20 novembre 2016

Monophonics - Paloma (Nîmes) - 19/11/16

courtesy of Miss Olivia Marco

L'émotion est de rigueur dès que le sextette de Frisco investit la scène surélevée du Club. Kelly Finnigan, le très habité chanteur-organiste de Monophonics n'oublie pas en effet l'hommage attendu de la part de son groupe, à Sharon Jones disparue la veille. Et c'est à une minute de silence inhabituelle mais religieusement respectée que le leader de la formation soul/rythm and blues invite le public.


Lire la suite

02 novembre 2016

Clinic - Free Reign (2012)

"To give free rein" signifie lâcher la bride en anglais, plus exactement "donner libre cours à son imagination" ; c'est peu dire que le quatuor inclassable liverpuldien a usé de cette homophonie pour l'élaboration de son 7ème album.

Ici, tous les anciens reliquats pop-surf à base de masques de chirurgien - c'est ainsi qu'ils aiment à s'affubler lors de leurs concerts - s'évanouissent peu à peu, pour laisser place à un krautrock invertébré.


Lire la suite

28 octobre 2016

Preoccupations - s/t (2016)

Il n'y a qu'à imaginer de nouveaux fers de lance du rock français qui porteraient le patronyme de Fellaghas ou bien Néo-Destour ! Et on aura une idée de ce que le quatuor venu de Calgary (Canada) a pu endurer de son administration : concerts annulés, pression...

Bref, sans soute le nom de Viet Cong était-il devenu trop lourd à porter... Qu'importe le flacon ; pourvu qu'on ait l'ivresse  c'est ce qu'ont dû se dire Matt Flegel et ses copains, qui reviennent avec un album sombre, aux voix sépulcrales et à l'humeur toujours rieuse.


Lire la suite

27 octobre 2016

The Flying Machine - The Flying Machine (1969)

Si pas grand monde ne se souvient de ces machines volantes c'est sans doute à cause du groupe US du même nom emmené par James Taylor, pourtant pas plus prolifique que le groupe UK qui nous occupe. Assez vite catalogué "One hit wonder" pour ceux qui daignent bien s'en souvenir (l'imparable "Smile a little smile for me"), le quatuor de Tony Newman n'a en effet livré que deux albums complets (celui-ci et Down to Earth with The Flying Machine un an plus tard, que je n'ai pas encore eu la chance d'écouter mais qui n'est en fait qu'une version remaniée du même album). Mais loin de n'avoir qu'une seule cartouche dans leur chargeur, les Flying Machine déroulent sur ce disque court (30 minutes max) quantité de tubes calibrés pour d'ensoleillés dimanches matins.


Lire la suite

25 octobre 2016

Blues Pills - Paloma (Nîmes) - 23/10/16

courtesy of Olivia  Marco

Si un support-band donne le fil conducteur d'une soirée, alors pas de doute : ce nouveau This Is Not A Love Night ne fait pas la part belle aux tapettes. Les teutons de Kadavar, nantis d'un son énorme, déroulent en mode power trio leur stoner surpuissant et leurs références qui puisent dans la New wave of British Metal, battant le secret des riffs sacrés de Tommi I. et Jimmy P. Pillés on le sait par la NWOBM.


Lire la suite

23 octobre 2016

Nick Cave And The Bad Seeds - Skeleton Tree (2016)


Il y aura toujours des auditeurs sots - certains sont malheureusement critiques - pour refuser une démarche artistique, une orientation musicale, dès lors qu'elle ne correspond pas à leurs canons. (Dieu merci, la toujours pertinente Isabelle Chelley n'est pas de ceux là.)

Beaucoup associent ainsi Nick Cave exclusivement à ses toxiques ruades rock and roll, le cantonnant paresseusement à ce blues gospel déstructuré, frénétique et dérangé dont on peut trouver les meilleurs moments dans Tender Prey, Let Love In et Abattoir Blues notamment.


Lire la suite

24 septembre 2016

PJ Harvey - The Hope Six Demolition Project (2016)

Déjà le 11ème album pour Polly Jean. Il semble loin le temps de la découverte de cette jeune brune austère à tête de ritale énervée qui racontait ses problèmes menstruels, et voulait faire leur fête à tous les mâles de la terre.

C'étaient les années Lenoir, ces années où le rock britannique, au sortir de la vague Madchester avait encore le vent en poupe. Et voila qu'apparaissait ce petit bout de femme rappelant vaguement Patti Smith pour le côté vindicatif qui en mode trio, procurait le temps de deux albums et notamment du debut Dry, tous les motifs de s'enthousiasmer pour le rock au féminin.
Aussi dangereux et abrupt qu'un disque de riot girrrl, pas moins .



