28 juillet 2013

Mick Harvey - Four ( Acts Of Love) (2013)

Comme dans tout art, il y a dans la musique des hommes de l'ombre, à la fois méconnus et dominants tout un territoire. Des personnages voués à leur art, tissant un seul fil invisible tout au long de leur carrière, cherchant à travers toutes leurs collaborations un même but. Et si une véritable carrière artistique se résumait à l'épuisement d'une seule intuition musicale ? Une carrière sans compromis à l'industrie culturelle et qui pourtant se mêle sans cesse à l'esprit du temps.

Tout ceci pour parler de Mick Harvey et de son sixième album solo Four ( Acts Of Love), deux ans après Sketches From The Book Of The Dead. Membre des Bad Seeds de Nick Cave jusqu'en 2009, collaborateur régulier de PJ Harvey, il a aussi travaillé cette année au grand retour d'un autre groupe australien, Crime & The City Solution. C'est dire qu'il n'a jamais renié l'héritage post-punk.

S'il a maintenant quitté son ami d'adolescence, Mick Harvey garde toujours une sensibilité à la fois proche de celle et de Nick Cave, chant mélancolique, rock tendu, à la limite de l'angoisse. Et une même exigence musicale : un album n'est pas simplement une compilation de différents titres, mais doit être un véritable organisme vivant, chaque morceau ayant besoin dela  pulsation vitale des autres pour s'épanouir.

Grâce à cette unité, les différentes reprises de l'album ("Summertime In New York" d'Exuma, "The Story Of Love" de The Saints) sont absorbées par son univers. Un univers où l'amour se mêle ici à la mélancolie à travers trois actes musicaux qui structurent les quatorze titres de l'album. En fait, les reprises servent plus de ponctuation, en proposant des morceaux plus rapides, à côté des morceaux méditatifs propres à Mick Harvey et qu'on retrouve dans chacun des actes.

"Praise The Earth" reste bien sur l'élément indispensable à cet objet musical, pour que l'objet se fasse œuvre. Moment initiant et clôturant ce parcours, il résume à lui seul la mélancolie qui irrigue cet album très homogène.

En bref : avec cet album, Mick Harvey poursuit sans faillir sa quête personnelle. Le post-punk se fait plus intérieur, plus émotif. Même si on peut regretter l'absence de prise de risque, on écoute toujours avec autant de plaisir ce rock tout en douceur.







2 Comments:

La Boule said...

decidement les chroniques dodb sont de qualité. c'est bien fait

Patrice Vibert said...

Merci ;-)