29 juin 2025

TINALS - An 8 - Paloma (Nîmes) - 28/06/25

 

INFECTIOUS GROOVE

Moins d'occasions de s'enthousiasmer en ce deuxième et dernier jour de TINALS 2025. Une fois encore, les meilleures choses se passeront en intérieur. Car une fois passé sous une chaleur accablante le set un peu pute de Almost Monday - le monde a-t-il vraiment besoin de nouveaux Arctic Monkeys dans leur virage rock de stade - retour en intérieur pour goûter à la soul jazzy gentiment ourlée de MRCY (photo ci-dessus), émanation d'un binôme chanteur et producteur. 
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TINALS - An 8 - Paloma (Nîmes) - 27/06/25


THE SIX YEARS ITCH

Revenu d'un hiatus et d'une réflexion de près de 7 ans, le TINALS festival incontournable de la cité gardoise renaît de ses cendres. Affublé curieusement de l'extension "Beau weekend", le TINALS a réduit la voilure, ne propose plus que deux jours de programmations, lesquels ne comportent plus de noms ronflants. Qu'à cela ne tienne, une part belle a été accordée à l'éclectisme.

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13 juin 2025

The Beach Boys - Sunflower (1970)

Avant que l'affaire ne tourne au sale avec les inévitables fâcheries fratricides, une inspiration en berne et l'irruption dans la saga Wilson du redoutable Dr Landy, voici l'un des derniers grands actes de bravoure des Beach Boys. Après cela il restera le sommet Surf's Up (71), Holland (73) et ce sera à peu près tout. Tous les membres du groupe sont photographiés dans un bel et rare unisson ; ce qui est rare. Al Jardine manquait à l'appel sur les premiers albums surf et était remplacé par David Marks. Entre temps revenu de ses années d'étude, le même Jardine manquait à nouveau la photo d'illustration sur le voilier pour Summer Days (and Summer Nights!!) de 1965 pour cause de dysenterie.

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07 juin 2025

The Jesus Lizard - Epicerie Moderne (Feyzin) - 04/06/25

(de gauche à droite ; David Wm. Sims, Mac Mac Neilly, David Yow et Duane Denison)
)
Dans la foulée de l'excellent Rack leur album de reformation célébré en 2024, les mythiques Chicagoans de The Jesus Lizard s'offrent une belle tournée européenne. La France n'est pas ignorée : c'est ainsi qu'après une date à l'Elysée Montmartre, c'est au tour de la Capitale des Gaules et plus exactement sa banlieue d'être visitée.

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02 mai 2025

Hugh Cornwell - Cargo de Nuit (Arles) - 01/05/25

Rendez-vous avec la légende des Hommes en Noir pour ce jour de travail chômé. En formation très resserrée - une basse, une batterie et c'est tout - l'autre homme fort des légendaires Stranglers des 15 premières années, armé de sa Telecaster revisite pendant près de deux heures son riche répertoire.


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07 mars 2025

The 13th Floor Elevators - The Psychedelic Sounds Of The 13th Floor Elevators (1966)

L'album qui encapsule les années psychédéliques du garage US ne contient pas l'ombre d'un effet psychédélique. Bon il y a bien une cruche électrifiée à l'arrière-plan mais pourquoi pinailler !

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31 décembre 2024

Julian Cope - Friar Tuck (2024)

Qui pour intituler l'un de ses titres "Will Sergeant blues" ? Julian Cope bien sûr qui a plus que bien connu le guitariste de Echo and the Bunnymen. Celui-ci faisait partie de la même valeureuse scène liverpuldienne de la fin des années 70 et jusqu'au milieu des années 80.

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29 décembre 2024

Les Mercuriales - Les Choses M'Echappent (2024)

La France a toujours prisé un rapprochement entre pop et littéralité. Les exemples les plus évidents et qui viennent à l'esprit sont ceux de Dashiell Hedayat et plus près de nous le brillant exercice de style signé Michel Houellebecq, celui d'avant l'association avec Jean-Louis Aubert s'entend.