Lire la suite

05 septembre 2016

Ukandanz - Awo (2016)


La musique éthiopienne est un virus redoutable, surtout dans ses hybridations rockn'roll, qui savent toucher les petits blancs que nous sommes (The Ex avait déjà réussi à débaucher le grand Getatchew Mekuria,voir dans ces colonnes, "king of the ethiopian saxophone"). Car  Ukandanz n'est pas un groupe natif d'Addis Abeba : c'est à la base des gars qui font du noise/math rock, de la musique un peu barrée et inventive, qui exige d'un guitariste qu'il connaisse un peu plus que sa pentatonique mineure et ses plans blues piqués à Keith Richards ou Clapton.

Lire la suite

31 août 2016

Jazz à Montreux - Meshuggah/Slayer- 6 juillet 2016


Ah le jazz à Montreux ! C'est comme on l'aime, tourné vers le futur, assoiffé d'expérimentation, c'est-à-dire avec des grosses guitares et des tatouages ! "jazz is not dead, it's smell funny", disait mon moustachu guitariste préféré... mais alors là, le jazz smells carrément bizarre, avec au programme de ce 6 juillet un battle inespéré : Meshuggah contre Slayer. Quelques mots de présentation, car nous ne sommes pas très coutumiers, à Dodb, des cornes de boucs et autres mosh pits.


Lire la suite

04 juillet 2016

The Pretty Things - Secret Place (Montpellier) 02/07/16


Dans ce haut lieu du garage, de la oï et du punk survitaminé, où seuls les groupes à guitares ont droit de cité, le rocker lambda avait rendez-vous ce samedi avec des légendes du British Beat.

Le Secret Place de Saint-Jean-de-Védas donc, ses plafonds bas, sa petite scène, sa drôle de configuration en L, sa sono euh... douteuse et son ambiance tellement roots et sympathique accueille les Grys-Grys, furieux groupe local à croisement de Supergrass (les rouflaquettes du chanteur) et de BJM (pour les tambourins et maracas du Joël Gion du cru). Ces locaux nous ont enchantés via deux EP en écoute sur les différentes plateformes. Où le rhythm and blues le dispute au garage le plus teigneux.


Lire la suite

07 juin 2016

#TINALS - An IV - Chapitre 3 - 05/03/16


Pour des raisons tant auditives que de parti-pris, le troisième et dernier volet de cette édition du TINALS 2016 ne paraît pas nous être le plus destiné sur le papier. Même si ici ou là, quelques noms ont été déjà été cochés.

Commencée sous une cagne conséquente, bien loin des précipitations tant redoutées, direction la Flamingo pour le set des très attendus  marseillais de Quetzal Snakes.


Lire la suite

06 juin 2016

#TINALS - An IV - Chapitre 2 - 04/06/16


Le Grand Soir

C'est avec un planning minuté aux petits oignons que nous investissons à nouveau la place. Sans doute passons-nous à côté de quelque chose de chouette pour ce qui est de la tribu australe de No Zu qui aux dires de nombre de festivaliers, aura mis le feu à la Grande Salle avec son set bigarré et festif. Dont acte. Le meilleur est à venir.


Lire la suite

05 juin 2016

#TINALS - An IV - Chapitre 1 - 03/06/16


TINALS, 4ème du nom donc. Déjà, serait-on tenté de dire, tandis que les esgourdes encore remplies du cru précédent, on a conscience que cette nouvelle mouture bénéficie d'un décalage bienvenu d'une semaine, intempéries obligent !

Cette année, le festival passe à la phase supérieure avec la création d'une deuxième scène extérieure, la Mosquito, qui on le subodore au vu du line-up, apportera forcément son lot de surprises. Agencé différemment au niveau de ses stands, le site offre une profondeur nouvelle et c'est tant mieux !

En attendant, c'est tout juste sortis des bouchons de la périphérie nîmoise que l'on s'apprête une nouvelle fois à en découdre.


Lire la suite

13 mai 2016

King Gizzard & The Lizard Wizard - Concert au Ritz de Montréal le 11/05/16


Les voilà enfin ces australiens dont tout le monde parle, bien partis pour voler la vedette au désormais pachydermique Tame Impala. C'est donc avec autant d'excitation que de Z dans leur nom que je rejoins l'incontournable Ritz de Montréal, sold-out pour l'occasion

Lire la suite

14 avril 2016

Field Music - Commontime (2016)

Pour les retardataires - mais leur rayonnement demeure très insulaire - les deux frangins du Wear Peter et David Brewis usinent une discographie sans faille dès le début des années 2000. 
Ceci est leur 5ème album, si l'on ne tient pas compte de la compilation excitante de B-sides des débuts (Write..) ni de Field Music Play.... (leur album de reprises), ou bien de la bande-son Music For Drifters de 2015.

