29 octobre 2014

Cleaners From Venus - Number Thirteen (1990)

Attention OVNI ! Suis-je le seul à être passé à côté de l'illustre Martin Newell et de ses Cleaners From Venus ? Il y a pourtant tant à dire sur ce personnage et son impressionnante (non)carrière musicale comme littéraire. Une omission sans doute due au fait que la plus grande partie de sa discographie et de celle des Cleaners, enregistrée entre 1981 et 1996, n'était sorti qu'en K7 de manière plus qu'artisanale. C'est aujourd'hui grâce à l'excellent travail d'exhumation du label Captured Track que nous pouvons (re)découvrir ces diamants bruts enregistrés pour la plupart sur 8 pistes dans la chambre de Newell sous la forme de trois coffrets vinyles regroupant la totalité des "albums" des Cleaners. Number Thirteen, un parmi d'autres, et issu du volume 3 de ces rééditions, peut être vu comme la porte d'entrée dorée à l'univers de ce musicien au-dessus du lot.

Martin Newell est donc cet anglais qui jusqu'en 1980 enregistre sous son nom quantités de démos à la recherche de la chanson pop parfaite. Il s'associe ensuite à Lawrence Elliot pour créer les Cleaners From Venus et sortir à la pelle des K7 dans la plus grande tradition underground de l'époque, au moment où le cd est en train de tuer le vinyle. Ce n'est qu'en 1992 que Newell revient à sa carrière solo notamment grâce à Andy Partridge d'XTC avec qui il enregistre son plus gros succès commercial, The Greatest Living Englishman, qui est en fait constitué en grande partie de morceaux des Cleaners réenregistrés et boostés par la production. Entre temps, celui que l'on surnommé "The psychedelic gardener", a également eu l'occasion de performer en tant que poète et auteur, mais aussi comme jardinier, prenant un malin plaisir à se tenir à l'écart.

Et c'est dans l'une de ces périodes de transition que Newell écrit et enregistre quasiment seul (à la manière d'un certain Spike avec qui les accointances musicales sont nombreuses) ce Number Thirteen. Encore une fois conçu comme une démo, avec un traitement du son minimaliste, emprunt d'un côté insulaire et solitaire, il regorge pourtant d'un nombre impressionnant de classiques instantanés, de ceux qui donnent l'impression qu'ils nous ont toujours accompagné, alors que non. C'est particulièrement vrai pour "Mariette" qui sonne à la première écoute comme l'un des tous meilleurs morceaux de David Bowie. Hypnotique, fascinant, minimaliste et désespéré, c'est un pur chef d'oeuvre.


Que dire aussi de "The jangling man", pièce de pop évidente menée par la guitare et au refrain ravageur. Un classique! Idem pour "A man for our time" dont le refrain vient éclairer comme par magie un morceau sans arrêt poussé vers l'avant. Autour de ces perles pop oubliées, on retrouve des pièces plus déviantes bien qu'accessibles, comme "Here she crashes" d'inspiration moyen-orient, "A street called prospect" au chant Lennonien, "Minesweeping Memory Lane" et sa mélodie en escaliers, la comptine pas si innocente que ça "Boy from the home counties" ou encore le final et triomphant "Christmas in suburbia". Ca fait beaucoup de classiques pour un simple album perdu au milieu d'une discographie pléthorique. Indispensable !

En bref : peut-être le plus abouti des disques faits maison par le démiurge anglais Martin Newell. Une collection renversante de pop songs à la limite de la perfection que cette réédition vinyle remet au goût du jour. Masterpiece !




L'album en écoute intégrale sur Deezer
La page Wikipedia de Martin Newell



4 Comments:

Nicks said...

Je vais écouter et suis très Sensible (ah, ah !) comme tu peux t'en douter à la photo d'illustration.

Bouddhanight said...

Magnifique pochette en effet et du son qui l'est tout autant. Au fait Halasan Bazar se produit à L'International, psyché !

Ju said...

Ahah oui mon Capitaine ! Ce n'est en effet pas la photo d'illustration la plus évidente, mais je l'aimais bien ! Et oui si tu ne connais pas Nickx ça risque d'être ta came, à moins que tu veuilles me faire mentir..

Quant à la pochette, c'est une nouvelle pochette faite spécialement pour la réédition (en fait première édition vinyle ever). L'originale, celle de la K7, était bien différente (on peut la voir sur les clips en bas, avec le lapin).

Halasan Bazar à l'Inter ! Diantre !

Nickx said...

Oui j'ai moi aussi beaucoup aimé ce que j'ai entendu !