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22 décembre 2024

Georges Delerue - L'important C'est d'Aimer (1975)

Ce disque (un CD) n'existe que par son inclusion dans un très beau coffret US réalisé par Mondo Vision en 2009 regroupant également le DVD de l'oeuvre magistrale de Zulawski. Jusqu'alors, seule une poignée de thèmes du film dont la fameuse "Ballade dérisoire" était sortie sur un album Barclay compilant des oeuvres de Georges Delerue. Voici enfin réunie la vingtaine de minutes précieuses de musique habillant L'Important C'est d'Aimer.

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Top Dodb 2024


C'est l'heure du traditionnel top albums Dodb 2024, ou plutôt DES tops albums puisqu'il n'y a quasiment plus rien en commun entre les 4 chroniqueurs (dont 1 actif). Au final 33 artistes à découvrir ou redécouvrir. Qu'on ne nous dise pas qu'il pas qu'il n'y a plus de musique qui sorte. Et bonne année !


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13 décembre 2024

The The - Ensoulment (2024)

C'est l'un des retours inattendus de 2024. Cela faisait tout de même un quart de siècle qu'on n'avait plus trop de nouvelles de Matt Johnson; même si on savait que l'homme à tout faire de The The n'avait jamais cessé de composer ni de produire de la musique, essentiellement de l'illustration et des musiques de films, souvent sous format numérique et sous le manteau. Or, pour ce qui est de la pertinence du comeback, l'on n'avait pas entendu pareille réussite que celui de My Bloody Valentine dans les années 2010.

Chacun a son The The, celui électronique et post punk des débuts de  Soul Mining (1983) et Infected (1986), celui plus torturé du culte Mind Bomb (1992) ou de l'acclamé Dusk (1993), ces deux derniers qui bénéficiaient en sus de la guitare princière de Johnny Marr, excusez du peu. Nul doute que Ensoulment  soit amené à occuper une place de choix pour les aficionados de ce "groupe" à nul autre pareil.
Résumons l'affaire : c'est un Matt Johnson qui achève à fleur de peau la tournée de Mimd Bomb quand il apprend la mort de son jeune frère Eugène, qui le chavire. Le groupe n'explose pas encore et Matt lui rend d'ailleurs un fort bel hommage avec "Love is stronger than death" sur le très roots et solaire Dusk, ultime moment de grâce médiatique.
Puis les déveines s'enchaînent, la mort rode ; la maman de Matt Johnson ne survit pas au drame familial et s'ensuit un premier hiatus jusqu'à NakedSelf -entre temps sera sorti le remarquable album hommage à Hank Williams Hanky Panky en 1995. NakedSelf construit et écrit en partie avec des épées comme Eric Schermerhorn (guitare) qui a joué avec Bowie et Iggy, engendre une certaine confusion. Quelque peu boudé par la critique l'album pourtant excellent ne résiste pas à la cohabitation tapageuse entre le guitariste et le bassiste Spencer Campbell qui erratique tape sur tout ce qui bouge dès qu'il est contrarié. Epuisé et vidé, en proie aux affres de la paternité, Matt se retire de son  célèbre avatar sur la scène musicale, voyage, écrit et diffuse de la musique essentiellement instrumentale, le parolier roué qu'il est se sentant vidé de toute substance.
La mort, celle du frère aîné responsable de toutes les pochettes du groupe sème les graines d'un retour créatif, celui d'allier à nouveau texte et musique en 2016 ; cela donne "We can't stop what's coming'", nouvelle merveille de single. Des dates sont prévues mais s'ensuit ....la pandémie. Ainsi qu'une intervention sur les cordes vocales du chanteur en toute urgence.

