28 janvier 2016

Aut' Chose - Une Nuit Comme Une Autre (1975)

A part les québécois, personne ne doit vraiment connaître Aut' Chose. Pourtant, le groupe montréalais des années 70 emmené par le charismatique Lucien Francoeur (textes et voix) et son acolyte Pierre André Gauthier (guitare et synthés) a depuis longtemps acquis le statut de formation culte chez nos frères d'Amérique. Avec cinq albums au compteur, Aut' Chose a largement contribué à changer le paysage musical à Montréal. Mais ce sont surtout les deux premiers albums qui sont intéressants. Un peu plus tôt la même année, sortait Prends Une Chance Avec Moé, un disque déjà très éclectique. Mais Une Nuit Comme Une Autre sorti un peu plus tard la même année est pour moi le plus malade, à la fois glauque, moderne et électrique.


Ce qui marque en premier lieu, c'est la voix si particulière du poète urbain Lucien Francoeur. Des paroles crues et un style parlé qu'il qualifie lui-même de "chanteur pas à voix" céent son univers pour le moins unique. A la musique, Pierre André Gauthier (qui finira plus tard dans le groupe space disco Eclipse) se régale avec des solos de guitare très Floydiens ("Vancouver, une nuit comme une autre") mais aussi avec des synthés inquiétants ("Une saison en enfer"). Les deux musiciens sont alors à leur sommet de créativité.


Quand Sexe-Fiction s'amuse à reprendre à sa sauce le "Good Vibrations" de Brian Wilson, "Ambulance Francoeur" galope à une allure saisissante avec des texte magnifiques : "C'est une chanson d'hôpital, avec une musique de malade / C'est une musique de mental, avec des paroles de parade". Mais il y a de plus gros morceaux : cette reprise à peine reconnaissable des Hou Lops "Blues Jeans sur la plage" par exemple. Mais c'est surtout la face B qui dévoile sa face plus progressive dans le bon sens du terme. "Comme à la radio" est un track de taré, renversant à mi parcours, sur des paroles de Brigitte Fontaine. Aussi sui vi par un "Hit and run" bouleversant et tellement classe.

Enfin, last but not least, "Une saison en enfer" est la dernière toune de l'album. Marche morbide guidée par les synthés, brisé à deux moments clairement climax par une guitare aérienne en état de grâce ("Ca a l'air d'une chanson, mais c'est un S.O.S."). On a vu pire pour fermer un disque d'à peine huit morceaux mais déjà très rempli. Important au Québec, et ce même s'il n'existe qu'un seul pressage de ce disque dans le monde, aujourd'hui bien évidemment épuisé et incompréhensiblement non réédité.

En bref : un album rare et touchant, témoin d'une époque et d'un lieu, doucereusement progressif et bien transgressif comme il faut, du rock électrique et poétique qui vient de la rue. Classique.









5 Comments:

Nickx said...

Ce disque "Prends Une Chance Avec Moé" , il est à toué ?

Sinon, le mec à droite sur la photo a piqué le look grassouillet de Steve Stills (voire David Crosby sans la moustache)...

Ju said...

Ah ah, trêve de blagues et écoutes ce disque !

HIPHOP said...

slt ju
on compte sur toi pour nous faire découvrir les pépites obscures du rock canadien, avec l'accent et tout :-)
tabernacle!!!
bises
j

Nickx said...

En parlant de Tabernacle, on a vu récemment le fameux Mommy de Nolan, et perso j'ai détesté : les acteurs sont certes géniaux (notamment le gooooooooors) mais putain, qu'est-ce que c'est glauque .....
Impression de voir un docu type Le Grand Frère sur la TNT, et pis ces intermèdes musicaux fort longuets (Dildo en générique, il faut oser franchement !), cet accent im-bi-table et tout, bon....
Mais effectivement, les filles sont super (notamment la bègue) ; et si le jeune n'est pas fou pour de vrai, il mérite l'Oscar :)

Nickx said...

Je suis pas trop rentré dans les deux chansons que tu as postées Ju...