26 janvier 2010

Four Tet - There is Love in You (2010)

Kieran Hebden n’avait plus repris la tête de son projet solo Four Tet depuis la sortie de son précédent album Everything Extatic. Cinq années de silence à peines entrecoupées par la sortie en 2008 d’un EP, Ringer qui annonçait un virage plus marqué vers la house, et d’une collaboration à l’odeur de buzz en 2009 avec Burial, pour un deux titre en demi-teinte. On connaissait le goût du musicien anglais pour ses compositions jusqu’au-boutistes, à mêler l’expérimental avec le jazz, le folk ou encore le hip-hop. Cinquième véritable album en dix ans de carrière, There is Love in You balance entre prés folktronica et plages micro-house.

Dès le morceau d’ouverture, "Angel Echoes", on sent que l’écoute sera un peu spéciale, avec ses voix féminines qui répètent en boucle le titre de l’album sur un fond instrumental de plus en plus enchevêtré. Le genre de musique à provoquer des visions, du genre mirage sur le dance-floor. Le premier single, "Love Cry", qui ressasse pendant plus de 9 minutes le même motif vocal sur un beat lourd et ombrageux, en est l’exemple. Entre les références au rock progressif allemand, et à une techno minimaliste et répétitive, "Circling" semble épouser la forme d’un ruban de Möbius, cette bande qui ne comporte qu’une seule face, au lieu des deux habituelles.

Cette nouvelle production serait, semble-t-il, plus optimiste. Les triturations électroniques ont été remplacées par un véritable travail d’orfèvrerie sur les mélodies. Elles sont toujours aussi minimalistes et fragiles, ne tenant qu’à un fil, mais se déroulent si bien, que leur développement en paraît presque naturel. Une caractéristique que l’on retrouve d’ailleurs sur "The Unfolds", dont le maillage serait à même de capter les réverbérations de quelques rayons lumineux. Sans pour autant se détourner des registres de l’expérimental et de la folktronica, "She Just Likes to Fight" et ses arpèges de guitares éthérées conclut un superbe mais un peu court effort – de 9 nouveaux titres.

En Bref : Kieran Hebden effectue un pas de plus sur le sol de l’enregistrement introspectif. De quoi faire hérisser le poil de certains auditeurs.

7 Comments:

HIPHOP said...

ça ressemble à Junior Boys ?

Dave said...

Pas du tout, si je puis me permettre.

benoit said...

album intéressant mais qui manque cruellement de chaleur et qui lasse assez vite je trouve, je préfère "rouds" et "pause".

Antoine said...

C'est vrai que ce n'est pas son meilleur album, mais c'est celui qui tranche le plus avec ce qu'il avait fait précédemment (notamment Rounds et Pause). Comme une miniaturisation.

Francky 01 said...

J'ai découvert seulement ce nouvel album de Four Tet, et cela grâce à Twist !!!!

Excellent, même meilleur (euh ?) que mon "Pause".

everythingiseverything said...

Album génial !

http://everyisthing.blogspot.com/

Anonyme said...

"dont le maillage serait à même de capter les réverbérations de quelques rayons lumineux" lol...
Bonne critique, je découvre cet artiste et j'aime beaucoup.
Son nouveau titre est une grosse tuerie::!
http://weirdbrowser.blogspot.com/2011/02/pinnacles-four-tet.html