Matt Johnson a donc toujours su tirer de ses blessures matière à chansons formidables. Il remet ainsi le couvert sur ce qui n'est que son 7ème album sous l'entité The The mais qui est un déferlement de refrains, de transitions, de mélodies et de textes tous plus magnifiques les uns que les autres. Certains estampilleront l'oeuvre comme du classic-rock;  à la papa, pas tout à fait folk et même plutôt pop à l'ancienne. C'est un disque très organique et qui grâce soit rendue aux ingénieurs du son, sonne incroyablement ; il est rare que l'on souligne cet aspect mais c'est un fait : Ensoulment (l'âme en anglais, même si l'assonance ensoleillement vient à l'esprit), est un disque lumineux, apaisé et qui même en proie au deuil, ne donne jamais dans le pathos : superbe "Where do we go when we die?", hommage au père décédé à la veille du retour live de The The au Royal Albert Hall. 
Ensoulment n'est pas dénué d'humour ni de distance,  s'offre même encore et toujours des piques bienvenues envers la politique états-unienne et plus généralement des lobbies politiques de ce monde ("Kissing the ring of POTUS", "Cognitive dissident"). Il moque l'art de la séduction virtuelle ("Zen and the art of dating"). Si Matt pleure un âge d'or sur le magnifique single "Some days I drink my coffee by the grave of William Blake", il manie aussi l'auto-dérision (le misérabilisme de son séjour hospitalier sur la pantelante "Linoleum smooth to the stockinged foot"

L'osmose d'un groupe resserré autour notamment du guitariste Barrie Cadogan  (de Little Barrie, anciens chouchous de la scène UK) et rehaussé des choeurs de Gillian Glover (fille du bassiste de Deep Purple) transpire à travers ce qui est le disque marquant de cet automne.
Désormais, la grande question sera d'établir laquelle de toutes les chansons sur la mort qu'a écrites Matt Johnson est la plus belle, la plus remuante : la réponse à "PhantomWalls", vibrant hommage maternel de NakedSelf pourrait bien se trouver sous les arpèges majestueux de "Where do we go when we die".

En bref : le retour en grâce de l'un des derniers grands songwriters anglais. Un splendide recueil de chansons pop boisées comptant d'ores et déjà parmi ce que Matt Johnson a fait de mieux.

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07 décembre 2024

Daisy Rickman - Howl (2024)

Celle-là, on ne l'a pas vu venir. Un peu comme son compatriote Jim en 2023, Daisy Rickman a publié au cours du printemps un album enchanteur. Qui est cette jeune femme sévissant dans l'anonymat le plus total et publiant à compte d'auteur son deuxième album après un coup d'essai intitulé Donsya A,n Loryow ("Dance to the moons" NDA) et passé complètement sous les radars ?
Une multi-artiste que l'on peut dépeindre comme pastorale, hippie autodidacte, peignant ses propres pochettes et versée dans l'ésotérisme le plus radical. Qui affole déjà la hype et ses compteurs ; ses deux disques déjà réédités après des tirages confidentiels à 300 exemplaires, s'échangeant à prix d'or sur le Net.

Daisy Rickman vient de Mousehole dans les Cornouailles, vit encore chez ses parents et après des débuts que l'on devine communautaires au sein des folkeux Broadside Hacks (?), décide d'embrasser seule une carrière solo, placée sous le signe de l'isolement post-pandémique et des éléments dont son plus emblématique : le Soleil. Qui ici n'a rien d'une étoile noire en fin de vie puisqu'il irradie sur pas moins de la moitié des titres qui l'invoquent - "howl" en cornouaillais dans le texte désigne en effet le soleil. Nous nous trouvons ici face à un album qui au-delà de l'oecuménique scène folk de la terre de Daisy Rickman, n'est pas sans évoquer les obsessions culturelles et mythologiques d'une PJ Harvey dédiant un album entier (I Inside The Old Year Dying en 2023) aux  cultures du Dorset dans leur dialecte local. A écouter en lisant Signé Olrik, la concomitante aventure de Blake &Mortimer donc.
Eprise de folk anglaise historique, il ne fut pas étonnant de voir Daisy Rickman frayer aux côtés du mythique guitariste de Suede Bernard Butler, pour un tribute à la gloire de Bert Jansch. Comment en effet ne pas imaginer la jeune femme toute de robes immaculées et de toges vêtue ne pas vouer un culte à la riche scène du début des années 70, celle des essentiels Fairport Convention , Steeleye Span, Pentangle ou autres Curved Air.
Toutes les chansons de Howl sont comme des mantras ; "Howl" le morceau-titre consistant par exemple en une boucle de sitar : guitares en bourdons accordées très bas - la figure tutélaire de Nick Drake est évidemment également omniprésente ("Bleujen an howl", "Omlesa", "Howlsedhesow") - on pense à Nico un peu ("Falling through the rising sun", à Karen Dalton, à Vashti Bunyan (sans le côté bêlant) ; mais à la vérité le timbre grave de Daisy et son style s'apparentent davantage à ceux de Sibylle Baier, géniale chanteuse culte d'ascendance allemande découverte à l'orée des années 2000.
Oeuvre sans label, Howl  donne à entendre de la guitare 12 cordes, du sitar, du violon, de l'accordéon, de la contrebasse, du banjo, du bouzouki, de la clarinette, du violoncelle, des synthés et même de la batterie sur un titre (l'hypnotique "Winter solstice") ; tous ces instruments sont exécutées par un elfe des Cornouailles.

