band comme il y en eut des milliers aux USA. Eux venaient de LA et tout en créant principalement les chansons des autres, sont rentrés dans l'histoire. Explication.
En 1967, quatre jeunes angelenos jouent depuis déjà quelques mois une surf music mâtinée de rhythm and blues et au quatuor initial initialement nommé The Sanctions puis Jim and The Lords, s'adjoint rapidement un nouveau membre prêt à en découdre.
Le noyau dur composé de Jim Lowe (leader beau gosse et chanteur) et Mark Tulin (basse et orgue), principaux pourvoyeurs de chansons, a déjà enregistré une paire de singles pour Warner/Reprise, du rhythm and blues avec Bo Diddley beat de rigueur, mais hélas ces titres ("Ain't it hard", "Little Olive") n'ont obtenu qu'un succès modeste.
C'est là que le producteur omnipotent du groupe Dave Hassinger, décide de faire appel à des songwriters pour pourvoir en chansons ses protégés qui entre temps ont eu la bonne idée de se frotter au psychédélisme. Si on connaît les grands duos d'hommes (Leiber and Stoller, Pomus et Schuman) voire les trios (Holland/Dozier/Holland) ou bien les binômes mixtes (le mythique couple Goffin/King), on connaît moins les duos féminins. Or Annette Tucker et Nancy Mantz seront les auteures/compositrices des futurs succès des Electric Prunes ; la première a déjà fourbi ses armes en écrivant pour Frank Sinatra, et écrira pour Tom Jones ou... les Jackson 5, excusez du peu.
Et ça démarre fort : la chanson-titre du premier Lp des garçons est un hit et accessoirement un morceau monstrueux que tous les apprentis garagistes de la planète ont repris : l'un des 5 plus grands singles de la fertile scène US. Ce titre seul est dépositaire du son infernal, principale signature des Electric Prunes, au-delà même des chansons fabuleuses de leur répertoire. Tout le monde connaît ce tremolo de guitare en ré qui déchire l'intro de "I had too much to dream (last night)".
S'ensuit "Bangles", fabuleuse composition extérieure (de Joe Walsh) créée par le groupe introduite soit par un Moog soit par une guitare trafiquée... en tout cas cela sonne comme un basson ! Puis la délicate ballade "Onie", romantique et belle comme du Everly Brothers.
"Are you lovin' more (but enjoying less ?)" - quel intitulé - est un autre des moments forts du Lp, guitares qui claquent, chambre d'écho affolante, petit Farfisa aigrelet ; tout concourt à faire de ce morceau un titre parfait. Composé par Jim Lowe et ses hommes, la dreamy "Train for tomorrow" évolue en tournerie jazzy, dans une outro de haute volée.
Puis "Sold to the highest bidder" est une endiablée danse aux accents kazakh emmenée par une irrésistible ligne de mandoline.
"Get me to the world on time" enfonce le clou de "I had too much"... en face B, tandis que Luvin', autre composition de Jim Lowe est un blues lardé d'écho. Irrésistible hymne macho (et pourtant écrit par un duo féminin), "Try me on for size" qui trouve le chanteur à son plus guttural est un peu le "Under my thumb" des Prunes….et accessoirement la version embryonnaire du « Si tu veux m’essayer » de Florent Pagny à paraître des années plus tard..
N'était un brelan de morceaux plus anodins et parfois décriés en face B - et encore - "The king is in the counting house" et son clavecin baroque ferait une mignardise Kinksienne du plus bel effet, on est frappé de la force de persuasion des Electric Prunes et de leur feedback à nulle autre pareil.
Aucun groupe n'a jamais sonné comme ça, à part peut-être les très culte The Balloon Farm qui à la même période pondaient un "Question of temperature" (repris notamment par les Lords of The New Church), seule chanson des Electric Prunes que les Electric prunes ont oublié d'écrire. Bill Inglot ingénieur du son et spécialiste des remasterisations de classiques, confessait n'avoir jamais pu percer le secret des enregistrements quatre pistes du groupe, préférant ainsi laisser intacte la matrice dans son travail de réédition.
En 1967, paraîtront également "Underground" deuxième album fabuleux et chant du cygne composé quasi intégralement par le groupe avec un mix douteux de Hassinger qui renforce d'autant son étrangeté. Puis une messe psychédélique sur laquelle ne subsistent que trois membres du groupe.
Avant que Hassinger ne phagocyte totalement l'entité Electric Prunes en utilisant le nom (fait commun à l'époque, voir The Strawberry Alarm Clock entre autres) substituant au merveilleux quintette originel un aréopage de tacherons qui enregistrerait deux derniers albums terriblement vains et sans la moindre filiation sonore ni généalogique.
En bref : les chansons et le son : une alchimie unique qui fait des Electric Prunes un groupe définitivement à part et essentiel du fertile âge d'or des garage-bands US.

