08 septembre 2024

Nick Cave & The Bad Seeds - Wild God (2024)

Cet album de l'épiphanie qu'on n'attendait plus. Nick Cave et ses Bad Seeds ont à nouveau enregistré en France, au studio Miraval cette fois. Il fallait remonter loin (Dig, Lazarus dig!!! en 2008) et plus encore (Abattoir Blues / The Life Of Orpheus en 2004) pour retrouver l'australien à ce point fringant et son groupe aussi dynamique. Bien sûr entre temps l'artiste aura perdu deux de ses fils dont un auquel il a consacré un album déchirant ;  et c'est plus qu'un humain ne saurait endurer.

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Fat White Family - Forgiveness Is Yours (2024)

L'histoire passe souvent à côté de groupes comme Fat White Family à cause de leurs aspects foutraques. On se souvient que lors de la scène baggy du Madchester des années 90, beaucoup n'avaient retenu de Happy Mondays que l'image d'une bande de drogués ingérables au talent relatif. C'étaient pourtant individuellement d'excellents musiciens et leurs compos même si elles piochaient à droite à gauche, faisaient plus que tenir la route. Les mêmes remarques auront été formulées sur Fat White Family sauf qu'ici la musicalité saute aux yeux.

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23 juin 2024

Iggy Pop - Soldier (1980)

Il y a des disques comme ceux-là que personne ne peut souffrir. Qui sont au mieux considérés comme de sympathiques oeuvres mineures. Au pire comme d'inutiles avatars, albums dont on ne condescendra à ne sauver que les proverbiaux singles. Ainsi le reggae festif de "Loco mosquito" sur lequel Iggy se fend de "bzzzz bzzz" que pourrait lui disputer Lux Interior. Ou bien le furieux "Knockin' em down (in the city"). Plus que des guilty pleasures, heureusement qu'ils existent. On ne les chérit que davantage.

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14 juin 2024

Belle & Sebastian - Fold Your Hands Child, You Walk Like A Peasant (2000)

Belle & Sebastian, confrérie de neurasthéniques vivant reclus dans une chapelle. Et qui gagnent via le biais universitaire de quoi enregistrer un single qui deviendra un album, le très culte Tigermilk (96), 1000 vinyles pressés, un temps uniquement l'apanage de quelques heureux initiés. Bon, ces jeunes gens avaient un talent certain pour oeuvrer une pop raffinée un brin filiforme ; certains diront chichiteuse. Sans doute un autre point avancé aussi bien par ses partisans que par ses détracteurs, l'analogie avec les Smiths, notamment pour la représentation graphique : les pochettes toutes ou presque monochromes reprennent des portraits. A la différence que les photos de proches ou de membres du groupe remplacent les modèles, acteurs ou écrivains. Ici deux chanteuses islandaises d'un groupe ami (Mum).

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The Gun Club - Miami (1982)

Au début des années 80, deux amis californiens inséparables décident de tuer l'ennui dans un local de répétition qu'ils squattent. Ils prennent un malin plaisir à ferrailler avec des instruments qu'ils ne maîtrisent absolument pas. L'un est un type un peu obèse et bouffi par l'alcool offrant une troublante ressemblance avec le Marlon Brando finissant, l'autre est un branleur d'ascendance mexicaine et taquin. Le premier, Jeffrey Lee Pierce, est à l'origine de la création du fan-club local de Blondie tandis que le second Brian Tristan s'occupe de celui des Ramones. La légende Gun Club est née.

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13 juin 2024

The Dream Syndicate - The Days Of Wine And Roses (1982)

Dans l'histoire de la pop, un chanteur sur trois imite John Lennon tandis qu'un tiers évoque Dylan vocalement. Enfin, le reste affecte le talk over et le phrasé de Lou Reed. C'est presque un axiome. On peut transférer ça aux groupes auxquels ces légendes se réfèrent. Alors si le chant ligne claire et point du tout écorché de Steve Wynn n'a rien à voir avec celui de ses illustres devanciers, son groupe à coup sûr fut à l'orée des années 80 et jusqu'à aujourd'hui l'un des avatars les plus convaincants du Velvet Underground.

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Belle & Sebastian - Paloma (Nîmes) - 12/06/24

 

courtesy of Sylvain Mullerium

L'escouade glaswégienne effectue la première date de sa carrière à Nîmes et le fait savoir. 19 titres enfiévrés dont une bonne moitié sont piochés sur 2 disques ayant fait leur renommée If You're Feeling Sinister, The Boy With Arab Strap (avec la traditionnelle montée sur scène des danseurs volontaires sur le morceau-titre) ainsi que le petit dernier Late Developers qui nous avait laissé circonspects.

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23 mai 2024

David Bowie - Young Americans (1975)

Débarrassé de ses oripeaux glam David Bowie se pique de Philly Sound. Place donc à la soul teintée de disco déjà entrevue dans le "1984" de son dernier avatar Halloween Jack et entrevue dans Diamond Dogs.

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20 mai 2024

The Damned - Machine Gun Etiquette (1979)

Il est de ces renaissances qui ne frappent pas que les individus new-born. La pop musique contient en effet de spectaculaires métamorphoses. Prenez les Damned par exemple, l'une des deux trois plus grandes incarnations punk de Grande-Bretagne. Personne n'aurait misé un kopeck sur eux lors du départ de leur guitariste et unique compositeur Brian James. C'est pourtant par cette défection là -James parti former les Lords of The New Church avec trois autres mercenaires du rock- que les Doomed car tel est leur nom d'emprunt lors de cette parenthèse erratique, vont renaître de leurs cendres.