En véritable concurrente de Sun Ra sur son thème de prédilection, Daisy Rickman réentrouvre l'âge d'or d'une pop introvertie qui telle celle émanant du celtique John Martyn ou de son frère d'armes Nick Drake, n'en oublie non plus pas d'être lumineuse.
L'auto-production à son zénith pour une artiste qui se mérite et est d'ores et déjà appelée à devenir culte.

En bref  : on ne fera pas plus astral ou plus folk dans son recueillement que le Howl de Daisy Rickman en 2024. Tendrement recommandé à la communauté elfique de Lord Of The Rings. Et pas seulement.



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17 novembre 2024

Michel Colombier - L'Héritier (1973)

Dire que l'on est obsédé par les deux principaux thèmes de ce magistral soundtrack relève de l'euphémisme. 
Début années 70, Philippe Labro et Michel Colombier qui ont à peu près le même âge, sont obsédés de culture US (jeans pattes d'eph, gros ceinturons, appétence pour la pop et le prog) et se rencontrent. Les deux hommes qui ont tout en commun et resteront proches jusqu'au décès de Colombier même après de longues années sans plus se côtoyer physiquement, ne communiqueront toujours que par vouvoiement, aussi surprenant que cela puisse paraître. Labro déjà journaliste, parolier et auteur en vogue s'est déjà frotté à la mise en scène dans une veine polar politicard (Sans Mobile Apparent en 1971) et dans la décennie balbutiante va nouer une relation étroite avec le claviériste-musicien-arrangeur-producteur de tant de merveilles pop frenchy sixties.