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22 mai 2023
CVC - Supersonic (Paris) - 18/05/23
Dès notre arrivée à l'angle de la rue Biscornet, point de doute possible : le meilleur groupe gallois actuel du monde est en ville : la balance dévoile déjà la rythmique de l'infernal "Good morning Vietnam", l'un des meilleurs titres du sextuor.
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27 avril 2023
Alice Cooper - School's Out (1972)
Le début / milieu des années soixante-dix s'apparente pour Alice Cooper (le groupe) qui d'ailleurs n'y survivra pas, à un âge d'or. Après deux albums encore un petit peu mal dégrossis, tout se met en place dès Love It to Death (71) et le restera jusqu'à Billion Dollar Babies et à un degré moindre Muscle of Love, tous deux de 1973. Puis ce sera l'implosion du groupe.
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25 avril 2023
My Bloody Valentine - Loveless (1991)
Au commencement était My Bloody Valentine, énième avatar noisy de la scène britannique ayant eu son petit succès d'estime en tournant dans les pays anglo-saxons. Une fois débarrassé de son premier chanteur et après avoir recruté la belle Bilinda Butcher (voix, guitare) à sa suite, le monomaniaque irlando-new yorkais Kevin Shields lance les grandes manoeuvres.
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CVC - Get Real (2023)
CVC sont six. Voici pour l'exercice de diction. Alors quid de cet acronyme ? Les 6 jeunes gens qui officient sous cette bannière sont gallois et amis d'enfance, s'attifent dans le noir en piochant dans des malles hétéroclites et portent haut et fier longues tignasses et moustaches.
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23 avril 2023
Quasi - Urban Spree (Berlin) - 18/04/23
On les avait quelque peu perdus de vue mais ils sévissent toujours. Ils étaient même en 2022 les auteurs d'un dernier album assez épatant (Breaking The Balls of History).
Les partners in crime de l'indie rock et ex couple à la ville que sont Sam Coomes (orgue saturé) et Janet Weiss (ex-Sleater Kinney) n'ont semble-t-il jamais laissé en repos leur duo Quasi né à la fin des nineties.
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17 avril 2023
William Sheller - Epures (2004)
Sous un portrait dessiné par Seb Jarnot qui signera aussi un an plus tard l'illustration de Parade au Cirque Royal, parfaitement raccord au contenu de son 11ème album studio, Sheller à la croisée des chemins se réinvente en cette année 2004.
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08 mars 2023
Belle & Sebastian - Late Developers (2023)
Comment peut-on être si douloureusement schizophrène ? Tout le monde aura remarqué que Belle & Sebastian jadis intrépide escouade de poppeux écossais reconvertis mainstream, avait pour le moins ruiné ses récents disques du fait d'effets de production parfois grossiers. Y compris sur leur précédent A Bit Of Previous, paru seulement un an avant Late Developers et qui annonçait un regain de forme.
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01 mars 2023
The Brian Jonestown Massacre - The Future is Your Past (2023)
L'animal a osé le gimmick. Le même dont Beck avait usé pour sa chouette box de The Information. Ici des crayons de couleur sont fournis pour customiser sa pochette vinyle de The Future is Your Past.
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18 février 2023
John Cale - salle Pleyel (Paris) - 14/02/23
Bon, on n'en voudra pas à notre héros. Mais 5 titres de son épuisant Mercy récemment paru, c'était sans soute trop pour nos retrouvailles.
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22 janvier 2023
The Nomads - Paloma (Nîmes) - 21/01/23
courtesy of Sylvain Mullerium
Les vétérans étaient ce soir à l'honneur à la Paloma de nos amours. Pour ouvrir le set des furieux et mythiques Nomads qui sont la preuve qu'il y a eu du rock en Suède avant les Hives, le retour du groupe niçois Dum Dum Boys. Dont on avait fini par croire qu'ils étaient d'Occitanie tant ils ont tourné ici. Las, retrouvailles mitigées. La faute à une guitare inaudible, au jeu très cabot d'un bassiste voulant sonner saturé comme Lemmy Kilmister. Enfin à un répertoire que la reverb rend uniforme et qui n'était "Ann" ne convainc guère. C'est ballot, "Ann" c'était l'un des titres mythiques du premier Stooges.
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19 décembre 2022
Top Dodb 2022
Voici venue l'heure du traditionnel top album de fin d'année de DODB. On y trouve encore une grande diversité, chacun y défendant sa chapelle, de l'Americana de Dawes qui a conquis Nickx au joyeux foutoir psychédélique des King Gizzard pour Ju en passant par la pop céleste de Other Lands chère à Bouddahnight ou encore le prog métal de Meshuggah pour HIPHOP. Mais pas que. Parce qu'on parle ici de 32 albums tous aussi différents les uns que les autres. 32 petits univers à découvrir ou redécouvrir. En attendant l'année prochaine. Bonnes fêtes !
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