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24 avril 2024

Nick Cave & The Bad Seeds - Kicking Againt The Pricks (1986)

Il paraît déjà loin le boucan pas toujours bien maîtrisé de ses deux premiers groupes culte The Boys Next Door et The Birthday Party. Fini le bouzin punk et les cris gutturaux. Si Nick Cave garde sur ses deux premières oeuvres avec les Bad Seeds certains de ces gimmicks de prédicateur, l'australien va pour notre plus grand bonheur désormais emprunter les sentiers plus hospitaliers du crooner.

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08 mars 2024

Tricky - Olympia (Paris) 06/03/24


Les aficionados hardcore qui attendaient de ce Maxinquaye Reincarnate la réécoute exhaustive de leur album préféré en auront été pour leurs frais. Seuls 7 des 12 morceaux originaux figuraient dans la setlist de l'Olympia. Moins qu'à l'Ancienne Belgique trois jours plus tôt. Et point de "Pumpkin" est-ce bien raisonnable ?

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Unloved - Centquatre (Paris) - 02/03/24


Soirée Inrocks ce samedi au sein du vaste complexe du Centquatre. Nous sommes là pour nos chouchous du moment. Le trio Unloved est en ville d'autant plus que le couple Vincent/Ciancia est désormais résident de la Ville Lumière. Enfin... quand on parle du trio... ce soir le public est orphelin de David Holmes, étonnamment absent de ce set tant attendu.

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20 décembre 2023

Top Dodb 2023



Voici venu le traditionnel top albums Dodb de 2023. Cette année beaucoup de points communs pop entre NICKX et JU, une belle présence de disques néo-soul, les habituelles trouvailles sous les radars de BOUDDAHNIGHT et le bon gros métal qui tâche de HIPHOP. Mine de rien 26 univers à découvrir ou à creuser. On en attendait presque pas tant. Bonne année !

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18 décembre 2023

Jim - Loves Makes Magic (2023)

C'est la découverte de l'année. Où un DJ, James Baron,  rompu aux scènes électro et homme fort de moult déclinaisons chill  (Crazy Penis, Secret Stealth) se retrouve comme beaucoup, face à lui-même lors du confinement de 2020.
Désireux de s'ouvrir à d'autres musiques qu'il vénère (Nick Drake, les harmonies vocales de Crosby Stills & Nash) notre quinquagénaire décide donc de  perfectionner son finger picking et d'expérimenter les tunings chers à ses idoles. Il prend alors des cours du soir auprès de son ami Ben Smith qui intervient aussi sur ce premier lp et fourbit ses armes.

Notre homme ainsi subjugué par le son Laurel Canyon encapsulé par la Canadienne Joni Mitchell, se lance dès 2021 avec un premier EP sous son nouvel avatar, le très réussi Falling That You Know, qui vire babord toute vers la folk délicate. Ainsi pour la première fois, il est donné l'occasion d'entendre l'organe vocal de l'artiste. Organe pas si éloigné par certains trémolos de celui de Rustin Man, l'ex Talk Talk, même si de fait c'est davantage vers l'univers onirique et faussement désabusé que l'on pourrait rapprocher les deux hommes.
Et on en arrive donc à ce magistral Love Makes Magic. Dans lequel n'étaient la franchement groovy "Oxygen", que l'on peut lire comme une diatribe envers les réseaux sociaux  et "Soul river flow" , souvenir de journées bucoliques passées en famille aux Aber Falls du Pays de Galles, il n'est que peu de place accordée aux parenthèses funky et dansantes. Ces deux morceaux irrésistiblement enchaînés font aussi la part belle à une sorte de mélancolie toujours empreinte d'ouverture d'esprit.
"Across the street" qui s'interroge sur les relations sociales exacerbées parfois faussement, pendant le confinement, "A life inbetween", mise au point revancharde mais pas vacharde et personnelle de l'auteur, la somptueusement écrite "Where the leaves are falling", hommage au couple parental miraculeusement épargné sont autant d'affolantes ballades pop folk nimbées de choeurs évanescents.
L'un des points forts du disque, en tout cas sa pièce centrale est "The ballad of San Marino", somptueux instrumental de 7' d'une folk song qui in fine prend son envol pop.
Autre coup de force où à nouveau l'éclectisme savant de James Baron règne en maître : cette reprise totalement rêveuse et transfigurée du "Phoenix" de The Cult sur laquelle Danielle Moore échappée des Crazy P vocalise de façon bienvenue. Magique.

Ah, et il y a aussi cette magnifique pochette qui convie à la fois dystopie et horizons solaires, soit la schizophrénie de ce remarquable premier effort solo.
Jim emmène sa folk vers des cimes douces-amères naguère visitées par l'un de nos culte représentants d'ici, Quiet Dan. Ici affleure davantage le background funky de l'artiste ; mais la qualité d'écriture pour ce qui s'apparentait a priori à une récréation devenue mise en abyme personnelle, s'avère invariablement étourdissante.
Jim a le mojo.

En bref : les débuts incroyablement réussis d'un vétéran des scènes dance et électro. James Baron  transforme en or un recueil d'influences musicales et intimes, né d'un isolement forcé. Un coup de maître qui en appelle beaucoup d'autres.




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05 décembre 2023

RVG - Café de la Danse (Paris) - 02/12/23

Après une longue expectative née des deux annulations de sets consécutives (Valence et Bordeaux), nous attendions fébriles la confirmation du show qui allait nous venger du couac de Glasgow quelques mois plus tôt. A mi-journée, la nouvelle tombait : Romy Vager avait retrouvé un filet de voix et allait assurer son Les Femmes S'en Mêlent.

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