Il y a aura L'Héritier  bien sûr, Tarot qui occupe la deuxième face de ce disque (on y revient), Le Hasard Et La Violence et L'Alpagueur (1976)notamment, l'autre grande réussite du musicien dans la musique de film. Mais revenons à L'Héritier dont le personnage, sorte de proto-Largo Winch (ses auteurs ont dû plus que s'en inspirer) échoit à un Belmondo qui muscle ici son image, dans un scénario trépidant et dynamique à l'issue inéluctable mais qui aurait totalement déparé en des temps souffreteux car procéduriers à l'extrême : le gentil Bart Cordell use un peu trop de sa virilité et de sa puissance financière pour s'octroyer tous les plaisirs, usant d'une attitude pour le moins phallocrate et brutale envers ses ennemis...mais aussi envers les femmes. Pour servir d'écrin à ce polar haletant, Colombier n'a pas lésiné : le bassiste Jannick Top (Magma) et le musicien de librairie musicale Jean Schulteiss à la batterie, tous deux habitués à collaborer rythmiquement (remarquable partition sur le live de Michel Jonasz au Théâtre de La Ville), Claude Engel autre transfuge de Magma et formidable guitariste ainsi que Michel Colombier lui-même aux claviers.
C'est un déluge de wah wah menaçante, de ruptures et contretemps rythmiques parsemés de syncopes haletantes et la présence d'une section cuivres straight. Ici pas de doute, la France tient son pendant de Lalo Schiffrin, musicien auquel le génial lyonnais fait d'évidence penser. D'ailleurs, le rythme du film, les courses-poursuites, l'épilogue décliné sous quatre angles différents au ralenti sont à l'avenant.
La bande-son est ainsi une réussite totale qui concourt pour beaucoup à faire perdurer la fascination que l'on peut avoir pour un film tout de même très ancré dans son époque et parfois même dispendieux en effets de manche ; Labro lui-même le reconnaîtra.
Mais on le sait, une bande-son sous format disque a ceci de particulier qu'elle peut ouvrir outre les thèmes principaux, une flopée de thèmes non entendus dans le film - ce n'est pas le cas ici hélas et on y revient en 2) ou bien le corollaire, oublier de faire figurer sur le support enregistré moult thèmes ou inserts qui n'eurent pas déparé bien au contraire.
L'Hériter sous format trente-trois tours tutoie à peine les 12' et se voit compléter en face B par la bande-son plutôt médiocre de Tarot. Il eût été plus judicieux d'y adjoindre un certain nombre d'inserts tous plus passionnants les uns que les autres ; ce que l'excellente collection Ecoutez Le Cinéma (n°25) avait su faire pour L'Alpagueur qui n'existait originellement que sous la forme d'un 45 tours.
Les fans en 2013 ont espéré très fort une édition-anniversaire comme on dit enhanced, qui aurait pu s'enrichir et se découper comme suit :
- "J'emmerde la régie finale" asséné par Jean Desailly ne nécessitant que 5" 
- "Brayen enquête": 20'' de 8'55'' à 9'15''
- "Pré-conférence dans le train" : 13" de 14"55"" à 15'08""
- "Brayen s'agace"" : 22'' de 15'40'' à 16'02''
- "Les fantasmes de Lisa" 1'3'' de 19' 17'' à 20' 20''
-  "Brayen persévère" : 25'' de 25'05'' à 25'30''
-  "Attentat au cimetière" 24'' de 55'20'' à 55'44''
-  "Chez Delmas" : 45'' de 1 05' 10'' à 1 05' 50''
-  "Poursuite vers l'ascenseur tour : 25'' de 1 13' 30'' à 1 13' 55''
-  "Investigations à la villa" :  20''  de 1 18' 20'' à 1 18'40''
-  ''A la roseraie"" 10'' de 1 29' 30'' à 1 29' 40''
-  ''Kidnapping'' 40'' de 1 38'' 17'' à 1 38' 57'', thème répétitif et récurrent où guitare de Engel et clavinet de Colombier se taillent la part du lion.

Telle entreprise tutoierait à peine les 20' mais rendrait assurément justice à la musique de l'un des moins médiatiques de nos metteurs en sons : on peut associer les styles de Legrand, Cosma et de Lai, dresser des ponts entre Garvarentz et Bolling, souligner les analogies des arts de De Roubaix et Magne, admettre une parenté Sarde-Delerue : rien ni personne ne saurait revendiquer le son et le savoir-faire inimitable de Colombier.

En bref : la bande-son rêvée de tout amateur de choses prog pro émanant de la riche scène franco-française des années 70. Qui gagnerait un jour à être rééditée in extenso, enrichie de ses meilleurs moments non inclus dans l'album originel. Le sommet d'un très grand musicien de nos contrées.


