25 juillet 2013

Melody's Echo Chamber - Melody's Echo Chamber (2012)

Projet musical né d'une heureuse rencontre avec Kevin Parker de Tame Impala, Melody's Echo Chamber définit le premier projet solo de la jeune parisienne Melody Prochet. Cette dernière délivre un album propice à l'évasion, dont les courbes sonores ne cessent de faire écho à leur père australien, producteur évanescent et magnanime. Pas forcément un mal.


Tame Impala fut une révélation sonore pour Melody, ou plutôt la confirmation d'un ressenti artistique similaire. Une question d'écho assurément comme si le psychédélisme de la bande australienne était parvenu à l'inconscient de la jeune fille, au point de se révéler dans ses songes les plus profonds. D'après son témoignage, cette dernière rêvait régulièrement d'être à l'intérieur d'une chambre d'écho dans laquelle sa voix se prolongeait dans une sempiternelle réverbération. Du rêve à la réalité il n'y a parfois qu'un pas, et de My Bee's Garden (l'ancienne formation de la demoiselle) à Melody's Echo Chamber, le passage entre ces deux mondes imbriqués s'appelle Kevin Parker.



Album enregistré entre le sud de la France et Perth, il aura bénéficié de tout l'appareillage sonore utilisé sur les deux premiers disques de Tame Impala. Sur ce point Melody's Echo Chamber peut s'entendre comme le prolongement féminin de la formation australienne tant la filiation sonore entre les deux y est criante. Une gémellité organique qui confère au disque sa superbe comme sur les titres "Crystallized" et "You Won't Be Missed That Part Of Me" mais surtout "Endless Shore", dont la ligne de fuite ne semble avoir de fin raisonnable, si ce n'est l'impalpable horizon. Malgré ces quelques joyaux, le disque prend le pari esthétique d'étayer un psychédélisme parfois trop pictural comme sur "Some Time Alone Alone", les allergiques aux rideaux de perles ne seront donc pas incités à franchir le seuil de cette porte. 

Si l'enveloppe sonore des morceaux a bien sûr été supervisée par le leader de Tame Impala, leur composition est en outre uniquement induite par Melody Prochet. Ainsi on dénotera un certain goût de la belle pour l'arpège, qui il faut bien le dire fait des merveilles dans l'ébruitement des morceaux. Les lignes mélodiques révèlent ainsi leur nacre dans cette manière égrainée de diffuser les notes comme sur les deux seuls titres chantés en français "Bisou Magique" et "Quand Vas Tu Rentrer ?". 

En Bref : Melody's Echos Chamber institue une pop spatiale et parfumée au travers d'un jeu de vases communicants avec Tame Impala.  Opération réussie.






7 Comments:

Nickx said...

Je trouve cet album extrêmement ennuyeux, il n'y a pas l'ombre d'une chanson là-dedans ! Que du gimmick lounge suffisant ! Kevin Parker nous avait habitué à mieux !

Bouddhanight said...

Gimmick lounge suffisant... et bien on peut dire que tu ne portes pas la Mélody dans ton coeur... Kevin Parker a juste légué son matériel et travaillé l'arrangement des morceaux, le reste c'est à la demoiselle qu'on le doit. Alors ne soit pas si déçu de ce parrainage, le gars a passé la majorité de son temps en tourné, il n'a pas travaillé main dans la main avec l'artiste en question. Et si tu veux des chansons va écouter Bertrand Belin !

Ju said...

On attendait Nickx et son concept de "chanson" au tournant sur cette chronique ! Il n'a pas fallu attendre longtemps. Personnellement je trouve qu'avec les réécoutes ce que tu prends pour des gimmicks se révèlent être de véritables chansons, qui marchent aussi sur scène qui plus est (Primavera Porto). Moi je valide la Melody !

Nickx said...

Alors, oublions le coté chanson, et réécoutons sans tarder le 666 de Aphrodite Child, n'importe lequel de nos héros kraut ou post-rock, ou plus près de nous, les singles 21 et 28 que Kim nous a balancés !

Nan mais j'sais pas, en plus d'avoir un pseudo tendance ridicule, la donzelle n'a rien à offrir d'excitant sur disque - en live je sais pas, pas vu !

Je trouve ce disque en tous points agaçant, car reflétant bien les sonorités hype actuelles, sans qu'il y ait à esbaudir pour un son, une voix...

Tiens, la nana de Stereolab n'avait aucune espèce de voix, ses textes anarcho-politico-socio français ou anglais faisaient parfois beaucoup rire, et la notion de "chanson" était invariablement absente ou quasi.....et j'adore les mantras ceci dit !

Mais bon, ce disque dont tout le monde s'est fait l'écho - Farkas dans R&F l'a même qualifié de chef-d'oeuvre, il fallait en parler, donc t'as bien fait Bouddha !

Si je m'y étais collé, je crois que j'aurais été rattrapé par le syndrome Archive :))))

Bouddhanight said...

Je te conseille le syndrome de Stockholm, peut être changeras tu d'avis. Mais je rejoins en partie ton avis, l'album est loin d'être un chef d'oeuvre d'où la note d'ailleurs, mais pour un premier essai, merde quoi, c'est pas mal... Bon aller fin du débat !

Nickx said...

C'est pas tant la notion de premier album qui est importante et doit relativiser notre avis, Bouddah !
Mais son contenu, et uniquement son contenu !

Comme je l'ai dit plus haut, la notion de chanson n'est pas la condition sine qua non pour produire de la musique de qualité ; encore faut-il avoir les arguments pour défendre une bouillie sonore.

L'oeuvre de Kevin Parker, qui a tout de même participé ou oeuvré entièrement à l'écriture ne sera pas remise en cause parce qu'il a cautionné ce brouet, je te rassure !

Disons que Mélody est la nouvelle icone féminine bobo encensée par la presse parisienne comme le fut jadis April March ou Natascha, l'ancienne meneuse d'AS Dragon.

Je crois savoir qu'elle a déjà sorti un disque passé totalement inaperçu et sous un autre nom.

Je peux me tromper, mais j'ai bien peur que cette nana ne passe pas l'hiver, et que son album s'oublie très vite !

Bouddhanight said...

Un autre album devrait arriver très prochainement, on verra bien... Et désolé de relayer la tendance bobo parisienne, je marche au ressenti, je n'avais pas eu d'échos de ce projet avant de la voir en 1ère partie de Tame Impala, donc je n'ai pu être influencé par les louanges faites à son sujet. Cela affirme bien que même dans l'isolat le plus certain, ma sensibilité ait confirmé un ressenti partagé par d'autres sans autres formes de transmission. Je pense qu'il s'agit ici d'un différent inhérent à une délicatesse de goût, tout simplement, construite sur une appréciation, qui j'en conviens pour ma part, fut influencée par une certaine sphère culturelle et surtout par l'écoute répétée de Tame Impala...