19 janvier 2010

Wilco - Yankee Hotel Foxtrot (2002)

A défaut d’être excité (pour le moment) par 2010, replongeons-nous dans les classiques, ici l’un des tous meilleurs des années 2000, et probable sommet d’un groupe que tout le monde (re)connait vite fait, mais qui finalement est assez difficile à cerner. On le dit dur d’accès ce quatrième album, alors que pas vraiment. Certes on entend quelques bruits parasites anti FM par-ci par-là, mais globalement il n’est pas plus ardu qu’un Radiohead par exemple. Tout comme le combo d’Abingdon, Wilco cultive l’art de l’expérimental accessible. Car finalement ce que l’on ressort de ce disque maudit (vous verrez pourquoi), ce sont ses émotions, son ambiance et sa beauté. Un disque comparé à Sister Lovers (Big Star), Automatic For The People (REM) ou encore OK Computer, du genre à faire se pâmer Rolling Stone, Uncut ou encore Pitchfork (l’un de leurs rares 10.0 jamais décerné).

Tout d’abord l’équipe. Jeff Tweedy bien-sûr, mais aussi et pour la dernière fois le regretté Jay Bennett à la guitare, John Stirratt à la basse et le multi instrumentaliste Ken Koomer remplacé par Glenn Kotche. Jim O’Rourke s’empare alors du mixage et les problèmes vont commencer. Reprise, qui devait sortir le disque, ne trouve plus assez de potentiel commercial à l’album (streamé avant sa sortie à plusieurs millions d’exemplaire, vendu à 500.000 aux USA, s’cusez du peu !) et c’est finalement Nonesuch Records qui s’y colle. Trois ans de galère durant lesquelles Tweedy et ses amis ont du racheter eux-mêmes leurs bandes pour pouvoir les réutiliser, une sortie prévue au 11 Septembre 2001 (z’avez remarqué les deux tours sur la pochette ? Ca craint…). Bref, ça s’annonçait mal et pourtant…

Qu’était donc devenu le son du très cool Summer Teeth (1999) ? Et bien c’est toujours aussi cool, avec des morceaux enjoués qui naviguent aux côtés de Pavement ou Beck, tels "Kamera" ou "War on war". En majorité acoustique (mené par le piano ou la guitare), le nouveau Wilco continue de recycler son Americana en pop, en y mettant beaucoup de mélancolie ("Jesus etc") ou d’ampleur avec cordes et claviers ("I am trying to break your heart" ou quand Wilco veut faire son propre "A day in the life"). A vrai dire sur les onze nouveaux titres du combo de Chicago rien n’est à jeter on s’en serait douté. Je tiens à remercier "Heavy metal drummer" et son intro à la Pavement, ou encore "I am the Man who loves you" et son style Beck. Et puis il y a les chansons malaise, comme le surprenant "Radio cure", véritable performance vocale à la Thom Yorke, ou encore "Poor Places", titre déchirant de pop à peine psychédélique. Si c’est tout ? Non, une dernière pour la route, "Poor kettle black", so 90’s, on dirait "1979" des Smashing Pumpkins. La boucle est bouclée.

En bref : immense de bout en bout sans en faire des caisses, Yankee Hotel Foxtrot est de ces disques qui semblent évidents, comme destinés à exister. Indispensable.





A lire aussi : Jay Bennett - Whatever Happened I Apologize (2008)

Le site officiel et le Myspace

Superbe live de "I am the Man who loves you" et clip décontracté de "Heavy metal drummer" :



2 Comments:

HIPHOP said...

Je sens qu'en entendant d'être scotché par qqch, on va se faire la rétro des 00's...

HIPHOP said...
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