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29 octobre 2024

Einstürzende Neubauten - la Cigale (Paris) - 27/10/24



 De retour à la Cigale après une longue pénitence, Einstürzende Neubauten a fière allure avec son leader Blixa Bargeld en Monsieur Loyal décadent, paillettes sur paupières et baderne au vent, Ses fidèles grognards ne sont pas en reste :  Jochen Arbeit qui passe le set assis tire des sons irréels de sa guitare, Alexander Hacke, les jambes en V est arc-bouté sur sa basse comme Dee Dee et bien sûr l'inamovible N.U Unruh encore et toujours dévolu aux percussions et fidèle au patron. Derrière ça martèle et les ustensiles industriels sont de sortie. Solo de caddie, turbines en folie, slinky jouant le rôle de Theremin, assemblages de tubes et d'ondes dignes d'une expo surréaliste à Beaubourg, riffs de perceuse, on en jette encore ?
Dans un set extrêmement généreux de 18 titres en près de 2 heures et deux rappels, les précurseurs métallurgistes berlinois revisitent essentiellement leurs tout derniers albums et notamment Alles In Allem qui pour cause de COVID n'avait pu être défendu - très belle interprétation sobre et touchante du morceau-titre qui déférence oblige et break dans le turmoil, semble moins ambiancer. Qu'à cela ne tienne, le morceau est superbe.
Sinon, une part belle est faite à Rampen... l'excellent Double Yellow en date d'où émergent le fabuleux "Gesundbrunnen", "Besser isses", le très bel hommage au fils transgenre de Blixa ("Seven screws" présent sur l'album précédent) ainsi que "Grazer Damm" ou " Ten grand goldie". Au sujet duquel un Blixa hilare nous apprend que le "Berlin Berlin" que l'on entend dans la chanson n'est rien d'autre qu'une assonance touareg qu'il a samplée...et n'ayant rien à voir avec Berlin !
Il sera également question pèle-mêle d'un duo avorté avec....Patricia Kaas, d'un festival à Vancouver avec...Youssou Ndour et de bien d'autres anecdotes savoureuses.
Après une crise d'inspiration consécutive au départ de son leader des Bad Seeds, Einstürzende Neubauten nous revient en forme étincelante et au sein d'une Cigale surchaufée fait largement le métier.
Wunderbach.


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Einstürzende Neubauten - Rampen (apm: alien pop music)

Il va falloir désormais s'y faire : tout album paru dans les années 2020 est imprégné des aléas et conséquences de la pandémie que l'on sait. Surtout lorsque celui-ci émane d'une formation de 40 ans d'âge qui n'avait pas pour habitude de livrer un album tous les ans.
Le précédent Alles In Allem avait été publié en effet au printemps avant que tout ne bascule  ; et redorait le blason d'un groupe dont la carrière du fait de doubles-albums souvent éreintants, ronronnait depuis une bonne décennie.

Bonne  nouvelle : si la 14ème livraison des berlinois de Blixa Bargeld est à nouveau double, celle-ci tient à nouveau en haleine. Bien moins percussive qu'à son habitude et appuyée par une basse omniprésente (mais ça on avait l'habitude), Rampen...offre des climats variés et apaisés ;  la très minimaliste "Planet umbra" en étant l'une des belles illustrations. Toujours flanqué de son fidèle complice aux percussions N.U Unruh, Blixa distille des ambiances tantôt inquiètes ("Wie lange noch?") ou implorantes (magnifique "Gesundbrunnen") ou revisite le patois local ("Ick wees nich (noch nicht)"). Bargeld s'amuse d'ailleurs à entremêler les sons et les langues, s'y vautre ("The pit of language") au point qu'on ne sait plus parfois dans quelle langue il chante : par exemple le "blümerant'' qui signifie "en fleurs" dans la langue de Goethe et qui est opposé à "bleu mourant" dans "Besser isses".
Conçu principalement comme une oeuvre d'improvisation ce qui a toujours été l'essence de ce groupe hors-normes revendiquant haut et fort les divagations kraut et de Can en particulier, celles du mouvement Dada aussi en tant qu'ex- "Geniale Dilletanten", nombre de ces 15 longues pièces du nouvel album empruntent à divers éléments d'hier, font écho aux oeuvres antérieures telles  "Trilobiten", curieuse histoire de fossile offert à Blixa lors d'une tournée improbable au Canada.

L'édition deluxe du vinyle rend au-delà de sa particularité monochrome un hommage appuyé aux Beatles, éternelle source d'inspiration, reprenant poster et photos séparées des 5 musiciens qui composent les Einstürzende Neubauten du 21ème siècle. Rampen...ou une musique extra-terrestre certes mais terriblement humaine.

En bref : l'album d'après la pandémie des Nouveaux Immeubles Qui Dégringolent. Rasséréné et mélodique. Blixa et les siens n'ont rien perdu de leur superbe.

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