Plus rien néanmoins depuis le Plumb de 2012, une éternité donc qui avait vu les deux frères pérenniser des projets parallèles (School Of Language pour David, The Week That Was pour Peter), et un break salutaire nourrir leur nouvelle oeuvre d'expériences domestiques telles le couple, la paternité.

A dire la vérité, ça n'est pas tant pour cette mise en abyme réitérée du moi amoureux que l'on s'entiche tant de la musique de ces deux oiseaux-là. Commontime, et par delà ses prédécesseurs, renvoie à tout un inconscient rêvé de musique anglo-saxonne et à cette post-punk tant vénérée et fêtée dans nos contrées. Si l'on ne s'étonnera pas de distinguer ici ou là tel emprunt à The Knack ("Same Name") tellement empreint  de ces influences new-wave new yorkaise et anglaise - on devine Peter et David férus de Talking Heads - on est frappés de la manière dont tout ceci est à présent digéré dans un univers du tout possible, où le funk robotique de XTC ou de Devo règnerait en maître ("I'm Glad").

Ici à nouveau, un double album à la durée décente (une heure), qui reprend les choses là où (Measure) les avait laissées. Mais la nouveauté, c'est que la recette parfois éprouvée dans le passé, fonctionne à merveille lors de ce chapitre, dont on ne saurait détacher tel titre plus qu'un autre. Tout juste note t-on une entame des plus accortes "The Noisy Days Are Over", et sa rythmique bien évidemment syncopée qui a le bon goût d'intégrer un final à renfort de saxophone dissonant du plus bel effet, que n'aurait pas renié un Prince à son plus jazzy - le Maître ayant d'ailleurs dans un Tweet célèbre adoubé le morceau.

On fera fi des voix blanches impersonnelles de Peter et David, qui évoqueront ici où là tel Win Butler (Arcade Fire) ou Joseph Mount (Metronomy) voire Kevin Barnes (Of Montreal) pour s'attarder davantage sur la musicalité et l'audace du duo qui n'a pas son pareil pour torcher des morceaux à l'apparente immédiateté mélodique, mais qui néanmoins reposent sur de sacrés changements d'accords, de ruptures harmoniques. ("Indeed It Is", et son piano typiquement percussif, "How Should I Know If You've Changed", "That's Close Enough For Now", et ses inénarrables  bruits de bouche et talk-box signés Peter.

La production dépouillée sait aussi à l'occasion inclure cordes et anches du plus bel effet : la très tendre "The Morning Is Waiting", "It's A Good Thing" ou  bien "They Want You To Remember." au violoncelle enchanteur.

Mais Field Music sait aussi jouer la jouer plus catchy ; dans cet exercice, outre "The Noisy Days...", on les retrouve très convaincants dans "But Not For You", "It's A Good Thing", l'épiphanie "Stay Awake" et ce très curieux "Trouble At The Lights" qui rappelle un peu l'esprit aventureux du Knack, et qui est un peu à la discographie de Field Music ce que "Africa" fut aux new-yorkais d'hier, en terme de rupture thématique d'album (Round Trip - 1981).

Une collection d'influences qui ne doit pas faire fuir le chaland, mais au contraire inciter le curieux avide de nouvelles horizons musicales à découvrir l'un des secrets les mieux gardés de la musique britannique actuelle.

Dont la paire de compositeurs hors pairs qui le compose rappelle encore et toujours les divins Squeeze, probablement l'un des derniers duos d'importance en matière de savoir-faire pop de la perfide Albion.  C'est dire le niveau d'excellence atteint par les frères Brewis.

En bref : le meilleur groupe britannique actuel que personne ne connaît remet ça, et livre ce qui ressemble fort à son meilleur album. Avec de rares mais très pertinents arrangements ici ou là, voila un groupe et un disque qui évoquera Squeeze, autre secret très bien gardé des 80's. Une nouvelle leçon de songwriting classe et définitive.






Le clip de "The Noisy Days Are Over",  ou une hilarante visite guidée de Sunderland  :



"Indeed It Is" :



un lien vers le finale de "Trouble At The Lights

Lire la suite